VI. — Econouiic
La peine doit être économique, c'est-à-dire n'avoir que le degré de sévérité nécessaire pour atteindre à son but. Tout ce qui excède le besoin n'est pas seulement autant de mal superflu , mais produit une multitude d'inconvénients qui tenilcnt tous à affaiblir le système pénal. C'est la seule cause bien fondée de l'impopularité des peines.
Les peines pécuniaires possèdent cette qualité dans un degré émincnt : tout le mal senti par ce-
liii qui paie, se convertit en avantage pour celui (|ui reçoit.
Sous le rapport des frais publics, il y a des (>eincs qui violent particulièrement le principe de réconomie : par exemple, les mutilations appliquées à des délits fréquents , tels que la contrebande. Quand on a rendu des hommes incapables de travail, il faut les nourrir aux frais de Tétat, ou les livrer à la charité publique ; taxe qui porte exclusivement sur la classe la plus vertueuse.
A en croire Filangieri , il y avait habituellement dans les prisons des états de Naples plus de quarante mille prisonniers oisifs. Quelle perle immense de travail 1 La ville la plus manufacturière d'Angleterre occupe à peine autant d'hommes.
Les déserteurs par les lois militaires de plusieurs pays sont encore condamnés à mort. Un homme tué ne coûte rien : mais on perd ce qu'il aurait pu gagner ; on perd le travail productif de celui qui le remplace.