PRÉAMBULE
201. Le préambule delà Constitution renferme une véritable déclaration des droits et des devoirs. On ne lui' en a pas donné le titre , parce qu’il embrasse encore d’autres objets. Il indique, d’une manière générale, la forme du gouvernement et les motifs qui l’ont fait adopter; on y dit encore quels principes doivent diriger le législateur, quels résultats il doit chercher à obtenir. Plusieurs représentants avaient proposé la suppression de cette sorte de préface ; on verra plus loin (1) s’ils avaient raison.
En présence de Dieu (2), au nom du peuple français, l’Assemblée nationale proclame (3) :
202. Les assemblées qui ont rédigé nos trois premières constitutions ont commencé leur œuvre par attester la présence de l’Être suprême et par se placer sous ses auspices. La constitution grecque , les traités des grandes puissances européennes débutent par une invocation à « la suinte, consubstantielle et indivisible Trinité. »
Chez des peuples éminemment religieux, les hommes, en faisant des promesses ou des conventions importantes , prennent la Divinité a témoin, et la somment, en quelque
(0 V. n°* 241, 256 à 25S, 397. Le préambule forme une série d’articles distincte ; il a été imprimé, dans le Bulletin des lois , en caractères plus gros que la constitution proprement dite II n’en faudrait pas conclure qu’il a une force obligatoire plus grande. V. n*> 231 et 254.
(2) On a perdu un temps assez considérable à discuter s’il fallait dire .
« au nom de Dieu » ou bien « sous la protection » ou « sous l'invocation de Dieu. «
(3) Le projet ajoutait : « ce qui suit. » Plus tard, il disait ; « proclame et décrète *