‹ Théorie élémentaire de la botaniqueChapitre 56 sur 84 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

PH Y T OGR A P II I H.

ou l’histoire particulière d’un être ou d’une classe d’êtres. Ce sont des travaux précieux pour l’avancement cie la science, parce que le sujet étant borné y est ordinairement plus élaboré; c’est dans les Monographies que tous les hommes qui s’occupent d’idees et de travaux généraux, vont puiser les matériaux de leurs méditations et de leurs ouvrages. Aucune classe d’écrivains 11e mérite autant de reconnaissance et d’encouragemens que les Monographes, et cela, précisément parce que leur travail est par lui-même obscur et ingrat.

§. 247. Les Monographies d’espèces comprennent leur phrase caractéristique, leur synonymie, leur description , leur histoire, leurs variétés , leur figure, et leur comparaison avec les espèces qui leur ressemblent, en un mot, tout ce qui est relatif à la connaissance de cette espèce ; elles supposent dans celui qui les écrit la connaissance des espèces voisines. Nous avons des Monographies d’espèces qui sont des ouvrages importans, telles sont celles des plantes qui ofirent un grand nombre de variétés , comme sont les végétaux cultivés; l’histoire du Eraisie’’ par Duchesne, celle du Cilrus par M. Galesio , peuvent en offrir des exemples utiles à méditer. Nous avons aussi des Monographies d’espèces éparses dans différens livres, tels par exemple , que des Voyages, des Flores, des Mémoires Académiques, etc.; enfin, nous avons des ouvrages qui, avec des titres divers, ne sont autre chose que des recueils de Monographies d’espèces : tels sont les ouvrages descriptifs intitulés , Plantœ rciriores , plusieurs Flores , plusieurs Hor/us , plusieurs collections publiées par les voyageurs, ('es ouvrages ne forment point un tout, mais chaque article y est véritablement un petit ouvrage. Tous les livres des anciens, anterieurs aux principes de

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la classification , n’étaient que des recueils plus ou moin£ vastes de Monographies d’espèces. Pour la perfection de ce genre de travail , on doit remarquer parmi les anciens, Clusius , Jean Bauliin ; plus tard, Dillenius, Rumph, et parmi nos contemporains, MM. L’Héritier, Smith, Swartz, Schrader, Desfontaines, etc.

§. 2. 48. Les Monographies de genres , et surtout de genres nombreux en espèces , sont déjà d’un ordre beaucoup plus élevé que les précédentes. Elles exigent un travail beaucoup plus considérable et plus méthodique. Il ne suffit pas d’y exposer les caractères des plantes , il faut encore les peser et les combiner; il ne suffit pas d’exposer quelques faits isolés , il faut les lier, éclaircir les points dificiles et obscurs , ne rien oublier , 11e rien négliger de ce qui intéresse l’histoire du genre dont on s’occupe ; ces travaux supposent et l’habitude de décrire , et la connaissance de la littérature de la science, et surtout un esprit méthodique. Je ne crois pas qu’il puisse exister , pour les commençans déjà un peu exercés , de meilleur travail à entreprendre pour se familiariser avec les difficultés de la science. J’ai toujours conseillé cet exercice aux jeunes gens qui avaient quelque confiance en moi, et je puis citer avec complaisance , les Monographies des Renoncules par Biria, des Digitales par Elmiger, des Pavots par Yiguier, et surtout celle des Solanum par Dunal, et des Casses par Colladon , comme les résultats de ce conseil. La plus ancienne Monographie de genres qui existe , est, je crois X Alocdarium de Muntingius. Parmi les modernes qui ont mis plus de soin à ce genre de travail, on peut citer avec éloges , les Monographies des Menthes de Smith , celle des Chênes d’Amérique par Michaux , celle des Gentianes par F rœlich , celle des Carex par

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