‹ Théorie des peines et des récompenses; (volume 3)Chapitre 31 sur 111 · DU TALION · texte numérisé non relu

DU TALION

lui rendre en nature le mal qu'il a fait ou voulu

laire ?

Il n'est pas plus applicable dans les délits deniipublics, ces délits qui affectent un ccrlain district ou une certaine classe d'individus dans la communauté. D'ailleurs, le mal de ces délits est souvent tout en alarme , en danger, sans tomber sur aucun individu assignable ; il ne donne point de prise au talion.

Dans les délits contre soi-même , ces actes qui offensent la morale, il serait absurde. Si un individu par choix se fait du mal à lui-même, lui faire le même mal, serait-ce le punir?

Dans les délits contre la réputation , s'ils sont commis par un faux rapport, la loi ne peut pas ordonner de répandre un faux rapport contre le délinquant. Ce qu'on peut faire, c'est de le soumettre à quelque peine infamante ; mais elle serait souvent inefficace , car elle dépend de la réputation qu'il possède ; on n'ôlc rien à qui n'a rien.

Dans les délits contre la propriété, la peine du talion serait trop faible, trop peu exemplaire : et d'ailleurs, quel contre-sens que des peines pécuniaires pour un délit dont l'indigence est le motif le plus commun?

Même défaut de prise, même impossibilité du talion , dans les délits contre la condition natu-

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relie ou civile ; et ii y a des cas où , s'il était praticable, il ne serait pas admissible ; par exemple, la séduction , l'adultère , etc.

Que reste-t-il donc pour l'opération de cette loi ? presque rien. Les seuls délits auxquels on puisse l'appliquer, et pas même constamment, sont ceux qui affectent la personne : encore fautil supposer une parité de circonstances qui n'existe presque jamais. Dans les cas peu fréquents où le talion serait applicable , il pécherait par un excès de sévérité. Son vice radical est d'être inflexible. La loi doit mesurer la peine sur les circonstances d'aggravation ou d'atténuation : le talion détruit toute mesure.

Cette peine doit plaire a des peuples d'un caractère vindicatif. Mahomet l'avait trouvée établie chez les Arabes , et l'a consacrée dans le Koran , avec un ton d'éloge qui donne la mesure de ses connaissances en matière de législation. « O vous, qui avez un cœur , vous trouverez dans le tahon, et dans la crainte qu'il inspire , la sûreté de vos jours! « (ïom. I, chap. ii , de la f^ache.) Soit faiblesse , soit ignorance , il flattait le vice dominant, qu'il aurait du combattre.

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