Y a-t-il un droit naturel? Est-il antérieur, est-il
supérieur au droit positif? Telles sont les questions que résout affirmativement notre texte. ,
Il est bien difficile que la majorité d une assemblée nombreuse soit capable de trancher en connaissance de cause des controverses de haute philosophie. L’Assemblée constituante de 1848 ne faisait point exception à cette règle. Le suffrage universel, qui assure la manifestation des vœux delà masse, garantit médiocrement l’érudition de l’élu. Un savant, versé dans l’étude de la philosophie et du droit constitutionnel, a bien moins de chances électorales que l’administrateur dont le nom est étalé sur une affiche à tous les coins de rue ; que le journaliste dont le nom est porté quotidiennement à vingt mille abonnés; que le simple ouvrier dont les meneurs politiques ont jugé à propos de protéger l’élection. Il me paraît évident que le plus grand nombre de nos nouveaux constituants ignoraient jusqu’au nom de Ch. Comte et de Bentham.
Je vais plus loin. Admettons qu’il se rencontre une assemblée entièrement composée de philosophes et de jurisconsultes du premier ordre ; je dis qu’elle devra s’abstenir de résoudre des questions de droit naturel. Pour qu’elle fût compétente à cet égard, il faudrait qu’elle tînt sa mission de la nature même des choses. Le mandat de la nation l’autorise seulement a créer des magistrats, à intimer des