Les différentes parties dont on se sert ppur dis
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îinguer un être doivent, autant que possible, y être visibles au même moment, afin de n’être pas obligé, pour savoir son nom, de suivre la série entière de son existence.
Pour arriver plus sûrement à cette simultanéité, les uns ont pensé qu’il convenait de tirer tous les caractères d’un seul organe, et les classifications fondées sur ce principe ont reçu le nom spécial de systèmes ; d’aulres ont fait remarquer, au contraire, que cette obligation de tirer tous les caractères d’un seul organe , obligeait à employer des considérations trop minutieuses et souvent incertaines, et ont déduit leurs classifications de tous les organes des plantes qui existent à-la-fois à une époque déterminée; ces sortes de classification ont reçu le nom particulier de méthodes.
5. ° Les caractères des êtres doivent être tels, qu’ils ne supposent la connaissance d’aucun autre être analogue, mais seulement celle du nom des organes.
6. * Ils doivent, autant que possible, s’exclure mutuellement, et être exprimés en termes courts et précis, afin de rendre les choix plus faciles au commençant.
§. 26. Passons en revue, d’après ces principes , celles des méthodes artificielles qui ont eu quelque célébrité. Les lecteurs qui désireront , sur l’exposition de ces diverses méthodes, plus de détails que les bornes de cet ouvrage ne nous permettent d’en donner, les trouveront dans le 2.e chapitre de la Philosophie botanique de Linné , dans l’ouvrage du même auteur intitulé , Classes plantannn , ou dans les cent premières pages de la préface des familles des Plantes d’Adanson , etc.
§. 27. Les classifications des anciens naturalistes, considérées comme méthodes artificielles , n’ont qu’un mérite extrêmement borné, parce qu’elles manquent de
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précision, soit dans les caractères des classes , soit surtout dans ceux des genres. Le nombre des cas qui , dans ces méthodes, font exception aux caractères généraux , y est en général fort multiplié, parce que leurs auteurs, entraînés par les rapports naturels de quelques plantes, et n’ayant pas distingué l’esprit des diverses méthodes, lie pouvaient se résoudre à séparer, d’après des caractères absolus , certaines plantes liées d’ailleurs par l’ensemble de l’organisation ; aussi se sont-ils tous étudiés, avec plus ou moins de succès, à saisir des caractères de classes, tels que les familles naturelles alors connues fussent peu désunies. On voit évidemment que tel a été le but des Bauhins, de Morison , de Ray, et de plusieurs autres ; aussi leurs méthodes intermédiaires entre les classifications artificielles et naturelles, ne remplissent complètement le but ou l’utilité ni des unes ni des autres.
Christophe Knaut en 1687, Rivin en 1690, Paul Herman en i6y5 , paraissent avoir mieux saisi l’esprit d’une méthode artificielle, en établissant des classe? fondées sur des caractères absolus et positifs. Tournefort, dans son élégante méthode publiée en 1694, eut l’art de conserver intactes la plupart des familles de platites européennes , et de suivre cependant un ordre assez rigoureux ; mais la cause réelle de ses succès fut moins la bonté de sa méthode, qui est sujète à un grand nombre d’objections, que l’établissement des caractères génériques réguliers qu’on trouve dans son livre pour la première fois, exécutés avec une telle perfection, qu’on l’a à peine dépassée depuis cette époque, et que tous les jours on se rapproche davantage de ses opinions. Les succès de Rivin et de Tournefort, et l’augmentation rapide du nombre des plantes connues, diri*
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gèrent toujours davantage les esprits vers les méthodes artificielles ; et comme le nombre possible de ces méthodes est par leur nature même totalement indéterminé, chacun se crut en droit d’en fabriquer une. Chrétien Knaut en 1716, Ruppius en 1718, et Ludwig en 1737, combinèrent avec plus ou moins d’art les méthodes de Rivin et de Tournefort pour en former de nouvelles. A cette époque parut le système sexuel de Linné , qui , par ses succès inouis dans l’histoire des sciences , fit rapi» dement abandonner toutes les méthodes précédentes ; si depuis lors quelques naturalistes (*) ont encore tenté d’établir de nouvelles méthodes artificielles, le peu de vogue de leurs systèmes n’a servi qu’à faire briller davantagela réputation de Linné. Les causes de la vogue extraordinaire du système sexuel sont faciles à saisir , et peutêtre plus utiles qu’on ne pense à développer ici.
§. 28. A l’époque où le système de Linné a paru , il y avait plus de quarante ans que Tournefort avait publié le dernier catalogue général de toutes les plantes connues; ce catalogue même était fort incommode dans la pratique à cause de la brièveté et du vague des phrases spécifiques : de plus , depuis cette époque, le nombre des plantes décrites s’était prodigieusement accru par les voyages de Plumier, de Buxbaum, de Sloane, de Barrelier, de Boccone , de Rlieede, etc., par la publication
(*) Tels sont Sauvages dans sa méthode sur les feuilles , Gleditsch dans son système sur la position des étamines , Vernischeck dans sa méthode sur le nombre des parties de la corolle, Guettard dans ses observations sur les poils , Gouan dans sa flore de Montpellier, Allioni dans celle du Piémont , Villars dans celle du Dauphiné, Moench dans sou jardin de Marburg , Brotero dans sa flore de Portugal, eto.
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des grandes collections dePlukenet, des Commelins , de Dillenius, et d’un grand nombre d’autres ouvrages. Tous ces divers livres n’avaient entr’eux aucune liaison à cause de la diversité de leur plan, de leur style, de leur nomenclature. Il était donc d’une extrême nécessité qu’il parût un ouvrage propre à servir de catalogue général de l’état de la science, et à rendre le même service que les Institutions de Tournefort et le Pinax de Bauhin avaient rendu à l’époque de leur publication. Cet ouvrage qui , par son but seul , devait être si avidement recherché par les Botanistes, Linné l’exécuta sous le titre de Species plan [arum, et il y introduisit un si grand nombre d’innovations utiles, que, dans l’admiration qu’un tel ouvrage dut nécessairement produire, on en vint (car c’est le propre de l’admiration), à vanter même ce qui n’y était pas digne d’éloges. Peut-on s’étonner de la vogue prodigieuse de cet ouvrage , lorsqu’on pense que, pour la première fois , on y vit paraître les noms spécifiques , les phrases caractéristiques , la fixation des termes rigoureux que nous admettons aujourd’hui, la description d’un grand nombre de plantes nouvelles , et la distinction plus précise des espèces et des variétés, innovations dont chacune eût suffi pour illustrer un botaniste ordinaire ? Ajoutons à toutes ces causes d’un solide succès, l’application que Linné fit de ses principes de nomenclature à toutes les branches des sciences naturelles ; l’adresse qu’il mit à n'admettre dans son ouvrage que des choses bien claires, et à confondre le plus souvent comme variétés toutes les espèces diffici'es à distinguer. Remarquons l’art avec lequel il choisit pour bases de son système, des organes importans dont l’usage était nouvellement connu, et dont il permit que ses élèves lui attribuassent la découverte. Observons ,
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enfin , que, comme Bauhin, n’appartenant à aucune des grandes nations jalouses les unes des autres, il n’eut pas à vaincre ces préventions nationales, qui influent bien plus qu’on ne le pense sur la réputation des plus grands hommes, et dont l’action est surtout bien sensible, lorsqu’il s’agit d’objets qui, comme les classifications et les nomenclatures , laissent toujours un peu de prise à l’arbitraire.
§. 29. Ces différens motifs me paraissent être les véritables causes de la vogue du système de Linné, et de cette espèce d’empire qu’il a acquis, et qui, dans les sciences, était inconnu depuis Aristote. Quant au système sexuel considéré en lui-même, il offre, comme tous les systèmes artificiels, de bons et de mauvais côtés ; son exposition que je place ici en faveur des commençans, et que j’accompagnerai de quelques réflexions fort simples, suffira, je pense, pour en convaincre tout lecteur impartial. Le tableau suivant fait connaître les classes du système sexuel.
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' Une étamine
Deux étamines
Trois
Quatre
Cinq
Six . . .
Sept
Huit
]N euf
Dix
De onze à dix-neuf
Vingt f Adhérentes au calice.
\ étamiues< Adhérentes au récep ^ ou plus. I tacle
oc y