G L O S S 0 LOG I E
d'air accidentel ; ce dernier en distingue quatre espèces :
i. Lacunes irrégulières (Z. irregulares) , qu’ou voit au milieu des feuilles, des réceptacles ou autres parties , qui contiennent beaucoup de tissu cellulaire.
2. Lacunes fistuleuses {L. fistulosæ) , qui occupent tout le centre de la tige et le rendent creux comme une flûte, par exemple dans les Graminées.
3. Lacunes régulières (Z. re gui are s") , qui occupent le centre des liges des plantes aquatiques, et où les cellules rompues se disposent avec régularité , par exemple, les Scirpus , etc.
4- Lacunes cellulaires (Z. cellulares') , sont de grandes cavités dont les parois elles-mêmes sont composées de tissu cellulaire , par exemple , dans le Sparganium.
§. 2q3. Fibre ( Fibra ), Fibre 'végétale , faisceau de vaisseaux et de cellules allongées, soudées intimement, et qui, à raison de leur consistant^ plus solide, peuvent se détacher assez facilement , surtout par la macération, du tissu cellulaire arrondi, sous la forme de filets plus ou moins consistans ; c’est par les fibres que se dirige principalement la marche des sucs.
Lorsque les fibres pénètrent dans les organes foliacés où elles se ramifient souvent , elles prennent le nom de Nervures {Nervi).
Parenchyme ( Parenchyma ) , partie pulpeuse, essentiellement composée de tissu cellulaire mol , comme on en trouve dans les feuilles ou les fruits; il se dit par opposition au mot de Nervures.
Epiderme ( Epiderma, Epidermis , Culicula ) ; on donne ce nom à la membrane mince et ordinairement
GLOSSOLOGIE.
transparente qui recouvre toute la superficie des plantes, se détache plus ou moins facilement du reste du tissu , et paraît être, d’abord , la paroi externe des cellules extérieures durcie et fortifiée par 1 action de 1 air et l’effet de l’évaporation , puis la réunion des cellules externes endurcies et désséchées par l’évaporation. Grewla nommait Cuticule dans les plantes jeunes , et Peau ( Skin ) dans les plantes âgées. Loi'squ’on enlève l’epiderme , de dessus le parenchyme , la trace des parois des cellules reste marquée sur l’épiderme, et y forme des aréoles hexagonales, séparées par des raies qui ont été prises quelquefois pour des vaisseaux, et qui paraissent être les Vas a exhalantia de Hedwig.
§. 294. Articulation {Articulation Junctura Jung.), place du tissu végétal , où deux parties continues dans leur jeunesse se coupent ou se séparent d’elles-mêmes et sans déchirement sensible, à une époque déterminée de leur vie, par exemple, les points d’attache des feuilles du Poirier, ou des folioles de l’Acacia, etc. On nomme Article (Articulas) , l’intervalle entre deux articulations ; Cicatrice ( Cicatricula ), la place ou marque qui reste après qu’un organe s’en est désarticulé.
Nœud ( Nodus , Geniculum Jung. ) , place du végétal où les fibres s’entrecroisent et où le tissu cellulaire se tuméfie, de manière à former une protubérance annulaire, par exemple, les nœuds des Gramens; l’intervalle entre deux nœuds, ou deux paires, ou deux verticilles de feuilles, se nomme Entrenœud ( Inter nodium .) On confond souvent les nœuds avec les articulations, parce qu’il arrive fréquemment qu’il y a un véritable nœud au-dessus ou au-dessous des articulations, par exemple, dans l’Œillet.
GLOSSOLOGIE.
Nodosité ( Nodositas ), concrétion ou dépôt formé , par l’effet même de la végétation , dans certaines places qui en sont bosselées ou tuméfiées , par exemple, les feuilles du Jonc, improprement nommé articulé.
§. 295. Pores ( Pori) ; ce mot se prend en trois sens : i.° on désigne sous le nom de Pores , en général , tout orifice très-petit , visible seulement au microscope, et situé sur le tissu membraneux interne ou externe.
2. ® On appelle souvent Pores insensibles ou Pores cellulaires ( Pori inconspicui , Pori cellular es') , les orifices jusqu’ici inconnus, mais qu’on suppose exister sur la partie externe du tissu cellulaire , et qu’on regarde comme les organes de l’évaporation insensible.
3. ° On appelle enfin de ce nom, des organes trèsvisibles , savoir : les Pores corticaux ( Pori corticales) ; ils sont aussi nommés Stomates ( Stomatia ) par M. Link; Glandes corticales , par De Saussure; Po~ res allongés ou grands pores , par M. Mirbel; Pores èvaporatoires , par Hedwig; Pores\ de l" épiderme, par M. Rudolphi; Pores , proprement dit, par Jurine fils; Glandes miliaires , par Guettard ; Glandes épidermoïdales , par Lainetherie : ce sont des pores ovales, très-visibles au microscope , et quelquefois même
, à la loupe, qu’on observe sur le parenchyme des feuilles, des calices et des jeunes pousses des plantes vasculaires, mais seulement sur les surfaces destinées à vivre hors de la terre ou de l’eau ; ces organes paraissent servir à l’exhalaison et peut-être, quelquefois, à l’iinbibition des vapeurs aqueuses.
§. 296. Spongioles ( Spongiolœ ) ; ce sont des espèces de corps analogues à des éponges, et très -facilement
GIOSSOIOGIE.
transméables à l’humidité qu’ils absorbent , sans qu’on puisse , aux miscroscopes même les plus forts , y apercevoir des pores; elles ont ceci de singulier, que les modécules colorantes y passent sans difficulté , tandis qu’elles ne passent jamais par les pores corticaux. Ces spongiûles sont de trois sortes :
1. 1?. radicales (6*. radicales , radicum orœ Jung.) situées à l’extrémité de toutes les moindres divisions des racines; elles absorbent la sève : elles sont trèsvisibles en particulier dans les Lemna, les Pandanus (*) ;
2. iS1. pistillaires (S. pistillares') situées à l’extrémité du pistil, et plus connues sous le nom de Stigmate ; elles absorbent la liqueur fécondante ;
3. «S1, séminales (tS1. séminales) situées sur la surface externe des graines , et chargées d’absorber l’eau qui doit les faire germer ;
§. 297. Glande ( Glandula , et dans les composés grecs Aden , Adenos). Dans le sens exact du mot, une glande signifie un organe chargé de la sécrétion d’une liqueur ; mais dans l’usage ordinaire de la botanique, en emploie souvent ce terme pour désigner des tubercules qui ressemblent plus ou moins exactement à ceux qui sécrètent réellement quelque liqueur; si on les considère quant à leur anatomie, on peut distinguer avec M. Mirbel :
I. Les Glandes cellulaires (Glandnlce cellulares ), qui sont formées d’un tissu cellulaire très-fin et n’ayant
(*) M. Corréa est le premier qui ait observé l’analogie de ces organes avec les stigmates; il les nommait dans son instructive conversation : Stigmates des racines ; mais il n’a jamais publié ses observations à leur égard.
G LOS SOLOGI E.
aucune communication avec les vaisseaux; elles paraissent destinées à rejeter au-dehors un suc particulier, et sont donc excrétoires ; on les appelle aussi Glandes nectarifères ou nectaires , lorsqu’elles sont situées sur la fleur.
2. Les Glandes vasculaires (G/î vasculares ) , qui sont composées d’un tissu cellulaire très-fin , traversées par des vaisseaux qui n’excrètent aucun suc visible à l’extérieur , et paraissent sécrétoires, telles sont celles qui entourent l’ovaire du Cobæa, ou les turbercules qu’on observe sur le pétiole des Drupacées , et qui , à cause de leur forme , avaient été nommées Glandes à godet ( Gl. urceolares ).
§. 298. Poils ( Pili , Villi.) On désigne généralement sous ce nom , toutes les petites productions molles et filiformes, qui ressemblent par leur apparence aux poils des animaux, et qui sont toujours composées d’une . ou plusieurs cellules saillantes hors du tissu : quant à leur structure réelle, on les distingue en quatre
classes:
I. ° Les Poils glandulifères ÇPili glanduliferi), c’està-dire, qui servent de support à une ou plusieurs glandes: tels sont ceux qu’on a nommés ;
a. Poils à cupules ( Pili cupulati ); ce sont des filets terminés par une glande concave, comme dans le Pois chiche;
h. Poils en tête ( pili capitati ) : filets simples, terminés par une glande arrondie , par exemple, plusieurs Croton.
c. Poils à plusieurs têtes ( pili polycephali ) ; filet , rameux dont les branches se terminent par une glande, par exemple dans le Croton penicillatum .