G LOS SOLO GIE
Gelée Tliomps. ( Gela ) , saveur agréable; consistance tremblante; h peine dissoluble dans l’eau froide , très-dissoluble dans l’eau cliaude; se forme en gelée par le refroidissement; avec l’acide nitrique, se convertit en acide oxalique sans dégagement d’azote; se trouve dans les fruits acides; est peut-être une gomme combinée avec un acide.
Ulmine Thomps. ( XJlmina ), cristallisable; insipide; spluble dans l’eau sans former de mucilage; précipitée à l’état de résine par les acides nitrique et oximuriatique; insoluble dans l’alcool; se trouve, selon Klaprolh, en Sicile, dans le suc excrété par l’Orme noir. M. Sinithson croit que fulmine est une combinaison de la potasse avec une matière jaune-rougeâtre qui est ou un extractif résineux , ou une substance sui generis.
Extractif Fourc. Extrait, principe extractif ( Ex tractivum ) , soluble dans l’eau et l’alcool ; insoluble dans l’éther; précipité par l’acide muriatique, les muriates d’étain et d’alumine, et non par la gélatine; teint en fauve; présente beaucoup de variétés, et est trèsrépandu dans les végétaux. Mais plusieurs chimistes pensent , et probablement avec raison , que nous confondons sous ce nom divers mélanges des autres matériaux immédiats , du principe colorant et de matière azotisée.
Amariné, Principe amer Thomps. ( Amarina) jaune ou brun ; amer ; également soluble dans l’eau et l’alcool ; soluble dans l’acide nitrique ; précipité par te nitrate d’argent ; se trouve dans le Quassia, la Coloquinte, etc. Le Café paraît en renfermer une variété.
Tannin Fourcr. ( Tanninum ), astringent; soluble dans l’eau et l’alcool de o,8io ; précipité par La gélatine,
GLOSSOLOGIE. 453
les muriates d’alumine et d’étain; se trouve dans la Noix de galle, l’écorce de Chêne , et presque pur dans, le Cachou et l’écorce de Ratanhia. Quelques chimistes pensent que le Tannin est un composé d’acide gallique, de principes colorans, etc.
Suberine Chevr. Suber Fourcr. ( Suberina , suber) , brûle avec flammes et se boursouflle ; traité par l’acide nitrique, se convertit en acide subérique et en cire; soluble en partie dans l’eau et l’alcool; se trouve dans le Liège et plusieurs écorces.
Sambucine, moelle de sureau Chsvx.^Sambucina ), analogue à la Subérine , mais ne donne pas d’acide subérique par l’acide nitrique; diffère de la Lignine parce qu’elle contient 0,2.5 de charbon et non 0,17 à 0,18.
Polychroïte , Vogel et Bouilh ( Polycîiroïta ) , colore l’eau à un haut degré , et donne diverses nuances^ bleues et vertes , quand on ajoute à sa dissolution un peu d’acide sulfurique ou nitrique; se trouve dans le périgone du Safran.
Amidon Thomps.F écoie Fourc. , Fécule amylacée 9r ( Amylum , Fecula), poudre blanche, insipide, insoluble à l’eau froide t formant avec l’eau chaude une dissolution glutineuse; précipité par l’infusion de noix de galle, se redissolvant à 49-° cenligr. ; insoluble dans l’alcool; traité par L’acide nitrique, produit de l’aciçie oxalique et une espèce de cire; se trouve dans toutes lçsfarines qui 11e sont en général qu’un mélange de fécule et de matières extractives.
Inuline Thomps. ( Inulina ), poudre blanche;, insoluble dans l’eau froide; soluble dans l’eau bouillante, se précipite sans altération par le refroidissement j ii'ao-’
GLOSSOLOGIE.
lubie dans l’alcool; traitée par l’acide nitrique, fait de l’acide oxalique ; trouvée parRose dans les racines de l’Inula helenium.
Glu Vauq. (/ '^iscum), visqueuse, insipide, insoluble dans l’eau, et en partie dans l’alcool, trèssoluble dans l’éther; dissolution verte; transsude de l’écorce du Robinia visqueux, s’extrait du liber du Houx.
Gossypinf., {Lro«Thomps. ( Gossypina), fibreuse, insipide, très-combustible, insoluble dans leau, l’alcool, l’éther; soluble dans les alcalis ; traitée par l’acide nitrique, donne de l’oxide oxalique; s’obtient du Coton ordinaire.
Lignine, L igneux Hourcr.,j5ozVThomps.(Z^/zzVm), fibreuse , insipide , insoluble dans l’eau et l’alcool ; soluble dans les lessives alcalines faibles; précipitée par les acides ; distillée à feu nu ou traitée par l’acide nitrique, laisse beaucoup de charbon; est la base de tous les corps ligneux. La Suberine et la Sambucine se rapprochent beaucoup de la Lignine.
C. Matériaux dans lesquels l’oxygène est à l’hydrogène dans un rapport moindre que dans l’eau.
Huile, Huile fixe ( Oleum , Oleum pingue)% inodore, insoluble dans l’eau et l’alcool, formant des savons avec les alcalis; coagulée par les sels terreux et métalliques; se trouve dans les graines du Noyer, des Crucifères , des Pavots, dans le péricarpe des seuls Oliviers. On les divise en huiles ,
Grasses quis’épaississent à l’air et deviennent opaques, par exemple , celles d’Olive , de l’aine , de Colza , etc. ;
Siccatives , qui se desséchent sans perdre leur transparence, à la manière des vernis, par exemple, celles de Lin , de Noix , de Pavot , etc.
GIOSSOLOGIE.
Cire Tliomps., Cire végétale Pourc. ( Cera ) , insoluble dans l’eau, soluble dans l’alcool chaud, l’éther, et surtout dans les huiles; formant savon avec les alcalis; fusible; analogue à la cire des abeilles; se trouve sou% forme de poussière glauque, sur les feuilles et sur certains fruits, surtout sur ceux de Myvica cerifera; forme une couche épaisse sur le tronc de certains Palmiers, tels que le Ceroxylon; se nomme Beurre , et est probablement distincte quand elle est demi-mucilagineuse> comme dans le Cacao.
Huile volatile ( Olenm volatile ), odeur forte; insoluble dans l’eau; soluble dans l’alcool ; liquide, oléagineuse, volatile, s’enflammant par l’acide nitrique qui la convertit en résine et en tannin; très-répandue dans les feuilles et les écorces odorantes. La plupart des matières odorantes ou des arômes sont dues à ces huiles volatilisées*
Camphre ( Camphora) , odeur forte; cristallise en lames hexagonales ou en pyramide ; insoluble dans l’eau et les alcalis ; soluble dans l’alcool , les huiles, les acides; brûle avec flamme claire, et se volatilise avant de fondre; transsude du Camphrier, se dépose dans les huiles volatiles des Labiées.
Résine (Résina J, solide ; se fond par la chaleur; insoluble dans l’eau; soluble en partie dans l’alcool, l’éther, les alcalis; soluble dans l’acide acétique; convertie par l’acide nitrique en tannin artificiel : il y en a une foule de variétés, la Poix-résine, la Térébenthine, le Mastic, etc* Il est probable que plusieurs substances , considérées aujourd’hui comme des résines, en seront distinguées, telles sont la résine verte, la matière âcre du Daphné , etc.
GLOSSOLOGIE.
Gayacine , Gaïac Thomps. ( Guayacina) , caractères des résines, mais traitée par l’acide nitrique, donne de l’acide oxalique et non du tannin ; se retire du Gaïac et se nomme vulgairement Résine de gaïac.
/ Gomme-résine ( Gnmmi-resina), cassante, opaque, / infusible ; formant avec l’eau des dissolutions laiteuses , et avec l’alcool, transparentes; soluble dans les alcalis; convertie en tannin par l’acide nitrique; transsude de l’écorce des Ombellifères , l’Ammoniaque , l’Assafétida.
Baumf. Bucquet (Balsamum) , tous les caractères des résines, mais a une odeur propre, et quand on le chauffe ou qu’on le dissout dans l’acide sulfurique, il se sublime de l’acide benzoïque ; tels sont les baumes de Gilead, de Tolu, et le Styrax, qui sont liquides ; le Benjoin et le Storax, qui sont solides.
Picrotoxine Boullay ( Picrotoxina ) , vénéneuse; très-amère; cristallise en prisme. quadrangulaire ; parfaitement blanche ; trouvée dans la graine de Coque du jLevant.
Scillitine Vogel ( Scillitina ) , amère; visqueuse; Eoluble dans l’eau, l’alcool , le vinaigre ; se trouve dans la bulbe de la Scille maritime.
Vjridine ( Viridina ) , ou Principe vert des f milles , forme par l’action de la lumière la partie verte de toutes les parties foliacées ; se dissout dans l’alcool et non dans l’eau ; diffère des résines en ce qu’elle n’est pas précipitée par l’eau des dissolutions alcooliques.
D. Matériaux sensiblement azotés, analogues ou identiques avec les matières animales.
Caoutchouc Fourcr. , Résine ou gomme élastique ( Caoutchouc ), très-élastique; insoluble dans l’eau et
GLOSSOL OGIE.
l'alcool ; se réduit dans l’éther en pulpe visqueuse ; fusible et restant liquide; très-combustible; se trouve dans le suc laiteux de l’Hevea , de l’Urceola, etc., donne de l’alkali volatil par la distillation.
Gluten Thomps. , GluLineux Fourc. , Principe 'l'égèto- animal ( Gluten ), forme avec l’eau unemasse flexible et élastique; soluble en partie dans l’eau ; précipité par l’infusion de Noix de galle et l’acide oximurialique; soluble dans les acides acétique, muriatique; insoluble dans l’alcool ; devient caseux par la fermentation; traité par l’acide nitrique, donne de l’acide oxalique ; se trouve dans la farine de Froment.
Asparagine Thomps. ( Asparagina ) , cristallise en prismes rhomboïdaux ; insoluble dans l’alcool ; trèssoluble dans l’eau chaude, peu dans l’eau froide; convertie par l’acide nitrique en amariné ou en tannin artificiel ; chauffée donne un premier produit acide et un second ammoniacal; saveur fraîche un peu nauséabonde ; trouvée dans le suc de l’Asperge par Robiquet.
Indigo Thomps. ( Indigo ) , poudre bleue, insipide , insoluble dans l’eau , l’alcool et l’éther ; soluble daus les acides sulfurique et nitrique; lorme avec ce dernier un principe amer ou tannin artificiel; se trouve dans l’Indigotier, le Pastel. D’après M. Chevreul, l 'indigo bien cuivré a l’aspect métallique quand il est cristallisé; est volatil en fumée pourpre ; colore l’acide sulfurique en bleu ; est décoloré par divers combustibles , et redevient bleu par le contact du gaz oxigène; donne beaucoup de matière résineuse, et deux substances amères et détonantes, quand on le traite par l’acide nitrique; contient beaucoup d’azote. '
Narcqtine, Principe narcotique Derosn., Substance
cristallisée de V opium Chevr. ( Narcotina ) , cristallise en prismes rectangulaires à bases rhomboïdales ; insipide et inodore; soluble dans tous les acides; difficilement soluble dans l’eau chaude et l’alcool ; brûle à la manière des résines, et donne à la distillation beaucoup de carbonate d’ammoniaque ; se trouve dans l’Opium.
Hematine Chevr. ( Hœmatina ), cristallisable en petites aiguilles d’un blanc rosé ; peu soluble dans l’eau ; dissolution orangée ; devient pourpre par l’action de la chaleur; les acides la font passer au jaune et au rouge quand ils sont énergiques et en excès; les alcalis et presque tous les oxides qui saturent les acides la font passer au bleu ; l’hydrogène sulfuré la décolore en s’y combinant ; donne par la distillation de l’acétate d’ammoniaque et o’55 de charbon ; se trouve dans le bois de Campêche.
Fibrine, Fibrine végétale ( Fibrina ), insipide; insoluble dans l’eau et l’alcool; soluble dans les alcalis étendus d’eau et dans l’acide nitrique; analogue à la fibrine du sang; trouvée par ’Vauqüelin dans le suc de Papayer.
Albumine Th. , Albumine végétale Fourc. ( Albicmina , Albumen), soluble dans l’eau froide ; coagulée par la chaleur ; et devenant alors insoluble à l’eau comme le blanc d’œuf; insoluble dans l’alcool; précipitée par l’infusion de Noix de galle; trouvée par Vauquelin dans le suc de Papayer, le fruit d 'Hibiscus Esculentus , les Champignons.
GÉLATINE Th., Principe vegeto-animal^Gelatinà) , insipide; soluble dans l’eau; ne se coagule pas par la ehaleur; précipitée par l’infusion de Noix de galle;
GLOSSOLOGIE. 4^9
analogue à la gélatine animale; trouvée dans le pollen du Dattier.
Adipocire (. Adipocerd ), matière grasse, onctueuse, solide, blanche; mise sur des charbons , se fond incomplet tement en répandant des fumées blanches à odeur dégraissé; dissoluble dans l’alcool chaud, et cristallise par le refroidissement, comme le blanc de baleine; trouvée dans les Champignons par MM. de Humboldt, Braconnot et Vauquelin.
Osmazome ( Osmazoma ) , couleur rouge brune; saveur et odeur de bouillon de viande ; desséchée, devient friable et attire l’humidité de l’air ; mise sur les charbons, s’y fond avec une fumée d’odeur animale; dissoluble dans l’alcool et dans l’eau, d’où elle est précipitée par l’infusion de Noix de galle ; contient de l’ammoniaque, et paraît identique avec l’osmazome animale; trouvée par Vauquelin dans les Champignons.
Fongine Braconn. ( Fungina ) , blanche, molasse, fade , peu élastique , susceptible de servir d’aliment ; l’acide nitrique en dégage du gaz azote, et la convertit en une matière analogue au suif, en une autre analogue à la cire , en matière résinoide et en acide oxalique; se combine à la substance astringente de la Noix de galle; fait la base du tissu des Champignons.
Art. 7. Epoques.
L’époque des Phénomènes physiologiques peut être considérée, ou,
§. 385. i.° Relativement à la journée, et alors on dit que le phénomène est nocturne (nocturnus) , diurne ( diurnns ) , matinal ( matutinus ) , de l’heure de midi
46o GLOSSOLOGIE.
(meridianus') , de l’après-midi (pomeridianus') , ou du soir ( vespertinus ) , selon qu’il a lieu la nuit , le jour le matin, à midi, après-midi ou le soir; les diverses lleuraisons rangées sous le rapport de l’heure où elless’exécutent , forment ce que Linné a nommé poétiquement Horloge de Flore ( Ilorologium Florce ).
§. 386. ü.# Relativement à la saison de l’année , et alors on dit que le phénomène dont on parle est printannier (yernalis, ver nu s) , estival {œstivalis') , automnal ( autumnalis ) , hibernal ( hibernalis , hibernas ) , ou en général précoce ( prcecox , precùis ) , ou tardif ( serotinus ), selon qu’il a lieu au printemps, en été, en automne , en hiver , ou en général de bonne heure ou tard. Lorsque ces mots se trouvent isolés et pris dans un sens absolu, ils s’entendent toujours de la fleuraison.
§. 387. 3.° Relativement à la succession de divers phénomènes et principalement de la feuillaison et de la fleuraison. Lorsqu’on ne s’explique pas à cet égard, on sous-entend toujours que les feuilles naissent avant les fleurs; quand on veut s’exprimer exactement, on peut dire , avec M. Viviani, que les plantes sont :
Hystéranthèes ( hysterantheœ ) , quand les feuilles naissent après les fleurs; c’est ce que les anciens nom-, inaient filins ante p atrem , par exemple , l’Amandier,, le Tussilage,
Synanthées ( Synanthece ) , quand les fleurs et lei feuilles naissent ensemble.
Protéranthèes ( Proteranthece ) , quand les feuilles naissent avant les fleurs.
§. 388. 4.0 Quant à la répétition de certains phénomènes considérés relativement à la vie des plantes , les végétaux peuvent se diviser en ,
a. Monocarpiens ( ’monocarpea ) , ou qui ne peuvent porter du fruit qu’une seule fois, et meurent après leur fructification , par exemple , le Blé. Ces plantes se désignent par le signe ® ; il y a des Monocarpiennes dont la durée est d’un an au plus, c’est ce qu’on appelle ordinairement les plantes annuelles ; je les désigne par le signe (î), d’autres ne fleurissent qu’à la seconde année et meurent après, on les nomme bisannuelles ; elles se désignent souvent par le signe ç? ; mais , comme il peut faire équivoque avec le signe du sexe mâle, je me sers du signe @ ; enfin , il en est qui ne fleurissent qu’au bout d’un grand nombre d’années et meurent après, je les désigne par le signe ® ;
b. Polycarpiens ( polycarpea ) , ou qui peuvent porter fruit plusieurs fois; et ici on distingue encore les ,
«. Caulocarpiens ( caulocarpea DC. , perennia Jung. , fruticosa Aut. ) , ou dont la tige persiste et porte fruit plusieurs fois, par exemple, le Poi ief : je les désigne par le signe 5 (*) ;
/3. Rhizocarpiens ( rhizocarpea DC. , restibilia Jung., perennia Aut.), ou dont la tige est monocarpienne, mais dont la racine reproduit de nouvelles tiges fructifères, par exemple , le Bananier, l’Aster, etc.: on les désigne par le signe ^ ;
§. 38g. 5°. Sous le rapport de la répétition des mêmes phénomènes dans l’année, on dit d’un végétal qu’il est,
Biferus , lorsqu’il porte fleur deux fois l’an ;
Multifer , lorsqu’il fleurit plusieurs fois, ou qu’il est, comme on dit en français, de tous les mois.
(*) Voyez, page 324, Ies modifications de ce signe d’après la grandeur.
G LOSSOLOG I E.
Art. 8. Stations.
§. 3go. Station ( Statio ) , lieu dans lequel un végétal croît spontanément, considéré, quant à sa nature physique, et non quant à sa position géographique, qu’on nomme son Habitation ou sa Patsie ( Habita tio , Patria ). Ainsi, l’habitation du Riz est dans l’Inde, sa station dans les Marais. A ce dernier égard, on dit des plantes qu’elles sont :
§. 3gi. Quant à l’eau qui les arrose.
Marines ( marinæ ) , qui croissent dans la mer couvertes d’eau, comme les Varecs;
Salines ( salince , salsœ , salsuginosce ) , qui croissent dans les terrains saumâti’es ou salés ;
Maritimes [maritimœ) , qui croissent au bord de la mer ;
Littorales [littorales , ripariæ ) , qui croissent sur les rivages de la mer , et surtout des lacs et des fleuves ;
Aquatiques ( aquaticce , aquatiles ) , qui vivent dans l’eau douce, ou sur le bord de l’eau : et on les distingue en latin par les termes, lacustres , dans les lacs ou au bord des lacs; fontanœ , fontinales , dans ou près les fontaines ; fluviales, Jluviatiles, dans ou près les fleuves. Quant à la manière dont elles sont dans l’eau, on distingue celles qui sont submergées [demersce , submersœ), vivant couvertes d’eau, émergées ( emersæ ), sortant de l’eau par leur sommité; inondées [inundatœ) , tantôt couvertes, tantôt découvertes; flottantes [fini tantes} , soutenues entre deux eaux ; nageantes ( natantes ) , soutenues à la surface de l’eau.
Marécageuses ( palustres , paludosœ ), qui croissent
en général dans les marais. On désigne en particulier, par les noms de nliginosœ , uliginariœ , celles qui croissent dans les prairies humides , tourbeuses ( torfa ceo; ) , celles des tourbières ou lieux analogues.
Amphibies (amphibiœ) , qui vivent également dans l’eau et hors de l’eau.
§. 3g2. Parmi les stations terrestres , considérées quant à la nature du terrain, on dit que les plantes sont :
Souterraines (subterraneœ ) , qui vivent sous terre , comme la Truffe ;
Terrestres ( terrestres , terranece ) , qui vivent sur la terre ;
Arenarice , sabulosce , ammodytes , lorsqu’elles croissent dans le sable ;
Ruderales , lorsqu’elles croissent dans les décombres et les gravats, le long des murs;
Glareosœ , dans les graviers;
Petrosœ , lapidosæ , dans les terrains pierreux ou sur les cailloux épars ;
Saxatiles , saxosœ , saxicolce , sur les rochers isolés.
Rupestres , rupicoli t?, sur les roches en masse ;
Calcarecs , sur les roches ou terres calcaires ;
Argillosce , dans les terres argilleuses;
Cri- tac eœ , dans les terrains crayeux ;
Graniticæ , dans les sols granitiques , etc.
§. 3g3. Considérées quant aux autres végétaux qui croissent spontanément, ou par suite de la culture sur le même terrain , on dit encore que les plantes sont :
Ericetinæ , lorsqu’elles vivent dans les landes ou les bruyères ;
Arvenses , dans les jachères ou champs cultivés;.
Camp as très , dans les campagnes incultes ;
G L OSSOLOGI E.
Pratenses , dans les prairies;
Pascuce, dans les pâturages;
Agrestes , dans les lieux agrestes en général ;
Sylvestres , dans les lieux sauvages : ces deux derniers s’opposent souvent au terme de ,
Oleraceœ , qui sont cultivées ou croissent spontanées dans des lieux cultivés ;
Hortenses , cultivées dans les jardins ;
P" inerties , spontanées dans les vignes ;
Nemorosœ , sylvaticœ , spontanées dans les bois ou les forêts.
§. 3y4* Considérées quant au degré de l’exposition à la lumière ou à la chaleur , on dit des plantes qu’elles sont :
Umbrosce , lorsqu’elles croissent dans des lieux ombragés ;
Apricce , quand elles vivent exposées au soleil ardent;
Hyperboreœ ,/rigidæ , glaciales , qui croissent dans des lieux très-froids.
§. 3y5. Quant à l’élévation du terrain au-dessus de sa base ou du niveau de la mer , on dit des plantes , qu’elles sont :
Camp es très , des plaines ;
Collinœ , des collines ;
Montante , montagnardes , des montagnes, où la neige n’est pas éternelle : 011 leur substitue quelquefois le nom d 'alpestres , qui signifie proprement des basses Alpes ;
Nivales , glaciales , des montagnes où la neige dure toute l’année : on leur substitue vulgairement , mais trèsmal-à-propos , l'épitliète à'alpince ^ qui signifie alpines , croissant sur les hautesAlpes.
6 LOSSOÎ.OGIK.
§, 396. Quant à la position des plantes ou des parties des plantes relativement au sol, on dit qu’elles sont :
Souterraines ou hypogées {subterraneœ , hypogeœ) 4 lorsqu’elles so t placées sous la surface du sol ; le premier terme s’applique principalement aux plantes (comme les Truffes) ou aux organes ( comme les racines ) qui sont habituellement sous terre; le second aux organes, qui, comme les cotylédons des Vesces,son! sous terre, quoique leurs analogues soient ordinairement exposés à l’air;
si èrienes ou èpigèes (œtliereæ , epigeœ ), lorsqu’elles sont placées dans l’air ou au dessus de la surface du sol ; le premier terme se dit dans un sens général ; le second s’applique particulièrement, par opposition aux précédens, aux cotylédons qui sortent de terre à la germination.
§. 397. Entin , les plantes qui ne croissent dans aucune des stations precedentes, mais qui naissent spontanément sur d’autres végétaux morts ou vivans , reçois Vent , en général , le nom de ,
Parasites ( parasitiez) , parmi lesquelles il faut distinguer celles qui sont :
a. Parasites vraies (P. veræ) ^ c’est-à-dire, qui croissent sur des végétaux vivans et tirent leur nourriture des sucs même de ces végétaux; par exemple, le Guy, la Cuscute.
b. Parasites superficielles (P. superficiales), qui, croissant sur des végétaux vivans, ne tirent rien de leur intér'eur, mais se nourrissent de l’humidite superficielle; par exemple, la Vanille.
c. Parasites intestines ( P. intestinœ) , qui se développent dans l'intérieur d’un végétal vivant, se nour-. rissent des sucs qu’il élaboré, et ne peuvent paraiire au dehors qu’en perçant l’epiderme j par exemple, les Æcidiuia.
GIOSSOLOGIE.
d. Fausses-parasites internes ( pseudo-parasiticm interner ) qui se développent dans l’intérieur du végétal, ait moment de sa mort, ou après sa mort, et percent l’épiderme pour paraître au dehors; par exemple, les Nemaspores, les Xyloma, etc.
e. Fausses-parasites externes ( pseudo-parasiticce extern ce) , qui vivent à la superficie des végétaux morts ou des parties mortes des végétaux, et ne sortent pas de dessous l’épiderme ; par exemple , l’Agaric de chêne, etc.
Lorsqu’eu parlant des plantes parasites, on veut spécialement designer l’organe sur lequel elles croissent» on se sert des termes qui seront indiqués à l’occasion des positions absolues des organes : epirhyzus , corticalis , epixylon , epiphy lias , hypophrllvs ; on y ajoute celui de bifrons , pour dire qui croît sur les deux surfaces de la feuille.