V. Lorsque les étamines sont disposées par rangées
TAXONOMIE
distinctes à l’œil, le nombre de chaque rangée est dans un rapport déterminé avec les pétales ou le calice.
20. Ce rapport est égal, double ou sous-doub!e, triple ou sous-triple, etc. mais toujours d’autant plus inexact que le rapport éloigne plus de l’égalité. .
3°. Lorsque les étamines ne sont pas disposées par rangées distinctes, leur nombre, soit relatif, soit absolu, n’a rien de régulier en apparence, quoiqu’il le soit peutêtre en réalité.
§. 12g. Les relations numériques du système pistillaire sont plus difficiles à réduire à des lois générales. Commençons , pour avoir plus de facilité, par les ovaires multiples. Ceux-ci peuvent être composés de deux manières : i°. lorsque les ovaires sont disposés en verticilles autour d’un axe idéal, ils sont souvent dans un rapport numérique déterminé avec les parties du calice ou de la corolle.
2°. Lorsque les ovaires sont disposés sur un thorus en forme de tête ou d’epi et non de verticilles, leur nombre n’a aucune relation avec celui des autres parties florales. Ce nombre est variable depuis les points les plus élévés , comme par exemple le Myosurus , jusqu’aux plus bas, et même jusqu’à l’unité, comme on le voit dans certaines Renonculacées.
Supposons maintenant , par la pensée, qu’au-lieu d’avoir ces divers ovaires séparés, nous les concevions soudés ensemble ; si la soudure est légère , elle se reconnaît si facilement, que, sans beaucoup d’exercice, on rapporte ces ovaires agrégés à la classe qui leur appartient; mais si la soudure est complette, chaque ovaire partiel n’est plus représenté que par les valves du péricarpe ; et si nous suivons le fil de l’analogie , nous i'e-
T A X 0 N O al I E.
connaîtrons ici quelques lois correspondantes aux précédentes.
i.° Lorsque le cordon pistillaire est central , les placenta et les valves sont disposés, autour de lui , dans un ordre symétrique , opposés ou verticillés ;
2°. Lorsque le cordon pistillaire est pariétal, il se divise en un nombre de cordelettes partielles égal au nombre des valves et des placenta qui sont alors opposés ou verticillés autour d’un axe idéal ;
3.° Lorsque le cordon pistillaire est unilatéral , les valves et les placenta ne sont pas disposés en verticillés, ni autour de lui, ni autour d’un axe idéal; mais probablement il n’y a de cordons pislillaires unilatéraux que par une suite d’avortement. Ainsi , par exemple, si je suppose un cordon central à deux ou plusieurs branches, et que par un avortement prédisposé l’une ou quelquesunes des branches disparaissent, on aura un cordon unilatéral comme celui des Légumineuses (*).
Le nombre des valves du péricarpe, des placenta, des cordelettes, du cordon pistillaire, des styles et des sigmales, comparés entr’eux, est toujours dans l’un des rapports suivans, savoir , : : i : t , x : 2, 2 : i , de sorte que l’un de ces objets peut servir à déterminer les autres, toujours exception faite des cas d’avortemens et de soudure. Lorsque les parties des pistils sont disposées en verticille autour d’un axe réel ou idéal, le nombre de
(*) J’émettais ce soupçon en 1 8 r 3 ; depuis lors j’ai eu occasion de le confirmer par des faits remarquables. Il existe souvent dans les Légumineuses deux pistils plus ou moins soudés par le bord le plus voisin du côté où les graines sont attachées; c’est ce que j’ai observé fréquemment dans le Gleditsia Iriacanthos , et quelquefois dans le Genis/a scoparia ; c’est ce que Wilde-now a figuré clans sa description du Cœsalpinia digyrta.