Le médias tin qui est formé comme le précédent
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d’une seule valve , mais qui , au lieu de porter ses ovules sur les bords voisins de la suture , les porte sur deux placentas situés au milieu de la valve, et tantôt simplement appliqués sur la valve , tantôt soutenus , pour ainsi oiie, par un prolongement intérieur de cette valve: je ne connais aucun exemple de médiastiu libre , mais les médiastins soudés forment tous les fruits dont les cloisons partent du milieu des valves , par exemple , les Liliacées. Les ovules y étant naturellement disposés sur deux placentas rapprochés , les styles ont la même structure que dans le follicule.
3.° La camare qui est formée de deux valves appliquées l’une contre l’autre , et formant par conséquent deux sutures ; les graines sont attachées sur le bord de là suture intérieure ou la plus voisine de l’axe de la fleur; et comme elles sont sur deux rangs, les styles sont organisés comme dans les cas précédées : ou trouve des camares libres dans les spirées , et dans les gousses des légumineuses, etc. ; on en trouve de soudés dans les fruits à pépins des rosacées, etc.
4 *° sihquelle qui est formée originairement de Lois pièces, deux latérales portant des ovules sur leur disque intérieur, et une extérieure ne portant point d’ovule ; c est ce qui forme les fruits du nymphéa, du pavot et des crucifères. Lorsque deux carpelles de ce genre sont soudés par le côté extérieur de leur faces latérales, ils forment les fruits qu’on dit être à placentas intervalvulaires : chacun de ces placentas double se prolonge en un style ou un stigmate en apparence simple, mais réellement formé par deux demi-styles soudés.
Lorsque ces divers élémens carpologiques viennent à se souder , il arrive fréquemment qu’une partie des carpelles s’oblitère et disparaît dans la soudure. Combinons*
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maintenant ïes différences qui peuvent résulter, r.e de la différence des carpelles élémentaires; 2.° du nombre de leurs graines; 3.° de l’intimité de leur soudure entre eux; 4-° de la manière dont ils peuvent être enveloppés ou par les prolongemens du réceptacle, comme dans la pivoine moutan, ou, ce qui est beaucoup plus commun, par îecalice; 5.° des changemens de consistance, degrandeur, de forme extérieure de toutes ces parties ; 6.° de la possibilité que quelques-uns ou de ces carpelles, ou de leurs organes , viennent à avorter en tout ou en partie, et nous pourrons prendre une idée méthodique et rationnelle des différences innombrables en apparence que présentent les fruits des végétaux phanérogames.
§. 97. Toute celte théorie présente peu de difficultés, tant qu’il est question de pistils où les parties , soit libres, soit soudées, sont disposées en verticille autour d’un axe réel ou idéal; mais , dans les cas où fcette symétrie n’a pas lieu, la structure du fruit est plus difficile : il est des cas, où les pistils ne sont pas symétriques, simplement par l’avortement d’une portion des organes qui doivent former le verticille , et on le reconnaît assez facilement, soit par les lois de l’analogie , soit parce que ces fruits ne sont jamais centraux, mais toujours plus ou moins excentriques oulatéraux, comme on le voit très-bien dans les delphinium , delà section des co?isolidci , comparés aux autres delphinium et dans la famille entière des Légumineuses , comparée à la tribu des spirées, etc. Mais il est des cas où l’excentricité est si légère, qu’on ose à peine lui donner quelqu’importance ; elle existe cependant toujours dans les ovaires monospermes, si ce 11’est a l’extérieur au-moins à l’intérieur, dans ce qui tient à l’attache des graines. Toutes les fois qu’on trouve ainsi
des ovaires non sjunétriques , on peut soupçonner qu’il
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y a eu avortement des parties correspondantes, et parconséquent , on peut ramener ainsi , par la théorie , Jes ovaires monospermes à des ovaires poljspermes, et ceux qui n’ont qu’une loge et qu’une valve , à ceux qui en ont plusieurs. Le développement de cette idée m'entraînerait beaucoup au-delà des bornes que je me suis prescrites ici : il aurait besoin, pour être compris, d’un appareil de détails, de descriptions et défigurés qui m’écarteraient de mon but; et je me bornerai, pour le moment , à conclure de cette discussion:
1. ° Que les fruits multiloculaires ne paraissent différer des fruits multiples que parce que les carpelles sont soudés dans les premiers, et libres dans les seconds ;
2. ° Que la soudure des carpelles suit des règles analogues à celles des étamines, des pétales et des sépales ;
3. ° Que les fruits uniloculaires sont dans plusieurs cas formés par l’avortement des carpelles correspondait, et qu’il ne serait pas impossible qu’il en fût de même de tous.
§. 98. Si, maintenant, j’appliquais le même genre de raisonnement aux organes de la végétation , ne pourraisje pas, ne devrais-qe pas y retrouver les mêmes loix? Qu’est-ce qu’une feuille, si-non un assemblage de fibres, liées par du tissu cellulaire ? Quand les fibres sont souciées toutes ensemble, elles forment le pétiole : lorsqu'elles divergent, elles forment des nervures : quand l’intervalle des nervures peut être comblé ou soudé par le développement du tissu cellulaire, nous disons que la feuille est entière; quand l’intervalle n’est pas comblé, nous disons que la feuille est découpée; mais cette manière de nous exprimer n’est qu’une image : la réalité , c’est que les nervures laissent entr’elles des intervalles trop grands ,
pour que le tissu intermédiaire puisse les combler. Les découpures des feuilles sont donc dans le même cas que celles des calices et des corolles ; il n’y a point de véritables découpures dans le sens strict , mais des parties saillantes qui sont plus ou moins réunies par du tissu intermédiaire.
§. 99. Toute cette inexactitude de langage, quia entraîné beaucoup d’erreurs dans la pensée , tient en définitif à une seule inconséquence, que M. Corréa a signalée avecsa sagacité accoutumée ; c’est qu’au-lieu de décrire les organes en commençant parla tige de laquelle tous tirent leur origine, et en passant , suivant l'ordre naturel, de la tige aux rameaux, des rameaux au pédoncule, des pédoncules au réceptacle, du réceptacle à chacun des organes de la fleur et du fruit , on a dans le langage suivi l’ordre inverse; ainsi, on dit que les étamines du magnolia sont insérées sur le torus , tandis qu’on devrait dire que le torus porte les étamines. On dit que les pétales sont insérés sur ie calice de la saîicaire, tandis qu’on devrait dire que le calice y porte les pétales. Ainsi tout ce qu’on appelle insertion , où les organes sont considérés comme s’ils venaient de haut en bas s’attacher à leur base, devrait s’appeler ex sertion, pour indiquer que d’une base donnée naissent tels ou tels organes. Tout ce qu’on appelle lobes ou découpures, termes qui supposent que d’une surface on a enlevé ou tronqué de certains segmens, doit être considéré comme des soudures incomplèles d’organes originairement distincts.
Par une bizarrerie remarquable, on 11’a bien suivi cette manière de s’exprimer que dans le seul cas, peut-être, où elle soit fausse : ainsi les branches , que tout le monde a considérées comme des ramifications des tiges, n’en sont point; elles prennent naissance d’un bourgeon,
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t]iù est un individu distinct , naturellement greffé sur sa mère : ia branche peut, à juste titre, être considérée comme un corps distinct de la tige, quôiqu’arialogue à elle, et le mot d'insertion qui fait allusion à l’acte delà greffe, exprimerait très-convenablement la manière dont les branches naissent sur la tige; tandis que tout ce qui est le simple développement des parties renfermées dans un bourgeon, devrait recevoir le nom d’exsertion , pour indiquer cette différence fondamentale.
§. 100. Je 111e suis étendu avec trop de détails , peutêtre, sur les preuves de l’adhérence ou de la soudure naturelle des organes ; mais j’ai cru ce développement nécessaire, non-seulement pour la chose en elle-même , mais comme complément de ce que j’ai dit sur les avorlemens : les adhérences ou soudures prédisposées, sont, je crois, tellement évidentes, que personne, jusqu’ici, 11e les a niées d’une manière générale; mais s’il peut y avoir, sous ce rapport, des phénomènes accidentels , et cependant constans et prédisposés par l’organisation, pourquoi n’en serait-il pas de même relativement aux avorlemens ?
§. lot .Tout ce que je viens d’exposer suffit, je pense, pour prouver que de même qu’il existe des greffes accidentelles entre des végétaux où les organes analogues sont rapprochés par une cause quelconque, il en existe aussi de naturelles, c’es t-à-d i re, qu i o m lieu e n t re des orga nés divers pa r une suite nécessaire de leur rapprochement primitif; je lesdésignesous le 110m d’ adhérences prédisposées, pour les distinguer des adhérences purement accidentelles. On conçoit facilement que ces adhérences prédisposées peuvent induire en erreur, et sur la position réelle des organes, et s lu le nombre de chacun d’eux, et sur leur propre nature. Mais ces adhérences elles-mêmes ont , quant à la clas-
taxonomie.
süicaiion , un degré considérable d importance; elles sont, en effet, une conséquence directe de la position des organes, et participent ainsi à l’intérêt de ce caractère. Un exemple servira à éclaircir mon idée.
§. 102. Il est naturel de penser que tonies les Dicotylédones ont des fleurs organisées sur un plan symétrique, par exemple , le pistil placé au centre , le calice au boi d de la fleur, et les étamines et les pétales (qui partent toujours du même point)entre le pistil et le calice; mais cette disposition generale est en apparence changée pat suite de la distance respective de ces organes; si leur distance réciproque est tehe que chacun puisse se développer en liberté , toutes ces parties seront séparées; si quelques-unes d’entre elles sont proportionnellement plus rapprochées, elles tendront a se soudei ; ainsi, que les étamines touchent certaines parties du pistil, elles se souderont avec lui; qu elles touchent la corolle ou le ca* lice, elles y seront adhérentes, etc. Nous trouvons donc dans ces adhérences un moyen de juger la distance relative des organes, bien plus facile que tout autre ; mais toutes ces adhérences n’ont pas le même degré d importance, et ici nous sommes naturellement conduits à quelques réglés de detail utiles dans 1 application.
§. io3. Que deux fleurs se soudent ensemble en totalité, c’est un phénomène qui arrive souvent d’une manière purement accidentelle, et qui n indique autie chose qu’un rapprochement de leurs pédoncules : oi , comme la distance des pédoncules n’est jamais un caractère bien essentiel , leur adhérence, qui en est la suite, ne peut pas l’être, et nous devons chercher les adhérences essentielles parmi les organes propres à la fmcnücation. Ici nous sommes amenés, et par le raisonnement , et par l’expérience, à trois règles lort simples.
§. 104, i° Les adh èrences de divers organes de la fructification sont d* au tant pin s importantes , qid elles o fit heu entre des parties ou des organes chez lesquels cette opération est plus difficile ; en effet, plus l’opération sera difficile, plus sera puissante la cause qui l’aura produite. Cette difficulté peut tenir ou à la consistance des organes, ou à leur degré d’analogie.
Quant à la consistance, c’est une observation générale que les parties les plus molles et les plus charnues sont, tout étant d’ailleurs égal, celles qui se soudent le plus facilement : ainsi, par exemple, que les valves d’un péricarpe scient d une nature charnue, elles tendront à se souder, mais le fruit qui en résultera 11e devra pas être considéré anatomiquement comme une baie, quoiqu’il en ait tous les caractères physiologiques ; c’est par ce motif que le Cucubalus haccifer et V Hypericum an drosœmum , sont avec raison considérés dans la classification , comme si leur fruit était capsulaire.
De même que , dans les greffes ordinaires , on trouve d’autant plus de facilité, que les arbres ont entr’eux plus de ressemblance intime, de même aussi la nature trouve d’autant plus de facilité à souder des organes, qu’ils sont plus analogues entr’eux; par conséquent, lorsqu’il existe de ces greffes entre organes différens , elles sont nécessairement dues à des causes plus puissantes que lorsqu’il est question d’adhérences plus faciles; donc nous devons les considérer comme des indices d un changement plus profond dans la symétrie des organes. Les applications de cette règle aux diverses adhérences des parties florales, sont faciles à saisir. Ainsi, en commençant par les adhérences qui ont le moins d’importance, il est clair, i.° que rien ne se ressemble J A
plus que les parties similaires d’un tout; aussi voyons-
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nous que, dans le fruit, les valves des péricarpes , les branches du cordon pistillaire et celles des placenta; dans la fleur, les ovaires, les styles, les stigmates , les filets, les anthères, les pétales, les parties du calice, peuvent être soudés entr’eux, sans qu’il y ait aucun indice d’une altération profonde dans la symétrie de la fleur.
2.0 Les pétales ne sont très-probablement pas des organes différens des étamines, par conséquent l’adhérence de ces deux organes n‘a guère plus d’importance que celle des étamines entr’elles ou des pétales entr’eux.
3.° Les organes sexuels ont entre eux une grande analogie de nature dans toute la partie de ces organes qui est uniquement destinée à la fécondation, c’est-à-dire, qui meurt après elle, savoir : dans l’organe mâle, le filet et l’anthère; dans l’organe femelle, le stigmate , le style et le cordon pistillaire ; les adhérences des filets avec le style, ou des anthères avec les stigmates, n’auront donc pas une très-grande importance taxonomique.
L \.° L’ovaire et le calice, quoiqu’en apparence différens, ont entr’eux de l’analogie; l’un et l’autre servent de tégumens à des organes essentiels ; le premier à la graine, le second aux organes sexuels; l’un et l’autre sont de nature foliacée et non pétaioïde, souvent munis de trachées et de pores corticaux , susceptibles d’élaborer le gaz acide carbonique, et de persister vivans après la fécondation; la soudure de ces deux organes est donc facile physiologiquement; mais elle a plus d’importance que les précédentes , soit parce que les rapports de ces deux organes sont moins intimes , soit parce que leur position naturelle tend à les écarter.
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5. ° La corolle et le calice, ou, ce qui est la même chose , les étamines et le calice, n’ont entr’eux aucune analogie anatomique; la première est de nature sexuelle, si j’ose m’exprimer ainsi; la seconde de nature foliacée; le point naturel de leur origine, leur structure anatomique, leur rôle physiologique, sont en général différens; ainsi, lorsque cette adhérence a lieu, il faut qu’elle soit déterminée par des causes puissantes , et nous devrons la considérer comme la plus importante de toutes.
6. ° La corolle et les étamines n’adhèrent presque jamais avec l’ovaire, à moins que cette adhérence ne soit forcée par celle du calice; ainsi, lorsque ces organes adhèrent au calice et que celui-ci adhère à l’ovaire, les étamines paraissent bien soudées à l’ovaire; mais ce qui prouve quece n’est pas leur état naturel , c’est qu’on ne voit jamais les étamines soudées à l’ovaire sans l’être au calice, tandis qu’elles le sont souvent au calice sans l’être à l’ovaire.
§. lo5. Les adhérences des divers organes de la fructification sont d’ autant plus importantes , cju elles sont nécessairement liées avec de plus grands chan gemens dans la symétrie generale. Cette règle tend à modifier quelques-unes des observations précédentes; ainsi , i°. la soudure de la corolle avec le calice peut avoir lieu dans deux cas; si les parties de la corolle sont alternes avec celles du calice, la soudure ne pourra avoir lieu que par la base seulement, et les parties seront entr’elles dans un rapport symétrique très-général dans les fleurs; si les parties de la corolle sont placées immédiatement devant celles du calice, la soudure pourra être complète, et alors ces deux organes n’en feront qu’un; dans ce cas, cette adhérence prend un degré double d’importance , en ce qu’elle est à-la-fois , et une greffe hé-
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îérogène , et un incide d’une posiiion particulière des parties de la fleur.
2.0 Lorsque les étamines ne sont pas soudées au calice, il est de toute nécessité que le calice 11e soit pas soudé avec l’ovaire; mais lorsque les étamines sont soudées au calice, il est évident que celui-ci peut indifféremment être libre ou être soudé avec l’ovaire; donc le caractère d’avoir les étamines attachées au calice, est plus important que celui d’avoir le calice et l’ovaire adhérens. En effet , lorsqu’une fois les étamines sont soudées au calice, l’adhérence de celui-ci avec l’ovaire n’est plus déterminée que par la grosseur de l’ovaire ou la forme particulière du calice , circonstances qui ne changent en rien la symétrie générale de la fleur.
3.° L’adhérence des étamines ou de la corolle, en partie ou en totalité avec le calice, ne peut avoir lieu sans que les parties du calice soient soudées entr’elles par leur base; mais cette soudure peut avoir lieu sans que les étamines ni la corolle y adhèrent.
4-° Pour que des parties similaires puissent se souder par leur base , il faut qu’il entre dans la symétrie de leur organisation que ces parties aillent en s’élargissant par la base ; si donc on trouve une espèce à étamines ou pétales élargis par en bas, on pourra soupçonner que sa symétrie naturelle est d’être monadelphe ou monopétale; mais 011 ne pourra jamais avoir le même soupçon, si ses parties vont en se rétrécissant par la base. C’est pourquoi les Malvacées ne doivent pas être considérées comme monopétaîes, ni certaines Myrsinées comme polypétales , etc. .
5.° Lorsque la symétrie naturelle des anthères est d’être soudées ensemble , elles s’ouvrent toujours du côté intérieur qui est le plus voisin du pistil; mais lorsque
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l'ouverture a lieu par le sommet ou le côté extérieur, l’adhérence n’est alors d’aucune importance dans la symétrie générale de la fleur»
§.io 6.Ledegrè d’ adhérence des parties en tr elles n a C] il une importance très- faible , si on la compare a la circonstance d* être ou de n etre pas adh èrent. Ainsi il y a plus de différence entre une corolle polypétaîe et une qui est divisée jusque près de sa base , qu’entre celleci et une corolle divisée jusqu’à la moitié ou au quart de sa profondeur.
§. 107. Tout ce que je viens de dire sur les adhérences des parties des fleurs, pourrait être , quoique avec moins de précision, appliqué à tous les organes des plantes ; mais , comme les lois qui résulteraient de cette application sont les mêmes que les précédentes, je crois devoir passer ces exemples sous silence.
Art. 4. Des Adhérences et des Avortemens combinés
ou simultanés.
§. 108- Il est très-fréquent dans la nature , que lorsque deux organes viennent a se souder ensemble, ils ne conservent pas la totalité des parties dont ils étaient primitivement composés ; ainsi , par exemple , lorsque deux fleurs de Tablées ou de Persouées viennent à se souder ensemble, ony trouve rarement 8 étamines, mais quelque* fois 7, quelquefois 6, quelquefois seulement 5 ; de même , au-lieu de 10 lobes, leur corolle peut présenter indifféremment tous les nombres intermédiaires entre 5 et 10. Lorsqu’il s’agit de la soudure de deux fleurs régulières, cette soudure n’est souvent reconnaissable que par une augmentation dansle nombre de leurs parties ; ainsi, j ai trouvé des Colchiques qui , au-lieu d’avoir 6 parties à la
T Aï ONOMIË.
fleur, comme c’est leur état naturel, en avalent 7, 8, g, ïü. Cette surabondance de parties est la suite de la soudure de deux fleurs et de l’avortement d’une partie des organes de chacune d’elles; csest à la même cause qu’on doit rapporter, dans mon opinion, tous les cas connus des physiologistes, Sous le nom de monstruosités par excès, et désignés, dans les livres de Botanique descriptive, par les termes de quinta aut qiLarta pars f rue tificationis augetur.
§• 109. Cette considération théorique peut s’appliquer dans beaucoup de cas pour reconnaître les affinités de certaines plantes; ainsi, par exemple, les Crucifères ont naturellement 4 pétales et 6 étamines : on peut se demander si elles ont de l’affinité avec les plantes oii le nombre des étamines est double de celui dès pétales, ou bien avec celles où le nombre des étamines est égal à celui des pétales ; dans la première idée, ou supposerait que leur état primitif est d’avoir 8 étamines, dont 2 seraient avortées ; dans la seconde , que chaque fleur de Crucifère est originairement composée de 4 pétales et de 4 étamines , mais que les fleurs naissent trois à trois ; qu’il y a soudure de trois fleurs et avortement de deux fleurs latérales, sauf une seule étamine. Cette dernière hypothèse est beaucoup plus compliquée que la précédente, et me paraît cependant approcher plus près de la vérité. M. Auguste de St. Hilaire a trouvé des individus de Cardamine hirsuta , dans lesquels les fleurs avaient 4 pétales, 4 étamines, et les .2 étamines latérales étaient changées en fleurs complètes à 4 pétales et 4 étamines. Je regarde ce phénomène comme étant l’état primitif des Crucifères, et je me confirme dans cette opinion en voyant, i.° que la position des deux étamines latérales des Crucifères ordinaires , est toujours au-dessous du
point d’attache des autres étamines et des pétales euxmêmes ; 2.® qu’elles manquent très-habituellement dans plusieu! s espèces de Crucifères; 3.° que le seul genre avec lequel les Crucifères aient un rapport bien prononcé , savoir , YHypecoum , a 4 pétales et \ étamines.
§. 110. Je vois réunies dans la famille des Asparagées, des plantes à 3 parties, comme le Trillium , à 4 comme le Paris et le May anthemum , à 6 comme le Conval laria. Mais ces deux exemples de fleurs à 4 parties , ne doivent nullement être assimilés l’un à l’autre : supposons l’existence d’un Trillium à deux fleurs tellement rapprochées l’une de l’autre, qu’elles se soudent naturellement ensemble, il en résultera une plante chargée d’une seule fleur, laquelle devrait être à six pétales et douze étamines, mais qui, par l’avortement d’une ou deux parties, pourra se trouver réduite à cinq ou à quatre pétales , à dix ou huit étamines. Or , tous ceux qui ont observé le Paris , savent très-bien que, quoiqu’on le trouve le plus souvent à quatre pétales et huit étamines, on le rencontre aussi à cinq pétales et dix étamines, et même à six pétales et douze étamines. Au contraire le May anthemum n’est autre chose qu’un Smilacina , dont le nombre des parties a diminué d’un tiers par un simple avortement. La famille des Asparagées devra donc etre divisée en deux groupes: 1.® les Trilliacèes , qui ont naturellement trois pétales, six étamines et trois loges à 1 ovaire, et qui peuvent, par la soudure naturelle de deux fleurs, passer au double de ces nombres et à tous les cas intermédiaires entre le simple et le double ; 2.0 les Asparagées qui ont naturellement six pétales, six étamines et trois loges à l’ovaire, et qui peuvent par avortement perdre un tiers de leurs parties.
Ces exemples peuvent suffire pour montrer l’emploi
TAXON O M I E.
I if5
comparatif de la théorie des avortemens, de celle des soudures, et des deux phénomènes simultanés.