‹ Théorie élémentaire de la botaniqueChapitre 75 sur 84 · G LO S SOL O GI · texte numérisé non relu

G LO S SOL O GI

ripliês à l’égard du nonibre des parties, on se sert des abréviations suivantes, que, pour plus de commodité, ie réunirai en un seul tableau, en ayant soin de marquer de celles qui sont peu employées.

Dérivés du latin. Dérivés du grec.

uni mono ... I.

bi di 2.

tri tri 3.

quadri tetra ... 4-

quinque penta . . . 5.

sex hexa ... 6.

septem .hep ta ... 7.

octo octo .... 8.

novem ennea... 9.

decem deçà.... 10.

vndecim\ endeca^ . il.

duodecim dodeca . 12 ou de II à 19.

a nginti ico 20.

pauci oligo ... en petit nombre.

pluri -j- en nombre médiocre.

multi poly .. . . en grand nombre.

bini, gemini 2 rapprochés.

terni , ternati 3 rapprochés.

qua terni , quaternati 4 rapprochés.

quini , quinati 5 rapprochés.

se ni 6 rapprochés.

septeni 7 rapprochés.

octoni 8 rapprochés.

noni,noveni 9 rapprochés.

déni , denarii j- io rapprochés.

duodeni 12 environ , rapprochés.

xiceni d 20 rapprochés.

simplici simple, solitaire.

GLOSSOLOGIE.

Dérivés du latin. Dérivés du grec.

duplici double.

triplici triple.

cjuadruplici quatruple.

quintupliez quintuple.

sextupliez sextuple.

multiplici multiple.

tripli. triplé se dit des nervures.

§. 4 33. Les termes qui servent à exprimer les nombres relatifs des parties, sont d’un emploi beaucoup plus rare que les précédens, et sont aussi beaucoup moins nombreux; dans le plus grand nombre des cas, on se sert de périphrases pour exprimer l’idée , et il n’a été créé qu’un petit nombre de mots relatifs à cette classe de caractères, dont Haller presque seul a fait un usage fréquent ; ils se composent comme les precédens.

Tsos, qui veut dire égal en grec, mis devant un nom d’organe, signifie qu’il est en nombre égal à celui d’un autre sous-entendu ; ainsi, isostemones se dit des plantes qui ont un nombre d’étamines égal à celui des pétales ;

Anisos , veut dire inégal , et en suivant le même exemple, anisostemones voudrait dire dont le nombre des étamines est différent de celui des pétales;

Meios , signifie moins, et de même, meiostemones a été appliqué aux fleurs où les étamines sont en nombre moins grand que les pétales.

Duplo , double, et par conséquent, dyplostemones où les étamines sont en nombre double des pétales;

Triplo , triple, et ainsi de suite :;

Poly, plusiî c s, et polystemones signifie , dans ce sens, qui a un nombre d’étamines beaucoup plus grand que les pétales; mais il se prend plus ordinairement dans le sens absolu, pour dire quia beaucoup d’étamines*

5o4 GI-OSSOLOOIE.

§. 4^4* Les fermes de peu ou beaucoup , pauci , pluri ou multi , oligo ou poly , que j’ai mis pour la commodité à la suite du tableau des termes de nombre absolu , sont plutôt des termes de comparaison ou de relation : ainsi, on dit d’un organe qu’il est en petit ou en grand nombre , comparativement , ou au nombre ordinaire de cet organe dans les plantes, ou à celui des espèces voisines; et le même nombre est par conséquent , selon les circonstances , grand ou petit. On confond presque toujours dans l’usage, les mots composés de pluri , plusieurs, et de multi , beaucoup.

§. 4^5. Le terme de Tnultiplicatus , multiplié, signifie qui a beaucoup plus de parties qu’il ne devrait en avoir ; c’est dans ce sens qu’on dit des fleurs , considérées quant au nombre naturel ou accidentel de leurs pétales, qu’elles sont ,

Simples ( simplices ) , lorsqu’elles ont le nombre qu’elles doivent avoir, et par opposition ,

Multiplicati , lorsqu’elles en ont davantage, parmi lesquelles on distingue celles qui sont ,

Pleines ( pleni ), c’est-à-dire, où les pétales sont innombrables ;

Doubles (duplices) , où le nombre des pétales est double, triple ou quadruple du naturel;

Semi-double , ou à peine double , c’est-à-dire, qui a conserve une partie des organes de la fructification.

Dans un sens plus strict, et fondé sur l’anatomie des fleurs, j’ai distingué (mém. Arc. 3., p. 4°3) ^es fleurs doubles en trois classes, savoir :

Fleurs pétalodèes ( petalodei ) , qui doublent par la transformation simpL'^n pétale de tous ou quelquesuns de ses organes g x ;

Fleurs multipliées ( multiplicati J , qui doublent par

GLOSSOLOGIE.

la multiplication , ou le dédoublement des parties de la corolle, ou des organes génitaux transformés en pétales ;

Fleurs permutées ( permutati) , où l’avortement de l’un ou des deux sexes détermine un changement notable dans la forme ou la dimension des tégumens floraux.

Dans chaque classe, je distingue les fleurs calicinaires, corollaires , staminaires et pistillaires , ou dont les pétales sont dûs à la transformation, ou à la multiplication des sépales du calice, des pétales de la corolle, des filets des étamines ou des parties du pistil;

Périgoniaires , où le phénomène a lieu, ou parle périgone simple, ou par le calice et la corolle à-la-fois ;

Androgynaires , où la transformation s’est opérée dans les deux sortes d’organes sexuels sans que les tégumens soient altérés;

Corniculèes ou antherogènes , celles où les anthères seules sont transformées en pétales en cornet , par exemple, aquilegia vulgaris corniculata ;

Semi - staminaires , où une portion seulement des étamines est changée en pétales ;

Hèmigoni aires , où une portion des organes des deux sexes est changée en pétales ;

Andropélalaires , où la corolle est multipliée, et où les étamines sont changées en pétales simples ou multiples , le pistil restant sain ;

Olopétalaires , où les tégumens en tout ou en partie , les étamines et le pistil , sont transformés en pétales ou lobes pétaloïdes;

Agynaires , où les tégumens et les étamines transformés forment toute la fleur, et où le pistil manque ;

Anandraires , où les tégumens et les pitils multipliés forment toute la fleur, et où les étamines manquent.

GLOS SOtOGIE.

Parmi les fleurs permutées , je distingue de même par les épithètes de bractèaires , calicinaires , corollaires , pèrigoniaires , celles où le changement a lieu dans les bractées , le calice, la corolle ou le périgone.

Quant aux fleurs composées , je les distingue en ligulifères et tubifères , selon qu’elles sont permutées en languettes alongées ou en tubes amplifiés : le seul Aster chinensis , ou Reine-Marguerite des jardins, offre ces deux phénomènes dans diverses variétés.

Art. g. Modifications cle Dimensions (*).

§. 436. Les dimensions des plantes peuvent s’exprimer, ou d’une manière absolue , lorsqu’on compare la grandeur d’un organe à une mesure fixe, ou d’une manière relative , lorsqu’on la compare avec quelque partie de la même plante ou des plantes analogues.

§. 437- Les dimensions absolues des plantes, ou de leurs parties , sont rarement assez fixes pour qu’on doive mettre beaucoup de rigueur dans leur exposition ; on emploie sous ce rapport les mesures linéaires et les comparaisons. Quant aux premières,' les Botanistes emploient souvent celles de leurs pays respectifs; en général, cependant, on se sert, même dans l’étranger, des anciennes mesures françaises.

La Ligne ( Linea ).

Le Pouce ( Pollex ou TJncid ) , qui vaut douze lignes , ou la largeur du pouce.

Le Pied ( Pes), qui vaut douze pouces , ou la longueur d’un pied très-long.

On y joint les suivantes, qui sont approximatives.

(*) Voyez Taxonomie, §. i3o — i3 2.

Le Cheveu ( Capillus ) , qui équivaut environ à la moitié d’une ligne.

JL’Ongle{Unguis ), qui équivaut à la moitié d’un pouce, et qui est la longueur de l’ongle du petit doigt.

Digitus , la longueur du doigt index.

Le Palme ( Palmus ) , qui vaut trois pouces, et qui est la latgeur des quatre doigts de la main.

U Empan ( Dodrans ) , qui est de neuf pouces , c’està-dire , l’espace compris entre le pouce et le petit doigt ouverts le plus possible.

Le petit Empan ( Spithama ) , qui est de sept pouces , et qui représente l’espace compris entre le pouce et l’index ouverts le plus possible.

La Coudée ( Cubitus ), qui est de dix-sept pouces, et comprend la longueur depuis le coude au sommet des doigts.

La Brasse ( TJlna , Brachium ) , la longueur du bras , ou vingt-quatre pouces.

La Toise ( Orgya), qui est de six pieds, ou ta longueur d’un homme (proportionnée à celle du pied ).

A ces mesures , déduites des dimensions du corps humain , les Botanistes français ont dernièrement substitué quelquefois celles de leur propre pays .*

Le Millimètre z=z rêbs- de ligne.

Le Centimètre — zj. lignes et rèis~.

Le Décimètre — 3 pouces 8 lignes ris?*.

Le Mètre = 3 pieds 1 x lignes rüs-.

De ces divers termes , on a tiré des adjectifs qui s’entendent d’eux-mêmes.

Uncialis , qui est de la longueur d’un pouce.

Digitalis , de la longueur du doigt , deux pouces.

Palmaris , qui est de la longueur d’un palme, trois pouces.

GLOSSOLOGIË.

Dodrantalis , qui est de la longueur d’un empan , neuf pouces.

Spi tJiameus , qui est de la longueur de sept pouces.

Pedalis , qui a un pied de long.

Cubitalis , qui a dix-sept pouces de long.

Ulnaris ou brachialis , qui a vingt-quatre pouces.

Orgyalis , qui a une loise , ou six pieds de long.

Semi , qui signifie demi , placé devant les leruies d’origine latine, et Hemi devant ceux d’origine grecque, en indique la moitié.

Ainsi, semiuncialis veut dire qui a un demi-pouce de longueur; semiruber , qui est à moitié rouge; bemisphœricus , à moitié sphérique ; hemitricbus , à moitié velu, etc.

Sesqui en indique la moitié en sus , ou une fois et demie la longueur.

§. 438. Les dimensions relatives des végétaux s’expriment, ou d’une manière précise, comme lorsqu’on dit que tel organe est égal ( œqualis) , plus grand ( major J , plus petit ( minor ), de moitié plus grand ou plus petit , double (duplà major), ou sous-double (dimidio minor), triple ( triplo major) ou sous - triple ( triplo minor), etc., d’un autre organe, ou bien, ces dimensions ne s’expriment que d’une manière vague, comme lorsqu’on dit que cet organe est grand ou petit; les premières expressions s’entendent d’elles-mêmes; les secondes exigent quelques détails.

Ces termes vagues et généraux s’entendent toujours d’une comparaison avec un objet analogue; ainsi, lorsqu’on dit d’une plante en particulier , qu’elle est petite, on sous-entend par comparaison avec les espèces du genre ou de la famille : ainsi , par exemple, le Lapsa<na minhna oui’ Ornithopus perpusillus seraient des géans

GLOSSOLOCIE. S09

dans la famille des Mousses; lorsqu’on dit d’un organe en particulier, qu’il est petit , on sous-entend par comparaison avec l’organe analogue des espèces voisines : ainsi, le Solanum grandiflorum serait dit à très-petite fleur, s’il appartenait au genre Dalura.

§. 439. Les ternies de dimensions sont naturellement relatifs aux trois dimensions, linéaire, carrée et cubique ; mais dans chaque classe, on les a multiples pour exprimer leurs nuances et leurs combinaisons.

§. 44°- Les dimensions linéaires et carrées s’expriment par les suivantes :

Long ( longus , et dans les composés grecs macros ), qui est plus long que les plantes ou les organes analogues; ou , lorsqu’on l’oppose à large, qui est plus long que sa largeur ne pourrait le faire supposer. Dans une plante ou dans un organe, le sens de la longueur ( Ion gifudo ), ou le sens longitudinal, est toujours celui de la direction principale des vaisseaux, ou celui de l’accroissement.

Court ( brevis , et dans les composés grecs trachys ), qui est plus court que les plantes ou organes analogues.

Allongé (elongatus) , qui semble comme tiré ou allongé par une force supérieure.

Raccourci {abbrevialus') , qui semble arrêté dans sa croissance par une force supérieure.

Large ( latus , et dans les composés grecs platys ), qui a une dimension transversale , ou une largeur ( latitudo ) plus grande, relativement à la longueur, que dans les plantes ou les organes analogues.

Etroit ( angustus), opposé de large, et de là

Rétréci ( angustatus).

Elargi ( extensus ) , qui semble accru en travers par une force supérieure.

5io

Grand (inagnus, grandis , et dans les composés grecs mégalos') , s’emploie d’une manière vague pour exprimer les dimensions carrées ou cubiques plus grandes qu’à l’ordinaire.

Ample ( amplus ) , ajoute un peu à l’idée de la grandeur ; ampliatus , élargi.

Petit (parvus , minutas , et dans les composés grecs micros ) , s’oppose aux deux précédens pour désigner la petitesse des dimensions carrées ou cubiques.

Médiocre (mediocris) , qui est intermédiaire entre le grand ou gros et le petit.

Gros ( grossies) , s’eutend toujours des objets qui ont les trois dimensions assez grandes, .mais assez proportionnées.

Dpais ( crassus , et dans les composés grecs pycnos ) , désigne que l’épaisseur est, proportionnellement aux objets analogues , plus grande dans son rapport avec la superficie; incrassatus , épaissi.

Mince ( tennis , et dans les composés grecs psilos), veut dire, au contraire, qu’elle est plus petite.

§. 441- Outre ces termes, qui sont les plus usuels; on en a d’autres qui expriment des idées de dimensions un peu modifiées par celles de la forme; tels sont;

Nain f nanus , pygmœus , pumilio , pumilus ), qui se disent des plantes petites, mais bien prises dans la proportion de leurs parties.

Pusillus , perpusillus , se dit des plantes fort petites et fort grêles.

Déprimé (depressus) , se dit des plantes ou des organes fort courts, un peu élargis, et qu’on dirait avoir été comprimés dans le sens vertical.

Humble ( humilis ), qui s’élève peu.

GLOSSOLOGIE. 5lî

Exigu ( exiguus ), se dit des plantes ou des organes qui tiennent peu de volume; il s’oppose à ample.

Minore t major , quoique termes comparatifs , s’emploient quelquefois d’une manière absolue pour désigner une plante plus petite ou plus grande que ses congé” itères.

Minimus , très-petit , ne se dit que des plantes qui sont de très -petite dimension, comparées au reste de la famille.

Capillaire ( capillaris , capillaceus , et dans les composés grecs trichos), se dit des objets très-longs et trèsgrêles, et qui ont la forme des cheveux.

Grêle ( gracilis , exilis , tennis , et dans les composés grecs leptos), se dit des objets longs et étroits.

Aminci , effilé ( attenuatus , virgatus) , se disent des corps longs , étroits et grêles.

Elevé ( elatus , procerus ), se dit des plantes plus longues que leurs autres dimensions ne semblent l’annoncer.

Elancé ( exaltatus ), signifie la même chose, mais avec plus d’intensité.

Gigantesque (giganteus') , désigne aussi une plante fort élevée, mais un peu grosse dans toutes ses dimensions.

§. 442. Les dimensions relatives des organes homogènes ou des parties d’un même organe , déterminent un ordre de caractères très-importans, savoir, la régularité ou l’irrégularité ; on dit d’un organe quelconque qu’il est

Régulier ^regu/aris) , quand ses parties sont égales entr’elles quant auxdimensions et même quant à l’insertion et à la forme; et, au contraire, qu’il est irrégulier (irregularis), quand les parties ne sont pas toutes semblables , à moins cependant que leur dissemblance ne suive

5ia

un ordre symétrique ; ainsi dix étamines , alternative® ment grandes et petites, sont régulières quoiqu’inégales; dix étamines, dont cinq d’un côté grandes et cinq petites, sont irrégulières. Quelques auteurs appellent dere gularis , les organes qui tiennent le milieu entre la forme régulière et irrégulière.

Lorsqu’on veut exprimer en général cette classe de caractères, on dit des organes qu’ils sont

Egaux (œquales , et dans les composés grecs z'joj), ou inégaux ( inœqualis et anisos ), ce qui est surtout relatif à leurgrandeur; semblables {comformis , similis , et dans les composés grecs homos , bomoios) , ou dissemblables (dissimilis et heteros ) , ce qui est surtout relatif à la forme ; lorsqu’on veut exprimer qu’un organe est susceptible de changer de forme, on le nomme variable (varias , varians , variabilis , mutabilis , di versus , et dans les composés grecs heteros').

Certaines c'asses d’irrégularités ont reçu des noms particuliers : ainsi , par exemple, on a coutume, depuis Linné, de donner le nom de Puissance (Dynamis) aux étamines plus grandes que les autres, de sorte que Didynamus , veut dire qui a deux étamines plus grandes , Tetradynamus qui est à quatre plus grandes, etc.

Art. io. De l’ Adhérence ou soudure (*).

§. 443. L’adhérence ( Adhcerentia , Coalitio ) naturelle ou accidentelle des organes, s’exprime d’une manière générale par les termes suivans :

Adhèrent (adhœrens, et dans les composés grecs gamos ou syn), collé avec.

(*) Voyez Taxonomie, §.8i — ic 6.

GLOSSOLOGIE. 5l3

Accretus , collé avec une autre partie et croissant avec elle.

Adnatus , adnexus , collé ou soudé latéralement par sa superficie entière à un autre organe.

Coadnatus , coadunatus , coalitus , connatus , cohcerens , se dit, en général, de parties homogènes soudées ensemble.

Confluens , réuni par la base ou par l’extrémité.

Libre. , distinct, (liber, dis line tus , en grec eleutheros ), se dit par opposition à tous les termes précédens.

§. 444- Outre ces termes généraux , on en a encore créé quelques-uns pour exprimer certaines adhérences en particulier j et ici il faut distinguer s’il s’agit d’organes homogènes soudés entr’eux,ou d’organes hétérogènes adliérens ensemble.

§. 445. Quant à la soudure des organes homogènes, les termes qui en résultent sont très-simples; lorsque cette soudure est purement accidentelle, on les dit soudés ou greffés par approche ( coaliti ).

Lorsque deux feuilles opposées se soudent par la base, on les dit soudées ou connèes ( connata ); et si la soudure va au point qu’elles semblent ne faire qu’un tout, on les dit perfolièes ( perfoliata).

Lorsque les sépales ou des folioles du calice sont plus ou moins intimement soudées ensemble, on a coutume de dire que le calice est monosépale ( mo/iosepalus ) ; mais on exprime mieux cette idée en le nommant gamosépales (- gamosépales ), qui signifie sépales soudés. Les calices de ce genre se décrivent avec les termes employés pour les découpures des feuilles; ainsi on dit qu’ils sont divisés jusqu'au milieu , tandis qu’on de-

G10S SOLOGI£.

vrait dire soudés jusqu’au milieu ; ces expressions sont inexactes , mais sans grands inconvéniens.

Lorsque Ie3 pétales sont soudés plus ou moins intimement ensemble, la corolle est dite vulgairement monopétale (monopetala), terme erroné, qu’on peut remplacer par celui de gamopétale (gamopetala) ; dans ce cas, on la décrit comme le calice gamosépale.

Lorsque les étamines sont sotidées ensemble, Mœnch se sert du mot de symphyostemon , et Wachendorf, de celui de cylindrobasiostemon , qui sont liors d’usage; si la soudure a lieu par leurs filets, toutes ensemble, on les dit monadelphes ( monadelpha') ; en deux faisceaux, diadelphes ( diadelphà ); en plus de deux faisceaux polyadelphes ( polyadelpha ); lorsque cette soudure a lieu parles anthères , les étamines se nomment syngènèses ( syngenesœ Lin. , symphyantberœ Mœnch. Cylindrantherce^V ach. ,synantherce Rich.); par opposition à ces divers termes, on dit eleutliei'antherœ (Wach.), à anthères non soudées.

Lorsque les loges des péricarpes, les branches du style, ou du cordon pistillaire sont soudées, on les décrit comme si c’étaient des organes simples; quand les cloisons du péricarpe ne se séparent bien ni de l’axe , ni des parois, on les a nommées copulatives ( copulativa ).

§. 44 6- Quant à l’adhérence des organes hétérogènes, quoiqu’elle soit d’une grande importance , elle n’a donné naissance qu’à un petit nombre de termes.

Lorsque les appendices ou lanières inférieures des feuilles sont soudeés avec leur tige, ou les appendices inférieurs des lobes avec le pétiole, on dit que les feuilles ou les lobes sont décurrentes Çdecurrentia') ; lorsque les stipules sont soudées avec les pétioles, on les dit pètiolaires {petiolares)\ lorsque les feuilles florales

GLQ SSOLOGIE.

sont soudées avec le pédicule , on les dit adnèes ( adnata ), et ce mot se dit aussi, en général, de toute adhérence latérale. Lorsque la nervure seule d’une feuille est décurrente, on la dit dêcursive [decursivus).

§. 447. Lorsque le calice est soudé avec l’ovaire , on les dit spécialement l’un et l’autre adhèrens ( adhe *■ rentes ); dans le cas contraire, on les dit libres ( liberi ).

Lorsque le calice est, dans toute sa longueur, soudé avec les pétales , l’ensemble prend le nom de Périgone ( Péri g onium ).

Lorsque le calice est, par sa base seulement, soudé avec les pétales ou les étamines , ceux-ci sont dits périgynes ou insérés au calice {perigyna , calyci inserta').

Lorsque les étamines sont soudées avec le pistil, de manière à paraître posées dessus, on les nomme épigynes ou gynandres ( epigyna Juss., gynandra L, , stylostemon Mœnch. ); quand elles ne sont ni épigynes ni périgynes , on les dit hypogynes ou attachées au réceptacle ( hypogyna , recep taculo inserta ).

Lorsque les anthères sont collées avec le stigmate, Mœnch dit que l’étamine est stigmatostemon.

Quand l’anthère est , dans toute sa longueur , soudée avec le filet, on exprime cette adhérence par la périphrase filamento adnata ou filamento incumbens.

Lorsque le péricarpe est tellement adhérent avec la graine, que leurs enveloppes propres se confondent, on dit qu’ils sont incrustés ( incrustata ).

Art. 11. Modifications de durée.

§. 448. Les végétaux ou les organes considérés, en général, quant à leur durée absolue (Duratio ) , sont désignés par les termes suivans :

GLOSSOL OGIE.

Horarius , qui ne dure qu’une heure.

Ephémère ( ephemerus ) , qui ne dure qu’un jour ou vingt-quatre heures.

Diurnus, qui dure un jour ou plus ordinairement se passe de jour; et de là biduus , triduus , etc., qui dure deux, trois jours.

Nocturnus , qui dure une nuit ou se passe de nuit.

Menstrualis ou bi, tri, mestris , qui dure un, deux, trois , etc.; mois.

Menstruus , qui se renouvelle tous les mois.

Annuel ( annuus), qui dure pendant la végétation d’une année; il se désigne par le signe

Annotinus, qui se renouvelle toutes les années.

Hormis , qui est de l’année.

Bisannuel , trisannuel ( biennis , triennis ou bimus , trimus dans les anciens), qui dure deux ou trois ans; les plantes bisannuelles se désignent par le signe çp ou @.

Vivace ( perennis ou perennans ), qui vit en géné- • ral plus de deux ans; la plante vivace, par sa racine seule, se désigne par le signe -je, et est nommée par Jungius, y"estibilis ; par la plupart des auteurs, pèren nis; et par moi, rhizocarpe ( voy. p. 461 ); et celle qui a la tige même vivace, se désigne par le signe 5, et est nommée perennis par Jungius, fruticosa par la plupart des auteurs, et caulocarpe par moi ( voyez page 461 ).

§. 449’ -kes organes en particulier reçoivent quelques épithètes, spécialement réservées pour désigner leur durée et le mode de leur mort; ainsi on dit d’un organe qu'il est caduc ( caducus ) , lorsque, en général, il est sujet à tomber par une désarticulation de sa base, comme on dit des feuilles caduques; dans un sens plus

GLOSSOLOGIE. 5l7

borné, on dit du calice qu’il est caduc , lorsqu’il se désarticule au moment de l’épanouissement des pétales , et on le dit tombant ( deciduus ), lorsqu’il ne tombe qu’au moment de la chute des pétales , persistent (persistons, restons Lin.), lorsqu’en général il dure audelà de l’époque qui semblait fixée pour sa chute; ainsi, les feuilles qui durent plus d’un an, sont dites persislentes (persistentia , perennantia ) ; le calice qui dure après la fleuraison est dit persistant; dans ce cas , combinant les idées de durée et de consistance, on dit du calice ou des autres enveloppes florales, qu’il est

Accrescens , auctus , lorsqu’il prend de l’accroissement après la fleuraison.

Marcescens , lorsqu’il se dessèche sans tomber après la fleuraison.

Baccatus, lorsqu’il devient charnu.

Sempervirens , toujours vert, se dit des feuilles qui persistent vivantes jusqu’après la naissance des feuilles de l’année suivante.

Art. 12. Modifications de consistance,

§. 45o. Toutes les manières d’exprimer la consistance des parties , s’entendent si bien d’elles-mêmes , qu’il est presqu’inutile de les expliquer. Ce sont ou des termes de la langue ordinaire, comme dur, mol , solide, liquide, etc- , ou .les métaphores habituellement employées, 'comme pulpeux, charnu, aqueux, visqueux , pâteux, pierreux, osseux, féculent ou farineux , corné, etc., ou des comparaisons établies avec la consistance habituelle de certains organes , comme lorsqu’on dit ligneux , herbacé , foliacé , capsulaire, etc. Tous ces termes ont déjà été expliqués à l’occasion des or-

GIOSSOtOGlE.

ganes ou des matériaux du nom desquels ils dérivent * et je me contenterai d’indiquer ici quelques expressions prises en Botanique dans un sens particulier.

Membrane {Membrana , et dans les composés grecs Hymen), signifie un organe plane, mince, flexible, quelle que soit d’ailleurs sa nature; membraneux ( mem branacens , membranosus ) , qui a la consistance d’une membrane ; on emploie souvent le mot Hymenodes et ses composés, pour dire quia la consistance de raemi brane, ou qui porte une membrane ; c’est dans ce dei> nier sens que M. de Palissot Beauvois le dit des Mousses qui ont un épiphragme. Le mot de scarieux ( scariosus ) s’applique aux membranes roides et qui ne sont pas vertes. Hyalinus se dit des membranes fines et transparentes.

Etoupe {Stupa), matière filamenteuse et compacte qu’on trouve soit au collet, soit dans le fruit de certaines plantes. Stuposus, quia la consistance d’étoupe.

Gluteîi ( Gluten ), qui signifie proprement un des rna-t tériaux immédiats des végétaux, se dit en général de toute matière qui a une consistance analogue à la glu ou au gluten. Glutinosus , glutineux.

Cal { Callus ) , matière endurcie et ferme comme les cals de la main des ouvriers; de là , calleux ( callosus ), se dit des parties dont la consistance est plus tenace, plus, compacte que les autres.

Les divers degrés de division des corps grenus ou pulvérulens, s’expriment pas les mots suivans.

Grnmosus , grumelè, divisé en petites masses ar^ rondies.

Granulatus , grenu , granulé , divisé en petits grains.

Pulverul en tus , pulvérulent;, qui a la consistance de

GLOSSOLOG XE.

5iy

la poussière, ou qui est couvert de poussière (Pulvisj.

Pollinarius , qui est couvert de poussière très-fine ( Pollen ).

§. 45 1. L’une des circonstances qui influe le plus sur la consistance, c'est d’avoir des cavités intérieures, et sous ce rapport, on a introduit plusieurs mots dans la langue Botanique,

Plein ( plenus , f ardus'), ou plus rarement solide ( solidus J , se dit , en général , de toute partie qui n’offre aucune cavité interne.

Inanis , se prend quelquefois pour syno^une de nacuus , vide, quelquefois pour désigner une partie pleine d’une moelle spongieuse,

Cellulosus , cellulatis , utricnlaris , utriculosus , se dit , en général , de toutes parties qui ont de très-petites cavités analogues à celles du tissu cellulaire.

Lacunosus , lacuneux , ou qui a des lacunes, ou auquel il semble manquer une partie.

Vesiculosus , vesicularis , inflatus , empliysema tosus , qui est renflé comme une vessie et plein d’air.

Fistulosus , fis mieux , qui est creux et cylindrique comme une flûte.

Tabulatus , étagé , qui est composé de plusieurs couches de cavités placées l’une sur l’autre.

Loculatus , locularis et leurs composés, qui est divisé en plusieurs loges à l’intérieur.

Cavus , creux , qui est muni d’une seule cavité interne.

Art. i3. Modifications de couleurs,

§. 402. Les couleurs s’expriment en Botanique par tous les mêmes termes dont on se sert en général ; la

seule exception qui se présente à nous est le sens qu*o,n donne au mot coloré (coloratus) , qui, dans l’usage ordinaire, se dit des objets qui ne sont ni blancs ni noirs, et qui, en Botanique, se dit des parties qui ne sont pas vertes ; tandis qu’eu égard à la grande prédominance de la oouleur verte dans le règne végétal, on dit souvent des parties vertes qu’elles sont sans couleur.

§. 453. Quant aux couleurs elles-mêmes , on les trouve toutes dans le règne végétal ; comme elles sont trèsvariées , on a employé une multitude d’épithètes diverses pour désigner les moindres nuances de chaque couleur simple. Je vais chercher à en donner l’idée la moins inexacte qu’il me sera possible. Mais on doit se rappeler qu’il est presque impossible de les définir autrement que par leurs noms ou des comparaisons.

A. La couleur blanche ( Albedo ) s’exprime , en général, par l’épithète de blanc , en latin, albus , et dans les composes grecs leucos : mais on emploie plusieurs autres termes : ainsi ,

Candidus , qui 11’a pas d’équivalent en français , et qu’on rend dans les composés grecs par argos , désigne un blanc très-pur ;

Niveus , blanc de neige , un blanc plus pur encore;

Argenteus , argentatus , argenté , qui a l’éclat de l’argent , se rend dans les composés grecs par argyros.

Eburneus , blanc dJ ivoire , un blanc un peu lisse ;

Lacteus ou galacites , blanc de lait , c’est-à-dire, mat et un peu transparent: se rend dans les composés grecs par gala ;

Calceus ou gypseus , blanc de chaux , désigne un blanc mat et opaque ;

Albidus , blanchâtre , sert à exprimer un blanc un peu sale ;

GLOSSOLOGIE.

Albescens , blanchissant , se dit d’une surface qui semble avoir eu originairement une autre couleur et qui tire sur le blanc ;

Canus , inc anus , signifie blanc * mais se dit des surfaces qui ne paraissent blanches, que parce qu’elles sont recouvertes de duvet ou de poils;

Canescens , incanescens , se dit des surfaces qui tendent à devenir blanches par la superposition de poils peu nombreux.

B. La couleur grise , qui est un mélange à proportions diverses du blanc et du noir, s’exprime par un petit nombre de termes ;

Cinerascens , blanc cejidré , se dit d’un blanc trèslégèrement grisâtre et approchant de la couleur des cendres ;

Cinereus , gris cendré , est un gris un peu plus foncé que le précédent et semblable à la couleur des cendres;

Griseus , gris , est un gris décidé, plus foncé que la couleur des cendres ;

Fumosus , enfumé , gris plus foncé encore et approchant de la couleur de la fumée ;

Nigrescetis , noiràtte , gris presque noir;

Plumbeus , plombé , de la couleur du plomb.

C. La couleur noire ( Nigredo ) s’exprime d’une manière simple par les deux mois àenigeret ater , dont le dernier désigne le noir le plus foncé possible; on les rend l’un et l’autre dans les composés grecs par mêlas ou melanos ; on emploie aussi quelquefois celui de piceus , goudronné , qui est noir et lisse, commes’il était enduit de poix; d 'atramentarius , qui signifie noir d’encre; atratus , nigritus , noirci; nigrescens , noircissant.

D. Les diverses nuances de brun et de roux, qui

en français n’ont que peu de termes connus, en reçoivent plusieurs en latin.

Brunneus , brun , se dit d’un brun foncé et qui approche du noir ;

Tristis , triste , qui est en général de couleur sombre ou livide ;

Pullus , qui est d’un brun terne;

Fuscus , se dit d’un brun assez foncé tirant un peu sur le vert, se rend dans les composés grecs par le mot ■pliai o s ;

F errugineus , ferrugineux , d’un brun qui tire un peu sur le jaunâtre, et ressemble à la vieille rouille de fer ;

Hepatiais , se dit d’un brun foncé tirant un peu sur le rouge ;

Spadiceus , d’un brun un peu luisant ;

Badins , d’un brun peu foncé et tirant un peu sur le rouge ;

Rufus , roux , qui n’est réellement qu’un brun pâle;

Tabacinus , couleur du tabac râpé ordinaire;

Fui vus , fauve , de la couleur des bêtes fauves , telles que le loup ;

Vaccinas , de la couleur des vaches fauves.

E. Les diverses nuances de violet, c’est-à-dire les combinaisons intimes du rouge et du bleu, plus ou moins altérées par le mélange du blanc ou du noir , se désignent par des termes assez simples.

Violaceus , violet , se dit proprement du mélange pur de rouge et de bleu, comme on le voit dans la couleur du spectre solaire le plus réfrangible , à-peu-près comme dans la Violette ordinaire;

Lilacinus , lilas , désigne un violet pâle ou un peu blanchâtre comme le Lilas;

Atropurpureus , pourpre noir , se dit d’un pourpre

GLOSSOLOGIE. 52,3

violet, tirant presque sur le noir, comme dans la Scabieuse des jardins.

F. La couleur rouge (Rubor , Rubedo ) présente des nuances très-variées dans les plantes, et pour les désigner on emploie divers termes.

Ruber, ronge , signifie rouge en général , et plus particulièrement un rouge pur et vif comme celui des Frai ses : il se rend dans les composés grecs par erythros ;

Sanguineus ou purpureus , rouge sanguin ou rouge pourpré ; c’est la couleur du sang artériel : se rend dans les composés grecs par aimatos ;

Puniceus , qui en réalité devrait signifier la même chose que purpjireus , s’emploie pour désigner le rouge couleur de carmin ;

Miniatus , couleur de minium ;

Cinnabarinus , couleur de cinabre ;

Chermesinus , couleur de kermès ;

Coccineus , coquelicot , désigne un rouge très-vif comme celui du coquelicot ;

Phœniceus , qui devrait signifier la même chose que puniceus , s’emploie plus ordinairement pour un rouge vermillon. Les auteurs s’en servent dans un tout autre sens pour dire qui ressemble au dattier;

Rubescens , rougeâtre , qui tire sur le rouge net ;

Rubellus , qui tire sur le rouge vif ;

Incarnatus , incarnat , plus foncé que la couleur de chair et moins vif que le rouge ;

Roseus , rose , se dit d’un rouge pâle analogue à celui de la rose commune; se rend, dans les composés grecs, par rhodos ;

Carneus , carné , couleur de chah', se dit d’un rose plus pâle encore.

524 GLOSSOLOGIS.

G. Les mélanges du rouge et du jaune donnent lieu aux termes suivans :

Croceus , crocatus , safranè , couleur de safran , c’est-à-dire , d’un rouge jaune très-foncé et très-intense ; se rend, dans les composés grecs, par crocos ;

Aurantius ou aurantiacus , couleur d'orange, en faisant allusion à la peau des oranges les plus colorées ;

Flammeus , igneus , de la couleur de la flamme; se rend , dans les composés grecs, par pyrros ;

Vi tel li nu s , jaune d'œuf , d’un jaune très-légèrement teint de rouge.

H. Le jaune ( Flavedo ) étant extrêmement commun dans les plantes, a été désigné sous une multitude de dénominations diverses.

Luteus , jaune , désigne, soit le jaune en général, soit le jaune pur , tel que le présente la gomme-gutte parmi les couleurs ; se rend , dans les composés grecs , par xanthos ;

Aureus , auratus , doré , se dit du jaune pur, luisant et foncé, analogue à la couleur de l’or ; se rend, dans les composés grecs, par chrysos ;

Flavus , qui n’a point d’équivalent en français , et qu’on exprime en grec par ochros , exprime un jaune un peu plus pâle et un peu moins décidé que luteus , analogue, par exemple, au jaune de Naples;

Sulfureus , jaune - soufre , est un jaune plus pâle encore que le précédent, et analogue à la couleur du soufre ;

Ochroleucus , jaunâtre , est le jaune un peu sale, et très-voisin du blanc;

Luteolus , d’un jaune clair;

Lutescens , tirant sur le jaune ;

Helvolus , jaune-paille , est le jaune le plus pâle, comme celui de la paille ;

GLOSSOLOGIE,

Mellinus , qui a la couleur du miel.

Flavens , flavidus , jaunâtre , se disent des surfaces qui tendent à devenir jaunâtres ;

Ocliraceus , jaune d’ocre, est un jaune un peu mêlé de brun;

Armeniaceus , jaune d" abricot , tandis que arme niacus signifie qui est d’Arménie ;

I. Le vert ( Viror , Viredo ), qui est la couleur générale de toutes les feuilles , ne présente cependant qu’un petit nombre de nuances désignées par des termes dislincs.

Viridis , vert , signifie la couleur verte ordinaire, celle de l’herbe des prés ; s’exprime , dans les composes grecs , par chloros ;

V^iridulus , d’un vert clair et gai;

Virescens , viridescetis , qui tire sur le vert ;

A tro viridis , atro-virens, désigne le vert noirâtre de la plupart des feuilles dures et persistentes comme celles d u Cyprès ;

Flavo-virens se dit des feuilles d’un vert jaunâtre ;

Glaucus , glaucinns , et dans les composés grecs glaucos , glauque , de celles d’un vert grisâtre qui approche du vert de mer;

Cœslus , qui est d’un vert pâle , blanchâtre ou grisâtre ;

Prasinus , vert de Poireau ;

Smaragdinus , vert d’ Émeraude ;

AEruginosus est un vert foncé tirant un peu sur le bleu, comme on le voit dans les sels de cuivre.

K. Les couleurs bleues ont aussi donné lieu à plusieurs termes ; savoir :

Cœruleus , bleu , et dans les composés grecs cyanos , est le bleu en général , ou plus exactement le bleu pur, tel que le donne le rayon bleu du spectre, ou la fleur du Veronica chamœdrys;

GLOSSOLOGIE.

Cyanœus , c yalinus , bleu de Prusse , est le bleu foncé, presque analogue au rayon indigo du spectre solaire.

Azur eus , azuré , bleu de ciel , est le bleu vif , mais un peu clair, tel que le présente le Ciel dans son état de pureté.

Cœsius , bleuâtre , désigne un bleu pâle tendant au gris.

Cœrulescens , bleuissant , qui tend à devenir bleu.

L. Quant aux couleurs ternes et mal décidées , on les désigne par les termes de

Lividus , livide , en grec , pelios.

Plumbeus , plombé , en grec, molybdos.

Sordidus , sale.

Luridus , qui est couleur de cuir selon les uns , qui est d’un jaune sale et brunâtre selon les autres.

Gilvus , qui signifie cendré selon les uns , jaune de rouille selon d’autres.

Pallidus , pâle ,peu coloré ; dans les composés grecs achroos.

§. 454. Tous ces termes combinés avec le nom des organes , expriment en un seul mot l’organe et sa couleur, comme chrysanthus , à fleur couleur d’or, etc. ; mais il ne suffisait point encore au Botaniste de pouvoir exprimer, et les nuances des couleurs, et les organes auxquels ils faisaient allusion, il fallait encore exprimer la manière dont les couleurs peuvent se trouver réparties sur chaque organe; et quoique ces détails soient difficiles à atteindre par le langage, on a admis plusieurs termes destinés à ce but.

Si l’on veut exprimer le nombre des couleurs diverses que présente une partie quelconque , on se sert des termes unicolor, bicolor, tricolo’\ tjuadricolor , pour exprimer qu’il y a une , deux , trois ou quatre couleurs. On n’est

GLOSSOLOG1Ê.

pas dans l’usage de pousser celle énumération plus loin.

Il faut remarquer que les mots de bicolore t d e discolor, qui semblent synonymes , ont deux sens bien distincts :

Bicolor , bicolore, signifie qui a deux couleurs sur une même surface.

Discolor se dit des organes planes qui ont une de leurs surfaces d’une couleur, et l’autre d’une autre couleur , comme , par exemple , le Tradescantia discolor, qui a le dessus de la feuille vert , et le dessous rouge.

Concolor , qui est de la même couleur que celle à laquelle on la compare.

Les couleurs peuvent être disposées sur une même surface d’après divers types. On nomme

Raie ( Linea , en grec Grammè ), des marques trèsétroites et longitudinales, analogues à la ligne des géomètres , et par conséquent une surface est dite rayée ( lineatus ), lorsqu’elle porte de semblables lignes ; on emploie quelquefois, dans ce sens, les mots de stries et de strié , qui s’appliquent réellement aux cas où les lignes présentent une dépression ou petite cannelure.

Bandelette (Fascia), s’emploie quelquefois pour désigner une bande colorée , et fasciatus se dit , par conséquent, d’une surface qui présente une bande ou ligne large et colorée. On le dit dans un tout autre sens des tiges aplaties qui ont la formed’une bandelette. Voy. p. 101.

Tache ( Macula ), indique un espace arrondi, d’une couleur différente du fond , et taché ( maculants), signifie par conséquent une surface munie détachés.

P oint [Punctum), désigne des taches si petites qu’elles semblent des points, et ponctué ( puncta tus ), se dit d’une surface tachée de petits points.

Ocellatus, marqué de petites taches annulaires ou circulaires, et dont le milieu est incolore.

GLO SSOLOOIE.

On dit pictus , peint, d’une surface qui a des taches qui ne sont ni très-arrondies, ni très-allongées.

Marginatus , bordé , se dit d’une surface qui a une bande colorée sur le bord.

Panaché {variegatus ) , se dit d’une surface qui a plusieurs couleurs disposées sans aucun ordre. On le confond quelquefois avec le mot de varias , qui s’applique à la forme plutôt qu’à la couleur, mais qui, sous ce dernier rapport, a un autre sens; ainsi, flores varii, par exemple , se dit des fleurs qui sont sujettes à changer de couleur; mais pour éviter toute équivoque, il iaut dans ce sens employer le mot de changeant [mu-

tabilis ).

Zone [zonatus') , qui a des bandes concentriques ou disposées circulairement.

Diffusas , se dit d'une teinte répandue uniformément sur une couleur.

Pâturé ( litaratas ), se dit, mais rarement, des taches ou raies qui semblent formées parce qu’on aurait enlevé une couche supérieure pour mettre l’inférieure à jour.

Tous ces termes peuvent se combiner avec les noms des couleurs de la manière suivante :

Albo-lineatus , rayé de blanc ou marqué de raies blanches ; nigro-punctatus , ponctué de noir ou marqué de points noirs , etc.

Enfin, plusieurs de ces termes, ou leurs analogues, peuvent se combiner avec les noms d’organes comme dans lineatipes , ou grammopodius , à pédicule rayé ; punctiflorus , à fleurs ponctuées; mais ces composés sont, en général , peu usités.

glossologie.

A a t. i4. Modifications d’odeur.

§. 455. U Odeur ( Odor ) est l’impression qu’un corps produit sur l’organe de l’odorat par ses émanations volatiles. L’ Arôme [A t'omu ) est la partie d’un corps odorant, qui, en se volatilisant , produit l’odeur.

Les odeurs sont très-variées ; mais comme elles sont au nombre des sensations simples, elles ne peuvent sô définir, et s’indiquent seulement par des termes généraux ou par des exemples. Ainsi, on dit d’un végétal où d’un organe , qu’il eât

Odorant(odoratus)s lorsqu’il a une odeur quelconque; quoique ce soit là sa vraie signification, on le prend presque toujours en bonne part et comme synonyme de fragrans ou de suaveolens , qui sent bon. Fragratis se dit plus spécialement des odeurs douces , pénétrantes, et qui agissent un peu sur les nerfs , comme les odeurs des fleurs très-odorantes , la Tubéreuse, la Jonquille, etc.

Ambrosiacus , qui a une odeur d’ambroisie, se dit des odeurs analogues à l’ambre ou au musc. Pour ces dernières , on se sert plu3 particulièrement du mot musqué ( moschatus ).

Aromatique (aromaticus) , signifie qui a une odeur d’aromates , comme les Lauriers, et en général les écop> ces , les résines, le3 bois , et les feuilles dont l’odeur est agréable.

Les odeurs désagréables se désignent par les épithètes suivantes :

Fétide [fcetidus) , qui a une mauvaise odeur en général.

Graveolens, qui a une ©deur désagréable, parce qu'elle est trop forte.

G L O SSOLOGÏ E.

Teter, qui a une odeur trè3-fétide.

Vireux ( virosus ), dont l’odeur désagréable paraît annoncer de mauvaises qualités.

Hircinus , qui a une odeur de bouc.

Nido sus , nidorosus , qui a une odeur de brûlé, selon les uns , ou d’œuf pourri , selon les autres.

Alliacé ( alliaceus ), qui a l’odeur de l’ail.

Spcrmaticus , qui a une odeur analogue à celle du sperme animal , comme la fleur mâle du châtaignier; on le traduit en français par les mots de spermatique ou de pénétrante.

Piquante ( pungens ) , qui a une odeur analogue à la moutarde.

Muriatique ( muriaticus ) , qui a une odeur marine , comme les plantes et les animaux qu’on vient de sortir de la mer.

Par opposition à tous ces termes , inodore ( inodorus ), signifie qui n’a point d’odeur.

Art. i5. Saveurs.

§. 456. La Saveur ( Sapor, Gustus Neck,) est l’impression que fait un objet sur les organes du goût en se dissolvant.

Comme les odeurs , les saveurs se sentent et ne se décrivent guère que par la comparaison avec des saveurs connues. Leur seule énumération suffira pour rappeler les principales classes de saveurs.

Doux ( dulcis ) , qui n’est pas âcre.

Sucré (saccaratus) , qui a la saveur du sucre.

Miellé (melleus) , qui a la saveur du miel.

Acre [acris), qui irrite la bouche.

Brûlant y caustique (urens , causticus) , qui semble brûleFi

GLOSSOLOGJE. 53 î

Piquant [pungens)y qui pique comme delà moutarde.

Poivré ( piperitus ) , qui pique comme le poivre.

Alkalin ( alkalinus ) , qui agace comme l’alkali.

$ale[salinus , salsus ), qui a la saveur du sel de cuisine.

jicide ( acidus) , qui a la saveur du vinaigre.

Acerbe ( acerbus)% âpre au goût comme un fruit mal mûr ; c’est un faible degré du suivant.

S ty p tique ou astringent ( styp tiens ), qui a la saveur du tannin.

Amer ( amarus ) , qui a la saveur de la gentiane.

Felleus , qui est très-amer et a la saveur du fiel.

Visqueux ( viscosus ), qui est fade et a la consistance pâteuse.

Aqueux ( aquosus J , qui ressemble à de l’eau.

Insipide ( insipidusj , sans saveur.

Sec (siccusj , sans humidité.

Fade ( subinsipidus ) , qui a peu de saveur-

Sapide ( sapidus ) , qui a une saveur.

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