‹ Théorie des peines et des récompensesChapitre 32 sur 78 · Peines trop dispendieuses · texte numérisé non relu

Peines trop dispendieuses

Si le mal de la peine excédait le mal du délit , le

législateur aurait produit plus de soutfrances qu'il n'en aurait prévenu. Il aurait acheté l'exemption d'un mal au prix d'un mal plus grand.

Ayez deux tableaux devant les yeux , l'un représentant le mal du délit, Tautre représentant le mal de la peine.

Voyez le mal que produit une loi pénale : 1« Mal de coercition. Elle impose une privation plus ou moins pénible , ^elon le degré de plaisir que peut donner la chose défendue. 2° Souffrance causée par la peine : lorsque les infracteurs sont punis. 5° Mal cC appréhension , souffert par celui qui a violé la loi, ou qui craint qu'on ne lui impute de l'avoir violée. 4<' Mal des fausses poursuites : cet inconvénient , attaché à toutes les lois pénales, l'est particulièrement aux lois obscures , aux délits de mal imaginaire : une antipathie générale produit une disposition effrayante à poursuivre et à condamner sur des soupçons ou des apparences. b«» Mal dérivatif, souffert par les parents ou les amis de celui qui est exposé à la rigueur de la loi.

Voilà le tableau du mal ou de la dépense que le législateur doit considérer toutes les fois qu'il établit une peine.

C'est dans cette source qu'on puise la principale raison pour les amnisties générales, après ces délits compliqués qui naissent d'un esprit de parti. Il

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