LA FRANCE PEDT ENCORE S'AGRANDIR
Une acquisition pacifique u’est point une conquête. La f Constitution ne défend pas davantage de conclure des échanges de territoire avec un peuple voisin , ni môme d’accepter la donation par laquelle il nous céderait librement le sol qu’il occupe. 11 est facile d’acheter à bas prix les régions presque incultes que parcourent en divers sens des hordes sauvages. Les États-Unis s’agrandissent tous les jours ainsi; le môme moyen peut donner à notre colonie algérienne l’espace dont ses habitants ont besoin pour constituer une nation capable de se défendre un jour elle-même.
A l’égard de notre territoire continental européen, l’expérience s’unit à la raison pour nous détourner de suivre l’exemple de la France impériale. Les incorporations violentes de peuples dissemblables par le caractère , les mœurs et le langage, n’ont jamais longtemps duré. Leurs éléments se désunissent spontanément quand une force externe ne vient pas les séparer. Mais la France, comme tous les autres États, a ses limites naturelles, nécessaires à sa sûreté. La mer, les Pyrénées, les Alpes, la protègent contre de brusques envahissements. Au contraire , les frontières artificielles auxquelles l’a réduite, du côté du Nord, l’ambition de Napoléon, sont évidemment insuffisantes. Elle pourrait donc, sans être accusée de manquer aux lois de la modération , reprendre , soit par des moyens pacifiques , soit à la suite d’une agression provehant des puissances du Nord , l’espace qui lui a plusieurs fois appartenu, le long du Rhin, jusqu’à son embouchure.
367. Les obligations imposées à une nation sont, en réalité, imposées à tous ses membres; ils sont même, en général, contraints à les accomplir par leur gouvernement, lorsqu’il reconnaît l’existence du devoir. Voilà sans doute pourquoi la collection des règles qui régissent les rapports internationaux se nomme « droit des gens. » A l’égard des nations elles-mêmes , ces règles ne sortent pas du domaine de la morale.
La réunion des traités conclus entre les divers peuples n’est pas plus un code international. que l’ensemble des conventions entre particuliers ne serait un code civil.
368. Pour qu’il y eût un véritable droit des gens, il faudrait qu’une assemblée législative suprême, composée
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