SUR LES CLASSIFICATIONS EN GENERAL
§• 14. A rente mille espèces de végétaux différons sont connues aujourd’hui sur la surface du globe; ce nombre serait porté à plus de cinquante mille, si nous reunis* sions tout ce qui existe d’inedit dans nos collections ; et si nous supposions l’Asie , l’Afrique et l’Amérique connues des Botanistes , au même point où l’Üuropc Best actuellement , nous verrons que, selon toutes les probabilités, le globe terrestre est couvert par plus de cent mille espèces de végétaux. Chacune de ces espèces a sa patrie, son nom, sa forme, ses propriétés et ses usages. Toutes ces connaissances diverses ont leur degré d’utilité. Mais qui pourra éclaircir à nos yeux celte étude immense ? Quel guide trouveronspous dans ce dédale effrayant? Comment pourrons»
TAXONOMIE
nous arriver au point, je ne dis pas de savoir tout ce qui est relatif à l’histoire individuelle de chaque végétal, mais de pouvoir à volonté trouver ce que les autres hommes en ont su, et être par conséquent à même de savoir si ce que nous observons Ta déjà été par quel» qu’autre? Ce service éminent, nous ne pouvons l’attendre que d’une méthode telle , qu’après avoir divisé successivement en plusieurs groupes ces nombreux individus du règne végétai, nous arrivions par une marche sûre à connaître celui qui nous intéresse : c’est cette partie de l’élude des végétaux, que je désigne sous le nom de Taxonomie botanique . Les Botanistes ont été si frappés de son importance et de son utilité, qu’ils ont pendant long-temps concentré tous leurs efforts sur cette partie de la science; dans la suite, quelques esprits exagérés ou irréfléchis sont tombés dans l’excès opposé, et ont voulu jeter du ridicule sur cette branche de l’histoire naturelle. Au milieu de ces oscillations habituelles à l’entendement humain , les bons esprits ont reconnu qu’il était aussi absurde de prétendre qu’on pourrait étudier la physiologie d’un règne , sans connaître sa classification , que de classer sans connaître la physiologie. Ils ont fait remarquer que le plus grand nombre des conséquences pratiques qu’on peut tirer de l’étude de l’histoire naturelle, reposent sur la distinction des êtres; ils ont donc rendu, à cette partie de la science, le rang qu’elle doit occuper dans l’échelle des connaissances humaines; ils l’ont en même-temps soumise à des lois régulières , qui sont reconnues maintenant par la plus saine partie des naturalistes. Comme ces lois sont trèsimportantes, et que leur exposition rationnelle ne se trouve encore faite dans aucun ouvrage avec précision , je m’arrêterai à les développer avec quelques détails.
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