‹ Théorie élémentaire de la botanique, ou exposition des principes de la classification naturelle. Et de l'art de décrire et d'étudier les végétauxChapitre 20 sur 86 · I.cr · texte numérisé non relu

I.cr

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De ces diverses combinaisons , la sixième paraît être celle qui est la plus fréquente dans la nature; il en est dont il n’existe aucun exemple connu , telle est , par exemple, la première. Nous verrons bientôt comment ces combinaisons de positions relatives , jointes à celles de positions réelles et de nombre, forment toutes les

symétries connues dans le système fécondateur.

La disposition des feuilles sur la tige , et par conséquent celle des branches et des fleurs, rentre dans les mêmes principes. On ne peut distinguer que deux dispositions primordiales dans les feuilles des plantes , savoir , les feqilles alternes , et les feuilles opposées ;

TAXONOMIE

mais ces deux disposions peuvent l’une et l’autre se nuancer en devenant verticillées. Nous verrons dans la suite que les feuilles primordialement alternes sont celles des Monocotylédones , et les feuilles primordialement opposées celles des Dicotylédones ; ces deux classes se touchent par le Cicas et le F inus , qui ont leurs feuilles verticillées dans l’origine; c’est à cause de cette tendance des deux systèmes a devenir verticillés , que les Monocotylédones et Dicotylédones ont tant d analogie dans leurs organes fructificateurs , qui sont, en général, dans l’un et dans l’autre, verticillés; c est sur quoi je reviendrai dans la suite.

§. 120. C’est encore à la disposition relative des parties, qu’on doit rapporter une classe de caractères, bien connue des botanistes, mais trop négligée dans 1 étude des rapports naturels jusqu’à M. Bob. Brown, savoir, la position respective des lobes d’un système avant 1 époque de leur épanouissement complet ; quand il s agit delà position des tégumens floraux , M. Brown la nomme estivation , et M. Richard prèfi oraison. Quand il s’agit de la position des feuilles naissantes, on la désigne souvent sous le nom de vernation ; c est ainsi qu on étudie la manière diverse dont les feuilles d un meme rang s’emboîtent les unes les autres dans leur bourgeon, et la manière dont les lobes du calice et de la corolle s aaencent les uns sur les autres , ou les uns à côte des autres, dans le boulon.

§. 121. Enfin, la distance des lobes de chaque système combiné avec sa nature, détermine la possibilité que ces lobes ont à se souder ou à rester séparés ; comme cette distance tient aussi a la position essentielle, ce caractère suit dans la hiérarchie ceux qui sont tiies de l’adhérence des sj^stêmes.

TAXONOMIE

A rt. 3. Du nombre absolu eu relatif des Organes (*)»

§• 122. Le nombre des organes est un des caractères sur l importance duquel on a le plus varié. Au premier coup-dœiî, cette considération est séduisante par son apparence d’exactitude: et Linné, en l’employant dans son système sexuel , a beaucoup contribué à diriger sur elle l’attention des botanistes. D’un autre côté, certains naturalistes tels qu’Adanson, ont peut-être exagéré le mépris qu’ils ont lait de ce caractère; cherchons à le réduire aux règles d’une logique assez sevère pour pouvoir déterminer sa véritable valeur.

§. i2<3. Le nombre absolu des organes est sujet à être modifié par plusieurs causes diverses; ainsi :

i°o L adhérence des parties peut diminuer ou quelquelois augmenter leur nombre apparent. Que deux pétales soudent ensemble, le nombre total des pétales sera diminué; que deux fleurs se soudent ensemble, et le nombre apparent des pétales de la fleur, en apparence unique, qui résultera de ce: te jonction , sera augmenté.

.2°. Les avortemens peuvent, dans une foule de cas , influer sur le nombre absolu des parties; un ou plusieurs organes d’une plante peuvent avorter et diminuer ainsi le nombre réel ; dans la soudure naturelle de deux fleurs, le nombre des parties, au-lieu d’être double, comme il devrait l’être , peut se trouver réduit par avortement à tous les nombres intermédiaires entre le nombre naturel et le nombre doublé. Outre ces deux cas généraux, le nombre est encore difficile à déterminer, selon le degré de 1 avortement qui, en masquant plus ou moins

Voyez Glossologie §. 3go — 394.

taxonomie.

la nature réelle, ou la forme habituelle de l’organe,

entraîne dans de nombreuses erreurs.

5. 124. Lorsque toutes ces causes d’erreurs sont évitées, on ne peut nier que le nombre absolu des parties ne soit alors un caractère de quelqu’importance ; mais cette importance elle-même est encore soumise à certaines

rècr] OS.

JO. Le nombre absolu des organes de chaque ■plante est en général d'autant plus fixe, et par conséquent. d'autant plus important , que ce nombre est moins considérable. Ainsi , il y a moins de variations , quant au nombre des étamines par exemple, dans les fleurs triandres que dans les pentandres , moins dans les penlandres que dans les dodécandres , etc. Il y a peu ae variations dans les verticilles à deux ou trois feuilles, davantage clans ceux à cinq ou six; beaucoup plus encore au-delà de dix, etc. Cette loi est modifiée parles

suivantes.

2o. Dans les organes relatifs h la reproduction , l'unité ne peut exister naturellement si ce n’est peutêtre dans le pistil , et toutes les autres parties des fleurs , lorsqu’elles se présentent au nombre 1 , doivent cet état ou h des soudures naturelles, comme dans le salix, appelé improprement monandra , ou à des avortemens, soit accidentels, comme dans 1 eBoerhavia, soit prédisposes ,

comme dans le Cirina. ,

3". Quant aux organes conservateurs , limite de

feuilles ne peut exister naturellement que dans les Monocotylèdones; et toutes les fois qu’on la rencontre dans les Dicotylédones, 011 doit la regarder comme produite par soudure ou par avortement.

4.° Pour connaître le véritable nombre absolu des organes d’une plante , il faut, par la théorie des sou «*

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dures , ©?/ celle des avortemens , le ramener au nombre cjui paraît le type primitif de sa classe , ow à un de ses multiples ; et on ne doit admettre des nombres qui sortiraient de ses séries , qu’auîant qu’on aurait épuisé et trouvé fausses toutes les suppositions autorisées par l’analogie. Les nombres 4 ? 5 et leurs multiples , paraissent l’apanage des Dicotylédones; le nombre 3 et ses multiples, celui des Monocotylédones; le nombre 2 et ses multiples sont très-fixes parmi les Acolylédones dans la famille des mousses. Il est donc probable que si nous connaissions assez bien toute l’étendue et la flexibilité des causes qui altèrent les nombres absolus des organes, nous pourrions, à cet égard, les ramener à des types primitifs; et alors la connaissance des nombres absolus se trouverait entièrement liée avec la véritable symétrie des plantes. Mais dans l’état actuel de la science, ce caractère est trop dangereux dans la pratique’, pour qu’on doive lui donner une très-grande importance.

§. iz5. Sous ce point de vue, on peut accorder plus de confiance aux caractères déduits du nombre relatif des organes, c’est-à-dire, de la comparaison du nombre proportionnel des parties des divers systèmes d’un organe composé : ainsi, le nombre absolu des étamines de l’épilobe est 8, leur nombre relatif est deux fois celui des pétales. Sous ce point de vue, il faut distinguer les relations multiples, les relations déterminées et les relations indéterminées; ainsi les parties de la fleur de î’épilobe sont entr’elles en relations multiple savoir , le calice 4 la corolle j , les étamines 8, le pistil 4- Les parties de la fleur des violettes sont comparées au pistil en relation déterminée , comme 5 à 3. Enfin, celle des magnoliers, par exemple, sont

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toutes en relation indéterminée , c’est- à dire, que le nombre n’est fixe ni dans les pétales , ni dans les étamines , ni dans le pistil.

§. 126. Avant de suivre les applications de ces distinctions, il convient de faire remarquer que la théorie des soudures et celle des avorlemens , doivent être aussi soigneusement appliquées à L’étude des nombres relatifs. Que deux pétales d’une fleur viennent à se souder, le nombre total se trouvera diminué, et pourra nôtre plus en rapport avec celui des parties du calice ou des étamines. Qu’un pétale vienne à avorter, et cette même relation se trouvera intervertie. Mais, au contraire, si la soudure ou l’avortement se porte a-la-fois sur les qualie systèmes d’une fleur, les nombres relatifs de leurs parties demeureront les mêmes, quoique les nombres absolus soient changés. ILy a donc des cas où le nombre absolu est le plus important, et d autres où c est le nombre relatif. Comment les distinguer? Si nous réfléchissons que, lorsqu’un seul système est altéré , la fleur devient nécessairement irrégulière , tandis qu elle reste régulière dans le cas où tous les systèmes sont altérés aîa-fois, nous arriverons à ce théorème simple et exact : dans toutes les fleurs régulières , le nombre relatif des parties de chaque système doit etre le premier objet de nos recherches ; dans toutes les fleurs irrégulières, on doit commencer par la recherche du nombre absolu de chaque système , et en déduire en ui te leurs nombres relatifs,

§. 127. Si nous considérons les divers systèmes qui composent une fleur , quant aux nombres relatifs de leurs parties, nous verrons qu’ils n’ont pas tous le même degié de fixité, ni par conséquent le même degré d’importance

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et que la principale différence est dans le nombre des rangées de chaque système.

Ainsi, les rapports numériques du calice et de la corolle sont très-frappans, et tiennent peut-être à leur propre nature. Quoiqu’il se présente quelques exceptions plus ou moins prononcées, on peut, en général, reconnaître à cet égard les deux règles suivantes :

l°. Sauf les abèrations produites par soudures ou avortement , le nombre des parties de la corolle est dans un rapport déterminé avec celui des parties du calice , lorsque ces deux systèmes n offrent chacun cju un seul rang de parties.

2°. Lorsque l'un d’ eux ou chacun d* eux présente plusieurs rangs de parties , les relations de nombre , quoique peut-être toujours existantes , cessent d’être aussi sensibles et aussi applicables.

On les retrouve cependant lorsqu’on les cherche avec le soin et la méthode convenable. Ainsi il n’est pas trèsdifficile de prouver dans une fleur de nénuphar ou de pavot double, que le nombre des pétales y est multiple de 4 » que dans les magnolia il est multiple de 3 , etc. J’ai observé un pavot d’Orient qui avait trois sépales au calice, 6 pétales et 5 6 \ étamines, c’est-à-dire, 94 rangées de 6; . mais il est rare que dans des nombres considérables , il ny ait pas quelqu’avortement qui altère la proportion primitive.

§. 128. Mais les pétales 11e peuvent être considérés eux-memes que comme des étamines avortées et transformées. Il doit se trouver aussi un rapport naturel entre le nombre des pétales et des étamines; et à cet égard, on peut, je crois, établir ces lois correspondantes :

•i°. Lorsque les étamines sont disposées par rangées

ioo taxonomie.

distinctes à l’œil l, le nombre de chaque rangée est dans un rapport déterminé avec les pétales ou le calice.

2°. Ce rapport est égal, double ou sous-double, triple ou sous-triple, etc. mais toujours d’autant plus inexact que le rapport éloigne plus de l’égalité.

3<>. Lorsque les étamines ne sont pas disposées par rangées distinctes, leur nombre, soit relatif , soit absolu, n’a rien de régulier en apparence, quoiqu’il le soit peutêtre en réalité.

§. 129. Les relations numériques du système pistillaire sont plus difficiles à réduire à des lois générales. Commençons , pour avoir plus de facilité, par les ovaires multiples. Ceux-ci peuvent être composés de deux manières : i°. lorsque les ovaires sont disposés en verticilles autour d’un axe idéal, ils sont souvent dans un rapport numérique déterminé avec les parties du calice ou de la corolle.

2°. Lorsque les ovaires sont disposés sur un thorus en forme de tête ou d’épi et non de verticilies, leur nombre n’a aucune relation avec celui des autres parties florales. Ce nombre est variable depuis les points les plus élévés , comme par exemple le WLyosurus, jusqu aux plus bas, et même jusqu’à l’unité, comme on le voit dans certaines Ilenonculacées.

Supposons maintenant, par la pensée, qu’au-lieu d’avoir ces divers ovaires séparés, nous les concevions soudés ensemble ; si la soudure est légère , elle se reconnaît si facilement, que, sans beaucoup d’exercice, on rapporte ces ovaires agrèges à la classe qui leur appartient; mais si la soudure est complette, chaque ovaire partiel n’est plus représenté que par. les valves du péricarpe ; et si nous suivons le fil de l’analogie , nous re-

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connaîtrons ici quelques lois correspondantes aux précédentes.

i.° Lorsque le cordon pistillaire est central , les placenta et les valves sont disposés, autour de lui , dans un ordie symétrique, opposés ou verticillés;

2°. Lorsque le cordon pistillaire est pariétal , il se dmse en un nombre de cordelettes partielles égal au nombre des valves et des placenta qui sont alors opposés ou verticillés autour d’un axe idéal;

3.° Lorsque le cordon pistillaire est unilatéral, les valves et les placenta ne sont pas disposés en verticillés, in autour de lui, ni autour d’un axe idéal; mais probablement il ny a de cordons pistillaires unilatéraux que par une suite d’avortement. Ainsi , par exemple, si je suppose un cordon central à deux ou plusieurs branches , et que par un avortement prédisposé l’une ou quelquesunes des branches disparaissent, on aura un cordon unilatéral comme celui des Légumineuses (*)

Le nombre des valves du péricarpe, des placenta, des cordelettes, du cordon pistillaire, des styles et des sigmates , comparés entr’eux, est toujours dans l’un des rapports suivans , savoir , : : i : i , i : 2 , 2 : 1 , de sorte que l’un de ces objets peut servir à déterminer les autres, toujours exception faite des cas d’avortemens et de soudure. Lorsque les parties des pistils sont disposées en verticille autour d’un axe réel ou idéal, le nombre de

( ) Omettais ce soupçon en i8i3 ; depuis lors j’ai eu occasion de ïe confirmer par des faits remarquables. Il existe souvent dans les Légumineuses deux pistils plus ou moins soudés par le bord le plus voisin du côté où les graines sont attachées; c’est ce que fai observé fréquemment dans le Gleditsia triacanthos , et quelquefois dans le Genista scoparia y c’est ce que Wildenow a figuré dans sa description du Ccesalpinia digyna .

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leurs parties est dans un rapport déterminé avec celui des autres parties de la fleur ; ce rapport est un des sui-

vans , savoir :

i : 2 ou ses multiples.

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