‹ Théorie du droit constitutionnel français, esprit des constitutions de 1848; précédé d'un essai sur le pouvoir constituant et d'un précis historique des constitutions françaisesChapitre 40 sur 498 · DESPOTISME IMPÉRIAL. — SA CHUTE · texte numérisé non relu

DESPOTISME IMPÉRIAL. — SA CHUTE

» dirigeait pour conduire la révolution au port où il voulait » la faire aborder (1). »

122. Une paix de quelque durée aurait infailliblement amené une réaction intérieure contre le système politique de Napoléon (2) ; aussi tint-il l’opinion en haleine par une guerre incessante; mais la guerre est un état violent et anormal: elle devait le conduire à sa chute ou à la monarchie universelle. C’est à l’histoire de signaler les fautes échappées au plus grand génie des temps modernes. 11 crut pouvoir mépriser impunément les lois du monde matériel et du monde moral ; il voulut associer, sous un même gouvernement, des peuples différents de mœurs ou de langage, et inégaux en civilisation ; il viola les principes de l’économie politique par son blocus continental; il brava la nature physique dans son expédition de Russie (3). Privé de son armée par le froid, il ne sut, ni sacrifier des conquêtes qu’il ne pouvait plus conserver, ni concentrer ses forces pour les employer sans réserve à la défense du territoire, ni promettre quelques libertés à une nation fatiguée de la servitude, pour la soulever tout entière contre l’ennemi.

123. La sixième coalition des grands États de l’Europe eut plus de succès que les précédentes. Les alliés occupèrent Paris, le 31 mars 1814. Leur but principal était de renverser Napoléon; mais ils devaient préférer naturellement, pour le remplacer, les Bourbons qui se présentaient à leur suite. Le parti démocratique, comprimé pendant longtemps , n’était point organisé ; il n’aurait pu d’ailleurs que proposer la convocation d’une assemblée constituante. Il n’en fut pas même question. Tallevrand se mit à la tête du parti royaliste. Le Sénat, convoqué par ses soins, établit un gouvernement provisoire qu’il chargeait de préparer un projet de constitution (i). Deux jours après, la déchéance de l’empereur Tut prononcée. Le sénat alléguait pour motifs les nombreuses atteintes portées aux constitutions de l’empire ; les

(1) Mémoires écrits à Sainte-Hélène, 1. 1, p. 248.

(2) Voy. J. -B. Say, Cours d’économ. polit-, t. II, p. 353.

(1) Entré à Moscou le 14 sept. 1812, il en sortit le 19 octobre!!

(4) Sénalus-consulte du t" avril 1814, rendu, selon Lanjuinais (n°83), par une trentaine de sénateurs seulement. I.es membres du gouvernement étaient Tallevrand. Beurnouville, Jnnconrt, UalberRct Montesquieu.

impôts levés et les guerres entreprises sans l’intervention du pouvoir législatif ; la peine de mort prononcée , des prisons d’État créées par de simples décrets; la liberté de la presse soumise à la censure arbitraire de la police ; les actes présentés au Sénat et altérés plus tard dans leur publication ; enfin on rappelait le refus de traiter avec les puissances à des conditions que l’intérét national ordonnait d’accepter et qui n’eussent pas compromis l’honneur français.

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