ASSISTANCE PAR LE TRAVAIL
rait des travaux qui ne sont pas l'objet de toute une catégorie d’entreprises particulières. Les déblaiements et les terrassements nécessaires aux voies de communication, aux fortifications et aux ponts sont susceptibles d être confies à des bras quelconques, sans altérer la production individuelle. 11 en est de même des défrichements de terres incultes appartenant à des particuliers qui ne peuvent les mettre en rapport, faute de capitaüx. Une loi obligerait ces propriétaires à laisser défricher leurs fonds par l’État, sous la réserve du droit de participer aux produits. Enfin on pourrait faire accomplir des travaux de toute sorte pour les établissements publics et surtout pour les hôpitaux : l'assistance com- ’blerait elle-même le déficit pécuniaire qu’elle entraîne (1).
388. Les ouvriers employés par de simples capitalistes ont besoin d’être stimulés et surveillés; on ne doit pas s’étonner si quelques sanctions pénales ou rémunérntoires sont nécessaires pour empêcher les ouvriers secourus par l’État de négliger leur tâche.
Une armée de cent mille hommes dénués de ressources serait dangereuse pour le maintien de l’ordre , d’autant mieux qu’au milieu d’une pareille agglomération les ouvriers honnêtes et timides sont presque sûrement entraînés par quelques meneurs fanatiques ou ambitieux. Il faut donc disséminer sur divers points de la République les ouvriers secourus, et surtout les éloigner des villes considéiables.
ÎJ89. On a prétendu que l’assistance par le travail public anéantirait la bienfaisance privée. Mais il est facile de s’assurer que cette bienfaisance s’exerce faiblement et avec répugnance au profit de personnes valides. Elle se dirige, avec raison, vers les individus incapables de travail. Si l’objection était sérieuse, l’État serait obligé de supprimer les
(1) M. Tliiers, tout en combattant le droit au travail, a indiqué le meilleur moyen de le réaliser : c’est de tenir en réserve certains travaux publics pour les époques où. l’industrie privée laisserait les bras inoccupés. — Je ne tiens pas compte id de l’objer.tion tiiée de la diversité des métiers et de la délicatesse de ceitaines industries. C'est une cruauté, s’écrient MM. Tliiers, de Barente et d’autres publicistes, que d'offrir une piorlie à qui maniait la navette ou le bmin. Ils ne s'aperçoivent pas qu’ils changent complètement de télé : une cruauté bien plus grande serait du refuser même une pioche (faute de mieux) il qui va mourir de faim.