II. ® Les Poils excrétoires ( Pili excretorii ), c’est
4 GLOSSOLOÛIE. 34g
à-dire, qui, placés sur une glande , -lui servent de conduit excréteur : tels sont :
ci. Les poils en alêne ( pili subulati ), dont la glande est sessile et se prolonge en un filet tubuleux et acéré, par exemple, l’Ortie.
b. Les poils en navette ( pili vialpighiacei) , dont la base glanduleuse porte un poil horizontal attaché par son centre, et qui, par ses deux extrémités, peut donner issue à la liqueur, par exemple, ceux du Malpi gliia urens.
III.0 Poils lymphatiques ( Pili lymphatici ) ; poils filiformes, dépourvus de glandes, et qui paraissent seulement destinés à multiplier les surfaces évaporatoires : on y distingue les poils,
a. Simples ( Simplices ) , c’est-à-dire, qui ne sont ni branchus, ni divisés par des cloisons transversales; ils sont cylindriques , coniques ou en larme b atavique ( clavati )..
b. Cloisonnés ( phramigeri J , ou articulés par des cloisons transversales, par exemple, certains Chardons.
c. Rameux (ramosi) , parmi lesquels on distingue encore ceux à rameaux libres, qu’on désigne, tantôt par les mêmes termes employés quant aux ramifications ordinaires (Voy. chap. IV, art. 5 ) , tantôt par des termes spéciaux , savoir :
En fausse navette ( P s eudo-malpigliiacei , biacuminati J : tels sont ceux de l’Astragalus asper , qui ressemblent aux poils en navette, mais dont la base n’est pas glanduleuse.
En Y (Bifurrati , furcati) , c’est-à-dire, fourchus au sommet comme dans plusieurs Arabis.
GLOSSOLCGI E,
Dicho tomes ( Dichotomi J, ou plusieurs fois fourchus , par exemple, dans l’Alyssuin.
Trifurquès ( Trifurcati ) , comme dans les Tlirincies.
Rayonnans ( Radiati ) , comme dans la Mauve aliée.
En Goupillon ( si spergillif 'ormes ) , c’est-à-dire, qui, d’espace en espace, émettent des verticilles de petites ramifications , de manière à imiter le goupil- * Ion des artilleurs, par exemple dans le Marrubiam peregrinum.
En Ecusson ( Scutati ), c’est-à-dire, dont les rameaux sont soudés de manière à former des espèces d’écailles ou d écussons , comme dans l'Eœagnus.
Quant à l’aspect général des poils, voyez chap. IV, art. 7.
Art. 2. Parties organiques.
§. 29g. Les parties organiques (Partes organicœ y, de Grew, ou les Organes composés , ou simplement les Organes , sont les parties du végétal toutes composées des élémens précédens, et qui sont la plupart bien visibles à l’œil.
Organes nutritifs ( Organanutritiva ), ou Organes de la végétation , sont celles des parties organiques qui servent essentiellement à la nutrition ou à la végétation, ou , en d’autres termes, à la vie de l’individu , comme la racine, la tige et les feuilles.
Organes reproductifs ( Organa reproductiva ) , ou Organes de la fructification , sont celles des parties organiques qui sont destinées à la reproduction ou à la fructification, ou, en d’autres termes, à' la vie de l’espèce : tels sont la fleur , le fruit , la graine.
GLOSSOLOGIE,
Soi
Organes accessoires ( Organa accessoria J , sont ceux qui ne se trouvent que dans certains végétaux , qui sont placés indifféremment sur les organes nutritifs et reproductifs, et n’appartiennent essentiellement ni à l’une ni à l’autre classe : tels sont les poils , les piquans , les soutiens , etc.
A k t. 3. De la Tige en général.
§. 3oo. Tige (Caulis ,et dans les composés grecs Caulon ), partie de la plante qui tend à s’élever verticalement et qui porte les feuilles et les fleurs; dans un sens très - général , L’Héritier la nommait Adscensus , e t Hedwid Truncus adscendens. Tournefort ne donnait le nom de Caulis qu’à la tige des herbes.
Tronc ( Truncus ). Linné désigne par ce mot la tige des plantes, prise dans le sens le plus général. A l’exemple des anciens, la plupart des modernes s’en servent pour désigner la partie de la tige des arbres qui est nue et sans branches, par opposition à la partie branchue qui porte le nom de cyme.
Chaume ( Culmus ), tige des Graminées, c’est-àdire, tige cylindrique, munie d’espace en espace de noeuds compacts , desquels les feuilles prennent naissance.
Chalumeau ( Calamus') , tige simple, herbacée, sans nœuds, et plus ou moins fistuleuse comme celle des Joncs.
Frons ( Frons ). Linné donnait ce nom aux tiges des Palmiers et autres Monocotylédones en arbres , parce qu’il les considérait avec quelque raison comme des faisceaux composés des feuilles et des parties de la fructification. D’autres Botanistes ont réservé ce mot
GL0SS0L0GÎË.
pour les expansions des Algues , qui, étant homogènes , sont indifféremment tiges, feuilles ou racines; mais, dans ce sens même, c’est à tort que Wildenow l’applique aux feuilles des Palmiers et des Fougères. Le vrai sens latin est de prendre ce mot pour synonyme de feuilles, mais dans un sens vague et poétique, et c’est encore dans cette acception que frondosus signifie feuille ; je crois donc que ce mot doit être ou exclu de la langue botanique , ou réservé aux expansions membraneuses des Algues.
Support ( Stipes ). Linné entendait par ce mot la base du frons dans les Palmiers , -les Fougères et les Champignous. M. Mirbel propose de le réserver pour désigner les tiges cylindriques et terminées par un faisceau de feuilles des Palmiers et des Fougères en arbre. Cette définition , trop restreinte selon moi, a l’inconvénient d’obliger à appeler de deux noms différens la tige des Rotangs et des autres Palmiei's, ou celle des Fougères en arbre ou en herbe. Je ci ois 'donc inutile d’admettre un terme particulier pour les tiges des Endogènes ligneuses. Quant au mot de stipes ou support, on s’en sert encore dans trois sens différens ; i.° dans un sens général, un support quelconque dont on veut ou on ne peut pas exprimer la nature; 2.0 dans un sens plus strict, le support ou pédicule qui soutient le chapeau des grands Champignons ; 3.° le support spécial qui soutient l’aigrette des Achènes ( §. 4t5 ). Sous tous ces rapports, dans les termes composés, on se sert en latin de pes au lieu de stipes, et en grec, de pus ou podus qui vient de nous, nofos, pied.
§. 3oi. Quant aux Cryptogames, on a adopté en latin les noms suivans :
GLOSSOLOGIE.
Surculus (Hedw.), tige des mousses, c’est-à-dire, tige cylindrique, simple ou rameuse, garnie d’expansions foliacées.
Connus (Wild.), Anabices (Week.), partie des végétaux cryptogames qui se trouve hors de terre, la fructification exceptée.
ThalLus , ( Ach. ) , expansion semblable à une lige ou à une feuille qui compose la plante des Lichens, la fructification exceptée, ou Cormus des Lichens.
Hypha ("Wild. ) , Cormus filamenteux, un peu charnu, aqueux ou demi-ligneux des Bissus.
Lorulum ( Ach. ), Thallus filamenteux et rameux.
Stipes ou Pédicule des Champignons ; voy. .§ 3oo.
§. 3o2. Collet ( Collum ) , plan intermédiaire entre la racine et la. tige, où les fibres commencent d’un côté à monter, de l’autre à descendre. Grew le nommait Coarcture , Jungius Limes commuais ou Funclus plantce , et M. Lamarck Nœud vital : on confond souvent avec lui les organes suivans :
Souche {Caudex). Ruellius et Tournefort désignaient sous ce nom, la tige des arbres que nous nommons aujourd’hui tronc ( §. 298 ) ; maintenant , d’après M. Link,on entend parce mot la base vivace des tiges annuelles, qui, après la mort de la partie supérieure, prend l’apparence d’une racine, et émet l’année suivante de nouvelles tiges.
Rhizoma (Gawh), souche souterraine ou superficielle , ordinairement allongée obliquement ou horizontalement ; qui émet les radicules dans plusieurs , plantes, telles que les Iridées et les Fougères; c’est à proprement parler une véritable tige : Linné la nommait Caudex descendons.
Plateau (Lecus , DC. , de M>as écusson), espèce de
disque plus ou moins applati, qui représente la vraie tige dans les bulbes, et qui émet par-dessous les racines et par-dessus les feuilles et les fleurs.
Bulbo-tuber (Gawl. ), tubérosité sphérique placée an collet de la plante, et souvent recouverte par la base des feuilles comme le plateau des bulbes , par exemple , dans le Safran.
§. 3o3. Branche, Rameau ( Ramus, et dans les composés grecs Cia dos') ; divisions, ramifications de toute espèce de tiges ou même de tout corps cylindracé. Quelques-uns réservent le nom de branches aux premières divisions, et celui de rameaux aux divisions des branches ; en latin , les dernières ramifications se nomment ü«7ra«//, qu’on traduit quelquefois en français par le mot de Brindilles ou Ramilles ; l’ensemble des branches, comparé au tronc, lorsque celui-ci est nu et simple , porte le nom de Cyme ( Cyma ).
Jeune pousse ( Innovatio Hedw. , Ramus novellus , Turio ), branche de l’année , qui n’a pas encore acquis toute sa longueur. M. Link donne le nom de Turio à toute pousse qui s’allonge beaucoup avant de produire des feuilles ; selon d’autres , ce mot s’applique seulement aux jeunes pousses charnues et annuelles des herbes vivaces, au moment où elles sortent de terre, pousses que Ray et Tournefort nommaient Asparagi , parce que l’exemple le plus connu est celui des Asperges à l’époque où on les mange. Linné entendait par Turio une espèce de bourgeon ; voy. §. 3io.
Branche gourmande ou chiffonne , branche de l’année qui n’est pas destinée à porter du fruit.
Virgultum , branche délicate, jeune ou allongée d’un arbre ou d’un arbuste.
GLQ SSOLOGIEo 355
Vimen , jet ou branche ligneuse , flexible comme l’osier.
Sarment ( Sarmentum )', tige ou branche à-la-fois ligneuse et grimpante , comme lorsqu’on parle des sarmens de la vigne.
§. 3o/j. Arbre. ( Arbor , et dans les composés grecs Dendron), plante dont la tige est ligneuse, nue et simple par le bas , et élevée d’au>moins trois fois la hauteur d’un homme. On désigne sous les noms de Arbuscxila , petit arbre, celui dont la hauteur ne passe pas cinq fois celle de l’homme : il se désigne par le signe 5.
Arbor ou grand arbre dont la hauteur dépasse cinq fois celle de l’homme, et qui se désigne par le signe 3 .
Arbuste , Arbrisseau ( Frntex , Arbustum , Fruticu lus), une plante à tige ligneuse, qui n’atteint pas trois fois la hauteur d’un homme , et se ramifie près de sa base : il se désigne , ainsi que le suivant , par le signe 3 .
Buisson ( Dumus , Dumetuin ), un arbrisseau bas et très-rameux dès sa base.
Sous- arbrisseau (Suffrutex ) , une plante ligneuse dépourvue de bourgeons , et qui n’a pas la longueur du bras : on la désigne par le signe 3 .
Herbe ( Ilerba ) , une plante à tige molle annuelle et analogue aux feuilles par sa consistance.
Art. 4* Des Racines.
§. 3o5. Racine ( Radix , et dans les composés grecs Rhizos ), partie de la plante, située à son extrémité inférieure, ordinairement cachée sous terre, qui tend toujours à descendre vers le centre du globe, ne se colore jamais en vert par l’action de la lumière, sert à fixer
GLOSSOLOGIE.
la plante au sol et à pomper sa nourriture. L’Héritier, dans un aens général , la nommait Descensus , et Hedwig , Truncus subterraneus.
On appelle Radicatio , l’ensemble des racines , ou leur disposition générale.
Radicule ( Radicula ). Ce mot se prend quelquefois dans un sens vague pour désigner, ou une petite racine, ou les extrémités des grandes ; mais, dans le sens strict , il désigne la partie de l’embryon ou de la plante naissante qui représente la racine ; voyez §. 368.
Radicelle (Radicella). M. Richard désigne parce mot les petites racines qui, dans les plantes monocotylédones , sortent, à l’époquô de la germination, de la partie inférieure de la jeune plante.
Fibrilles ( Fribrillæ ) , ramifications capillaires des racines qui sont très-divisées ; l’ensemble des fibrilles se nomme en français , Chevelu.
Tubercule ou Tubérosité ( Tuber , Tuberculum ), partie épaisse, solide , ordinairement remplie de fécule , placée soit à l’origine de la racine , comme dans la Rave ou le Buniuin; soit le long de ses ramifications , comme dans la Filipendule ou le Souchet rond; soit à leur extrémité, comme dans le Souchet comestible, soit entremêlées avec les fibrilles cylindriques, comme dans certains Orchis où les*tubercules ont été improprement nommés Bulbes ; soit le long des rameaux inférieurs de la tige ^ lorsque ceux-ci deviennent souterrains et radiciformes , comme dans la Pomme de terre.
Exostose ( Exostosis ) , tubercule de consistance ligneuse et non feculente , par exemple , dans le Cyprès distique.
Ampoule ( Ampulla ). MM. Link et Wildenow nomment ainsi les corpuscules globuleux et creux à l’in-
GLOSSOLOGIE. 357
térieur , qu’on trouve sur les racines de certaines plantes aquatiques, par exemple, l’Ulriculaire.
Tête de la racine ( Caput radicis ). Bose ( de radicuni ortu ) appelle ainsi le point de la racine qui touche à la tige ; et par opposition. Queue de la racine ( Cau dex radicis ), celui qui en est le plus éloigné.
Chevelu . Ensemble des ramifications extrêmes , fines et nombreuses des racines très-divisées.
Pivot. On désigne sous ce nom la radicule primitive, qui eu grandissant descend verticalement, et fixe l’arbre très-avant dans le sol; de là l’épithète de racine pivotante , ou qui descend verticalement.
Art. 5. De l’anatomie des Tiges et des Racines.
§. 3o6. Moelle ( Medulla ), tissu cellulaire ordinairement blanchâtre , qui est renfermé dans un canal cylindrique au centre de la tige des Dicotylédones , et qui paraît servir à la nutrition du bourgeon et de la jeune pousse. Elle manque dans les racines de toutes les plantes, et dans les tiges des Monocotylédones, quoiqu’on donne quelquefois abusivement ce nom à la substance molle et parenchymateuse qui est au centre de ces dernières.
Canal médullaire ( Canalis medullaris J , cavité cylindrique et pleine de moelle, ménagée au centre de la tige.
On nomme spécialement Etui médullaire , la rangée interne de fibres qui entoure la moelle.
Rayons médullaires , Productions , Prolonge jnens , ou Insertions médullaires ( Radii , Produc~ tiones , Insertiones medullares , en anglais Silvergrain ), lames verticales, de nature assez analogue à