CHAPITRE IY
Des Familles et des Tribus .
§. 189. Tout ce qu’on peut dire sur les familles est absolument semblable à ce que je viens de dire sur les genres. Si nous considérons les genres les uns relativement aux autres , nous trouverons qu’ils offrent entr’eux des ressemblances plus ou moins prononcées; nous réunirons ceux qui se ressemblent beaucoup entre eux, et nous en formerons une famille (*) , précisément
. (*) Le mot de fcmille et même la première idée un peu exacte sur ce genre d’association, a été introduit dans la science par Magncl.
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comme nous avons fait les genres avec les espèces ; les familles ( en latin ordines naturales ou ordines ) sont donc de grands genres , et il est si vrai que les familles ne sont autre chose , que plusieurs d’entr’elles étaient originairement des genres ; ainsi les Champignons, les Mousses, les Fougères, les Gramens, les Palmiers, étaient considérés comme genres par les anciens , et de nos jours nous avons vu les Lichens , les Valérianes, les Polygala, les Globulaires, etc., du rang de genres être élevés à celui de familles. Toutes les considérations énoncées dans le chapitre précédent, seront donc applicables aux familles , avec cette seule différence qu’il sera nécessairement question dans la formation des familles, de caractères d’un ordre supérieur, que par conséquent l’anatomie ou l’appréciation exacte des caractères aura plus de poids que dans la formation des genres.
§. 190. De même que dans la théorie des genres, les familles devront être considérées, tantôt comme associations de genres voisins , tantôt comme divisions méthodiques des classes ; de même que dans la théorie des genres, il sera nécessaire que les caractères fondamentaux des familles aient entr’eux une valeur sensiblement égale.
§. 191. L’étude du port , lorsqu’il est question des familles , doit être dirigée non pas tant sur l’apparence extérieure que sur la connaissance de la symétrie réelle des parties, sur laquelle j’ai beaucoup insisté dans le livre précédent : c’est même réellement dans cette identité de symétrie , que réside l’idée primitive de famille. Toutes les lormes susceptibles de nuanpes ou de passages les unes dans les autres , peuvent se rencontrer dans la même famille , mais rien de ce qui est contra-
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dictoire ne peut s’y trouver réuni. C’eat d’après ce principe que M. Corréa a exclu avec raison tous les arbres à fruit déhiscent de la famille des Orangers, parce que cette structure est contradictoire avec celle des fruits propres à cette famille. De cette identité de symétrie que nous devons chercher dans les familles, que nous pouvons reconnaître et démontrer par l’anatomie, il résulte qu’un jour les limites des familles seront beaucoup mieux prononcées que celles des genres, et que ceux-ci ne pourront être établis définitivement qu’après les familles elles-mêmes ; pour le moment il èn est tout autrement, surtout quant aux plantes étrangères.
§. 192. Les familles ( comme nous l’avons dit des genres ) peuvent être composées d’êtres qui ont enlr’eux des rapports tellement intimes , qu’on ne peut les séparer en groupés que pour la commodité de l’étude; dans ce Cas, ces groupes ne reçoivent ^ucun nom propre, et se distinguent seulement par des signés ou numéros. Quelquefois , au contraire , lés genres d’une famille se rapprochent les uns des autres, de manière à former quelques groupes bien prononcés , et qu’à la ligueur on pourrait considérer comme autant de petites familles; dans ce cas, ces groupes reçoivent le nom de Tribus , et chaque tribu porte un nom particulier : les tribus sont donc aux familles ce que les sections sont aux genres. Ainsi la famille des Rosacées se compose des Pomacées , des Rosiers , des Agrimoniées , des Dryadées , des Ulmaires et des Drupacées.
§. ig3. Le nombre des genres d’une famille ou d’une fribu, n’a pas plus d’importance que celui des espèces d’un genre; il peut exister des familles d’un seul genre, tout comme il existe des genres d’une seule espèce ;
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