‹ Théorie des peines et des récompensesChapitre 18 sur 78 · Suppression du pouvoir de nuire · texte numérisé non relu

Suppression du pouvoir de nuire

Une peine qui ôte le pouvoir de nuire est trèsbonne quand elle n'est pas trop dispendieuse. L'emprisonnement , pendant sa durée , suspend le pouvoir de nuire; les mutilations peuvent le réduire presque à rien ; la mort l'anéantit.

S'il est des cas où l'on ne^juisse ôter le pouvoir

de nuire qu'en ôtant la vie , c'est dans des circonstances extraordinaires : par exemple , dans des guerres civilles, lorsque le nom d'un chef, tant qu'il vit, suffirait pour enflammer les passions de ses partisans : et même la mort , appliquée à des actions d'une nature si problématique, doit être plutôt considérée comme un acte d'hostilité que comme une peine légale.

Il est des cas où l'on ôte le pouvoir de nuire avec la plus grande économie de peine. Le délit consistet-il dans un abus de pouvoir, dans l'infidélité d'une gestion : il suffit de déposer le délinquant, de lui ôter l'emploi, l'administration, la tutelle, le fidéicommis dont il abuse. C'est un moyen également à l'usage du gouvernement domestique et du gouvernement politique.

Page 1