X’usage
7-° La durée, ou , ce qui est la même chose , la continuité ou discontinuité des parties;
8.° Les qualités sensibles, telles que la consistance, la couleur, l’odeur , la saveur, etc.
INous allons passer eu revue ces divers articles.
Art. 1. De V existence ou absence des Organes (*).
§. 114. L’existence ou la non-existence d’un organe, est évidemment ce qu’il y a de plus essentiel dans son histoire , mais pourvu qu’on ait préalablement écarté toute erreur à ce sujet, et ici nous avons à lutter contre deux puissantes causes d’illusions.
i.° Deux organes existans réellement, peuvent être tellement soudés, et prendre une apparence telle, que l’existence de l’un d’eux devienne problèmatique ; ainsi , par exemple, la soudure du calice et de la corolle a fait dire, tantôt que le calice, tantôt que la corolle, manquaient dans les plantes qui avaient cependant l’un et 1 autre ; la soudure du péricarpe et du spermoderme, a fait croire quelquefois que les graines n’avaient point d enveloppe propre, plus souvent qu’elles manquaient
(*) Voyez Gîossologie , chap. 4 , art. i} pour l’explicatioa des termes relatifs k cet article. jq*
î A'XO N O MIE»
de péricarpe ; la soudure habituelle des vaisseaux nutritifs et fécondateurs de la graine, sous la forme de cordon ombilical, a fait, pendant long-temps, méconnaître leur distinction.
Certains organes peuvent manquer par une suite d’avortemeos plus ou moins intenses, plus ou moins complets, et il faut avouer que cette cause est, dans beaucoup de cas, presqu’impossible à discerner ; ce n’est même que par une conséquence de la symétrie générale , que nous reconnaissons , dans chaque cas , si l’organe, dont l’absence est certaine, manque par avortement ou par sa propre nature. Ainsi, quoiqu’il soit vrai de dire que l'existence ou présence d’un organe soit le premier des caractères, cependant, counhe cela n’est vrai que lorsqu’on est sûr d’avoir écarté toutes les causes d’erreurs , et qu’on ne peut les écarter que par la connaissance de l’ensemble, il s’ensuit que ce caractère est dans le fait de peu d’utilité pratique, et ne peut être employé que pour quelques divisions très-générales.
§. n5. La présence d’un organe fournit des caractères positifs , son absence des caractères négatifs : on a dès long-temps remarqué, et avec raison, que les premiers sont de beaucoup plus importans que les seconds, parce qu’ils expriment un rapport réel entre certains êtres, tandis que l’absence d’un organe quelconque peut avoir lieu dans des symétries diverses ; mais faute d’avoir admis les distinctions et les précautions indiquées dans l’article précédent , on a tiré souvent de cette proposé ion fort exacte des conséquences entièrement contraires aux faits les plus simples de la Botanique, à ceux mêmes qui sont admis sans hésiter dans les écrits les plus estimés, comme de placer la sauge ou le prasium dans les labiees,ou la cuscute dans les convolvulacées, ou le cmna dans les graminées, etc., etc.
TAXONOMIE
Art. 2. De la position absolue ou relative des
Organes (*).
§. 116. Après l’exisfence ou l’absence réelle des organes, ce qui est sans doute le plus important, c’est leur position , car rien n’entre aussi complètement dans l’idée abstraite de symétrie. Tous les êtres d’un règne ou d’une de ces grandes classes ont les mêmes organes et les mêmes louchons, et, si on y fait attention, on remarque facilement, i.° que leurs principales différences gissent toutes dans la position de ces parties ; 2.0 que dans l’extrême variabilité des caractères appareils des végétaux, ceux qui tiennent à la position des organes ont, d’après l’expérience , un grand degré de fixité.
Cette règle est la même que celle énoncée par Linné, dans ces termes : sciant nullam partent universalem \ magis valere quant illam a situ ( class. plant, p. 487). Mais quoiqu’il eût lui-même établi cet axiome, il y a donné peu d’importance dans la pratique, et ses élèves lui en ont attaché moins encore; de sorte qu’il n’est pas rare aujourd’hui de trouver des descriptions où la forme et le nombre des moindres parties des plantes sont fort détaillées , et 011 on ne trouve absolument rien sur leur position respective. Cherchons donc à montrer comment 011 doit employer cette règle, les erreurs qu’il faut éviter dans son application , et les conséquences qu'on en doit tirer.
§. 117. On peut considérer la position d’un organe, ou relativement à son point d’attache seulement, ou relativement aux organes hétérogènes qui naissent au
(*) Voyez Glossologie, chap. 4, art. 2.
TAXONOMIE
même lieu , ou relativement aux organes homogènes qui naissent en divers lieux.
§. 118. Sous le premier rapport , la raison indique que la position essentielle de chaque organe se détermine relativement à celui qui lui sert de support réel , c est-à-dire duquel il tire soti origine et sa nourri ture , et non d'organes étrangers à son existence ; aii si, par exemple, la position de l’embryon doit être considérée, non pas comme le faisait Gœrtner, relativement au péricarpe, mais d’après la méthode indiquée par M.rs Bicliard et Poiteau, relativement au point du spermoderne où le cordon ombilical vient aboutir ; dans ce sens plus reel , on voit que presque tous et peut-être tous les embryons, ont dans la réalité la radicule dirigée vers le cordon ombilical ; par conséquent, lorsqu’on dit qu’une radicule est infère ou supère, c’est comme si l’on disait qu’une graine est droite ou pendante dans le péricarpe : donc ce caractère n’est pas relatif à la position de l'embryon, mais à celle de la graine; et au-lieu d’appartenir aux organes du premier rang, il est rejeté au troisième sous ce même rapport.
La position des parties du fruit doit être considérée relativement au cordon pistillaire, qui est l’organe principal auquel tous les autres se rapportent; ainsi, selon que ce cordon sera central, pariétal ou unilatéral, nous aurons des fruits très-variés , et il est à remarquer que les mêmes formes extérieures peuvent presque toutes être produites par ces trois systèmes carpologiques , d’où l’on voit la nécessité d’étudier chaque organe d’après sa véritable siructuie , et non d’après son apparence générale.
La position de toutes les parties de la fleur doit être
TAXONOMIE
considérée essentiellement quant au disque ou tliorus , c’est-à-dire, au point du pédicule où elles sont insérées; mais comme ici nous n’avons que des moyens trèsinexacts pour déterminer la vraie position de ces organes sur le disque, nous avons avec raison cherché à reconnaître les phénomènes qui sont des conséquences nécessaires de cette position primitive , si difficile à observer. C’est sous ce point de vue que l’étude des adhérences d’organes hétérogènes est si importante; ne pouvant pas mesurer la distance réelle qui se trouve entre le pistil , les étamines , la corolle et lexalice, nous remarquons les cas où ces organes adhérent ensemble, et nous concluons, avec assez de raison, qu’ils sont en général d’autant plus rapprochés dans leur origine, que nous leur voyons plus de tendance à se grelfer naturellement; ainsi, dans la plupart des cas , lorsque nous avons de la peine à recofinaître la position essentielle des organes sur leur point d’ attache , nous la conjecturons par leurs adh èrences nuituelles.
§. 119. 2.0 La position essentielle des organes présente en général peu de variations, et est souvent trèsdifficile à reconnaître, de sorte qu’elle ne peut servir que dans un nombre de cas très-borné: mais leur position relative, quoique moins importante, est d’un emploi beaucoup plus sûr et plus fréquent ;N si l’on examine tous les végétaux vasculaires , c'est-à-dire , tous ceux dont nous connaissons la symétrie , on remarque que leurs organes sont disposés , les uns relativement aux autres , dans un ordre général ; ainsi , quant à leur fructification par exemple, le pistil occupe le centre, les organes mâles, les pétales et les lobes du calice , tous composés d’un certain nombre de parties, sont disposés autour du pistil d’après les symétries diverses;
ainsi, tantôt ces trois organes sont Fun devant Fautre, tantôt ils sont alternes les uns avec les autres, tantôt ils correspondent avec les parties du péricarpe, tantôt ils n’ont avec elles aucune relation, etc. ; ces diverses combinaisons sont d’une grande importance pour la classification , pourvu que , dans leur examen , on sache éviter les deux causes d’erreurs exposées ci-dessus, les adhérences et les avortemens, qui, en diminuant en apparence le nombre des parties , masquent leur vraie symétrie ; ainsi ,N par exemple, il entre dans la symétrie des Légumineuses , d’avoir des pétales alternes avec les lobes du calice ; mais si les deux pétales inférieurs soudés n’en forment plus qu’un seul , ou si l’un des pétales vient à avorter, le nombre se trouve réduit en apparence, et la symétrie est masquée au yeux de l’observateur superficiel.
Pour nous faire une idée chmplette de ces combinaisons de position relative, je me permettrai d’entrer à cet égard dans quelques détails : on peut distinguer quatre systèmes dans la structure de la fleur , savoir, le système pistillaire, composé des carpelles ou parties du pistil, rangées autour d’un axe réel ou idéal ; les étamines , rangées autour du pistil , les pétales autour des étamines., et les sépales ou parties du calice autour des pétales. Chacun de ces quatre systèmes peut avoir ses lobes placés entre ceux du système qui est au-dessous de lui, ce qui est le cas le plus fréquent , ou bien il peut avoir ses lobes placés devant ceux du système inférieur. Il ne peut donc exister dans une fleur isométrique régulière, que huit combinaisons possibles , que je désigne par la table suivante, où je place à la suite l’un de Fautre les systèmes à lobes opposés , et sur deux rangs ceux à lobes alternes.
TAXONOMIE