PRÉAMBULE. ART. V. — RAPPORTS EXTÉRIEURS
30 i. Je n’ai pas besoin de prévoir de nouveau le cas, bien extraordinaire assurément , où la majorité des électeurs et de rassemblée constituante élue par eux seraient subjugués par une minorité violente. Tout ce que peut faire la puissance qui intervient, c’est de convoquer de nouveau les électeurs et de protéger la liberté des suffrages.
Je n’ai pas à tenir compte non plus des violences individuelles et des assassinats qui auraient accompagné la chute du précédent gouvernement. Des taches semblables ont souillé presque toutes les révolutions, sans excepter la révolution française. 11 est souverainement injuste d’en rendre responsable un peuple entier, ou môme la portion de ce peuple qui est favorable au changement politique (1).
On voit que je blâme, sous presque tous les points de vue, la manière dont a été conduite l’expédition ordonnée par l’Assemblée constituante, en 1849, pour neutraliser dans les États romains l’influence probable de l’Autriche. Il était réservé à notre siècle de voir la république romaine renversée par les armes de la république française, et la restauration papale accomplie par des hommes dont on peut justement suspecter la fidélité à recevoir les sacrements de l’église catholique.
365. La Fronce, en dépouillant tout esprit de conquête pour l’avenir, n’aliène point ses conquêtes passées. Elle conserve la Corse, l’Algérie et ses autres colonies.
366. Elle ne renonce môme pas à tout accroissement ultérieur de territoire. Si une coalition nouvelle se formait et cherchait à nous ravir quelqu’une de nos provinces, nous pourrions, après avoir repoussé les agresseurs, pourvoir à notre sûreté en augmentant nos forces. La Constitution ne défend que les conquêtes obtenues au moyen d’une attaque préméditée par la France elle-même , et non les conquêtes qui seraient le fruit d’une guerre défensive, provoquée par l’étranger.
(l) L’assassinat de l’Iiabile et ambitieux Pellcgrino Rossi, devenu pair, comte et ambassadeur par l'influence de MM. de Broglie et Guizot, a servi de prétexte pour violer tous les principes dans l'affaire de Rome. Il semblait qu'aux yeux du ministère français, l’assemblée constituante romaine fat coupable du meurtre commis avant sa convocation.