‹ Théorie du droit constitutionnel français, esprit des constitutions de 1848; précédé d'un essai sur le pouvoir constituant et d'un précis historique des constitutions françaisesChapitre 68 sur 498 · RAISONS DE LA MAINTENIR · texte numérisé non relu

RAISONS DE LA MAINTENIR

La Constitution de 1848 appelle tous les hommes de vingt et un ans à influer sur le gouvernement, par leurs mandataires. Il me parait difficile d’aller plus loin , à moins que l’on ne veuille ouvrir aux femmes ou aux adolescents les portes des assemblées électorales. Si l’on a, sous ce rapport, atteint la limite extrême du progrès en droit constitutionnel, il est vrai de dire qu’une révolution nouvelle, dons le seul but de changer la forme du gouvernement , serait tout à fuit inutile, puisque le suffrage universel permet à la nation de faire prévaloir pacifiquement sa volonté.

200. Tout n’est sans doute pas pour le mieux dans l’organisation sojiale. L’inégale répartition des richesses suscitera longtemps encore des réclamations plus ou moins fondées. L’attention des économistes se dirigera de ce côté. Mais ce n’est point là une question de droit constitutionnel. Qu’importe aux maux pécuniaires le nombre des chefs du pouvoir exécutif ou la durée de leurs fonctions? Les crises financières ne trouvent pas leur remède dans un mécanisme politique plus ou moins ingénieux. L’ouvrier dépose aujourd’hui son vote dans la môme urne que le patron; le suffrage de l’indigent a la môme valeur que le suffrage du riche. Les classes qui se prétendent déshéritées des avantages sociaux possèdent un moyen légitime de produire leurs réclamations. Ce moyen est décisif, si elles ont la majorité. Si le plus grand nombre est satisfait de l’état social présent , elles n’invoqueront pas en vain le sentiment d’équité et de sympathie qui pousse invinciblement les hommes à se communiquer leurs jouissances et à soulager leurs peines.

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