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CHAPITRE III

Termes physiologiques .

§. 373. Sous le nom de termes physiologiques , je comprends ceux qui ne sont pas relatifs à la forme des organes, mais à leur mode d’action; savoir, à leur accroissement, à leur durée et aux résultats de leur végétation. Ces termes sont moins nombreux et moins embrouillés que les précédées ; mais leur explication abrégée est d’autant plus nécessaire à exposer ici, qu’elle ne se trouve encore dans aucun ouvrage. Il est inutile d’avertir, dans cet article, non plus que dans tout autre, que je n’expliquerai que les termes , ou propres à la Botanique, ou qui y sont pris dans un sens particulier.

Art. 1» Propriétés générales des végétaux, considérés dans leur état de vie .

§. 374* Irritabilité ( Irritahilitas ~) , force par laquelle le tissu vivant des végétaux est contracté par l’effet de certains stimulans qui n’agissent que peu ou point sur ce même tissu après la mort de l’individu. Pour ne pas assimiler exactement cette force à l’irritabilité animale , quelques phjrsiologistes se servent du mot de Contractilité ( Contractilitas ) ; d’autres, au contraire, réservent ce dernier terme pour désigner l’action par laquelle l’orifice de certains tubes ou de certains pores , tend à se rétrécir par l’action des stimulans. Parmi les termes employés dans la Physiologie animale, celui qui représenterait le mieux l’idée qu’on doit attacher à l’irritabilité végétale , sei'ait celui ài Excitabilité,

Higroscopicité ( Higroscopicitas ), force par laquelle le tissu végétal vivant ou mort, tend à absorber

44 O GLOSSOLOGÏE.

ou à lâcher son humidité, de manière à se trouver, avec le milieu ambiant , dans un équilibre dont la proportion est donnée par la nature même de chaque tissu.

Elasticité ( Elasticitas ) ; en Physiologie végétale , ce mot signifie la force par laquelle une partie du tissu végétal vivant ou mort, tend à prendre avec vitesse, en certaines circonstances, une direction déterminée; comme, par exemple, la force par laquelle les fruits de Balsamine éclatent, où les étamines de la Pariétaire se débandent. Ces phénomènes dûs à l’élasticité ne se répètent jamais , tandis que ceux rangés sous les effets de l’irritabilité, sont susceptibles de répétition.

A k t, 2. Fonctions nutritives,

§. 375. Végétation ( Vegetatio ), action de végéter ou, dar.3 un autre sens, ensemble des fonctions qui constituent la vie d’une plante.

Nutrition ( Nutritio), ensemble des fonctions par lesquelles un être se nourrit et conserve sa vie.

Succion (1 Succio), acte par lequel les spongioles pompent le suc aqueux qui les entoure.

Assimilation ( Assimilation , acte par lequel un être organisé s’approprie ‘et transforme en sa propre substance des molécules inertes.

lutàs-susception ( Intùs-susceptio ) , acte par lequel les matières qui doivent être assimilées sont introduites dans l’intérieur du corps poury être absorbées.

Absortion ( Absorptio) *, acte par lequel un végétal pompe les sucs nourriciers.

Sécrétion ( Secretio ), acte par lequel un organe sépare d’un liquide une partie choisie de ce liquide.

GLOSSOIOGIE.

Emanation , ou Déperdition , ou transpiration insensible , acte par lequel les végétaux perdent par leur surface, et à l’état de gaz ou de vapeurs , la portion des sucs qu’ils renfermaient devenue inutile à la nutrition.

Accroissement ( Auctus , Accrescentia') , acte par lequel une partie ou un végétal grandit ou grossit.

Allongement ( Elongatio ) , action de s’allonger ou de croître en longueur.

Evolution ( Evolutio ), signifie en généi’al développement , action de se développer ; mais se dit spécialement du développement des bourgeons et des feuilles.

Feuillaison ( Foliatio ) , action de se feuiller ou ensemble des feuilles; et de là Defoliatio , acte de perdre ses feuilles; Effoliato , acte d’ôter les feuilles.

Bourgeonnement ( Gemmatio ) , épanouissement des bourgeons ou ensemble des bourgeons.

Excrétion ( Excretio ) , sortie naturelle d’un suc élaboré ou sécrété par la plante.

Extravasation ( Extravasatio ) , sortie maladive d’un suc quelconque.

Greffe ( Inosculatio , Insertio ), acte par lequel un bourgeon placé sur un autre individu , reprend vie et se soude avec lui.

Art. 3. Fondions reproductives.

§• 376. Reproduction , Multiplication ( Reproduc tio , Multiplicatio ), action de produire de nouveaux individus en général.

§. 377. Fructification ( Fructificatio ), reproduction des végétaux par le moyen des sexes et des fruits ;

GLOSSOLOGIE.

signifie, pour le règne végétal, ce que l’on nomme génération dans les animaux.

Fleuraison ( Florescentia , Anthesîs ), action de fleurir ; Efflorescentia , l’action de commencer à fleurir; Apertio , épanouissement, ouverture de la corolle.

Inflorescence ( Inflorescentia ), ensemble ou disposition des organes et des opérations qui préparent ou effectuent la fleuraison.

Fécondation ( Fœcundatio ), acte par lequel l’organe mâle donne la vie au germe ; c’est ce que Linné appelait quelquefois poétiquement Sponsalia planta ru/n , Noces des plantes .

Ilybriditè ( Hybriditas ) , Croisement , acte par lequel l’organe mâle d’une plante féconde le germe d’une autre. La plante qui résulte de ce croisement porte le nom d 'Hybride ( Hybrida ) , ou mulet végétal.

Maturation ( Maturatio ) , état d’une chose qui mûrit ; intervalle depuis la fécondation à la maturité. Dans ce dernier sens , Linné l’appelait Grossesse ( Grossiflcatio ).

Maturité (Maturitas ) , époque ou état d!un fruit ou graine qui a acquis tout le développement qu’il doit acquérir sur la plante-mère ; cette époque se reconnaît s quant à la graine, parce qu’elle ne renferme plus d’eau liquide , et est plus pesante que l’eau.

Semaison , Semination ( Seminatio J, action de disperser ou de semer les graines.

Germination ( Germinatio,Plantulatio Rich,), acte par lequel une graine mûre se réveille et donne naissance à une nouvelle plante; l’époque de la germination dur© jusqu’à la mort des cotylédons*

GLOSSOLOGIE.

Art. 4. Principaux Phénomènes vitaux communs aux deux classes de fonctions , ou qui ne sont essentiels ni fi l’une , ni à l'autre.

§. 378. Direction ( Directio ), tendance d’une plante ou d’un organe vers un point déterminé.

Perpendicularité ( Perpendicularitas ) , propriété -commune à presque toutes les plantes d’être plus ou moins verticales ou perpendiculaires à l’horizon.

Déhiscence ( Dehiscentia) , action par laquelle les yalves distinctes, qui ferment un tout ou un organe clos quelconque, et qui étaient réunies par une suture, se séparent saps déchirement et le long de cette su? ture.

§. 37g Maladies des plantes ( Morbi plant arum ) , dérangemensdansl’économie végétale, qui n’altèrentpas sensiblement la forme des organes , mais plutôt leurs autres qualités, et par suite leurs liquides. Je ne les énumère pas ici, parce que cette étude est absolument relative à la Physique végétale , et non à la Botanique descriptive.

Monstruosité (Monstruositas) , dérangement dans l’économie végétale qui altère sensiblement la forme des organes , qui semble originel et qui n’est presque jamais dû à une cause accidentelle visible.

Déformation ( Deformatio ) , altération dans la forme des organes , due à une cause accidentelle et visible.

Adhérence , Soudure , Greffe naturelle fAdhœ-> rentia , Coalitio)> état de parties qui, quoique origi? nairement distinctes, se soudent ensemble. Voy, partie î.re, pag. 11 3.

GLOSSOLOGIE.

Avortement (Abortus) , état dans lequel un organe n’a. pas pris l’accroissement qui lui est ordinaire , sans qu’on puisse toujours y reconnaître une cause immédiate. Voy. partie i.re, pag. go.

§. Ü80. Sommeil (Somnus), disposition particulière que certains organes prennent pendant la nuit. On distingue :

1°. Le Sommeil clés feuilles ( Somnus folio mm ) , ou la position que prennent certaines feuilles pendant la nuit. On a classé ce phénomène en plusieurs sortes; ainsi,

A. Parmi les feuilles simples, elles sont dites :

a. Conniventes on face hiface^conniventia); quand, étant opposées, elles s’appliquent pendant la nuit par leur face supérieure; l’Arroche ;

b. Enveloppantes (includentia'), quand, étant alternes, elles s’approchent de la tige comme pour envelopper le boulon situé à leur aisselle , par exemple , le Sida ;

c. Entourantes ou en entonnoir ( circum sepientîa ) , quand elles s’élèvent en forme d’entonnoir et entourent la tige comme pour protéger les jeunes pousses, parexem» pie, la Mauve du Pérou;

d. Protectrices ( munientia ), quand elles se déjettent en bas , de manière à former un abri aux fleurs inférieures , par exemple, l’Impatiente n’y touchez pas.

B. Parmi les feuilles composées, elles sont,

a. Dressées ( conduplicantia ), quand les folioles opposées des feuilles pennées s’appliquent au-dessus du pétiole commun par leurs faces supérieures , par exemple, le Baguenaudier ;

b . En berceau ( involventid ), quand, étant trifolio-

GLOSSOLOGÎE. 44^

ïtées , les trois folioles se redressent, se réunissent vers le sommet, et s’écartent par leur milieu, de manière à former un pavillon qui abrite les fleurs , par exemple, le Trèfle incarnat ;

c. Divergentes (divergentia) , quand, étant trifoliolées, les trois folioles se redressent, divergent par leur sommet, et se rapprochent par leur base, par exemple » le Mélilot ;

d. Pendentes ( dependentia ) , quand , étant palmées oupeltées, les folioles pendent vers la terre, par exemple, les Lupins, les Oxalis;

e. Rabattues ( invertentia ) , quand , étant pennées , leur pétiole s’élève, et que les folioles s’abaissent en tournant sur elles-mêmes , de manière que , quoique pendantes , elles s’appliquent par leur surface supérieure; par exemple, les Casses à calices obtus;

f. Embricjiiantes ( imbricantia ) , quand les folioles s’appliquent le long du pétiole , le cachent en entier en se recouvrant comme les tuiles d’un toit , et en se dirigeant vers le sommet du pétiole, par exemple , la Sensitive, les Casses de la section des Chamecristes;

g. Rebroussées ( retrorsa ) , quand les folioles s’embriquent en sens inverse, c’est-à-dire, en se dirigeant vers la base du pétiole, par exemple, le Galega caribœa.

§. 38i. z.° Le sommeil des fleurs n’est qu’une manière métaphorique et abrégée d’exprimer à-la-fois, et d’une manière générale , l’époque diurne et la durée de la fleuraison. On distingue:

A. Les fleurs éphémères (ephemeri , qui s’ouvrent à une heure déterminée , tombent ou se ferment pour toujours à une autre heure également fi,xe; on les dit éphémères .

446 GLOSSOLOGIE.

u. Diurnes ( diurni ), par exemple, les fleurs des Cistes qui s’ouvrent et se ferment le même jour;

fi. Nocturnes ( nocturni ), par exemple, l’Onagre à grande fleur , qui s’ouvre et se ferme dans une nuit y Lucinoctes Çlucino ctes ) , qui s’ouvrent le jour et se ferment la nuit.

è'. Noctiluces ( noctiluces ) , qui s’ouvrent la nuit et se ferment le jour, comme le Convolvulus purpureus ;

B. Les fleurs équinor-’ales ( œquinoxiales ) , qui s’ouvrent à une heure déterminée, se referment à une heure fixe, et se rouvrent de nouveau une ou plusieur fois, en suivant les mêmes lois, par exemple, l’Ornithogale en ombelle, le Ficoïde noctiflore , etc. ; on y peut distinguer les quatre mêmes variétés que cidessus.

Linné désigne sous le nom spécial de fleurs tropiques ( tropici ), celles qui s’ouvrent le matin et se ferment le soir plusieurs jours de suite ; ce sont les Equinoxiales diurnes.

C. Les fleurs météoriques ( meteorici ) sont celles dont l’épanouissement et la clôture sont liés avec l’état de l’atmosphère, comme la plupart des Chicoracées , le Calendula pluvialis , etc.

Art. 5. Des Sucs des Végétaux , etc.

§. 382. Sève ou Lymphe ( Alimonia , Humor , Lympha ), suc aqueux absorbé par les végétaux, et destiné à être élaboré par leurs organes nutritifs, puis transformé, en tout ou en partie, en matière nutritive, Cambium {Cambium) , suc mucilagineux déjà élaboré par les organes du végétal, et qui paraît immédia-

GLOSSOLOGIE. 44?

îeiïient destiné à la nutrition des parties; tel est, par exemple, celui qu’on trouve entre l’écorce et le bois des Dicotylédones.

Suc (S uccus) est, en général, la partie liquide quelconque, qui peut s’exprimer par compression d’un végétal ou d’un organe.

Sucs propres {S uc ci proprii ), sucs sécrétés par les membranes végétales, renfermés dans des réservoirs particuliers ou infiltrés dans le tissu, et qui diffèrent, dans divers végétaux, par leur consistance, leur couleur, etc.

§. 383. Nectar ( Nectar ), suc excrété par les glandes ou surfaces glanduleuses qui sont placées sur les organes de la fructification.

Poussière glauque ( Pollen glaucmn ) , matière blanchâtre de nature analogue à la cire , excrétée par les surfaces de certaines feuilles et de certains fruits , et qui servent à leur former un enduit propre à les garantir de l’humidité. Guettard a quelquefois nommé très-mal à propos Glandes globulaires , les grains de celte poussière , lorsque , comme dans les Arraches , ils sont plus gros que de coutume; d’autres l’appellent P ruina.

Lait {Lac) , sorte de suc-propre en émulsion , qui est liquide, opaque, le plus souvent blanc comme du lait , ou qui , lorsqu’il est coloré , lui ressemble au-moins par sa consistance.

A h t. G. Des Principes chimiques des végétaux.

§. 384. Principes élémentaires ( Principia ele mentana) ; matières indécomposables dont l’analyse chimique démontre l’existence dans les végétaux, et dont

448 ÔLOSSOLOGIÉ.

les matériaux immédiats sont composés : savoir, le Cor-* bone, l’Oxygène, l’Hydrogène dans toutes les plantes, eê 1 Azote dans plusieurs. On trouve encore dans les végélaux, des alcalis fixes, des terres, des métaux, des matières imflammables, mais qui ne paraissentpas essentielles à leur composition.

§ 385. Matériaux, Principes immédiats , Matières constituantes , subs tances composées Desv., (Principia immediata) , matières composées, à peu-près constantes, qu’on obtient par une simple analyse immédiate, telles qu’elles sont contenues dans les végétaux. Persuadé que la connaissance exacte de ces principes peut devenir utile dans les descriptions des végétaux , je vais les énumérer en suivant un ordre indiqué naturellement par les belles expériences de MM. Thénard et Gay-Lussac.

A. Matériaux dans lesquels l’oxigène est à l’hydrogène, dans un rapport plus grand que dans l’eau.

Acide végétal ( Acidum vegetabile ). Un acide est une matière qui a une saveur aigre , rougit les teintures bleues végétales, et fait des sels avec les bases salifiables ; un acide végétal se distingue parce que sa base est un composé triple , et qu’il est entièrement détruit par l’action du calorique. Les acides végétaux , rangés à-peu-près d’après l’ordre de leur oxi^génation, sont :

a. Ac. oxalique {oxalicuin) , le plus oxigéné de tous, cristallisable en prismes quadrilatères , décompose tous les sels à base de chaux , et forme avec cette terre un précipité insoluble, se trouve à l’état de suroxalate de potasse dans l’oxalis acetosella, combiné avec la chaux dans la Saponaire, libre et mêlé avec l’acide malique, dans le suc exsudé par le Cicer arietinum >

GLOSSOLOGIE.

b. Ac. tartaricjjLe (tarta.ricurn'), cristallisable; uni à la potasse dissoute dans l’eau , se précipite sous forme de sur-tartrate ou crème de tartre; se trouve à cet état dans le jus de raisin, et à l’état libre dans la pulpe de tamarin , etc. ;

c. Ac. citrique {citricum') , cristallise, ne forme pas de crème de tartre; uni à la chaux, produit un sel insoluble à l’eau , et que décomposent les acides sulfurique, nitrique et muriatique; se trouve à l’état de mélange dans plusieurs fruits, les Citrons, les Raisins non mûrs, etc.;

d. Ac. malique ( malicum ), incristallisable , décompose les sels à base de plomb, en formant un précipité insoluble dans l’eau; avec la chaux, forme un sel soluble qui cristallise difficilement; se trouve dans les Pommes, Prunes, Framboises, Epines-vinettes , etc. ; et à l’état de malate acidulé de chaux , dans plusieurs plantes grasses.

e. Ac. benzoïque ( benzoïcum ), concret, aromatique, volatilisable à une douce chaleur; se trouve dans le Benjoin, le Storax , la Vanille.

f. Ac. prussique ( prussicum ) , forme du bleu de Prusseavec les sels oxigenés de fer ; a l’odeur des amandes amères, des fleurs de pêcher, des feuilles de laurier-cerise, et se trouve dans ces plantes;

g. Ac. kinique ( kinicum ; , cristallise en lames divergentes; brun, très-acide, un peu amer; forme avec les alcalis des sels incristallisables; ne précipite pas les nitrates métalliques; trouvé par M. Vauquelin dans le quinquina, où il est combiné avec la chaux;

11. Ac. gallique ( gallicum), produit une couleur noire avec l’oxide rouge de fer; se trouve dans la noix d-e galle et la plupart des écorces d’arbres.

G I. OSSOLOGIE.

4oo

i Ac. acétique ( aceticum ) , vulgairement nommé Vinaigre ; liquide, volatil, odorant , se congelant à zéro, formant des sels solubles avec toutes les bases; combiné avec le cuivre oxidé forme le vert-de-gris; est fourni principalement par la fermentation des matières vineuses et la distillation du bois; se trouve tout formé dans quelques sèves; est le moins oxigéné de tous; se trouve à l’état libre dans le sureau noir, et combiné avec la chaux et la potasse, dans la sève d’orme, de charme , etc. ;

h. Ac. moroxylique ou morolinique ( moroxylicum ), cristallise en petits prismes; distillé, donne une eau acide et un sublimé blanc d’acide non altéré; très-soluble dans l’eau et l’alcool; ne précipite pas les dissolutions métalliques; trouvé par M. Klaproth dans une concrétion saline cueillie sur le Mûrier blanc.

B. Matériaux dans lesquels l’oxigène et l’hydrogène sont dans le même rapport que dans l’eau.

Sucre ( Saccharum ), Matière sucrée, corps muqueux sucré ; matière de saveur douce, soluble dans l’eau et l’alcool , susceptible de subir la fermentation alcoolique, et qui , avec l’acide nitrique , forme de l’acide oxalique et malique; on ey distingue plusieurs variétés :

et. Véritable ( vennn ), ou sucre de canne , cristallise en prismes quadrilatères à base rhomboïdale; dur , phosphorescent par frottement ; se trouve dans la Canne, l’Érable, la Betterave , la Châtaigne ;

(t. Hydrurè ( hydruratum ) , ou sucre de raisins , ciistallise facilement, mais confusément et avec beaucoup d’eau ; se trouve dans le suc des Raisins mûrs, les Figues;

y. Syrupeux ( syruposum ) , ou liquide , cristallise très-difficilement; se trouve dans le Mais, le Coing, la Pomme, etc.;

GLOSSOI.OGIE.

o\. Sétiforme ( setiforme ) , ou sucre des champignons , cristallise en aiguilles soyeuses; peu de saveur, odeur âcre quand on le brûle, se dissout et rougit dans l’acide sulfurique; se trouve dans l’Agaricus edulis et autres Champignons;

t. Infermentescible ( i/if -rmentescibile') , diffère du précédent , parce qu’il ne peut pas passer à la fermentation alcoolique.

Manne (Man/ia) , matière analogue au sucre, mais non susceptible de subir la fermentation alcoolique ; très - gommeuse ; colorée par un extrait nauséabond; purgative : facilement dissoluble dans l’eau ; cristallise en aiguilles ; suinte du Frêne à feuilles rondes , du Melèse, et se présente à l’état d’efflorescence sur le Fucus saccliaratus lavé à l’eau douce et exposé à l’air.

Sarcocolline , Sarcocolle Tliomps. (< Sarcocollina), incristallisable; soluble dans l’eau, l’alcool, l’acide nitrique; forme avec ce dernier de l’acide oxalique; sa saveur est sucrée et amère, et il n’est , selon Cerioli , qu’une combinaison d’amarine et de sucre; provient de la Sarcocolle des boutiques.

Gomme ( Gummi ) , incristallisable; insipide; soluble dans l’eau où elle forme un mucilage ; insoluble dans l’alcool; précipitée par la potasse silicée ; traitée par l’acide nitrique, produit de l’acide saccho-lactique , et n’est pas susceptible d’eprouver la fermentation alcoolique : on en distingue deux sortes :

a. Gomme arabique ( arabicum ) , qui est assez soluble dans l’eau ; elle suinte de diverses espèces d' Acacia;

b. Gomme adragante ( tragacantlia ) , qui forme avec l’eau un mucilage très-epais, et se dissout peu dans ce liquide ; elle suinte de diverses espèces d’Astragales épineux.

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