‹ Théorie élémentaire de la botaniqueChapitre 68 sur 84 · G LO S SOL O GIE · texte numérisé non relu

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la moelle, qui partent de cet organe en tout sens, vont atteindre la circonférence , et sont visibles sur la coupe transversale d’un tronc sous la forme de rayons.

§. 807. Coups ligneux ( Corpus ligneum , Lignea portio , Malp. ), partie de la tige ou de la racine des Dicotylédones, comprise entre la moelle et l’écorce, et dans laquelle les sucs passent en allant de l’extrémité des racines aux feuilles. Dans les Monocolylédones , le corps ligneux compose toute la tige.

Bois ( Lignum , et dans les composés grecs X.ylon'). Dans un sens général, ce mot indique ou le corps ligneux, ou toute partie du végétal dont la consistance est ferme. Dans le sens strict, il désigne cette partie du corps ligneux qui a acquis toute sa dureté, et qu’on désigne vulgairement sous les noms de Bois parfait , Cœur du Bois ; dans les Dicotylédones, il est placé au centre ; dans les Monocotylédones , à la circonférence.

Aubier , ou Bois imparfait ( Alburnum , Alburna , Malp. ) , partie du corps ligneux qui n’a pas encore acquis toute sa dureté, et qui est presque toujours d’une couleur plus pâle ; il est à la circonférence dans les Dicotylédones, au centre dans les Monocotylédones.

Couches ligneuses ( Strata lignea , Involucra lignea , Malp., en anglais Spurious grain), zones ligneuses qui se forment successivement autour de la moelle , ou de l’axe central dans les Dicotylédones , et qui sont visibles sur leur coupe transversale sous la forme de cercles concentriques , dont chacun indique ordinairement l’accroissement d’une année.

§. 3o8. Écorce ( Cortex , et dans les composés grecs Derma ) , partie de la tige et des racines des Dicotylédones , qui entoure le corps ligneux, s’en sépare facilement à certaines époques de l’année, ou par la macé

GLOSSOLOGIE. 359

ration , et dans laquelle les sucs ne passent point en allant des spongioles radicales aux feuilles.

Couches corticales ( Strata corticalia ); ce sont les couches ou cercles concentriques qu’on observe , quoique souvent avec peine , dans l’écorce. Dans un sens plus restreint, on ne donne ce nom qu’aux couches extérieures de l’écorce.

Liber ou Livret ( Liber ). On donne ce nom aux couches corticales intérieures qui se séparent plus facilement que les autres , et comme les feuillets d’un livre.

Enveloppe cellulaire ou Tissu cellulaire de V écorce ( Stratum cellulosum , Complexus celliilosus , Parenchyma Grew ). On donne ce nom à une couche de tissu cellulaire qui se trouve en dehors des couches corticales; c’est la partie qui, très-développée, forme le liège.

Epiderme ( Epiderma , Epidermis ) , membrane qui enveloppe la tige entière comme toute la plante, mais qui est plus facile à séparer et plus visible dans cet organe que dans tout autre ( Voy. §. 292. ).

Art. 6. Des Bourgeons.

§. 309. Hibernacle ÇHibernaculum'). Sous ce nom, Linné désigne, en général, toutes les parties des plantes qui servent à envelopper les jeunes pousses pour les mettre à l’abri de l’hiver; tels sont les Bourgeons et les Bulbes.

§. 010. Bourgeon ( Gemma ) , ou improprement Bouton , est un hibernacle situé sur la tige proprement dite, et composé d’écailles qui sont des feuilles ou des stipules avortées. Au premier moment de son apparition, le Bourgeon porte le nom à'OEil. On appelle

GLOSSOLOGIE-

Geimnabio , l’ensemble des bourgeons ou leur disposition générale. On distingue les bourgeons, selon leur contenu , en

1. Bourgeons à feuilles ou à bois ( Gemmas foliiferœ), ce sont ceux qui ne donnent naissance qu’à des branches chargées de feuilles et sans fleurs.

2. Bourgeons à fleurs ou à fruit ( G. floriferœ sen fructifère*: ) , qui émettent des fleurs et point de feuilles.

3. Bourgeons mixtes ( G. mixtœ ), qui poussent des fleurs et des feuilles.

Quant à leur composition , on les divise en

1. Foliacés ( foliacece) , dont les écailles sont de petites feuilles avortées, par exemple, le Bois-gentil.

2. Petiolacès (petiolaceat) , ou dont les écailles sont des pétioles avortes; le Noyer.

3. Stipulacès ( stipulaceœ ) , ou dont les écailles sont des stipules plus ou moins avortées ; le Charme.

4- Fulcracès ( Fulcraceœ ) , dont les écailles sont formées par l’avortement des pétioles bordés de stipules ; le Prunier.

Ecailles ou Tegmens des Bourgeons (Squamœ , Tegmenta , Link. ) , sont les petites parties qui recouvrent les germes dans les bourgeons ; elles ont la forme des écailles, mais méritent un nom propre, et celui que M. Link leur a donné, leur convient trèsbien : M. Mirbel appelle Férule l’enveloppe formée par les écailles du bourgeon.

Gemmule ( Gemmula ). M. Link désigne par ce mot , le rudiment d’une nouvelle branche située dans l’aisselle, et consistant en feuilles distinctes, quoique fort petites. M. Richard emploie ce terme pour désigner le premier bourgeon de la plante au moment de la ger-

GLOSSOLOGIË. 36 î

ïmnation, bourgeon auquel M. Link donne le nom de plu mu e ( plumula ).

Turîon ( Turio ). Linné enlend par ce mol , le bourgeon des herbes vivaces, qui est siiué au collet de leur racine, ei d’où sorlent les tiges annuelles , par exemple, dans l’Hellébore ; on pourrait distinguer autant d’espèces de Lirions que de bourgeons.

§. 3ii. Bulbe ( Bulbus ). La Bulbe est une espèce d’hibernacle ou de turion, situé ou au collet, ou sur une souche très-courte, cachée sous la terre ou à la surface, et dont les tégumens sont des tuniques ou clés écailles; elle diffère du turion, en ce que, dans le turion, les écailles sont de peu de durée, tandis que dans la bulbe, elles durent au-moius autant que la pousse qui en est sortie; la bulbe serait bien définie un turion permanent. On peut distinguer autant de sortes de bulbes que de bourgeons; mais on ne désigne par des noms que les suivantes :

1. B. à tuniques ( B. tunicciti ) , ou formées d’écailles nombreuses minces, membraneuses et embrassa nies; par exemple , 1 Oignon. Ces sortes d’écailles se nomment tuniques ( tunicœ).

2. B. à écailles {B. squammosi) , ou formées de feuilles avortées épaisses et peu ou point embrassantes; par exemple, le Lys.

Cayeu {Bulbubus) , petit bourgeon ou petite bulbe qui naît à 1 aisselle des écailles extérieures des bulbes. En latin Dodoens nomme le Cayeu Nucléus ; Tournefort, Aclnascens ; M. Richard, Adnatum.

Art. 7. Des Feuilles.

§■ 3i2. Eeuille ( Folium , et dans les composés grecs Phyllum ), expansion ordinairement plane, verte, ho*

GEOSSOLOGIE.

rizontale, qui naît sur la tige des plantes , sert à l’évaporation et l’imbibitiou des vapeurs et des gaz nutritifs, et est formée de l’épanouissement d’une ou de plusieurs fibres. Une feuille est dite :

a. Simple ( simplex ), quand toutes ses parties sont continues ensemble;

b. Composée (compositmn) , quand elle est formée de parties articulées les unes sur les autres, et séparables , sans déchirement , à la fin de leur vie. Ces pièces foliacées se nomment Folioles ( Foliola) ou Pinnules ( Pianulæ ) ; lorsqu’elles sont placées l’une vis-à-vis de l’autre, on désigne ces paires de folioles sous le norn spécial de Paire ( Jugum).

§. 3i3. Petioee (Petiolus) , vulgairement Queue de la feuille , espece de support situé à la base de la feuille, qui soutient sa partie plane et qui est formé par les fibres séparées de la tige , mais non encore épanouies. Dans les feuilles composées , le support général porte le nom de Pétiole commua (P. commuais')’, chacune des branches articulées sur lui et portant plusieurs folioles , Pétiole partiel (P. partialis ) ; et enfin, chaque petit support propre à une foliole et continu avec elle, Pètiolule (Petiolulus). JNecker donne le nom de Péri droma , et 'Wildenow celui de Rachis , au pétiole des Fougères , qui porte à-la-fois les organes foliacés et ceux de la reproduction.

P étiolé foliacé ou Phyllodiinn. Je donne ce nom aux pétioles de certaines feuilles composées ou trèsdécoupées , qui prennent tellement d’extension, qu’ils semblent de véritables feuilles , et que leurs folioles ou leur limbe avortent en tout ou en partie , par exemple , dans les Acacies de la NouveHe-Hollande ; cet accident se présente aussi dans les feuilles submergées des Alisma

GLOSSOLOGIE.

et de la Sagittaire ; il arrive peut-être constamment dans celles des Buplèvres , de certaines Renoncules , etc.

§. 3 1 4 - Limbe (lijnèus) , partie de la feuille ou de la foliole formée par l’épanouissement des fibres , ou , en d’autres termes, tout ce qui, dans la feuille , n’est pas le pétiole.

Nervures (Nervi), divisions du pétiole qui parcourent le limbe et forment le squelette de la feuille, ou, lorsqu’il n’y a point de pétiole, fibres naissant de la tige et parcourant le limbe. On distingue les nervures longitudinales ( longitjidinales) , qui vont directement de la base au sommet, et les nervures latérales ( latérales ) , qui partent des précédentes et vont au bord de la feuille. On nomme Veines ( Vence ), les nervures peu préominentes , et dans ce cas, nervure signifie par opposition, nervure préominente; quant à la disposition des nervures, voyez §. 3g7 et §. 320.

Parenchyme ( Parenchyma ) , toute la partie du limbe qui est molle, celluleuse et qui n’est pas nervure.

§. 3i5. Gaîne ( Vagina ), portion de certaines feuilles, qui enveloppe la tige dans une partie de sa longueur , et semble remplacer le pétiole. On la dit entière ( integra), lorsqu’elle forme, comme dans les Cyperacées, un tube continu ; fendue ( fissa ) , quand elle est divisée par une fente longitudinale , comme dans les Graminées.

Languette ( Ligula , Collare , Rich. ) , appendice membi'aneux, qui, dans les Graminées, couroqne la gaîne.

Ochrea ( Wild. ) , gaîne membraneuse et incomplette, qui se trouve à la base des feuilles des Polygonées.

Réticulum (Link), gaîne fibreuse qui se trouve à la base des feuilles des Palmiers.

GLOSSOLOGIE.

P ericladi'um (Link) , évasement du bas delà feuille qui embrasse la base des rameaux ou des pédoncules, par exemple , dans les Ombellifères.

§. 3i6. Stipule ( Stipula ), appendice foliacé ou feuille accessoire située sur la tige à la base de certaines feuilles; on distingue les stipules caulinaires ( caulinœ ) , ou qui adhèrent à la tige seulement , comme dans le Poirier, et les stipules pètiolaires ( petiolares J, ou qui adhèrent à-la-fois au pétiole et à la tige, comme dans le Rosier.

Stipelle ( Stipella , DC. ) , ou Stipule foliolaire , stipule placée sur les pétioles communs à la base des folioles, par exemple, dans le Haricot.

Hypophy Ilium ( Link ) , petite gaine, qui représente la véritable feuille, à l’aisselle de laquelle naissent certains rameaux dont l’apparence est semblable à des feuilles, comme, par exemple, dans les Asperges.

Vaginelle ( Vaginella , DC.), petite graine membraneuse , qui embrasse la base des faisceaux de feuilles dans les Pins.

Auricule ( Auriculci , AVild- ), ou Ampliigaster (Web. et M.), stipule des Jongermannes. Voyez §. 33o.

§. 3i7. La place des feuilles sur la tige donne lieu à quelques termes :

Aisselle ( Axilla ) , angle situé au-dessus du point cl’attache d’une feuille , et formé par la feuille ellemême et la partie de la tige supérieure à son insertion. On appelle aussi aisselle l’angle que forme un rameau ou un pédoncule sur la tige qui le porte; mais ce mot emplo3ré seul s’entend toujours de l’aisselle des feuilles : de là axillaire ( axillaris ), qui naît de l’aisselle des feuilles; supra- axillaris , extra - axillaris , qui naît au-dessus ou hors de l’aisselle. Les anciens appelaient l’aisselle ala .

GLOSSOLOGIE,

Cicatrice ( Cicatricula ), marque que les feuilles ar=

les feuilles sont adhérentes, il n’y a pas de cicatrices j niais après leur mort, ce qui en reste porte le nom de Débris ( Relic/uiœ , ou moins exactement Rameuta ).

Coussinet ( Pulvinus ). M. Link donne ce nom à la petite protubérance qui se trouve souvent sous la cicatricule. Les anciens entendaient par ce mot, la partie préominente entre les stries ou le dos des sillons.

Projecture (Projectura , Sirns. ) , petites côtes saillantes, qui, partant de l’origine d’une feuille, se prolongent sur la tige de haut en bas, par exemple, dans les Légumineuses.

§. 3i8. Les renflemens propres aux feuilles sont désign par les noms suivans :

èsicule ( Vesicula') , partie close, renflée et pleine d’air , qui se trouve sur les parties foliacées , dans certains Fucus, dans le pétiole du Trapa natans : les

la racine.

Outre Ç Ascidium , ’Wild. Vasculum ), espèce de coupe ou de godet, ouvert d’un côté, formé ou par la feuille courbée et à bords soudés comme dans les Sarracenia, ou par la feuille concave comme dans leCéphalotus, ou par un évasement particulier du sommet de la nervure longitudinale dans le Nepenthes ; les Outres sont souvent recouvertes par une pièce foliacée plus ou moins mobile, qui porte le nom à' Opercule (Opérai lum. )

§. 3 J 9. Quoiqu’il n’entre pas dans mon plan d’expliquer les termes adjectifs composés, ceux qui servent à désigner les espèces des feuilles sont d’un usage si important, et exposés avec si peu de rigueur dans la plu-

ticulées sur la tige y laissent après leur chute. Lorsque

vésicules sont aux feuilles ce que les ampoules sont à

GLOSSOL OGIE.

part des livres, que je crois nécessaire de les indiquer d’après les principes exposés dans la Flore française (3-e éd. vol. I. p. 91. ).

§. 320. La structure anatomique des feuilles dépend essentiellement de la disposition de leurs nervures (Voyez chap. 3. art. 3. ) , et d’après ce caractère, on les distingue en feuilles

I. ° A nervures confluentes Ç nervis confluentibus J, ou simples réunies au sommet; parmi celles-ci je range les feuilles :

a Rectinerves ( rectinervia ), à nervures droites, presque parallèles , comme dans les Gramens.

b. Curvinerves ( curvinervia f, à nervures courbées de manière à être à-peu-près parallèles au bord de la feuille, par exemple, l’Hémérocallis du Japon.

c. Ruptinerves ( ruptinervia J, à nervures qui naissent presque parallèles, et qui se rompent d’espace en espace de manière à former des lanières, ou

a . Pennif ormes ( penniformia ) , disposées comme dans les feuilles pennées , par exemple , dans le Dattier , ou

fi. Palmiformes f palmiformia ), disposées comme dans les feuilles palmées, par exemple, dans le Chamœrops.

II. » A nervures divergentes ( nervis divergentibus ) ou rameuses , de manière à se diriger vers divers points de la surface. J’y distingue les feuilles

a. Penninerves ( penninervia J, ou à nervures pennées , par exemple , le Chateigner.

b. Pédalinerves ( pedalinervia ) , ou à nervures pédalées , par exemple , l’Hellébore fétide.

c. Palminerves ( palminervia ) , ou à nervures palmées, par exemple, la Vigne.

GLOSSQLOGIJE. 36j

d. Peltinerves ( peltinervia ) , ou à nervures peliées, par exemple, la Capucine.

e. Triplinerves f triplinervia ) , ou à nervures triplées, c’est-à-dire , que la feuille offre trois nervures principales, dont les deux latérales ne naissent pas de la base comme dans les Palminerves à trois nervures , mais de la partie inférieure de la nervure centrale, par exemple, l’Hélianthe tubéreux.

f. Qnintuplinerves ( cjuintuplinervia ) , quand la nervure centrale s’est pour ainsi dire quintuplée en donnant dès sa base et de chaque côté naissance à deux nervures latérales, par exemple, la Melastoma discolore.

g. Vaginerves ( 'vaginervia ) , ou à nervures disposées en tous sens et sans aucun ordre comme dans les Ficoïdes.

h. Rétinerves ( retinervia ) , ou disposées sur toute la feuille en forme de réseau ou de dentelle.

III. ° si nervures indistinctes ( nervis indistinctis ), c’est-à dire, peu apparentes ou disposées sans ordre.

a. Falsinerves ( falsuiervia ) , ou dont les nervures n’ont pas de vaisseaux, et sont composées de simple tissu cellulaire allongé comme dans les Fucus. On les distingue en pennif ormes , pèdalijormes , palmif ormes , peltifonnes , criph f ormes , quintuplif ormes , rétiformes , vagif ormes , selon qu’elles ressemblent à une des cinq dispositions précédentes.

b. Nnllinerves ( nullinervia seu enervia ) , ou sans nervures ni fausses nervures , comme dans la plupart des Ulves.

§. 321. Si maintenant on combine les termes tirés de la disposition des nervures, avec ceux qui servent à désigner la profondeur des découpures , et qui sont ex-"

GLOSSOLOGIË.

posés chap. 3. art. 5. §. 4*9 > on forme et on comprend sans difficultés les termes composés suivans , tous applicables ou aux feuilles simples ou aux folioles des feuilles composées , savoir :

Pennatifide ( pinnatifidns ), qui , ayant les nervures pennées, a les lobes divisés jusqu’à moitié de la largeur, par exemple, le Polypode vulgaire.

P ennatipartite ( p in natip a rt i tu s J , qui , ayant les nervures pennées , a les lobes divisés au-delà du milieu et le parenchyme non interrompu, par exemple, le Polypode doré.

P ennatisequè ( pinnatisectus ) , qui, ayant les nervures pennées , a les lobes divisés jusqu’à la nervure du milieu et le pareucliyme interrompu , par exemple, lePolypodium unitum, etc.

Pemiatilobè ( pimuililobatus J , qui , ayant les nervures pennées , a les lobes incisés à une profondeur qu’on ne peut ou ne veut pas déterminer. Parmi cellesci, on a distingué, sous le nom particulier de lyrèes ( lyrata ), celles qui ont les lobes du haut grands et réunis , et ceux du bas , petits et divisés jusqu’à la nervure.

Cet exemple suffit pour comprendre tous les termes analogues des autres classes r tçls que paimatifidus , palmatipartitjis , palmatis&ctus , palmatilobatus , ou pedatifidus ,pedatipartibus,pedatisectus , (par exemple, Passiflora pedata et P. cirrhijlora ) , pedatilobatus , etc. . ,

§. 322. Les feuilles composées se classent de même : l.° d’après la disposition de leurs nervures ou des branches de leur pétiole, qui représentent leurs nervures ; et a.0 d’après le nombre de leurs folioles.

G LOSSOLOGIË. 36c)

Sous le premier rapport , on distingue les feuilles composées en :

1. Lomentacèes (lomentacea) ; ce sont des feuilles dont la nervure du milieu ne se ramifie que pour donner naissance au limbe, mais se coupe d’espace en espace par des articulations qui la séparent en autant de pièces placées bout à bout. Cette structure est assez commune dans les siliques ou gousses articulées , dites lomentacèes : quant aux feuilles, je n’en connais qu’un seul exemple bien clair, c’est une feuille qui se trouve conservée dans l’herbier de l’Inde , recueilli par Noronha; c’est probablement une espèce d’Oranger, et notre Oranger commun nous offre une feuille composée lomentacée , à deux articles , ou deux folioles continues.

2. Pennées ( pinnata ) , ou dont les folioles sont disposées d’un et d’autre côté d’un pétiole commun , comme les barbes des plumes des oiseaux. On y distingue

(encore les feuilles

a. Alternè-pinnata , à folioles alternes.

b. Oppositè-pirmaia , à folioles opposées.

c. Abruptè-pùinata , pennées sans impaire, c’està-dire, sans que le pétiole se termine par une foliole solitaire.

d. Impari-pinnata , pennées avec impaire.

3. Pèdalèes ( pedata ) ; ce seraient celles qui auraient les folioles placées comme les lobes des feuilles simples pèdalinerves , auxquelles on donne ordinairement les noms de pèdalèes ou pèdiaires ( pedata ) ; mais on ne connaît aucun exemple de feuilles composées vraiment pèdalèes.

4- Palmées ( pabnata ) ; ce sont celles qui ont les folioles toutes articulées à l’extrémité du pétiole corn-

GLOSSOLOGIË.

mun, et disposées sur le même plan comme les doigts de la main, par exemple, la Vigne-vierge.

5. Peltèes (peltata) , qui ont leurs folioles disposées en verticille toutautour du sommet du pétiole commun, comme, par exemple, le Sterculia balanghas. Cette classe mérite à peine d’être distinguée de la précédente.

Devant ces divers termes , on place les mots bi, tri, quadri , etc., lorsqu’on veut indiquer que le même mode de composition se répète deux , trois ou quatre fois.

Le nombre des folioles s’y explique d’une manière fort simple; lorsqu’elles sont en nombre impair, ou dans une position alternative, on exprime leur nombre par les termes unifoliolé ( unifoliatus ) , bifoliolé ( bifoliolatus) , etc.

Si les folioles sont opposées deux à deux, on exprime leur nombre par celui, de leurs paires : ainsi, on dit nnijugus , bijugus, etc , à une , deux paires de folioles.

Si, enfin, le pétiole commun, comme cela arrive dans quelques Acacies , se divise en deux branches , dont chacune de son côté porte des folioles , on dit que la feuille est conjugée (conjugatum) , et qu’elle est conjugato-pinTiatum , conjugato-palmatiun , etc., selon que chacune de ces branches est pennée ou palmée, etc.

§. 3a3. Considérées, quant à la manière dont elles sont rangées dans le bourgeon , on distingue les feuilles en trois classes :

1. Les feuilles appliquées f adpressa ) , ou à limbes planes droits appliqués l’un contre l’autre, par exemple, dans les Amaryllis.

2. Les feuilles plissèes ( plicata J , où l’on distingue celles qui sont :

ÔLOSSdLOGIÈi

a. Plicatives ou plissées proprement dites ( plicativa ), lorsqu’ayant les nervures palmées, elles sont plissées sur ces nervures, de manière à représenter les plis d’un éventail fermé ; la Vigne.

b. Réplicatives , ou pliées cle haut en bas ( replie a* tiva ) , quand la partie supérieure de la feuille se recourbe et s’applique sur l’inférieure, comme dans l’Aconit.

c. Équitatives , ou pliées moitié sur moitié ( equi tativa J, lorsque les deux côtés séparés par la nervure longitudinale, s’appliquent ou tendent à s’appliquer face contre face ; on y distingue quatre cas ■:

a. En regard ( equitativa ) , qui , étant opposées , sont légèrement pliées sur leur nervure longitudinale , de manière que leurs bords se touchent; le Troëne.

fi. Demi-embrassèes Çsejni-atnplexa') , qui , n’étant pas toul-à-fait opposées, sont pliées sur leur nervure, de sorte que la moitié de chaque feuille est placée entre les deux pans de la feuille opposée; la Saponaire.

y. Embrassées (amplexa') , dont les deux côtés de la feuille pliés l’un sur l’autre, sont recouverts par les deux côtés de la feuille précédente pliés de même; par exemple dans les Iris.

ef[. Conduplicatives , ou pliées côte a côte ( c ndu~ plicativa) , quand les deux feuilles pliées moitié sur l’autre 11e s’embrassent point, et sont placées l’une à côté de l’autre, par exemple, le Hêtre.

d. Embricatives (imbricativa ), quand les rudimens des feuilles sont appliqués en recouvrement les uns sur les autres , et forment plus de deux séries ; les Melèses. ^

3- Les feuilles roulées (voluta) , parmi lesquelles on distingue celles qui sont :

2l% GLOSSOLOGIE.

a. Roulées sur le sommet , Circinales ou en Crosse ( Circinnalia ) , ou qui se roulent sur leur nervure longitudinale de haut en bas, par exemple, dans les Fougères, les Droseracées.

b. Convolutives ou roulées encornet ( convolutiva), quand l’un des bords de la feuille sert d’axe, autour duquel le reste du limbe s’enroule en forme de cornet, par exemple, le Bananier, le Balisier, etc.

c. Supervolutives ou roulées l'une sur Vautre ( supervolutiva) , quand l’un des bords se roule sur luimême en dedans, et que l’autre bord l’enveloppe en sens contraire , par exemple , l’Abricotier.

d. Involutives ou roulées en dedans ( involutiva ) , quand les deux bords se roulent sur eux-mêmes en dedans, par exemple, le Pommier.

e. Résolutives ou roulées en dehors ( revolutivaj , quand les deux bords se roulent sur eux-mêmes en dehors, par exemple , le Romarin.

f. Curvatives ( curvativa ), quand le roulement est à peine sensible, à cause du peu de largeur des feuilles.

Art. 8. Des Défenses , Soutiens , Appendices et autres Organes accessoires.

§. 3^4. Fulcra. Sous ce nom générique qui signifie Soutiens , Linné désignait tous les organes accessoires et qui servent plus ou moins à faciliter la végétation, tels que les stipules, les vrilles, les poils , les épines, etc. On ne l’emploie presque plus sous ce rapport , mais dans un sens plus restreint ; on donne le nom de,

§. 325. Crampons ( Fulcra ) à des appendices de la tige qui servent à l’accrocher aux corps voisins, sans être

GLOSSOLOGIE.

roulés en spirale comme les vrilles , et sans pomper de la nourriture comme les racines; tels sont les crampons du Lierre, les organes improprement nommés racines dans les Fucus, etc.

§. 326. Vrille , Main ( Cirrus , et non cyrrhus ), appendice filiforme tortillé, qui sert à soutenir les plantes en les accrochant aux corps voisins ; c’est ce que les anciens nommaient Capreolus , Clavicula , claviculus , Les vrilles sont de six sortes :

a. Pèùolaires ( petiolares , petioleani , Mirb, ) lorsque ce sont des pétioles prolongés , comme dans le Pois.

b. Foliaires (foliares) , lorsque la feuille elle-même se prolonge en appendice tortillé, comme dans la Superbe du Malabar.

c. Nervales ( nervales ), lorsque la nervure principale se prolonge-au delà du limbe en un appendice filiforme : tel est, par exemple , le Nepenthes, dont la vrille est remarquable en ce qu’elle finit par s’évaser à son sommet en un outre couvert d’un opercule.

d. Sripulaires {Stipulares , stipuleani. Mirb.), quand elles sont le prolongement ou la transformation des stipules, par exemple, le Smilax horrida.

e. Pèdonculaires ( pèdunculares , pedunculeani. Mirb. J , quand les pédoncules avortés se changent en vrilles, comme dans les Passiflores, la Vigne.

f. Corollaires (corollares) , quand les pétales ou segmens de la corolle se prolongent en appendice tortillé, comme dans les Strophanthes.

§. 327. (Suçoirs Haustoria , DC. ), tubercules placés çà et là sur la tige (dans les Cuscutes, par exemple ) , et qui sont organisés de manière à se fixer sur une autre plante et à pomper de la nourriture.

GLOSSOLOGIE.

§. 328. Défenses , Piquans (Anna). Quelques auteurs désignent tous ce nom général. Ions les moyens de défense des végétaux, tels que épines, aiguillons, etc. C’est dans ce sens que ar mat ils , armé , ou p un gens, piquant, signifie qui a en général des défenses ou des piquans, et par opposition i tienne (inermis') , se dit des organes qui en sont dépourvus. M. Richard employé ce dernier mot à la place d’ ecalcaratus , pour désigner les tabliers des orchidées qui n’ont point d’éperon.

Epine ( Spina , et dans les composés grecs Acan thon , Acantha ) , excroissance dure, pointue, qui naît du corps ligneux, et qui est une branche ou un organe quelconque avorté ou endurci; par exemple, l’épine du Prunier est un rameau avorté; celles du Dattier, un lobe de feuille endurci; celles des Erythryna, une stipule endurcie , etc.

Aiguillon (Aculeus) , excroissance dure et pointue qui ne naît pas du corps ligneux, mais de l’écorce ou de l’épiderme, et semble être un poil endurci ; par exemple, clans les Rosiers.

§. 829. Poil ( Pilas , et dans les composés grecs Tri ch os , de fip'< £ , êf t%o; ) ; production molle et filiforme qui naît de l’épiderme et recouvre les plantes comme les poils des animaux. Quant à leur structure, voyez le §. 298. Quant à leur apparence et leur consistance, on les distingue par les mots suivans :

Poil ( Pilas ), dans le sens strict, signifie poil superficiel, peu couché et légèrement roide.

Villas, poils couchés, nombreux ,un peu mous.

Duvet ( Pubes ) , assemblage de poils mous, peu nombreux, analogues au duvet des adolescens.

Poil aranéeax ( Pilas araneosus)\ on distingue sous

GLOSSO LOGIE.

ce nom les poils très-longs, très-mous et très-fins , qui imitent ceux des toiles d’araignées, par leur nature et leur entrecroisement lâche, par exemple, le Sempervivum Arachnoideum.

Hirsuties , assemblage de poils longs et nombreux.

Laine ( Lana , Lanugo , est dans les composés grecs Erion ) , duvet semblable à de la laine , composé de poils longs, mous, couchés ou entrecroisés.

Coton ( Tomentum) , duvet semblable à du coton , composé de poils lougs , entrecroisés et crépus.

Velours {Velumen), assemblage de poils serrés, mous, courts et raz.

Cil ( Cilium ), poil un peu roide, placé sur le bord même d’une surface.

Houppe , Barbe ( Barba , et dans les composés grecs Pogon), poils un peu disposés par touffe ou dans un ordre régulier.

Arête ( Arista , Beauv , et dans les composés grecs Athera ), sorte de poil roide ou de pointe filiforme terminale ou dorsale , insérée subitement , qui ne semble pas être la continuation d’une nervure ; dans les Graminées , elles naissent sur le dos ou le sommet des enveloppes florales.

Soie (Seta, et dans les composés grecs Chœta ) , poil roide comme la soie du porc , ordinairement terminal et qui paraît être la continuation d’une nervure; dans les Graminées , les soies sont au sommet des enveloppes florales.

Crin ( Crinis) , poil roide comme un crin , quelle que soit sa position.

Apicule {Apiculus) , poil ou pointe piliforme terminale, aigue , courte , et dont la consistance n’est pas très-roide.

Cuspide ( Cuspis ) , apicule acérée , allonge'e et un peu roide.

Mucrone ( mucro ) , apicule roide et droite.

Hameçon ( Hamas , Rostellum , Uncus ), poil ou pointe crochue.

Glochide (Glochis) , poil mince , roide , à branches recourbées ou rabattues.

Stimulus , poil fin, un peu roide et dont la piqûre cause des démangeaisons.

§. 33o. Ecaille (■ Sçuama, et dans les composés grecs Lepis ). On donne en général ce nom à tout appendice petit, membraneux ou scarieux; on distingue en particulier les suivantes :

a. P ailletie (P aléa), petite écaille ou bractéole entremêlée parmi les fleurons des fleurs en tête.

b. Striga , petite écaille étroite, allongée et qui ressemble à un poil.

c ■ Ramentum , très-petite écaille membraneuse qui sa trouve sur le pétiole des Fougères.

§. 33i. Verrue ( Verruca ), protubérance petite, arrondie, un peu molle et compacte.

Papille ( Papilld ), protubérance petite, allongée, molle et compacte.

Papule ( Papula ) , protubérance arrondie , molle et aqueuse à l’intérieur; formée par une boursouflure de l’épiderme : c’est ce que Guettard nommait glande utriculaire ( glandula utricularis ), par exemple, les bosselures de la feuille de glaciale.

Lenticule ( Lenticula ) , petite tache arrondie ou oblongue qu’on observe sur l’écorce encore lisse des arbres , et dont on ignore la nature; c’est ce que Guettard nommait glandes lenticulaires ( glandulœ lenti culares).

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