GLOSS O LO G IE
( umserialis ) , par opposition avec le mot de multiple ( multiplex , multiserialis ).
§• 4IC> A* Un organe continu, ou simple dans le premier sens, peut être ,
a. Entier ( integrum ) , lorsque ses bords ne sont nullement divisés ni incisés;
Ik Denté ( dentatum ) , lorsque ses bords sont munis de petites incisions qui n’atteignent pas au-delà des dernières ramifications des nervures. Ces incisions se nomment Dents ( Dentes ) en général ; lorsqu’on veut les désigner d’une manière plus spéciale , on dit que ce sont des
Dents , et que la partie est dentée , quand les dents sont obtuses, dirigées vers le sommet;
Dentelures ou Dents en scie ( Serraturæ ), et que la partie est dentée en scie ( sert ata ) , quand les dents sont aigues et dirigées au sommet ;
Crenelures ( Cre/iæ , Crenaturæ ) , et la partie crénelée ( cre7iata ), quand les dents sont obtuses, non dirigées vers le sommet ni vers sa base;
îh dentée ou deux fois dentées ( bidentata ) , quand les dents sont elles-mêmes dentées;
c. Lobé ou découpé ( lobatum ) , en général , quand les incisions sont plus profondes que les dents , et qu’on ne veut ou ne peut pas indiquer leur profondeur exacte, et chaque incision se nomme alors Lobe ( Lobus );
do. Sinuè ( sinuaLum ), quand le bord est muni d échancrures et de parties saillantes, arrondies, peu profondes , et alors les échancrures se nomment Sinus ;
e. Èchancrè ( emarginatum ) , quand il y a une incision qui n’atteint pas le milieu et qui est située à la base et surtout au sommet d’une surface plane, cetts
GL08S0L0GÎE.
incision s’appelle Échancrure ( Emarginatura ); les anciens la nommaient Belitjuium ;
f* Fendu ( fissum , et dans les composés fui uni) , qui est découpé de manière que les lobes ( qu’on appelle alors /Wwra? ) atteignent la moitié de la longueur , si leur direction est en long, de la largeur si elle est en travers ;
£*artagè {partit uni ) , quand les découpures arrivent près de la base ou près de la côte moyenne
sans y atteindre, et alors les lobes se nomment Partitions ( Partitiones ) ;
h. Coupé ( sectwn ) , quand les lobes atteignent la base ou Ja côte moyenne, de manière à ce que le parenchyme soit interrompu , et alors les lobes se nomment Segmens ( Segmenta ) ;
z. Lacéré ( laceratum ) , quand les divisions ou les partitions sont elles-mêmes irrégulièrement lobées.
k. Décomposé ( décomposition) , quand les segmens sont eux-mêmes irrégulièrement lobés ou découpés.
l. Lacinièes ( la ci niât uni ) , quand les découpures som tellement fines et multipliées , qu’on ne peut y apercevoir aucun ordre régulier, et ces découpures découpées prennent en latin le nom de Laciniœ ; les découpures doivent être considérées anatomiquement dans
un grand nombre de cas, comme des restes de soudures incompîettes ;
§. 420- Outre ces termes, qui suffisent et au-delà pour exprimer toutes les découpures , on a encore admis les suivans, qu’on applique aux feuilles: Bonge(erosus), qui est irrégulièrement denté ousinué. P rangé ( fimhnatus J, qui est bordé de dents ser-
rées, pointues et allongées.
En rondache ( runcinatus ) , qui, étant oblong et pinnatifiae, a les lobes aigus dirigés vers la base.
GLOSSOLOGI £.
En violoh (panduratus )> qui, étant obiong, a sur chaque côté un sinus très-large et très-profond.
Lacerativus , qui est incisé plus profondément vers la base ou le sommet, que dans le reste de la longueur.
Et ceux-ci, qui ne s’appliquent qu’aux organes qui ne sont pas planes.
Partageable (partibilis) , qui, sans être réellement composé, est susceptible d’être partagé sans déchirement bien sensible à la maturité.
j Digitè ( digitatus ) ; lorsqu’on l’applique aux feuilles, il est synonyme d Qpalmati-partite ; mais on doit le réserver pour les organes qui, étant à nervures palmées, sont divisés plus ou moins profondément en lobes cylindriques comme les doigts.
§. 421. B. Le mode de composition ou la disposition des pièces articulées des organes composés, s’exprime par des termes tout-à-fait analogues aux précédens, mais que nous avons déjà énumérés en pariant des espèces des feuilles ; voyez §. 322.
§. 422. C. Lorsqu’il s’agit de corps essentiellement cylindriques et généralement continus , comme la tige , le pédoncule , etc. , nous avons vu qu’011 les appelle simples, pour dire indivis ( indivisus ). On les dit, en général, rameux ( ramosus ) , quand ils se divisent en rameaux continus. Le mode de cette division ou ramification a reçu divers noms; ainsi, on dit d’une tige, ou en général d’un organe cylindracé, qu’il est
Fourchu (furcatus J, lorsqu’il se divise en deux branches opposées , et bi^ tri , q uadrifu rq u è ( bi , tri , quadrifurcatus) , lorsqu’on veut exprimer qu’il se divise en deux, trois ou quatre branches partant d’un même point.
Dichotome (dichotomus) , plusieurs fois bifurqué,
lorsqu étant fourchu, ses branches elles - mêmes sont ourchues, et ainsi de suite plusieurs fois. On dit de même tricha tomus , quand les ramifications partent trois à trois. Dichotomia se dit de l’aisselle ou anole que laissent entr’eux des rameaux dichotomes.
D ailleurs, quant à la position respective des branches, vqy. §. 4o5; quant à celles des fleurs, §. 342.
Art. 6. Désinence.
§• 4 23. On entend par Désinence ( Desineneia j , la manière particulière dont se termine un oroane ou un lobe quelconque. Dans un sens très - général" ou dit dune sommité ou extrémité quelconque, qu’elle est ootuse ou aigue; mais pour exprimer plus clairement son état, on emploie surtout en latin les termes suivans: Obtusus , obtus , qui se termine par un bord arrondi. Rotundatus , très-obtus.
Truncatus , tronqué, dont il semble qu’on a coupé un morceau. ^
Retusus, écrasé , se dit des corps épais , à sommité élargie et tronquée.
Præmorsus , rongé , qui semble avoir été rongé. Hehetatus, émoussé, qui n’est pas pointu.
Mutions, qui ne se termine ni en pointes particulières ni en piqua ns.
Acutus, pointu , en général qui se termine par un angle aigu.
Acuminatus , qui se prolonge en un angle aigu,
Acumen signifie en général une prolongation aiguë
quelconque ; acuminosus a été employé, en particulier,
pour désigner une sommité qui se prolonge en une pointe plane.
Apiçulatus , qui se prolonge en apicule ( apiculus)t
GLOSSO LOGI E.
ou en petite pointe aigue , courte, et dont la consistance n’est pas très -roide.
Cuspidatus , qui se prolonge en cuspide (cuspis) , on en petite pointe acérée, allongée et un peu roide.
Mucronatus , qui se prolonge en une petite pointe roide ( mucro ) et droite.
Rostellatus , qui se prolonge en une petite pointe roide et crochue ( rostellum ).
Hamosus , qui se prolonge ou se courbe en hameçon, ( [hamus ), c’est-à-dire en une pointe crochue, un peu
épaisse.
Pungens , piquant , qui se prolonge en pointe pi~ quan te.
Art. 7. Aspect de la surface.
§. 424. L’aspect de la surface des végétaux ou de chacun de leurs organes, s’exprime par deux classes de termes; les uns sont généraux et communs à toutes les langues, comme brillant , lisse , etc.; d’autres, propres à la Botanique, servent à désigner à-la-fois, et l’aspect de la surface , et la cause anatomique de cet aspect. Quoique les premiers s'entendent d’euxmêmes , et que les seconds soient la plupart des combinaisons des termes organographiques , il me parait nécessaire de les passer ici rapidement en revue.
Brillant , luisant , lustré ( splendens , lucidus , nitidus) , expriment tous, avec plus ou moins de force, que la superficie a une espèce de luisant; vernissé (verjùcosus ), indique que ce luisant semble dû à un vernis; soyeux (sericeus) , qu’il est dû à des poils couchés et îuisans; par opposition à ces divers termes, on emploie, mais rarement, ceux de recuti tus , pellitus , pour dire dont il semble qu’011 a enlevé l’épiderme ou la peau.
GLOSSOLOGIË*
Lisse, uni ( lœvis ) , signifie dont la surface n'est relevée par aucune protubérance, ni déprimée par aucuns sillons ni aucunes cavités.
§. 4^5. Par opposition à ces termes , on dit : Ponctue (punctatus),m arqué de points un peu déprimés ou de très-petites taches.
Rude, âpre {asp er9 scaber , scahridus ), muni de très-petites aspérités sensibles au tact.
Exaspérants , relevé en aspérités ou en bosselures. Muricatus , garni de pointes courtes et grosses, comme les coquilles des murex.
Scjuarrosus ou scarrosus , relevé de saillies ou d’é-
cailles qui ressemblent à celles des poissons , dit scarrus en latin.
Echina tus, hérissé de pointes roides , comme le hérisson ou 1 1 n vo lucre de la châtaigne.
Strié (hiatus), marqué de stries, c’est-à-dire, de très-petits sillons parallèles et longitudinaux; ja pa’rtie déprimée se nomme proprement Strie (Stria); la partie relevée porte le nom de Dos ou Cote (Pulvinus). Sillonne (sulcatus) , cannelé, marqué de sillons
( sulci ), un peu profonds, comme ceux que fait la charrue.
En damier ( tesselatus ) , disposé par petits carreaux. Réticulé ( reticulatus , rétif omis), disposé en réseau comme la dentelle.
Bosse. le ( t or o sus , torulosus ), se dit des corps
cylindriques , relevés ou renflés çà et là en bosse- • lu res.
Aciculatus , se dit des graines dont la surface est marquée de raies fines et sans ordre, qui semblent faites avec la pointe d’une aiguille.
Rurninatus , se dit des périspermes ridés ou rayés par
le prolongement du spermoderme dans les plis même du périsperme.
Dœdaleus , labyrinthiformis , se dit des corps sillonnés par des sillons tortueux.
Ridé ( rugosus ), marqué de rides relevées, comme celles du visage des vieillards.
Crevassé ( rimosus ), fendu, marqué de crevasses ou fentes.
Scrobiculatus , foveolatus , marqué de fossettes ou de petites dépressions.
Favosus , faveolatus , alveolatus , marqué de cavités qui ressemblent aux alvéoles des abeilles.
Po reux ( porosus , foraminulosus ) , marqué de pores ou de petits trous.
§. 426. Glabre ( glaber ); ce mot signifie qu’une sur» face quelconque est absolument dépourvue de poils, ce qui peut arriver quoiqu’elle ne soit pas lisse; de là Glabrities , l’état d’une surface sans poils ; glabratus , qui est devenu glabre. Par opposition à ce terme, on emploie tous les adjectifs dérivés des termes expliqués au §. 328, tels que,
Poilu ( pilosus ) , garni de poils peu couchés et légèrement roides.
Velu ( villosus ) , garni de poils couchés, mois, nombreux.
Pubescejit ( pubescens ) , garni de poils mous , peu nombreux.
Hirsutus , garni de poils longs et nombreux.
Hérissé ( hispidus , hirtus ) , garni de poils roides non couches.
Laineux {lanatus , lanuginosus ), couvert de duvet laineux à poils longs , mois, couchés ou entre-croisés.
G LOSSOLûGIE, ^
Coton eux (Tomentosus) , couvert <Tun duvet coton» lieux à poils longs crépus.
Veloute ( velutinus ) , couvert d’un duvet court , raz comme du velours.
Barbu ( barbatus ), terminé ou bordé de poils en houppe un peu roides.
Cilié ' ( ciliatus') , bordé de poils roides, imitant la disposition des cils des paupières.
427* Uni ( œejuatus ) , qui n’a ni bosse, ni cavité a sa sui lace, s oppose aux termes suivans ;
Bull a tu s , relevé en bulles ou petites bosses.
Bossu ( gibbus ) , relevé en bosse.
B lissé [pli cci tus marque de plis.
Ondule ( undulatus , undatus ) , plan et relevé en bosses, qui, sur l’autre surface, sont des creux.
Recourbé ( répandus}*
Crépu ( crispas ) , frisé.
§. 428. iV« se prend en général, ou pour
exprimer une surface dépourvue de toute espèce d’appendices ou de défenses, ou pour exprimer en particulier l’absence de tel organe accessoire dont on parle : ainsi nu opposé à velu, signifie glabre; opposé à écail. leux, signifie sans écailles; opposé à épineux, signifie sans épines; opposé, enfin, à un mot qui signifie la présence d un tégument quelconque, il en indique laosence; ainsi les fleurs sont nues , quand elles n’ont
point d’involiicre; les fruits, quand le calice ne les couvre pas, etc.
§. 429* Sec ( siccus ) , se dit des surfaces qui n’ont pas d humidité, et par opposition ,
Rond us , couvert d’une humidité qui ressemble à la rosée.
Onctueux ( unctuosus ) , gras au toucher.
ÔOO GLOSSOLO G £ Ec
J/is queux ( v iscosus , viscidus , glutinosus ), col* tant j recouvert d'une humeur visqueuse.
Art. 8. Modifications de nombre (*).
§. 43o. Les idées de nombre sont ou absolues , comme lorsqu’on dit d’une fleur qu’elle a quatre pétales, ou relatives , comme lorsqu’on dit qu’elle a deux, fois plus d’étamines que de pétales.
§. 43i. Le nombre absolu s’exprime en Botanique, comme dans la langue ordinaire , par la sérié des nombres i , 2, 3,4*- 3, 6, 7,8, 9, 10; au-delà de 10 , il est rare qu’on se donne la peine de compter exactement le nombre des parties, et dans plusieurs cas, 011 emploie le nombre 12, pour exprimer d’une manière vague tous les nombres de 1 1 a 19 ? celui de 20 , pour exprimer une vingtaine environ , et celui de beaucoup ou plusieurs , qui se désigne en abrégé par le signe de l’infini oc, pour désigner un nombre sensiblement audessus de 20. Indépendamment de l’usage des nombres ou des termes qui les expriment , les Botanistes ont encore adopté , pour rendre leurs phrases plus courtes, certains termes dérivés des précédons; ces termes sont généraux ou spéciaux.
Ainsi, lorsqu’on veut exprimer que certains organes ou certaines parties suivent un ordre fixe, quant à leur nombre, on emploie les termes suivans :
Nul ( nullus ), qui manque absolument.
Solitaire ( solitarius ) , ou unique ( unions ), qui est seul de son espèce ; ainsi, on dit une fleur solitaire , une tige unique , etc.
(*) Voyez Taxonomie ? §. 122 ■— 129.
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Par opposition à ces termes, on dit,
Nombreux ( numerosus ) , qui s’oppose à solitaire, ou multiple (multiplex) , qui s’oppose à unique.
Lorsqu’on veut exprimer les nombres d’une manière plus précise, on se sert de termes qui, bien qu’en apparence synonymes, offrent des nuances importantes dans leur signification. Un exemple le fera facilement sentir : lorsqu’on dit simplement d’une plante qu’elle est à deux fleurs, on n’exprime rien sur leur position; mais, en Botanique, le sens des mots est plus précis, surtout en latin.
Flores 2, seu duo , veut dire, qui a deux fleurs en général ;
Biflorus ou dianthus , signifie la même chose; Biniflorus ou gemini florus , qui porte deux fleurs rapprochées à côté l’une de l’autre.
Ainsi en suivant la série des termes :
Binus , geminus , qu’on rend en français par géminé % ou deux à deux , se dit des parties rapprochées deux à deux ;
T émus , ternatus , des parties rapprochées trois à trois ou ternées ;
Quaternus , quaternatus , quaternarius , des parties rapprochées quatre à quatre ou quaternèes , etc.
Par analogie avec les termes précédons , on se sert encore des adverbes binatim , ternatim , quoterna tim » pour dire deux à deux, trois à trois, quatre à quatre , etc.
Lorsqu il s agit de compter, non des parties agglomé» rées, mais des rangées concentriques , ou emploie la série simplex , duplex , triplex , etc. , multiplex , simple , double , triple , e!c. , multiple .
§• 432* Dans les termes composés qui sont très-mul»