‹ Théorie élémentaire de la botanique, ou exposition des principes de la classification naturelle. Et de l'art de décrire et d'étudier les végétauxChapitre 46 sur 86 · P H YT O GRAPHIE · texte numérisé non relu

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d’une nomenclature unique et universelle; mais s’ils ont reconnu unanimement le principe général , ils n’ont pas été si facilement d’accord sur ce qui devait déterminer cette nomenclature universelle.

Art. i. De la Nomenclature en général .

§. 2i i. Dans l’origine de la science , les savans se contentèrent de décrire les plantes connues du peuple, et de leur donner le nom vulgaire de la Grèce ou de l’Italie : tels sont les noms de , Aypa>v^, etc.,

employés par d héophraste et Dioscoride ; ceux de Plantago , Lactuca, e te. , employés par Pline, et à la renaissance des lettres , parGessner e* Buchsius.

Mais, s’il avait fallu avoir un nom distinct pour eliaque végétal , le nombre en eût été prodigieux , et aucune mémoire humaine n’eut pu y suffire; de plus, ces noms , tous indépendans les uns des autres , ne donnent aucune idée des ressemblances frappantes qui existent entre certaines plantes. Pour obvier à ce double inconvénient , les fondateurs de la Botanique prirent l’usage de désigner certaines espèces par des noms composés , qui indiquaient leurs rapports avec d’autres déjà connus. Ainsi , on trouve chez eux les noms de K ali alberum gémis % Pulmoncnici secunda , Géranium minus , Anagallis cceruleo flore, etc. A mesure que le nombre des espèces connues augmenta , on fut obligé d’allonger ces noms comparatifs , et on les changea peu-à-peu en de véritables phrases, telles que Anagallis acjuabica folio rotundo non crenato . ( C. Bauh. ) La longueur de ces phrases augmenta encore dans la suite, quand on voulut y faire entrer

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l'indication des caractères précis de la plante ; alors un nom se trouva occuper jusqu’à deux et trois lignes , comme, par exemple, Lycium Ma deraspa ta n u ni cri - ■phyllum , foliis veluti perforacis , f rue tu oblongo ad gemcula exfoliorum alis e ru m pente * sp in is b re vio ribus rectis uno versa gemellis. ( Pluk. amatli. p. 187. )

§. 212. De pareils noms ne pouvaient plus être usuels ; leur longueur était telle que la mémoire la plus habile ne pouvait les retenir qu’à-peu-près ; leur texture ne les rendait accessibles qu’à ceux qui possédaient le latin ; enfin , surtout, le moindre livre , le moindre catalogue devenait tellement vaste, que la science courait risque de s’ensevelir sous des tas de volumes. Linné, frappé de ces graves inconvéniens , proposa, et l’universalité des naturalistes admit, que le nom d’un être naturel serait composé de deux mots : le premier, analogue à nos noms de maison, qu’il appela le nom générique , serait commun à toutes les espèces d’un genre : par exemple, Rosa , Trifolium ; le second, analogue à nos noms de baptême, qu’il nomma spécifique , devait être propre à chaque espèce d’un genre. Par cette ingénieuse disposition , le nombre immense des noms se trouva tout d’un coup réduit à un terme peu considérable, si on le compare au nombre des êtres : ainsi, 2000 noms génériques, et à peine 1000 noms spécifiques, accolés à chacun des précédens , suffisent pour désigner clairement et brièvement les noms des 3oooo végétaux connus, et pourraient, à la rigueur, sans créer aucun terme nouveau , designer deux millions d’espèces, si un pareil nombre existait sur le globe. Les caractères de chaque espèce et de chaque genre furent rejetés dans des phrases particulières, qu’on fut dispensé d’apprendre par cœur, et qu’on rédigea avec plus de soin qu’auparavant, de.

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