DÉFINITION ET DIVISION DE LA BOTANIQUE
§. Ier. Quelque nombreuses que soient les branches des connaissances humaines, quelque variés que paraissent être les moyens que nous avons pour parvenir à la vérité, on doit les réduire à trois grandes classes; le raisonnement, le témoignage des autres hommes, et l'expérience acquise par nos propres sensations ; d’où résulte la division la plus naturelle des connaissances humaines en sciences rationnelles , testimoniales et expérimentales\ Chacune de ces trois classes a une manière d’opé» rer et de raisonner qui lui est particulière; et le genre de certitude dont elle est susceptible, n’a rien de commun avec celui des deux autres classes. Les sciences rationnelles, telles que la logique, les mathématiques , sont tout entières produites par notre entendement, et peuvent exister indépendamment de l’existence ou de la
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connaissance de tous les êtres. Comme on les employé le plus souvent comme moyens de perfectionner les autres études , on leur donne aussi le nom de sciences instrumentales. Les sciences testimoniales ou historiques reposent essentiellement sur le témoignage des hommes dont, le raisonnement pèse et discute la valeur. Les sciences expérimentales s’aident beaucoup du rai» sonneinent et du témoignage des hommes ; mais elles ont ceci de particulier, que , dans chaque cas , tout individu qui en a la volonté, peut à la rigueur s’en passer, ou du moins s’assurer, par le témoignage de ses propres sens, de la vérité des faits que le raisonnement ou le témoignage d’autrui lui ont fait connaître.
§. 2. Les sciences expérimentales peuvent être ellesmêmes divisées en deux séries relativement à l’étude des corps de la nature , et à celle des forces qui les meuvent. Les premières peuvent recevoir le nom de sciences ma têrielles ou naturelles ; les secondes, de sciences dynamiques ou physiques. Leur distinction exacte est fondée sur la distinction même des corps et des forces, et mérite peut-être d’être expliquée ici avec quelques détails , très-bornés sans doute pour l’objet, mais suffisans pour faire comprendre cette importante division. Je reviendrai tout-à-l’heure sur le développement des caractères des règnes. Je me borne ici à les indiquer.
Les corps existans dans la nature peuvent être rangés sous deux grandes divisions : i° les corps inorganiques, c’est-à-dire, bruts, homogènes, dépourvus de vie, et ne croissant que par simple addition à l’extérieur de molécules semblables ; 2° les corps organisés vivans , composés de parties hétérogènes et croissant par l’introduction dans leur tissu intime de molécules diverses. Les premiers , ou les corps inorganiques , sont de deux
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sortes, savoir : les uns immenses spliéroïdaux, et distribués dans l’espace, ce sont les Astres ; les autres beaucoup plus petits, placés sur notre globe, et tendant plus ou moins à la forme de cristaux : ce sont les Minéraux. Les seconds, c’est-à-dire , les corps organisés, sont aussi de deux classes , les uns dépourvus de sentiment, de mouvement volontaire et d’estomach, les Végétaux ; les autres sensibles , susceptibles de mouvement volontaire , et munis d’un sac interne, nommé estomach : ce sont les A ni maux. Division que, pour plus de commodité, on peut ranger sous celte forme»
Inorganisés , bruts, homogènes , croissant par juxta- position.
Organisés, vivans, hétérogènes, croissant par intus-susception.
Les grandes forces de la nature sont de même au nombre de quatre , et correspondent à la division précédente avec une symétrie remarquable. Il est des forces communes à tous les corps de la nature, il en est qui sont particulières aux corps organisés , et qui tendent sans cesse à modifier les forces générales. Celles-ci se réduisent à deux : i° l 'attraction, base de tous les phénomènes purement physiques, ou cette action par laquelle les corps placés à distance agissent les uns sur les autres , d’après des lois déterminées par leur masse et leur distance et en faisant abstraction de leur nature par-
Célestes sphéroïdaux ...... Astres.
Terrestres cristallisables Minéraux.
| Destitués de mouvement volontaire et d’estomach VÉGÉTAUX.
Pourvus de mouvement volontaire et d’estomach Animaux.
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ticulière ; 2° Y affinité, base de tous les phénomènes chimiques, ou cetle action par laquelle les corps, placés presqu’au contact, agissent les uns sur les autres, d'une manière élective , c’est-à-dire , diverse sur chacun d’eux , selon sa nature particulière. Les forces propres aux corps organisés, sont de même au nombre de deux : i° la force 'vitale, base des phénomènes physiologiques, qui est commune à tous les êtres organisés, et qui de sa nature est aveugle, et sans connaissance d’elle-même ; 2° la sensibilité , base de tous les phénomènes psychologiques ( en prenant ce mot dans le sens le plus vasie ) ou cetle force particulière aux animaux, et qui leur donne la conscience de leur propre existence : on peut de même réduire cette division en tableau synoptique.
Communes
'tous les corps
Forces;
Propres aux
corps
organisés.
Agissant à distance, sans choix, et d’après des lois déterminées par la masse et la distance. . Attraction.
Agissantpresqu’aü contact, avec un choix déterminé par la nature spéciale des corps.. . . . Affinité.
Communes à tous les corps organisés, aveugles et sans conscience d’elles-mêmes . . . . Force vitale.
Propres aux animaux, et leur donnant la conscience de leur existence Sensibilité.
§. 3. Si nous comparons maintenant ces deux tableaux , nous verrons qu’ils contiennent les élemens de l’ordre classique des sciences occupées de l’étude de la nature et considérées dans leurs rapports généraux.
Les sciences dynamiques sont la Physique , la Chimie , la Physiologie et la Psychologie, dont l’attraction,
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l'affinité, la force vitale et la sensibilité sont les bases fondamentales , ou pour mieux dire , les sujets. Ces quatre sciences ont entre elles des rapports intimes de dépendance. La Physique, qui s’applique à tous les corps , et qui n’a besoin que du secours des mathématiques, doit précéder toutes les autres études naturelles dont elle est la base commune. La Chimie, qui s’applique à tous les corps terrestres , qui emprunte ses secours des mathématiques, et surtout de la physique, n’a pu atteindre quelque précision, que lorsque celle-ci avait déjà fait des progrès sensibles. La Physiologie profite nécessairement des deux sciences précédentes, puisque l’attraction et l’affinité, qui en sont les bases, sont communes à tous les corps; mais elle en modifie quelques résultats par la complication d’une troisième force, la force vitale plus inexplicable encore ( si tant est que quelque chose dans ces généralités naturelles soit expliqué ). Enfin la Psychologie, qui est bornée à l’étude de la sensibilité et de ses conséquences a sans cesse besoin de la physiologie, pour distinguer ce qui est commun à tous les êtres vivans et par conséquent dtiàla force vitale, de ce qui est propre aux animaux, et dû par conséquent à la sensibilité. Cette gradation mérite une sérieuse attention], car c’est de son inobservation que sont nés la plupart des faux systèmes qui ont retardé la marche de l’esprit humain. La chimie, où les lois de l’affinité ne pourront être bien étudiées qu’à l’époque où toutes celles de la physique , c’est-à-dire, toutes les conséquences de l’attraction moléculaire seront connues. Quand la physique et la chimie auront découvert les lois et les propriétés commîmes à tous les corps, alors la physiologie verra clairement çe qui est l’appanage spécial de la force vitale , et quand les lois et les conséquences de cette force mystérieuse seront
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connues (si elles le sont jamais ), alors la psychologie pourra marcher d’un pas moins incertain, à la recherche des vérités métaphysiques, qui sont des conséquences plus ou moins éloignées de la sensibilité. Les plus grandes erreurs des psychologistes ont été en général d’attribuer à la sensibilité ce qui était l’appanage, en tout ou en partie, de la force vitale ; celles des physiologistes , d’attribuer à la force vitale ce qui était produit , en tout ou en partie, par de simples jeux physiques ou chimiques; celles des chimistes , d’attribuer à i’affinité de simples conséquences de l’attraction. Les écoles de Barthèz , de Boerhaave , prouveraient facilement la vérité de ces assertions. Ainsi l’histoire des sciences comme le simple raisonnement tendent donc à prouver l’importance de la gradation des sciences dynamiques comparées entr’elles.
Les sciences naturelles sont, l’Astronomie, la Minéralogie ( prise dans un sens très-vaste ) , la Plrytologie ou Botanique, et la Zoologie, qui s’occuppent des astres, des minéraux , des plantes et des animaux. Ces quatre classes de corps sont tellement disparates, que chacune d’elles peut être étudiée assez profondément, sans connaissances préliminaires sur les autres. Cependant l’Astronomie, qui n’em ployé que des connaissances purement physiques ou mathématiques, a précédé , et devait précéder toutes les autres. La Minéralogie, qui employé des considérations chimiques et physiques, doit la suivre dans l’ordre méthodique. La Botanique, qui reçoit des secours de la Physique, de la Chimie et de la Physiologie, présente une complication plus grande, et enfin la Zoologie, qui outre les trois études précédentes , a encore besoin des connaissances psychologiques, est la plus difficile des sciences naturelles , et recourt sans cesse à toutes les precedentes pour divers genres de documens.
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§, 4- La distinction de ces classes de corps , et surtout celle des corps bruts et des corps organisés , est tellement importante, qu’il ne suffit pas de l’énoncer d’une manière rapide, mais qu’il faut encore entrer dans quelques détails, pour la faire bien sentir. Tout, en effet, diffère entre ces deux classes : forme , origine , terminaison , propriétés physiques et chimiques. Elles n’ont de communes que les propriétés générales de la matière: les corps bruts sont essentiellement homogènes , et les corps organisés essentiellement hétérogènes , c’est-àdire, que toutes les parties intégrantes des premiers , prises séparément , offrent les propriétés de l’ensemble ; tandis que les parties des seconds ( ou les organes') sont très-différentes les unes des autres par leur emploi, leur position nécessaire , leur composition, leur consistance , etc. : d’où résulte, comme Dolomieu et Broim gniart l’ont observé, que chaque molécule intégrante d’un corps brut forme un tout, et qu’au contraire, dans le règne organisé, le tout n’est formé que par la réunion des parties hétérogènes; de-là résulte encore, que la place de chaque molécule dans un corps brut est indifférente, puisqu’elles se ressemblent toutes, tandis qu’au contraire, cette place est déterminée dans les règnes organisés , où chaque organe a une structure qui lui est propre. Les corps bruts peuvent donc se former et se forment , en effet , par la simple juxta-position extérieure de molécules semblables à eux; dans les corps organisés, au contraire, chaque molécule devra être portée au point aucpiel elle doit s’assimiler, et comme ce transport s’opère par des organes placés à l’intérieur du corps , cette opération a reçu le nom a intns-susception, La juxta-position, dans les corps bruts, peut s’opérer et s’opère réellement par un effet simple et nécessaire de
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X attraction moléculaire , qui est la propriété la plus générale de la matière. Cette attraction 11e suffit point, à beaucoup près, pour concevoir comment , dans les corps organiques, chaque molécule parcourt un espace souvent très-considérable et des chemins très-compliqués , avant de se déposer sur tel ou tel organe; la force particulière qui opère ce phénomène et plusieurs autres , a reçu le nom de force vitale. De même que les physiciens considèrent l'attraction comme une cause des phénomènes qu’ils étudient , sans pouvoir affirmer si elle est une propriété inhérente à la matière , ou une conséquence de la disposition des molécules ; de même aussi les naturalistes parlent de la force vitale, comme d’une cause des faits qu’ils observent, sans savoir si elle est une propriété dont la disposition des molécules dépende , ou si elle-même dépend de la disposition de ces molécules.
Nous venons devoir l’idée la plus simple et la plus exacte qu’011 puisse se former de la différence primordiale qui existe entre les corps et les êtres, les corps inorganisés ou organisés, les corps bruts ou vivans, la matière inerte et la vie. Si nous poursuivons cette comparaison, nous verrons que les corps inorganiques existent par la réunion de molécules similaires , passent tout le temps de leur durée dans un état passif, se détruisent par la désunion de leurs molécules. Les corps organisés, au contraire , ne sont jamais dans un état passif, acquièrent et perdent sans cesse de nouvelles molécules, meurent lorsque cette acquisition de molécules ne peut avoir lieu. Les corps bruts se forment chaque fois que des molécules similaires se rencontrent en contact par une cause quelconque, ou que des molécules dissemblables peuvent , en se combinant, former un nouveau tout. Les
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corps organisés, au contraire, naissent toujours d’un corps organisé déjà existant et semblable à eux. Nous pouvons facilement voir l’origine première d’un corps brut , et en former un certain nombre artificiellement : nous ne pouvons jamais voir former un corps organisé , sans la préexistence d’un corps de même espèce; nous ne voyons l’origine d’aucun, et nos sens aussi bien que nos raisonnemens , nous conduisent toujours à ne voir, dans les êtres organisés, que des développemens successifs , opérés par des molécules qui se disposent comme si elles se déposaient dans un réseau invisible et préexistant, Quant à Lorigine première des êtres organisés, nous ne la savons pas davantage que celle delà matière en général.
Puisque l’accroissement ou la formation des corps bruts est due à l’attraction , et que l’attraction estime force susceptible d’être calculée, les formes des corps bruts pourront et devront être souvent régulières, susceptibles d’être calculées rigoureusement , et rapportées aux formes les plus simples , parmi lesquelles il s’en trouve d’angulaires. Les formes des corps organiques , au contraire, ne sont ni calculables, ni régulières , dans le sens que les géomètres attachent à ce mot, ni angulaires au moins avec précision. Les corps bruts ne devant leur existence qu’à la réunion des molécules intégrantes, la forme, la masse et surtout la nature de celles-ci, seront donc véritablement les caractères essentiels de chacun de ces corps. Au contraire, dans les corps organisés , les molécules intégrantes ne détermineront point la nature d un être , mais ce sera la disposition générale de ces molécules ou la forme des parties, qui sera l’objet essentiel à étudier. Les corps bruts sont entièrement soumis aux lois de l’attraction , et par conséquent aux
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principes simples de la physique et de la chimie; les corps organisés sont, comme les autres , soumis à toutes ces lois, et en outre à celles de la force vitale, qui suspend ou modifie , selon les cas , les lois ordinaires de la matière. Toutes les parties des corps organisés ne sont pas au même degré sous l’empire de la force vitale, de sorte que certaines d’entr’elles cèdent, plus facilement que d’autres, à l’action des corps extérieurs : il est même certains corps organisés , qui produisent des matières homogènes et dépourvues de vie; telles sont les gommes, les résines excréiées , les concrétions , les bézoards, les coquilles , les dents , etc. ; ces matières , quoique d’origine organique , rentrent tellement dans le domaine du règne inorganique , qu’elles sont souvent susceptibles de se cristalliser, comme on le voit dans le blanc de baleine , le camphre , le sucre, et de se changer en minéraux, comme le succin, la houille, les bitumes , etc. La matière qui compose les corps organisés , n’a rien qui lui soit particulier; dès qu’elle en est sortie par la voie des excrétions , ou que l’être est privé de la vie , cette matière rentre entièrement dans les lois de la phj'sique et de la chimie; c’est donc essentiellement dans la disposition des molécules , c’est-à-dire , dans la forme des organes , que réside le phénomène de la vie, et ce sont ces formes, propres aux corps organisés, que les naturalistes doivent surtout étudier.
§. 5. Les corps inorganiques sont, avons-nous dit, de deux sortes, ou pour parler plus exactement , peuvent être considérés parnous sous deux points de vue , savoir : comme faisant partie du monde dans le sens le plus vaste que nous attachions à ce mot, ou comme faisant partie du globe que nous habitons. Les premiers étant , pour la plupart , hors de la portée de tous nos sens, sauf
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la vue , nous ne pouvons en étudier que les propriétés physiques , et encore plusieurs d’entr’elles échappent à nos recherches; les seconds étant à notre disposition , nous pouvons les étudier sous tous les rapports physiques et chimiques que notre génie nous fournira. Les premiers sont tous plus ou moins sphéroïdaux , les seconds tendent tous avec plus ou moins d’énergie à une véritable cristallisation, c’est-à-dire, à former par leur réunion des solides à faces planes et à arêtes angulaires. La science qui s’occupe des corps inorganiques , considérés comme partie du monde, est X Astronomie* Celle qui les étudie, en tant que constituant le globe terrestre , porte le nom de Minéralogie pris dans le sens le plus vaste possible , et pourrait recevoir celui de Géonomie , étude immense dont la Géographie physique , la Météorologie , la Minéralogie , l’Oryctologie, la Géologie, sont les branches principales.
§. 6. Les corps organisés et vivans sont, disions-nous, de deux ordres : les animaux, qui sont doués de sentiment, c’est-à-dire , de la conscience de leur existence, et dont l’étude fait l’objet de la science qu’on nomme Zoologie ; les végétaux, qui sont dépourvus de toute sensibilité , et qui font l’objet spécial de la Botanique.
§• 7. Ces deux grandes classes d’êtres , ou , comme.on a coutume de le dire, ces deux règnes, ont entre eux des rapports si intimes, qu’ils semblent formés sur un plan analogue ; les uns et les autres sont composés de parties, les unes agissantes, les autres élaborées; les unes plus ou moins solides , les autres généralement liquides : dans les deux règnes on remarque, tant que la vie dure, une tendance énergique pour résister à la putréfaction; dans les deux règnes on trouve des composés particuliers que la synthèse chimique ne sait imiter : dans l’un et l’autre
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règne, les matières qui doivent servir à la nutrition pas» sent , avant d’en être susceptibles , par une série de phénomènes analogues ; dans tous les deux on distingue des sécrétions et des excrétions variées : dans les deux règnes, les lois de la reproduction offrent une similitude frappa nie ; dans tous deux, les individus nés d’un être quelconque lui ressemblent dans toutes les parties essentielles, et la réunion de tous ces individus, qu’on peut supposer originairement sortis d’un seul être, constitue une espèce; dans les deux règnes, les espèces ont entr’elles des ressemblances plus ou moins grandes d’organisation , et en les comparant les unes aux autres, on y observe une gradation marquée dans la complication des organes; plus leurorganisation est simple, plus ils ressemblent aux êtres correspondans de l’autre règne , tellement que, dans certains cas , on ne peut affirmer si tel ou tel être appartient au règne animal ou végétal , comme , par exemple, les éponges, les diatomes, lesoscillatoires, les conferves , etc» Ces considérations ont tellement frappé certains naturalistes , qu’ils ont cru ne devoir admettre qu’une seule classe, qu’ils ont désignée sous le nom de règne organique. D’autres, au contraire, tels queDaubenîon etMunchausen , ont proposé d’établir, entre les animaux et les végétaux, un règne intermédiaire, composé des zoophytes , des algues et des champignons. Ces deux propositions ont été rejetées par la presque unanimité des naturalistes. Les êtres qui nous semblent intermédiaires entre les animaux et les plantes , doivent plutôt être considérés comme des témoignages de notre ignorance, que comme des preuves de l’existence d’une classe particulière; et quoiqu’il soit vrai de dire que les deux règnes organiques ont de grands rapports entre eux, ils offrent cependant des différences telles , qu’il est utile de les sépa*
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rer, vu que ces différences influent sur la marche de l’étude dans les deux règnes, et par conséquent sur la logique des deux sciences.
§. 8. Admettons, en effet, ou comme un fait, ou du moins comme une hypothèse infiniment probable , que les animaux sont doués de sensibilité, et que les végétaux en sont dépourvus, et nous verrons découler de cette idée, presque toutes les différences qu’on observe entre les animaux et les plantes , entre la Zoologie et laBotanique.
Puisque les animaux ont la conscience de leur existence et la sensation delà douleur et du plaisir, il est naturel de penser qu’ils pourront éviter leur mal et chercher leur bien, c’est-à-dire , qu’ils seront doués de la faculté de se mouvoir, et si on les en supposait dépourvus, il ne nous resterait aucun moyen de connaître leur sensibilité. Les végétaux, au contraire, ne peuvent exécuter d’autres mouvemens que ceux qui leur sont commandés par les agens extérieurs, ou par certaines circonstances mécaniques de leur structure. Ces mouvernens ne peuvent être ni volontaires, ni réellement locomotifs.
L’animal doué de sensibilité et de motilité peut choisir les alimens nécessaires à son existence, les aller chercher lorsqu’il ne les trouve pas autour de lui , et les saisir pour se les approprier. Il pourra donc se nourrir de toute espèce de matières, même de celles qui sont peu répandues dans la nature, telles que les matières déjà organisées. Le végétal, au contraire, ne pouvant ni savoir ce qui lui convient , ni saisir aucune proie , devra se nourrir de matières assez généralement répandues dans le globe pour en trouver presque partout , assez inertes pour n’opposer aucune résistance aux faibles moyens d’absorption dont il est doué, assez molles pour n’exiger aucune division mécanique, or , il n’y a que les
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substances inorganiques , telles que l’eau , l’air et les matières dissoutes dans ces deux véhicules* qui remplissent ces conditions, et ce sont , en effet, celles qui servent à la nutrition végétale.
Les animaux peuvent donc choisir pour leur nourriture des matières très-diversifiées , et par conséquent les organes de leur nutrition doivent présenter de grandes diversités; les végétaux, au contraire, absorbent presque tous les mêmes élémens; et par conséquent, les organes de leur nutrition présenteront peu de diversités.
Les animaux qui choisissent leur nourriture devront rester de temps en temps sans trouver celle qui leur est propre, et lorsqu’ils la trouveront , en prendre une provision pour un certain temps : ils devront donc être munis d’une cavité particulière, dans laquelle ils pourront dé« poser leur magasin de nourriture; cette cavité, c’est leur estomach : les végétaux étant toujours entourés par leurs alimens , et ne devant point changer de place , n’ont pas besoin d’en faire de provision, et n’ont point d’estomach pour la recevoir.
Puisque la nourriture chez les animaux est déposée dans une cavité interne , ce sera vers ce centre que seront dirigés tous les vaisseaux de l’animal : dans la plante, au contraire , les vaisseaux absorbans seront dirigés vers la superficie. Les animaux, dit Boerliaave, se nourrissent par des racines intérieures; les plantes, par des racines extérieures : par conséquent, la structure des végétaux sera destinée à multiplier les surfaces, et sera d’autant plus parfaite qu’elle remplira mieux cette destination. Celle des animaux tendra à la centralisation , et nous paraîtra d’autant plus parfa te qu’elle atteindra mieux ce but.
Pour que l’animal puisse saisir sa proie et la conserver au moins quelque temps en dépôt dans son estomach , il
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faut que cette proie présente quelque solidité, et lorsque les vaisseaux absorbans en auront choisi toute la partie élaborable, le résidu, s’il y en a, devra être un excrément solide; au contraire , dans le végétal, l’aliment devra être liquide pour pouvoir pénétrer sans effort dans les vaisseaux, et lorsque ceux-ci se sont emparés de la partie assimilable , le résidu, s’il y en a, devra être un excrément liquide : et c’est , en effet , l’une des différences les plus bizarres qu’on observe entre les deux règnes.
Puisque dans les animaux le siège essentiel de la nutrition est placé à l’intérieur, et que les vaisseaux sont tous dirigés à l’entour de ce centre, ces vaisseaux devront remplir le même office autant que la vie de l’animal devra durer ; au contraire, les vaisseaux des plantes éiant dirigés en dehors, il y aura sans cesse possibilité ou de les voir s’allonger, ou d’en voir de nouveaux se développer à leur côté extérieur. Il y aura donc, par conséquent, un terme à l’accroissement des animaux, et non à celui des végétaux. Il y aura donc dans les animaux une mort de vieillesse; ce sera le moment où les vaisseaux existans, et qui ne peuvent se renouveler, seront obstrués par le passage des molécules. Cette cause de mort n’existe pas dans les végétaux, puisque de nouveaux vaisseaux peuvent indéfiniment s’y développer et remplacer les anciens. Les animaux meurent de vieillesse ou d’accidens , et les plantes d’accidens seulement.
De ce que les animaux ont un centre de nutrition et de vie, il en doit résulter qu’ils ne peuvent que très-rarement être divisibles en plusieurs individus ; car les polypes qui semblent faire exception à cette règle, doivent être considérés comme des aggrégations d’un grand nombre d’individus. Les plantes, au contraire , n’ayant point de centre commun, et étant douées de la faculté de
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produire indéfiniment de nouveaux vaisseaux, pourront être divisées sans perdre la vie, et devront par conséquent se multiplier de boutures.
Les organes essentiels à la vie , dans les animaux, ne pouvant point se renouveler à cause de leur position à l’intérieur du corps, devront tous offrir une permanence égale à la durée de l’individu. Dans les végétaux, au contraire, les organes les plus essentiels peuvent se renouveler sans inconvénient; ainsi, les feuilles qui servent à leur respiration meurent et sont remplacées par d’autres. Les organes sexuels des plantes ne servent jamais qu’une seule fois, se détruisent dès que leur fonction est opérée, et il s’en développe de nouveaux à chaque reproduction; cette dernière différence, observée par Hedwig, est une des plus singulières que présentent les deux règnes.
Si nous poursuivons ce genre de comparaison relativement à la reproduction, nous verrons que dans le règne animal, où l’individu fécondateur peut aller chercher celui qu’il doit féconder, l’hermaphroditisme est rare; tandis que dans le règne végétal, où le mâle ne peut se transporter auprès de la femelle, l’hermaphroditisme est fréquent. Nous verrons que , dans les animaux, où le rapprochement des sexes peut avoir lieu de la manière le plus intime , la matière fécondante est liquide, tandis que dans les plantes, cette matière devant être transportée au travers de l’air, est sous la forme de petits globules qui renferment le liquide fécondateur. Ainsi , jusque dans les moindres nuances, les différences des animaux et des végétaux sont des suites nécessaires de la présence ou de la nullité du sentiment et du mouvement volontaire ; et par conséquent nous devons admettre ce caractère fondamental, non plus comme une lrypo-
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thèse, mais comme une théorie liee intimement avec l'ensemble des faits.
§. 9. Il résulte de ce qui vient d’être dit, que si les grandes bases de l’étude de la Zoologie et de la Botanique doivent avoir des rapports nombreux et imporîans, il ne faut cependant pas confondre la logique de ces deuv sciences , ni transporter les théories de l’une dans l autre sans un mûr examen. Tout ce qui est relatif au danger d’appliquer aux êtres organisés les simples lois de la physique et de la chimie, tout ce qui concerne les généralités de la nutrition et de la reproduction, toute la théorie générale des classifications , est commun aux deux règnes. Mais puisque tous les organes essentiels des animaux sont places à l’intérieur, l’Anatomie doit jouer le rôle le plus important dans la Zoo~ logie, tandis qu’elle 11e peut avoir à beaucoup près la même importance dans l’etude des végétaux, ou les organes les plus essentiels sont à l’extérieur. Puisque les animaux sont doués d’une volonté qui les rend actifs , l’étude de leur instinct obtiendra un rang distingué dans la Zoologie, tandis que les végétaux ne pouvant que résisier avec plus ou moins de force aux élemens extérieurs, présenteront moins de diversités et d’intérêt dans l’étude de leur manière de vivre; mais la différence des deux sciences se fait mieux sentir à d’autres égards.
Les animaux doués de mouvement peuvent éviter le mal et chercher ce qui convient à leur nature; par conséquent , s’ils se trouvent dans un lieu trop chaud ou trop humide , ils le quitteront pour se transporter ailleurs, et ne se laisseront que le moins possible altérer par celte cause extérieure : d’où résulte qu’il y a,
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dans le règne animal, fort peu de variétés autres que
celles dues à l’âge , au sexe et à la domesticité , et
que les caractères des espèces y offrent plus de fixité. Au contraire, les végétaux semés sur le globe par le hazard , c’est-à-dire, par le concours de causes indépendantes d’eux , et irrémissiblement fixés au lieu qui les a vus naître, doivent souvent être modifiés dans leur grandeur, leur couleur, leur forme, leur consistance, selon le lieu où ils se trouvent. Il doit donc y avoir dans les végétaux un nombre immense de variétés, et les caractères des espèces doivent avoir en Botanique moins de fixité qu’en Zoologie. Les accouplemens des animaux étant tous déterminés par leur instinct, qui les rapproche sans cesse des individus de leur espèce, il doit y avoir dans le règne animal fort peu de mulets créés hors de la domesticité; les fécondations végétales pouvant se produire par le rapprochement fortuit de deux espèces et le transport accidentel de leur poussière fécondante, il devra y avoir, dans le règne végétal , un certain nombre de mulets qui ne sont point dûs à l’action de l’homme.
Quant à la classification, il se présente , entre les deux règnes organisés, une différence qui semble arbitraire , mais qui est réellement fondée sur la nature : c’est que la classification zoologique est fondée sur les organes de la nutrition , et la classification botanique, sur ceux de la reproduction. Les animaux ayant le choix de leurs alimens, peuvent en prendre et en prennent en effet qui sont très-diversifiés , et leurs organes d’appréhension, de manducation, de digestion, etc., doivent présenter des différences proportionnées à la diversité possible des alimens. Les végétaux se nourrissant de matières très-
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peu diversifiées, et qui arrivent à eux sans efforts de leur part, ne présentent, relativement aux organes de leur nutrition, que des différences très-peu nombreuses : ç’est donc avec raison que les Botanistes ont dû chercher les bases de la classification dans le système reproduc* teur, qui présente plus de variations et par conséquent plus de prise à l'observation. Mais, si les moyens sont différens , les résultats restent les mêmes dans les deux règnes; une bonne classification , fondée sur l’un des grands systèmes, se vérifie toujours sur l’autre.
§. io. Des considérations générales que je viens d© présenter, résultent les principes suivans : i.° Les différences des deux règnes organisés tiennent essentiellement à ce que l’un d’eux est doué de sensibilité et de motilité, dont l’autre est dépourvu. 2.0 Le rôle général des végétaux dans la nature, est d’élaborer des matières inorganiques , de telle sorte qu’elles deviennent propres à la nourriture des animaux. 3.° On ne doit pas, sans un examen attentif, transporter tous les principes de la Zoologie dans la Botanique, ou de la Botanique dans la Zoologie, sous peine d’y commettre de graves erreurs.
§. 11. La Botanique ( Botanica , Res herbaria ) est, comme nous venons de le voir, l’histoire naturelle du règne végétal; cette étude est si vaste, qu’elle a besoin d’être divisée en plusieurs branches dont je présenterai ici le tableau succinct.
I.° Les végétaux doivent d’abord être étudiés par le naturaliste en tant qu êtres distincts les uns des autres 9 qu’il s’agit de reconnaître, de décrire et de classer ; cette branche de la science qu’on a cru long-temps être la Bo-
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tanique toute entière, a gardé, d’après cette idée, toute fausse qu’elle est, le nom de Botanique proprement dite; elle se compose, i»°dela Glossologie (ï), c’est-à-dire, de la connaissance des termes par lesquels on désigne les organes des plantes et leurs diverses modifications; 2*° delà Taxonomie (2), ou de la Théorie des classifications appliquée au lègue végétal. M. Desvaux distingue ici la Nomologie ou la connaissance des lois relatives aux variations des organes, et la Taxologie ou les lois de la classification proprement dite. Ces deux parties nous semblent trop ititiniement liées pour qu’il soit possible de les séparer; 3.° de la Photographie , ou de l’art de décrire les plantes de la manière la plus utile aux progrès de la science : d’où résultent, comme applications , la Botanique descriptive , c’est-à-dire , la description de toutes les espèces dont le règne végétal se compose, et la Synonymie botanique , ou la connaissance des noms divers sous lesquels les plantes ont été désignées.
II. 0 Les végétaux peuvent encore être étudiés parle naturaliste en tant q il êtres organisés et vivans; cette étude porte les noms de Physique végétale , ou de Botanique
(1) On a coutume de donner k cette branche de la science , le nom de Terminologie , qui serait, en effet , commode à admettre , si sa composition, moitié latine et moitié grecque , ne s’y opposait : je lui substitue celui de Glossologie, qui est plus régulier, puisqu’il est formé de ywaaa. mot, terme, et de Aoyoa discours.
(2) Mot formé de ordre et ny.ocr ïoi, régie. 11 serait plus
exact de dire Taxéonomie ; mais j’ai cru devoir admettre la suppression de Ve, pour rendre le mot plus court.
INTRODUCTION
organique ; elle comprend , i.° l’étude de la structure des organes des plantes ou V Organographie (*) ; 2.° 1 etude du jeu ou des fonctions de ces mêmes organes considérés dans leur état de santé , ou la Physiologie végétale ; 3.° l’examen des dérangemens qui peuvent survenir dans les fonctions des plantes, ou, en d’autres termes, la Pathologie végétale, que M. Desvaux nomme Phytotèrosie; zj.0 l’examen des causes physiques qui, modifiées par la nature particulière des êtres, déterminent chacun d’eux à vivre dans un lieu déterminé, ou la Géographie Botanique.
Hiv* A ces deux parties, qui constituent réellement toute la théorie de la science, on doit en joindre une troisième, savoir, l’étude des rapports qui existent entre les végétaux et l’espèce humaine, ou la Botatiique appliquée ; elle comprend, j.® la Botanique agricole ; 2.0 la Botanique médicale ; 3.° la Botanique économique et industrielle ; /p0 la Botanique historique , etc.
§. 12. Toutes les parties de la science que je viens d’énumérer ont entre elles des rapports nombreux et nécessaires ; ainsi la Théorie des classifications éclaire à-la~
(*) Je ne dit pas anatomie végétale , car le mot anatomie suppose section des tégumens et examen des parties internes ; tandis que le plus grand nombre des organes des végétaux sont placés à l’extérieur, de sorte que l’anatomie n’est qu’une branche de l’or*» ganographie : ce dernier terme vient des mots grecs organe,
et ypanp u> je décris. M. Desvaux divise Porganograpliie en deux parties ; Yuiutopsie ou la connaissance générale des organes étudiés à l’extérieur ; la Phytotomie ou l’étude des organes internes. Ce ne sont pas, selon moi, ceux sciences, mais deux moyens d’arriver à la connaissance des organes.
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fois presque toutes les parties de la Botanique; l’Organographie est indispensable pour touies les autres branches de la science, et principalement pour la Glossologie et la Physiologie ; celle-ci tire plusieurs documens , nonseulement de TOrganographie , mais de La Botanique agricole, sur laquelle elle réagit à son tour; la Nomenclature et la Synonymie répandent sur toutes les branches de la science, la clarté et la précision, etc. Bien n’est si contraire aux progrès de l’une quelconque des branches de la Botanique , que de l’isoler de toutes les autres, et il serait aisé de prouver que la séparation qui a long - temps existé entre ceux qui s’occupaient de Botanique proprement dite et de Physique végétale, est une des causes qui ont long-temps retardé les progrès de ces deux études. Il est impossible d’exposer avec soin les principes de quelqu’une des parties de la Botanique, sans supposer de temps en temps des connaissances générales sur les autres.
§. i3. On sentira facilement que je n’ai point pour but de présenter, dans ce volume, les principes même trèsabrégés de toutes les parties de la science, mais seulement de celles qui composent la Botanique proprement dite , savoir, la Glossologie, la Taxonomie et la Phytographie. Uu jour, peut-être , je m’occuperai à poursuivre, sous la même forme, les principes de la Physique végétale , et l’exposition des détails de la Botanique. Quant aux parties fondamentales de la science dont je donne ici la théorie élémentaire , l’ordre naturel des idées eût été de les exposer dans le rang que je viens d’indiquer ; mais comme la Glossologie n’est pas susceptible de lecture suivie, et qu’elle a plutôt la forme et l’utilité d’un dictionnaire que d’un livre élémentaire, j’ai cru devoir
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la rejeter à la fin du volume. Ceux qui n’ont encore aucune idée de la Botanique , feront bien de commencer par prendre une connaissance générale de la langue de la science, et surtout des principaux termes . organographiques ; après s’être familiarisés avec leur signification, ils devront revenir à la première partie» sauf lorsqu’ils trouveront quelque terme inconnu pour eux, à en chercher le sens par la simple table alphabétique.
Quant à ceux qui ont déjà quelques notions de la Botanique, ils trouveront l’ouvrage rangé dans l’ordre où ils peuvent le lire. C’est principalement eu faveur de ceux qui, ayant déjà quelques connaissances générales , n’ont pu cependant encore fixer leurs idées sur l’ensemble de la science, que j’ai donné quelques soins à l'exposition des principes de la Taxonomie. Quoique la méthode naturelle soit déjà célèbre par les discussions qu’elle a fait naître, déjà importante par ses utiles applications, déjà irès-perfectionnée par les travaux des plus grands naturalistes, elle n’a jamais encore été analysée avec le soin qu’elle mérite, ni exposée d’une manière rationnelle et didactique; tel est le but essentiel auquel je tends, sans me dissimuler son extrême difficulté : je suis loin sans doute de l’atteindre; mais j’ose croire que les commençans trouveront, dans cet ouvrage, plus de précision et de logique qu’on n’en a mis jusqu’ici dans les livres de cette nature ; j’ose espérer que les maîtres mêmes de la science trouveront , dans cette discussion , des considérations dignes peut-être d’occuper leur attention; ils sentiront mieux que personne les difficultés contre lesquelles j’ai lutté, et c’est d’eux aussi que j’attends le
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plus d’indulgence. La grâceque je leur demande par-dessus tout, c’esl de n’être pas jugé sur quelques phrases isolées , mais sur l’ensemble de mes idéeso