G LO S S0L0G I E
toutes continues, quelle que soit leur forme, et qui est la base de tous les végétaux; il est ou cellulaire ou vasculaire.
§. 289. Tissu cellulaire ( Complexus cellulosus, Tela cellulosa , Link ) ; tissu membraneux composé d’un grand nombre de cellules, ou de vides à-peu-près hexagones, fermés de toutes parts , et qui ressemblent à de l’écfume de savon; dans un sens plus borné, on prend aussi ce mot pour synonyme de parenchyme ou d’enveloppe cellulaire. Quelques auteurs désignent cet organe sous le nom de Tissu utriculaire ( Complexus utricularis ) , dans l’idée fausse que chaque vide est une petite vésicule séparée de ses voisines par des intervales, où l’on a cru remarquer deux sortes de vaisseaux: i.° ceux que M. Treviranus nomme Meatus intercellulares , et que Hedwig désignait sous le nom de Vas a, revelientia; 2.0 ceux que M. Link appelle Ductus intercellulares, qui descendent perpendiculairement, et sont plus grands que les précédens : l’existence de ces organes est loin d’être prouvée.
On nomme Cellule ( Cellula , U tri cul us , Malp. , Pore y Vésicule y en anglais Bladder , selon Grew), l’un des vides produits dans le tissu cellulaire par le dédoublement des membranes ; les cellules sont fermées de toutes parts et leur coupe est presque toujours hexagonale. On distingue diverses espèces de tissu cellulaire , et par conséquent de cellules : quant à l’apparence des parois , on trouve le tissu cellulaire :
1. Simple (Simplex) y c’est-à-dire, dont les parois sont transparentes sur tous les points;
2. Ponctué (ponctatus)y ou poreux (Mirb.),dont les parois présentent des points opaques d’apparence glanduleuse, et peut-être percés;
3. Rayé ( lineatus ) , fendu ( Mirb. ) , dont les parois présentent des raies transversales d’apparence glanduleuse, et peut-être fendues.
Quant à la forme des cellules , on distingue le tissu cellulaire en ,
1. Régulier ( régularisé , ou dont les cellules sont toutes à-peu-près hexaèdres , de manière à présenter en tout sens une coupe sensiblement hexagonale ; il forme la principale partie du parenchyme. Je rapporte à celte espèce les tissus nommés Tissu globidaire , Tissu vésiculaire , par M. Link ;
2. Allongé ( elongatus) , ou dont les cellules sont allongées , de manière à former de petits tubes clos aux deux extrémités , et non ouverts comme dans les vaisseaux; ce sont ces cellules qui ont reçu le nom de Cellules allongées { Rud.), Cellules tabulées (Fl.fr.), ' Petits tubes ( Mirb. ), Utricules fibreuses (Trev.), Tissu cellulaire ligneux ( Mirb. ). On peut y rapporter encore le Tissu allongé et le Tissu alvéolaire de M. Link. Cet organe se trouve dans les nervures et le bois ;
3. Pu Chapelet {precatorius , jnonili/ormis) ,ou qui présente des séries de cellules ovoïdes , ponctuées , séparées par des diaphragmes, et qui, par leur succession , ressemblent aux grains d’un chapelet ; ce sont les vaisseaux en chapelet de M. Mirbe!,les vaisseaux en collier de M. Bernhardi , les vaisseaux venniculaires de M. Treviranus , les vaisseaux entrecoupés de M. Bilderbyk. On les trouve dans les bourrelets, les articulations, les racines : on peut indifféremment les considérer comme des modifications du tissu vasculaire ou du tissu cellulaire.
§. 290. Tissu Vasculaire ou Tubulaire ( Mirb.)
GIOS SOUOGIE.
( Contextus , Complexus vascularis seu tubularis ), tissu membraneux composé d’un certain nombre de tubes ou de vaisseaux continus.
"Vaisseaux (Vasa), vidés qui se trouvent dans le tissu membraneux, et qui sont ouverts à leurs extrémités, ou du-moins tellement prolongés qu’011 ne peut y distinguer de cloisons terminales. M. Mirbel les nommait d’abord Tubes ( Tubi J , mais il est revenu ensuite au terme généralement admis de 'vaisseaux. On distingue communément les Vaisseaux d’après leur usage, en,
1. Lymphatiques ( lympliàtiça J, qui renferment des sucs aqueux peu ou point élaborés , et qui sont assez analogues aux vaisseaux lymphatiques des animaux ; ce sont ceux que Grew nommait Sap-vcssels , Lymphceducts , Lyinphœcluctus ; Duhamel, Vaisseaux séveux ; Bernhardi , Vaisseaux pneumatiques , etc.;
2. Propres (propria) , qui renferment des sucs épais, élaborés, colorés et propres à certains végétaux. Vojez ci-après §. 291.
Les Vaisseaux lymphatiques qui méritent seuls le nom de vaisseaux, se distinguent en ,
1. V ■ ponctués (V . punctata Trev. ), ou dont les parois sont marquées de points d’apparence glanduleuse, peut-être percés; ce sont les tubes ou vaisseaux poreux deM. Mirbel;
2. V . rayés ( V . lineata ), ou dont les parois sont marquées de raies transversales d’apparence glanduleuse, et peut-être fendues; ce sont les organes appelés fausses trachées par M. Mirbel , vaisseaux fendus dans la Flore française, vaisseaux à escaliers par M. Bernhardi , quand les raies sont incomplètes , et vaisseaux annulaires , quand elles sont complètes;
GIOSSOIOGIE.
3. Vaisseaux spiraux ou Trachées ( V asa spiralia „ Tracheœ) , sont des espèces de tubes composés d’une lame membraneuse élastique, roulée en spirale sur elle-même. On les trouve en abondance dans les jeunes pousses de toutes les plantes vasculaires. Grewles nommait Vaisseaux aériens ( Aër-vessels ) , parce qu’on n’y trouve le plus souvent que de l’air. Hedwig les nommait Vasa pneumato-chymifera , et les croyait composés de deux organes , un tube droit central rempli d’air, qu’il nommait Pneumatophora , et un tube rempli de suc, roulé en spirale sur le précédent, qui a reçu les noms de Vasa adducentia spiralia , Vasa chymifera , Vasa hydrogera ; mais on n’a point pu vérifier cette observation de Hedwig , et il paraît certain que la trachée est un tube formé par une membrane roulée en spirale. MM. Rudolphi et Link distinguent les vaisseaux en spirale libre et en spirale soudée : ces derniers diffèrent-ils réellement des vaisseaux rayés ?
4. Vaisseaux mixtes ( Vasa mixta ) ; sous ce nom, M. Mirbel désigne des tubes qui, à diverses parties de leur longueur, sont ponctués , rayés ou spiraux; leur existence est contestée par M. Rudolphi.
§. 291. Vaisseaux propres, ou pour mieux dire, Réservoirs du suc propre ( Vasa propria , Recep tacula succi proprii ) ; espèces de cavités ménagées çà et là dans le tissu cellulaire, fermées de toutes parts , dépourvues des ponctuations ou des raies qu’on voit sur le tissu ordinaire , et remplies de sucs diversement colorés , et propres à chaque végétal ; on peut distinguer :
I. Les. réservoirs vésiculaires f R. vesiculosa ), ou Glandes vésiculaires ( Glandulce vesiculares ) des
GLOSSOLOGIE.
auteurs; ce sont des vésicules sphériques, ordinairement remplies d’huiles volatiles , qu’on trouve dans le parenchyme des feuilles et des écorces ; par exemple , dans le Myrte , l’Oranger , etc. ;
2. Les Réservoirs en cæcum ( R . cæciformia) sont des tubes courts, pleins d’huile volatile, observés par M. Ramond dans l’écorce du fruit des Ombellifères ;
3. Les Réservoirs tubuleux {R. tubulosa) , ou Vaisseaux -propres solitaires de M. Mirbel, sont des tubes solitaires au milieu d’un amas de tissu cellulaire , dont la paroi est ordinairement épaisse solide consistante » pleins , ou de suc térébintliacé , et alors Grew les nommait Turpentine - vessels , ou de suc laiteux , et alors Grew les désignait sous le nom de Milhx es sels.
4. Les Réservoirs fasciculaires (7Î. fascicularia ) , ou Vaisseaux propres fasciculaires de M. Mirbel , sont des faisceaux de petites cellules tubulées, parallèles, pleines de sucs propres, tels sont, par exemple, ceux de l’écorce des Apocynées.’
5. Les Réservoirs accidentels (R. accidentalia) sont des cavités qui se forment accidentellement et se remplissent par infiltration de sucs propres sécrétés ailleurs; c’est ainsique la résine des Conifères pénètre souvent dans leur moelle ou leurs vaisseaux lymphatiques.
§. 292. Lacunes ( Lacunœ , Mirb.), ou Cavités aériennes ( Cavitates aërece ), sont des cavités pleines d’air qui se forment dans l’intérieur des plantes par la rupture du tissu cellulaire ; Grew les nommait Creux tubulaires , ou Ouvertures de la moelle , M. Rudolphi Vaisseaux pneumatiques , M. Link Réservoirs