DU BUT DES PEINES
de la peine lui paraît-elle plus grande que la valeur totale du plaisir, la force répulsive sera la force majeure; l'acte n'aura pas lieu *.
Par rapport à un délinquant donné, on peut prévenir la récidive du délit de trois manières :
l** En lui ôtant le pouvoir physique de le commettre ;
2° En lui en faisant perdre le désir ;
5« En lui en ôtant l'audace.
Dans le premier cas, l'homme nepeutpius commettre le délit ; dans le second , il ne le veut plus ; dans le troisième , il peut le vouloir encore , mais il ne Vose plus. Dans le premier cas , il y a incapacité physique ; dans le second, réformation morale; dans le troisième , intimidation.
La prévention générale s'opère par la dénonciation de la peine , et par son application , qui , selon l'expression commune et juste , sert à'exe7fiple : la peine soufferte par le délinquant offre à chacun un exemple de ce qu'il aurait à souffrir en se rendant coupable du même délit.
La pt:é4i:£iitian séaéi;ale est le bu,t prindpaLd-es pejnes; c'est aussi leur raison justificative. A ne considérer le délit passé que comme un fait isolé
* Je dis valeur totale, pour comprendre les quatre circonstances dont se compose la valeur d'une peine ou d'un plaisir : intensité, proximité, certitude, durée.
Ceci obvie aux objections que Locke a faites ( livre ii, chap. XX») contre la propo.Mtion que «c l'homme est déler- <( miné par son plus grand bien apparent. »