MO PRÉAMBULE. ART. IV. - MOBILES DU TRAVAIL
et fait disparaître l’inégalité de la force productrice des divers climats.
304. En résumé, pas de bien-être pour l’homme, s’il n’exerçait aucune action sur les choses, c’est-à-dire s’il ne travaillait pas.
305. L’énoncé même de cette loi naturelle montre que les législateurs n’ont pas besoin de créer un stimulant pour le travail. La nature des choses le fournit : c’est l’accroissement de bien-être qui résulte précisément du travail; il suffit d’assurer au travailleur la jouissance qu’il avouluse procurer. Le mobile du travail est donc la propriété de la valeur ou de la portion de valeur créée par le travail. Qui déterminerait l’imprimeur à faire mouvoir sa presse, et l’architecte à faire bâtir , s’ils ne devaient percevoir, de manière ou d’autre, une portion du produit du livre ou de la maison ? Qui pousserait un écrivain à formuler scs idées, s’il n’espérait retirer de leur publication ni honneur ni profit, ou si quelque autre pouvait impunément s’en adjuger le mérite et les bénéfices ?
Ceux qui n’ont pas contribué à la production par leurs efforts, ne sont pas fondés à se plaindre de la propriété attribuée au producteur, puisque, sans cela, la production n’aurait pas eu lieu : ils ne sont pas dans une position pire que si aucun travail n’avait été effectué. Au contraire : ils profitent d'une manière indirecte de l’accroissement de la richesse générale.
300. Dans les pays où l’esclavage est admis, le stimulant de la propriété est remplacé par la crainte des violences que peut exercer le maître. Mais la production est bien inférieure; sans parler des conséquences désastreuses de la servitude, tant pour les hommes assujettis que pour leurs possesseurs.
Si l’on attribuait tous les biens à l’État, à la charge de pourvoir au bien-être de tous ses membres, le mobile serait l’espoir d’obtçnir de la communauté une quote-part de jouissances; mais cette quote-part serait extrêmement modique, et d’ailleurs chacun serait certain de l’avoir ; on aurait substitué, au stimulant énergique de la richesse individuelle, un sentiment vague et sans force : celui qu’éprouvent les individus, quand ils voient indirectement rejaillir sur eux la prospérité commune.