TA XO NO BUE
§. 202. Toul ce que je viens d’exposer prouve évidemment, ce me semble, qu’il n’existe pas dans la nature de séries continues ; queles êtres segroupent à des distances fort inégales ; qu’il est impossible d’exprimer leurs véritables rapports dans un ordre linéaire, et que ce n’est que par des tableaux, soit généraux, soit partiels, qu’on peut prendre une idée du plan général de la nature. Mais cependant, pour la forme habituelle de nos livres et même pour l’enseignement et la disposition des collections, il est nécessaire d’adopter une série, bien entendu que cette série n’est destinée qu'à la commodité, et est vraiment artificielle, au-moins dans ses détails. Les classes seules peuvent se disposer dans un rang naturel d’après le degré de leur complication, et à cet égard on peut suivre deux méthodes, savoir : de monter du plus simple au plus composé, comme l’a fait M. de Jussieu, ou bien de descendre du composé au simple , comme le font les Zoologistes , et comme Haller et M. deLamarck l’ont fait pour le règne végétal. La question est en elle-même de peu d’importance ; mais il est cependant nécessaire de s’y arrêter un instant.
§• 2o3. Au premier coup-d’œil , rien ne semble plus philosophique que de commencer la série par les êtres les plus simples, et de remonter par degrés à ceux dont la structure est plus complexe. Cette marche paraît d’autant mieux adaptée au règne végétal , que nous savons ou que nous croyons bien mieux savoir quels sont les végétaux les plus simples, que de décider ceux qui sont les plus compliqués.
Mais si l’on examine la question plus attentivement , et surtout si l’on en vient à la pratique, on trouve une foule d’inconvéuiens à commencer par ces végétaux le3
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plus simples. Les êtres les plus simples de chaque règne sont les moins bien connus, et il est contraire à toutes les règles de la logique de commencer par les objets les moins connus, pour arriver cà ceux qu’on connaît davantage. Aussi peut-on remarquer que les cours de Botanique , où l’on suit l’ordre indiqué par l’ouvrage deM. de Jussieu, sont très-difficiles pour les commençans ; en effet, qu’est-ce que cette prétendue simplicité de certains êtres ? Tous les êtres d’un règne n’exercentils pas toutes les fonctions constitutives de leur existence ? Tous les animaux sentent, se meuvent, se nourrissent et se propagent ; tous les végétaux se nourrissent , s’accroissent et se propagent. Quelle différence réelle y a-t-il donc entr’eux ? C’est que dans les uns, que nous nommons compliqués, chaque fonction, chaque partie de fonction, s’exerce par un organe distinct, tandis que dans d’autres, que nous nommons simples, les organes peu distincts les uns des autres, semblent exécuter en commun toutes les fonctions. Mais s’il en est ainsi, il est plus aisé d’étudier et de connaître un des êtres de la première classe qu’un de la seconde, et c’est ce que l’expérience confirme. Lorsqu’on connaît bien l’anatomie des animaux supérieurs, on est seulement capable de démêler les organes correspondans des animaux inférieurs : ce n’est que depuis que le plus grand nombre des mystères de la fécondation des grands végétaux a été découvert , qu’on a pu débrouiller quelque chose de celle des végétaux Acotylédones.
§. 204. Puis donc qu’il est en soi-même absolument indifférent de commencer la série par une extrémité ou par l’autre, je crois que c’est ici le cas de céder à la commodité de l’étude et de disposer le règne végétal d’après le même principe que le règne animal ; c’est-
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à- dire en commençant par la classe la plus compliquée, celle des Dicotylédones, et eu finissant par celle qui paraît l’être le moins , celle des Acotylédones.
La manière dont j’ai considéré plus haut les degrés de complication des êtres, me donne un moyen fort simple de distribuer les familles dans chaque classe. Je placerai donc au premier rang les Dicotylédones qui ont le ( lus grand nombre d’organes distincts et séparés les uns des auties, et à mesure que je verrai des familles où quelques-uns de ces organes se soudent ensemble et par conséquent disparaissent en apparence, je les rejetterai dans les rangs inférieurs. Ce principe me donne pour série :
1. ° Les Dicotylédones thalamiflores ou à plusieurs pétales libres attachés au réceptacle ;
2. ° Les Dicotylédones calyeiflores ou à plusieurs pétales libres ou soudés et attachés au calice;
3. ° Les Dicotylédones çorotijlores ou à plusieurs pé-s taies soudés en une corolle gamopétale insérée sur le réceptacle;
4-° Les Dicotylédones monochlamy dèes ou à péri-; gone simple;