INTRODUCTION
Appelé^ en 1871 , àm*occuper des indemnités dues aux victimes de la guerre; préoccapé, comme tout Français, de la situation dans laquelle nous plaçaient nos désastres y j^acquis immédiatement la coni^iction qae notre solidarité nationale ne pouvait se raffermir, que notre richesse ne pouvait se reconstituer qu*à Taide d*une transformation complète de notre régime fiscal.
Depuis cette époque, je n*ai cessé d'étudier, de creuser cette question ; et plus je Tai approfondie, plus j*ai acquis la certitude que j'étais dans la vérité» en posant le principe de Vimpot sur le capital.
C'est pour cela qu'aujourd'hui, je viens avec con-^ fiance soumettre à l'opinion publique le résultat de mes recherches et de mes travaux.
Je sais bien que la réforme fiscale que je propose, constituant un ce système » , sera accueillie avec une certaine défiance, précisément pour ce motif quo beaucoup de gens qui se prétendent sérieux ont pris
rhabitude cl*affécter un souverain mépris pour tout projet d'ensemble qui s*éc^te de la routine.
Certes, il est bien plus commode de n'avoir pas de a système » : on ne voit les choses que par leur petit côté ; on ne les voit que sous un seul aspect ; on n'examine point leurs rapports complexes; on s'arrête à toutes les taupinières et on déclare que ce sont des montagnes ; excellente raison ^ à coup sûr, pour ne pas aller plus loin et ne pas essayer de regarder au delà.
On ne se compromet pas ; on prend un peu de ceci, un peu de cela ; on est d'accord avec tout le monde ; on ne froisse aucune habitude, aucun préjugé, aucun tt droit acquis i> ;*on louvoie à travers tons les courants et au milieu de tous les vents : et si on n'arrive à rien , on a du moins le plaisir d'avoir vogué bien tranquillement, sans crainte de rencontrer aucun éçueil.
C'est charmant de dédaigner les systèmes : car pour arriver non^seulement à concevoir, mais même à cobh prendre tut ftystème, il faut faire un effort intellectuel, prendre de l'élan, monter sur les hautes cimes. Tout cela cause une certaine fatigue.
Il est bien plus simple de ne point se donner tant de mal. C'était ce que pensaient plusieurs de nos généraux lors de la dernière guerre. Ils s'en remettaient au hasard, à la Providence, au Destin des anciens. Ils voulaient bien sacrifier leur vie sur le premier champ
— s — de bataille renn i Ils avaient, pirésque tous, le eottrage de la mort : ik n'avaient pas Ténergie intellectuelle, la force de volonté nécessaires pour étndier, inârir, approfondir un plan, en arrêter d*nne manière précise les grandes lignes et s'y conformer. Ils préféraient faire la goerre an jour le jonr, et ils trouvaient plus facile de laisser tner inutilement leurs soldats que d'assurer leur victoire à l'aide d'un peu de prévoyance.
Je n'ai pas besoin de rappeler les résultats déplo* râbles de cette conduite, de cette légèreté, de cette inertie intellectuelle : nous en subissons aujourd'hui les conséquences.
Toutes ces causes de nos désastres ont été discutées, apportées au grand jour de la tribune, exposées dans de longues enquêtes, dans des débats d'une solennité sinistre ; eh bien î quand 11 s'agit d'empêcher que ces conséquences ne s'aggravent, de combler le déficit apporté dans notre richesse nationale par cette terrible année d'épreuves, de rétablir nos finances, de donner nn nouvel essor à nos forces productives, que font nod gouvernants et nos financiers ?
Ils font exactement comme les gouvernants et les généraux qui ont accumulé ces ruines !
Pas plus qu'eux, ils ne veulent prévoir le lendemain,
envisager l'ensemble des réformes indispensables pour
I relever notre patrie, concevoir un plan qui substitue
^ aux institutions qui nous ont perdus des institutions
qui nous sauvent.
Cette apathie est d'autant plas extraordinaire qu'au cours de nos désastres, j'entendais un grand nombre de gens de très-bonne foi s'écrier : — Je donnerais bien 10 et même 20 p. 100 de ma fortune afin de sauver la France. En même temps, il n'y avait qu'un cri d'un bout du pays à l'autre : — 11 faut des réformes I Il faut organiser la France sur un modèle nouveau !
Les cruelles leçons que nous avions reçues avaient fait taire notre chauvinisme. Nul n'eût plus osé parler de tt notre administration que le reste du monde nous envie n. Nous étions modestes alors , et nous avions raison.
Mais ce désintéressement et cette modestie n'ont duré que quelques instants. Chacun a espéré sortir de ces embarras en faisant faire les sacrifices nécessaires par son voisin , a compté ne point payer lui-même , a craint qu'une réforme quelconque n'aggravât sa charge personnelle. Bientôt nous avons redressé la tête, retrouvé tous nos défauts et reconquis l'orgueil de ces défauts. Puis, tout le vieux mécanisme existait : vieille machine de Marly, il est vrai, coûtant fort cher, dépensant une immense force pour produire an effet nul, mais machine, machine qui était là, qui aidait des droits : machine qui encombre tout, tient tout, ne lâche rien. La bureaucratie, la vieille routine administrative ont ressaisi la France dans leur laminoir im: placable. Bon gré, mal gré, il faut que nous suivions l'ancienne filière.
fl y a des gens qui applaudissent et disent : — La France est réorganisée !
Réorganisée, hélas ! oui ; réformée, non !
Tout a homme à système d que je suis, je n'ai point la prétention de réformer la France de fond en comble. Je suis plus modeste ; mais je m'attache à la réforme fiscale, question capitale, du reste, dont Mirabeau a signalé la gravité en ces termes : a La théorie de Timpôt est la véritable législation du peuple, d
Et ici, m'adressant à tous les hommes sincères qui veulent sérieusement que la France se relève et qui ne considèrent pas les embarras de son commerce et de son industrie comme des moyens politiques à Taide desquels on tâcherait de faire haïr la République et de provoquer le désir d'une restauration quelconque , je leur dis : — Où en étes-vous avec vos impôts indirects que vous avez augmentés de plus de six cents mil^ lions et que vous augmentez chaque jour?
Où en étes-vous avec vos taxes multiples, contradictoires, se heurtant les unes les autres et dans leur choc écrasant les contribuables rangés dans des catégories déterminées par le caprice et l'arbitraire ?
On en étes-vous avec vos expédients financiers, à l'aide desquels vous voulez dérober les impôts au pays sans qu'il s'en aperçoive ?
Où en étes-vous avec vos réquisHofres contre le commerce et l'industrie y en face desquels vous vous placez
comme de« ennemis, comme û le« intérêts An gouvernement devaient être distincts de ceax de la nation (1 ) f
Vous n*avez pourtant point de système ponr embar^ rasser votre marche. Les contradictions |ie vous effirayent pas. Il est impossible de prendre plus légèrement soa parti que ne le font nos ministres des impôts ^u*ils jugent déplorables eux-mêmes. i
Et cependant , malgré cette facilité de conduite que donne Fabsence de principes., les minisires, les commissions etTAssemblée discutent pendant des mois sans parvenir à se mettre d'accord.
Chacun sent bien qu'il y aurait quelque chose de mieux à faire que d'augmenter les droits ce sur la faim y la soif, le froid », sur le besoin, en un mot, comme me récrivait un économiste mort dernièrement, M. Benard (2).
Mais préciser ce mieux, essayer de le découvrir, cela exige du travail , une grande tension d'esprit. On trouve bien plus simple d'escamoter millions par millions un budget de deux milliards et demi au pays. Et ici qu'on n'accuse pas ce terme de dépasser le fait ; car je répondrais : — Comment qualifierez-vous donc cette conduite qui , pour son apologie , ne trouve pas d'autre argument que celui-ci : le contribuable ne s^en apercevra pas ?
(1) Voir, entre autres, M. Magne. Discours dn 30 janvier 1874.
(2) De rù^umtee du toi» êur la ripartitian da richtius, p. 10, un vol. in-8«. Bibliothèque de la Réforme fiscale et économique. 1874. Pion et GwiianmiA.
C'est là le procédé des charlatans qui promettent d'arracher les dents sans douleur.
Il y a entre cette fiscalité et la fiscalité qui ne deirrait être qu'une «fplicatiou de la science économique, la mêmedifierence qu*eutre 1^ maqui|[nonnage et la grande industrie.
La spéculation du premier repose sur la fraude : elle triomphe quand elle est parvenue à tromper sur la qualité de la marchandise rendue; au lieu de se préoccuper de Tamélioration de la chose, elle ne cherche qu'à tirer le meilleur parti possible de ses mauvaises qualités.
La grande industrie, au contraire, cherchant à obtenir le maximum d'utilité avec un minimum d'efibrts, spécule sur Famélioratiou qu'elle peut donner à la chose elle-même.
Or, c'est le premier procédé qu'appliquent encore nos législateurs financiers à notre régime fiscal, et c'est le second que je voudrais lui voir appliqué.
Rien ne paraît plus simple ; cependant, c'est cette chose simple qu'on n'a pas encore voulu comprendre.
Si moi, industriel) manufacturier, je faisais mes opérations sans suite, sans plan d'ensemble, en mar^ chant à l'aveugle, on me traiterait de fou ; je ne tarde>rais pas à faire faillite, et j'aurais mérité mon sort. Chacun dirait en parlant de moi : -*-^ 11 n'y avait peint d'ordre chez lui ; il ne savait ce qu'il faisait.
Tout le monde aurait raison.
Quand il s'agit, au contraire, de Torganisation économique d'un pays, clest une autre thèse. On se vante de n'avoir ni principes, ni plan, ni système ; des esprits ouverts, les hommes les plus célèbres, viennent affirmer hautement à la tribune qu'ils n'ont ni plan, ni principes, ni système ; ils le déclarent pour amener à eux ceux qui hésiteraient à les suivre, et ils se servent, pour triompher, précisément de l'argument qui les condamne !
Un député disait, en pleine tribune française, le 12 janvier 1872 : <c En économie politique, il n'y a point de principes. »
M. Thiers répétait : « L'esprit de système m'est étranger. » Il est vrai qu'il avait soin d'ajouter : « Mes vieilles idées ne changent jamais. »
Beaucoup de gens, non les premiers venus, mais des députés, des hommes qui appartiennent aux a classes dirigeantes » et sont absolument convaincus de leur capacité, applaudissent à ces déclarations, se trouvent charmés et séduits par elles, et se disent : — A la bonne heure, voilà des hommes pratiques !
Mais en même temps, si vous essayiez de persuader à ces gens que la meilleure machine est construite sans plan et sans calcul ; que le pont le plus solide est celui qui a été élevé morceau jpar morceau, sans qu'un ingénieur en ait tracé le dessin; que l'édifice le plus commode, le mieux aménagé est celui qui a été élevé
au hasard, ils vous traceraient de fou, et ils auraient parfaitement raison.
Est-ce que le mécanicien 9' est pas un homme pratique cependant? Est-ce que Tingénieur ne fait pas de la pratique ? Est-ce que Tarchitecte ne fait pas de la pratique ?
Bien plus : là où le hasard joue le plus grand rôle, est-ce que chacun ne s'efforce pas d'airoir un plan, un système, une théorie, ne se trace pas certaines règles auxquelles il obéit ? Est-ce que le joueur de piquet n'a pas une méthode ? Est-ce que le joueur de whist n'a pas une méthode ? Il n'est pas jusqu'au joueur à la roulette qui ne cherche, d'une manière plus ou moins inconsciente, une martingale.
On ne le niera point ; mais il n'en est plus de même quand il s'agît des questions sociales.
n y a une foule de gens qui sont retenus en arrière par les pr^ugés de famille, d'éducation, de classes, de localité, par les habitudes acquises ; dont les préjugés sont doublés d'intérêts qui les fortificint ; et alors ces gens, quand ils ne trouvent rien à répondre , disent : — Oui, oui, cela est bon en théorie, mais mauvais en pratique.
Ces gens prouvent tout simplement une chose : c'est qu'ils refusent de raisonner leurs actes ; c'est qu'ils refusent de les justifier ; c'est qu'ils n'osent s'élever jusqu'à l'explication de leur propre conduite.
Il serait temps de faire cesser ces vaines distinc-
— lotions ; il y a tout simplement de bonnes et de mauvaises théories, une bonne et une mauvaise applicatioa des théories.
J.-B. Say, dès 1803, combattait ce préjugé :
(c Qu'est-K^e donc que la théorie, sinon la connais-^ sance des lois qui lient les effets aux causes, c'est«à-dîre des faits à des faits?
<( Qui est-ce qui connaît mieux les faits que le théoricien qui les connaît dans toutes leurs faces, et qui sait les rapports qui sont entre eux ?
« Qu*est-ce que la pratique sans la théorie» c'està-dire remploi des moyens sans savoir pourquoi ni comment ils agissent (1) ? »
La théorie, entendue ainsi, n'est pas autre chose que la méthode scientifique, méthode qui a produit toutes les grandes découvertes de la science moderne. Avuit Bacon, on en était à ralchimie» à la sorcellerie, à Fastrologie» h toutes ces rêveries, doublées de charlatanisme, dans lesquelles Thomme, ne reliant pas le3 effets aux causes, se laissait aller à toutes les chimères et à toutes les sottises. Maintenant, Fapplication de cette méthode aux sciences physiques est incontestée : nul ne s'aviserait de dire qu'il y a la chimie de la pra** tique et la chimie de la théorie ; car le caractère de toute loi scientifique est l'universalité. Il n'y a pas deux lois de la pesanteur : on rirait au nez de l'ignorant qui
(1) Traité d'économie poUtique, ëdit. • Guillaaraiii. Discours prëliminaire, p. 8.
Tiendrait déclarer que le ballon 8*élèYe en violaiion de cette loi.
L'application de la méthode scientifique aux sciences naturelles a soulevé plus de difficultés, non-seulenient parce que les rapports des phénomènes entre eux sont plus complexes, mais parce que certaines révélations de la science sont en contradiction avec des préjugés religieux ou métaphysiques. Ce n'est pas sans peine que de sincères croyants arrivent à se convaincre que le monde n'a pas été créé en six jours, et c'est humiliant pour noua de ne point former un règne à part et de nous trouver un beau jour proches parents du singe.
A plus forte raison, l'application de la méthode scientifique à la science sociale devait-elle rencontrer une formidable coalition de préjugés et d'intérêts. On n'observe plus les faits pour arriver à la vérité ; mais on les prend comme des arguments, et on s'en sert pour échafauder des thèses, servant à justifier tel ou tel abus, tel ou tel privilège, telle ou telle erreur, telle ou telle tactique politique.
Carey, dans son remarquable ouvrage sur la Science sociale, constate ce fait.
a Traitant, dit-il, ainsi que le fait la science sociale, des rapports réciproques de l'homme avec ses semblables, il lui faut lutter partout contre les attaques des individus qui recherchent la jouissance du pouvoir et du privilège aux dépens des autres hommes... Tous ces individus tirent profit de l'enseignement du mensonge.
et conséquemment regardent d'un œil défavorable ceux qui cherchant à enseigner la vérité (1). »
De là la difficulté d'arriver à la détermination de principes positifs qui ne soient pas soumis aux fluctua^ tions des passions, aux modes du moment, aux entraînements des partis, aux intérêts des classes.
De là aussi le prétexte du discrédit des a hommes à système » , discrédit justifié, du reste, si l'on entend par systèmes, des théories subjectives basées sur des préjugés, des hypothèses, des traditions ou des intérêts, et non sur des faits soigneusement observés et vérifiés.
Mais railler des a systèmes » , quand ces systèmes ne sont que la constatation des lois qui régissent certains phénomènes et l'application de ces lois, c'est la négation de toute science ; c'est vouloir nous ramener à l'empirisme de nos aïeux de l'âge de pierre.
Nous devons rendre cette justice aux économistes; ils ont, les premiers, tenté d'appliquer avec rigueur la méthode scientifique aux phénomènes sociaux, mais ils n'ont pas su se garder toujours de tous les entraînements auxquels les soumettait l'influence du milieu dans lequel ils se trouvaient.
De toutes les lois qu'ils ont formulées, il n'en reste qu'une seule debout, incontestée : la loi de l'offre et de la demande.
. Quant à la théorie de Ricardo sur la rente, elle a été réfutée d'une manière invincible par M. Carey.
(I) Tomt V, p. 34,
Quant à la loi de Ifalthus, elle n'est devenue si célèbre que parce que l'aristocratie terrienne anglaise fut fort heureuse de trouver cette justification de la misère des classes inférieures. Elle pouvait se reposer en paix ; la misère était un fait providentiel, une loi fatale et naturelle à laquelle on n'avait qu'à se soumettre*
Les erreurs commises par les fondateurs de toute science servent de balises à leurs successeurs ; ce. sont elles qui, en leur signalant les écueils, tracent la route qu'ils doivent suivre afin d'arriver à la vérité. Mais pour cela il ne faut pas qu'ils s'aveuglent volontairement ; il faut qu'ils aient l'intention ferme et arrêtée (le l'atteindre, quelque danger apparent qu'elle puisse leur présenter.
Or y à tout instant, dans les ouvrages de nos économistes français, surtout depuis trente i^ns, on sent une préoccupation constante : la peur de se compromettre, de servir par leurs écrits certaines idées considérées comme dangereuses, -et en même temps l'intention bien arrêtée de combattre le a socialisme » .
C'est cette préoccupation qui a conduit Bastiat à opposer les Harmomes économiques aux Contradic^ tiens économiques, à prétendre que l'utilité des agents naturels était toujours gratuite, et qui lui a fait bâtir un système économique sur la théorie théologique des causes finales.
S'il en est ainsi dans les ouvrages didactiques, à plus
forte raison dans les discussions qui s'appliquent aax questions immédiates.
Alors, là on ne tient plus compte de la irérité. L.e préjugé hurle ; le priirilége gronde. Il suffit d'un appel aux passions pour jeter bas tout raisonnement.
n faut en finir avec ces procédés. Quand nos enfants ont peur la nuit, nous leur disons : — De quoi as~ta peur ? Va donc voir Tobjet qui te fait peur !
Ce que nous disons à nos enfants, il faut nous le dire h nous-mêmes !
D'abord, il y a un fait acquis depuis Condorcet, si ce n'est depuis Pascal : la perfectibilité humaine.
11 y a un autre fait également acquis : la nécessité du progrès, et cette nécessité a été démontrée avec une évidence terrible par les naturalistes modernes.
Ils ont appelé cette loi fatale, à laquelle sont soumis tous les êtres : la concurrence vitale. Tout être, tout organisme qui ne se développe pas, est condamné à périr.
De même, tout peuple qui, dans la grande marche ascendante de Thumanité, reste immobile, est bientôt dépassé par ses voisins; et tandis que ceux-*ci ne cessent de grandir, de se développer, de se fortifier, lui s'étiole, s'éteint, s'annihile et finit par dis^ paraître.
C'est là une fatalité à laquelle devraient penser les hommes qui, ne voyant que leur intérêt immédiat et étroit, placent leur idéal dans le passé au lieu de le
placer dans Pavenir. Ils devraient y penser d'antanl plus que nous venons de subir cette loi de la concurrence vitale avec une effroyable rigueur.
Ah ! je lésais, il faut une certaine énergie, il faut du courage pour se relever, chercher des voies nouvelles, il est bien pins simple de se traîner dans les vieux sentiers ou de rester tout simplement immobile.
Rien de plus commode que de ne pas vouloir regarder le lendemain, que de dire : **- Vous avez peut^tre raison, mais cela existe* Il faudrait faire un effort pour faire mieux. A quoi bon ? C'est dangereux.
Voici ce que Turgot répondait à ces endormis : a Vous ne voulez point marcher de peur de vous casser les jambes. Mais par là vous êtes dans le cas de celui qui aurait les jambes cassées, les vôtres vous sont inutiles, tu
On ne Técouta pas. On trouva qu'il avait des idées subversives. On le chassa du ministère. On haussa les épaules. Un siècle auparavant on avait agi à peu près de même à Tégard de Vauban, Tel a été le sort de tous les hommes qui ont essayé de mettre de Tordre dans nos finances. Les gens qu'ils dérangent, les privilégiés, ou même simplement les routiniers, les gens a pratiques v qui se croient volontiers gens habiles» gens avisés, les traitent de « perturbateurs )) • A la cour, Turgot était vu d'un très-mauvais œil. On se moquait de lui. On le soupçonnait de vouloir a faire de la popularité » ; ou l'appelait a révolutionnaire t> •
— 16 ~" Moins de vingt ans après, ces mêmes gens se réveillèrent un jour en sursaut, au bruit d*un effroyable écroulement : c'était la Révolution qui jetait à terre tous leurs privilèges, et avec leurs privilèges, leurs châteaux, leurs fortunes, leurs têtes.
De quel côté était la prévoyance ? — Du côté de ce révolutionnaire pacifique qui s'appelait Turgot, ou du côté de ces conservateurs ?
De quel côté était le véritable esprit de conservation ? Du côté de celui-là qui voulait marcher en avant, ou du côté de ceux4à qui voulaient rester immobiles ?
Ce sont là des faits que ferait bien de méditer aujourd'hui cette bourgeoisie française, émancipée par la Révolution. Déjà deux fois, elle a vu se dresser eu face d'elle la guerre sociale avec une énergie terrible.
C'est cette guerre sociale dont il faut empêcher le retour, si nous ne voulons pas revenir à la barbarie et si nous ne voulons pas disparaître dans une série de secousses et de cataclysmes.
Chercher les moyens de les prévenir : tel doit être le rôle de tous les hommes sérieux, prévoyants et actifs. Chez les peuples libres, en Angleterre, aux États-Unis, en Suisse, chacun sait que les affaires de la nation sont les siennes propres, et il y consacre une partie de son temps, de son intelligence, de sa force et de son argent.
Nous, au contraire, noua avons considéré la politique
comme un luxe et non comme une affaire, croyant volontiers que les intérêts du pays ne nous regardent pas. Il y a dans cette idée une tradition du vieux préjugé monarchique diaprés lequel , en vertu d'un droit divin, le roi étant chargé du bonheur de ses sujets, ceux-ci n'ont pas à s'en inquiéter. Nous le croyons encore volontiers. Nous avons la timidité, l'imprévoyance, la passivité, qui résultent de la foi dans un maître. Nous subissons encore l'influence de plusieurs siècles d'esclavage. Nous attendons tout de l'Etat, du gouvernement, auquel nous attribuons je ne sais quelle omnipotence et bmniscience. Au lieu d'agir en hommes, nous parlons en suppliants, et nous y sommes tellement habitués, qu'à peine débarrassés d'une tutelle, nous nous empressons de nous mettre en quête d'une autre. Au lieu de chercher directement les voies et moyens pour résoudre les questions qui s'imposent à nous, nous aimons mieux nous en remettre à des sauveurs à qui nous donnons avec empressement la tâche de nous imposer, non la meilleure solution, mais celle qui leur convient le mieux. Il suffit qu'ils viennent avec aplomb déclarer qu'ils se chargent de tout, pour que nous leur donnions tout pouvoir. Au lieu d'étudier la manière d'administrer nos intérêts, nous nous livrons à des intendants qui se prétendent bientôt nos maîtres, s*attribuent le monopole de nos affaires, déclarent qu'elles ne nous regardent plus, que nous n'y connaissons rien, et que nous n'avons pas le droit de nous en inquiéter.
£t. il faut bien l'avouer ; habitués par notre paresse d'esprit, par notre défaut de moeurs politiques» à compter sur des auxiliaires, nous sommes tout prêts à nous résigner, et il ne nous vient point à l'idée d'élucider nous-mêmes le programme des réformes à accomplir.
Nous nous plaignons volontiers, mais nous en restons à de vaines récriminations. Quand nous voyons que le sauveur qui devait tout sauver nous a à peu près perdus, alors nous faisons un effort et nous le mettons à la porte. Cela s'appelle une révolution. Au lieu d'être corrigés par l'expérience de la veille, nous npus hâtons d'acclamer le premier personnage venu qui nous affirme de nouveau , exactement comme son prédécesseur , qu'avec lui tout ira pour le mieux dans le meilleur des mondes possible. Nous passons notre vie à parodier les grenouilles qui demandaient un roi. Malgré toutes nos déceptions nous ne cessons de dire : — * Ce qu'il nous faudrait, c'est un homme I
Quant à moi, je dis avec tous les publioistes qui n'ont pas cru que la force était la meilleure garantie de l'ordre social : — Ce qu'il nous faut, ce sont des institutions solides, basées sur des principes.
Mais à qui appartîent-il de dégager ces principes ? Certaines corporations et certaines castes ont-elles donc le monopole de ces études? Loin de là. Le suffrage universel nous en impose à tous l'obligation ; et nous n'arriverons à un état stable que lorsque nos détermi-
nations politiques M résvlteront pas de sentiments pins on moins vagues, de haines et d'enthousiasmes plus ou moins irréfléchis, mais procéderont de Tétude des moyens les plus surs d'arriver à la garantie de tous les droits et, par conséquent, de tous les intérêts.
n y a déjà longtemps que j'ai compris cette vérité (1), et c^est pourquoi je ne me borne pas h des vœux platoniques en faveur de la paix sociale.
Les insurrections de Lyon, de juin, du 18 mars, ne nous ont-elles pas appris que les baïonnettes n'étaient pas toujours uu rempart bien solide ? Ne devons*nous pas avoir d'autant moins de confiance en elles qu'elles deviennent de plus en plus intelligentes ?
Je crois qu'il y a mieux à faire que d^ avoir recours aux procédés de Rome ou de Byzance pour arriver à une solution que ces deux villes n'ont jamais trouvée et que nos conservateurs n^ont pas trouvée davantage.
Le progrès social consiste en ceci : — Obtenir la solution des questions non^par des moyens violents» mais par des procédés pacifiques.
Qui peut donner ces solutions? La science.
n y a une mécanique sociale, conmie il y a une mécanique physique.
Faites mal vos calculs, méprisez les lois de la dyna-
(1) Voir I'Iè^ Mr h capital, 3* édit. , 1S7S.
miqùe, et votre machine ne marche pas ; ou si vous essayez de la faire marcher, les dents de vos engre* nages qui devaient donner un mouvement régulier, se transforment en mitraille, et la force utile devient un instrument de destruction.
Je sais quMl y a un système peu avoué, mais qui n*en existe pas moins à Tétat latent : c'est Thygiène de Guy Patin, le régime des débilitants , la médicamentation sociale par a les fréquentes saignées n ; on veut faire un peuple impuissant pour avoir un peuple docile. On croit qu'en le maintenant dans Tabêtissement et la servitude, on se met à Tabri de tout danger.
Le cardinal de Richelieu déclarait hautement que rimpôt était un instrument de gouvernement. En appauvrissant le peuple, il l'abaisse ; en le plaçant sous l'autorité tracassiëre et constante des agents du fisc, en le menaçant d'un arbitraire perpétue], il entretient en lui l'esprit de servitude.
C'est ce système que développait M. Guizot lorsqu'il disait : — Le travail est un frein.
Je n'abuserai pas de considérations morales, je ne m'attacherai pas à blâmer un semblable calcul. Je me bornerai à dire : — Voulez-vous que la France périsse ou qu'elle se régénère ?
Voulez-vous vous relever avec elle ou succomber avec elle ?
Et puis, faites bien attention à cette loi, démontrée par les faits mêmes qui causent votre terreur :
L'explosion est toujours en raison de la compression.
Vous avez voulu dompter le peuple, au lieu de régu^ lariser et de diriger sa marche ascendante ; de quoi avezvous le droit de vous plaindre si, une fois déchaîné, il se conduit en béte fauve ?
Pour moi, je ne crois pas que le travail soit un frein. Loin de là. Le travail n'est que l'appropriation des agents naturels aux besoins de Fhomme. Ils deviennent alors des utilités, et la richesse n'est que l'ensemble de ces utilités. Plus le nombre en est grand, plus l'humanité les a facilement à sa disposition, plus elle est riche. Faciliter cette appropriation, tel est donc le but que nous devons poursuivre, pour avoir un peuple vigoureux, sain, fort, intelligent, calme, au lieu d'un peuple débile, impuissant, misérable, et toujours en état de sourde irritation.
Développer notre richesse, pour retrouver les quinze milliards que nous a fait perdre la guerre et pour liquider la situation qui en résulte, telle doit être notre préoccupation dominante. La civilisation moderne, quelque illusion que puissent produire les événements récents, est baséQ sur l'industrie et non sur la conquête ; ce n'est pas en tuant, en pillant, en brûlant, qu'un peuple s'enrichit, augmente son bonheur, son bien-être, son intelligence, toutes ces choses enfin qui forment les éléments de la civilisation. Le mal qu'il fait à un autre se répercute sur lui-même ; demandez-le à toutes les familles en deuil de TAlleniagne, à toutes les
ruiner que Farrêt dés affaires y a amoncelées ! La Prnsse, considérée comme entité, petit pariditfe plus grande et plus forte : Gaillanme est devenct empereur au lieu d'être roi ; mais quel profit les Allemands onf- .ils recueilli individuellement de Tinvasion de la France et de l'annexion de FAlsace et de la Lorraine? Sont-ils plus libres ? Payent-ils moins d'impôts? Sont-ils astreints à un régime militaire moins despotique? Au contraire, leurs charges se sont augmentées, leurs moyens de production sont restés stationnaires. La première revanche que nous avons à prendre est de prouver que tous nos désastres ne nous ont pas ruinés. Si l'Allemagne a.triomphé de nous, grâce à une meilleure organisation militaire, triomphons d'elle à notre tour, grâce à une meilleure organisation du travail. Laissons-la immobilisée dans son vieil appareil féodal, et hâtonsnous de produire, d'acquérir une supériorité industrielle et commerciale ÎBContestée. Nous pourrons relever la tète alors et déclarer que nous ne sommes pas^ àes vaincus, car ce sont les peuples riches qui aottt les peuples forts»
En même temps nous arriverons à chasser tous ces spectres, qui n'ont jamais servi que de mannequins à ceux qui avaient intérêt à nous faire tomber dans leurs pièges. Par le développement de la production, toutes les activités étant employées, trouvant un libre champ pour exercer leurs forces ; tous les besoins pouvant se satisfaire aisément; toutes les institutions de prévoyance ayant les éléments nécessaires pour se développer, se
perfeclioniièr et s'étendre, nous arriverons à la aefaition de la a question soâale t , non par la guerre sociale» mais par la paix sociale.
Étudions donc les moyens de produire le plus de richesse possible et de la répartir le plus ëquitablement possible. Kfe perdons pas un moment pour déblayer le terrain industriel et commercial de tous les monopoles et de toutes les lois fiscales qui, en entravant la circulation, nous condamnent à une immobilité stagnante.
tt Lorsque les savants, disait M. Charles Comte, ont eu découvert la puissance de certaines machines, TetBcacité de certains remèdes, il n*a pas été nécessaire, pour les faire adopter, de parler de devoirs et de faire usage de la force, il a ^nffi d^en démontrer les effets. De même, en morale et en législation, le meilleur moyen de faire adopter un bon procédé et d'en faire abandonner un mauvais, est de montrer clairement les causes et les effets de Tun et de Pautre (1). »
J.-B. Say disait aussi : « H y a sans doute dans Tétat social des maux qui tiennent à la nature des choses et dont il n*est pas permis de s'affranchir entièrement ; mais il y en a un grand nombre auxquels il est nonseulement possible, mais facile de remédier. Je pourrais ajouter même que beaucoup d*abus pourraient être corrigés chez presque toutes les nations sans qu'il en coûtât le moindre sacrifice aux privilégiés qui en profitent, ou s'imaginent en profiter. Bien plus, il y a des
(1) Traité de légitlation.
changements qui seraient dans les intérêts de tous, qa*aucan danger ne saurait accompagner et qu'on repousse uniquement parce qu*on méconnaît à beaucoup d'égards Féconomie des sociétés. La plupart des hommes ignorent les avantages qu'ils peuvent retirer des avantages communs à tous (1). »
Voilà Texplication de ce livre.
Notre régime fiscal, d'un côté entrave la production des richesses, de l'autre en fausse la répartition.
Tous les procédés, tous les vieux expédients de la fiscalité ont été épuisés et condamnés par l'expérience dont nous subissons les conséquences en ce moment. Or, pour équilibrer notre budget, sept cents millions d'impôts de plus qu'en 1869 nous sont indispensables. Comment parvenir à concilier le développement nécessaire de nos forces économiques avec l'augmentation des frais généraux de la nation ?
En transformant notre système fiscal de telle sorte que la production, libre de toute entrave, puisse s*accroître dans une proportion suffisante pour supporter facilement la progression de nos budgets et l'amortis* sèment rapide de nos dettes.
Sans doute, il y a d'autres questions à côté de celle-là ; mais la question de la réforme fiscale est une question vitale pour le pays. Quant à moi, je m'y attache; et ni les railleries, ni les injures, ni les épithètes violentes, ni les insinuations perfides ne me feront l'abandonner.
(1} Traité d'économie politique. Discourt préliminaire , p. 46.
On^-peut dire de moi ce qu'on a dit de tous les nova* tears^ on peut me traiter de « perturbateur », de a révolutionnaire » et même de « communard v; on peut me présenter comme affamé de « popularité », quoique je n'hésite jamais à combattre les préjugés que je rencontre ; on peut répéter avec un charmant dédain : a De quoi se mêle-t-il ? Qu'il reste donc à faire son chocolat ! )) Cela m'est égal.
Fort de ma conscience, convaincu que je rends service à mon pays en travaillant à la solution de cette grave question, je poursuivrai cette tâche constamment, sous toutes les formes.
On m'a refusé l'autorisation de publier un journal économique (1). On a interdit âmes publications la vente sur la voie publique et dans les gares : il parait que dans l'opinion de <*• l'ordre moral », c'était faire acte de sédition que de chercher le meilleur moyen d'équilibrer nos budgets sans nuire au développement de notre richesse. Que m'importe? J'ai déjà parlé assez haut pour que mon appel ait été entendu ; j'ai déjà obtenu de toutes parts les plus précieuses adhésions. Une pétition demandant à l'Assemblée nationale de substituer r>mpôt sur le capital aux eipédients proposés par M. Magne, a été couverte de milliers de signatures qui en ont ainsi affirmé le principe. Mais cela ne
(1) Depuis que Cette préface a été écrite, j'ai adressé une nouvelle demande qui. est restée. sans réponse. Je me trompe: M. le Gouvemenr de Paris y a répondu par une circulaire qu'on trouvera à l'Appendice, note II.
stlfflt pas : il faut que là nécessité de cette réforme devienne évidente pour tous, comme elle Test pour moi.
Ta! été amené à cette conclusion par les observations personnelles qui résultent d'une pratique commerciale de trente années. J'ai observé les faits qui se passaient directement sous mes ycut, j^ai étudié leurs rapports ; j'ai fait comme le chimiste, comme le physicien, comme tout homme qui prend pour guide la méthode d'induction^ j'ai conclu de faits particuliers à des faits généraax ; j'ai acquis la conviction qu'il n'y avait pas plus deux comptabilités que deux morales, et que les finances d'une nation ne devaient pas être administrées autrement que celles d'un particulier.
Il est regrettaUe, je n'hésite pas à le dire, que les hommes qui ont la pratique et l'habitude des affaires se soient tenus trop longtemps dan» une réserve timide. Je trouve qu'ils ont le devoir d'exposer les théories qui, expérimentées par eux; leur ayant réussi dans la pratique de leurs affaires, doivent réussir aussi dans le maniement des affaires de l'État.
Nous sommes des peuples industriels, ne l'oublions pas : la civilisation moderne est une civilisation industrielle; les intérêts publics ne son! que le total des intérêts privés. Qui donc mieux, avec plus d'autorité et de compétence, que les hommes qui sont habitués à calculer et à manier des opérations industrielles et commerciales, peut venir <q)poTter son opinion dans les grandes discussions où s'élabore l'avenir des
nations ? C'est ià une vérité qae Saint-Simon^ aa miliea de toutes ses erreurs, «vail très*-bien caractérisée, et. qui n'a pas été suffisamment comprise par eeux-là qui étaient les plus intéressés à la comprendre.
Ils ont eu peur de se mettre en avant. Us oat craint les railleries qui accueillent toute initiative. Ils ont redouté les déceptions, les blessures^ les dangers qui résultent de toute lutte; les plus généreux, les plus intelligents ont gardé le silence, se contentant de déplorer entre eux, dans Tintimité, à huis clos, les fautes et les erreurs des gouvernements ; d'autres, au lieu de se faire une haute idée de la mission qui leur incombait, ne se sont glissés dans la politique que pour y défendre leurs intérêts personnels. Il faut que nous tous, industriels, commerçants, agriculteurs, tous hommes de travail, en un mot, nous comprenions autrement notre tâche, en nous dégageant, d'une part, de ces timidités ridicules qui ont arrêté tant d'hommes de valeur, et, d'autre part, en nous persuadant que placer ses intérêts personnels en antagonisme avec les intérêts généraux du pays, c'est faire acte non-seulement de mauvais citoyen, mais encore de mauvais spéculateur.
Telles sont les considérations générales qui m'ont déterminé à publier ce livre.
Maintenant, homme de discussion avant tout, je ne viens pas dire : — Croyez sans examen.
Je viens dire, au contraire : — Discutons en gens de bonne foi qui cherchent chacun la vérité de leur
côté par des voies différentes, mais qui sont unis par un égal désir d'y arriver. Voici les arguments à Faide desquels je me suis convaincu moi-même que Fimpôt sur le capital est le seul qui; reposant sur une base scientifique, soit confornae.à k .jUjstice.;tyoici' les raisons qui m*ont déterminé :. je vousrmj&tsi sans les.yeut les pièces du débat, celles*-là'niéimé$ iddnit'ji^I flotè servi poui: former ma propre coti va câoii.;;j»^Zi maintenant I ■ • • 1 i'ny\ ' 't >'.
Il; ny a de convictions réelle ^que les!: convictions raispnnées. Oli aura beau faireVlieisirojUiânèrs. quand même auront beau protester : -rr-.icVsitiàoIi opinion^publique, appuyée sur la science, qu'iappavtieiit.'F^vieBk.*
\ Juin 1874.
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