DU TALION
la peine et le délit, plus elle est conforme à la loi du talion. OEilpoiw œil, dent pour dent : voilà l'expression proverbiale. L'identité requiert qu'on affecte non seulement la même partie, mais de la même manière : le meurtre s'est-il opéré par le feu, le fer ou le poison , il faut que le supplice soit accompli par le même instrument.
Le grand mérite de la loi du talion, c'est sa simplicité. Tout le code pénal est renfermé dans une seule règle : « Le délinquant souffrira le mal qu'il a fait souffrir. » Tout vaste qu'est ce plan, il entre tout à la fois dans l'intelligence la plus bornée ; il se fixe dans la mémoire la plus faible : et de plus, l'analogie est si parfaite , que l'idée du délit réveille immédiatement l'idée de la peine. Plus le délit paraît séduisant, plus la peine doit être un objet d'effroi ; la sauvegarde est à côté du péril.
J'allais poursuivre cet examen , mais à quoi sert , puiscjue dans le plus grand nombre des délits le talion est impraticable ? D'abord , il ne peut pas s'appliquer aux délits purement publics , dont le caractère est de nuire à la communauté en général , sans nuire à aucun individu assignable. Qu'un bomme se soit rendu coupable de trahison , qu'il ait entretenu des correspondances criminelles avec l'ennemi de l'état, qu'il ait livré par lâcheté une forteresse, comment peut-on