LA CIRCULATION ET LA PRODUCTION
L'épargne est-elle la cause de raccroissement des capitaux ? — L'avare lëgendaire. — L'ëpargne est ane preuve de disette. — Le but n'est pas d'ëpargner les ntÛitës existantes, mais d'augmenter ces utilités. — L'application de l'économie politique doit être analogue à celle des antres sciences. — Définition du terme : circulation* — Le jeu des capitaux fixes et des capitaux circulants. — Coquelin, Skarbek, Carey, Joseph Gamier, J. B. Say. — Confusion entre la circulation et l'échange. — La circulation est la transformation des capitaux circulants en nouveaux capitaux circulants on en capitaux fixes. —John Stuart Mill. — La circulation est une des fonnes de la division du travail. — . Une douzaine d'œ'ufs. — Le temps. — La production est en raison géométrique de la rapidité de la circulation.
Nous avons déjà montré que la tendance du capital circulant (matières premières et marchandises) était de se convertir fatalement^ dans un temps plus ou moins éloigné, à r aide de transformations plus ou moins multipliées, en capital fixe.
Les exemples que nous avons déjà cités nous indiquent comment cette transformation s'opère. Cependant il est nécessaire d'insister sur ce point, les économistes qui font autorité l'ayant négligé, ou plutôt ayant tranché cette question avec une trop grande facilité.
Smith a dit : ce L'épargne et non Findustrie est la cause immédiate de l'accroissement du capital. »
C'est J. B. Say qui a formulé de la manière la plus précise l'erreur que depuis ont reproduite presque tous les écono-
mistes. « C'est Faccumiilatioii des épargnes qui forme les capitaux », a-t-il dit (1).
M. Courcelle-Seneuil en a tiré la conclusion suivante :
tt Le capital augmente indifféremment par un accroissement de la production, et par une diminution de la consommation ; il diminue indifféremment par un, accroissement de la consommation ou par une réduction de la production. En réalité donc, le capital est la différence d'une soustraction dont la somme des richesses produites est le premier terme, et la somme des richesses consommées le second (2). »
S*il en était ainsi, il suffirait que Ton mangeât moins pour que le capital fût accru : les peuples les ]pltts richeg seraient les plus mal nourris.
Que le Nouveau-Calédonien épargne tant qu'il pourra de la viande de baleine pourrie, îl est bien évident qu'il n'arrivera jamais à un grand capital. Son capital n'augmente réellement qu'à la condition qu'il puisse retirer une plus grande utilité de la matière : pour cela, il faut qu'à l'aide du faible capital circulant qu'il a, îl arrive à former un nouveau capital fixe.
Le capital fixe est celui qui produit de l'utilité sans changer d'identité, avonsruous dit.
Comment se procurer cette utilité? Par l'épargne? Mais l'épargne n'agrandit pas l'utilité primitive : l'épargne ne fait qu'une chose : elle additionne des utilités déjà existantes.
L'avare légendaire qui garde ses écus dans sa cave ajoute un écu à ses écus déjà existants : il épargne, certes. Il obtient un capital de cette manière. Il éprouve grand plaisir à contempler ses écus. Dans ce cas, il a un capital d* agrément qui lui procure une jouissance, exactement comme s'il avait un tableau ou un objet d'art chez lui. Sou à sou, denier par denier, en se privant de tout, il a entassé ses écus. Mais ses
(1) Traité d'économie politique, p. 680.
(2) Traité d'économie politique, t. I, p. 50.
ècus restent improductifs. Ib ne produiront d'utilité que le jour où ils sortiront de sa cave poui^ entrer dans la circulation. Pour augmenter son capital, il prend le plus mauvais moyen, puisque le capital qu^il a accumulé ne lui produit rien par lui-même. Il lui coûte au contraire des soins de garde et de surveillance. Pour l'augmenter, il est obligé de prendre en dehors, et il n'y arrive que par Une moindre consommation. Que chacun l'imite, personne ne consomme plus. S'il n'y a plus de consommation, alors à quoi bon la production? On ne produit plus, on ne consomme plus que l'indispensable, et au lieu d'augmenter notre capital, nous revenons insensiblement à cet état de nature qu'a célébré Rousseau, mais qui représente tout simplement la faiblesse et l'impuissance de l'homme.
Le capital ne s'augmente donc pas indifféremment « par une diminution de la consommation, ou par une augmentation de la production » .
Et cependant on ne commettait pas une erreur en disant que l'épargne était productive : seulement comme on n* avait pas encore observé suffisamment le jeu des capitaux circulants et des capitaux fixes, on avait mal compris le phénomène de l'épargne. Mous en avons déjà indiqué le caractère : il consiste, non pas à entasser des capitaux circulants les uns par-dessus les autres, mais à convertir la plus grande partie , de ces capitaux circulants en capitaux fixes.
Quel est le problème, en effet, que se pose l'homme en face de la matière? Quel est son idéal?
Ëst^e d'en tirer le moins d'utilité possible ? Est-ce d'épargner cette utilité? L'épargne n'est qu'une preuve de disette. C'est parce que l'homme n'a pas assez, parce qu'il n'est pas sûr d'avoir demain, qu'il épargne. Mais l'épargne n'est pas évidemment un but : l'épargne ne peut être qu'un moyen de se procurer avec le capital qu'on a déjà un autre capital.
Supposons un village : l'eau s'en trouve à 1 kilomètre. Il faut aller en chercher tous les jours. On fait des citernes
pour épargner Feau. Cette épargne est quelque chose, mais elle est coûteuse et mal commode : le village n^est riche d^eau que le jour où un aqueduc amène cette eau jusqu^à lui.
Tel est le but que se propose Tindustrie de Fhomme. Ce n^est pas d^épargner les utilités déjà existantes, c^est d^ augmenter ces utilités. C'est là le grand problème de Finvention : des forces naturelles étant données, en tirer le meilleur parti possible pour Fusage de Fhomme.
Il s'agit d'augmenter sans cesse le pouvoir de Fhomme sur la nature, de mettre à la disposition de Fhomme tous les éléments naturels.
Que cherchent la mécanique, la chimie, toutes les applications de la science? Elle essayent de transformer le plus facilement possible, avec le moindre effort possible, dans le moindre temps possible, le capital circulant (matières premières) en capital circulant (marchandises).
Plus cette opération est facile , plus elle est prompte , plus Fhomme a augmenté son capital, puisqu'il a augmenté ses utilités.
Quand Hargreaves , quand Jacquard , quand Watt , quand Morse font leurs merveilleuses inventions, ils donnent à Fhomme une puissance qui se multiplie dans des proportions telles qu'un dieu d'Homère en serait épouvanté.
On a calculé que la machine à vapeur et la machine à filer sont arrivées en Angleterre à un développement de forces équivalant à quatre cents millions de travailleurs.
Réunissez, associez les Harpagons de tous les siècles, et jamais ils ne pourront vous donner une somme d'utilités, par conséquent un capital, qui ait quelque rapport avec celui-là.
Eh bien, Fapplication de Féconomie politique doit poursuivre un but identique à celui que poursuivent les applications des autres sciences. Elle a à résoudre exactement le même problème :
Puisque Faugmentation du capital dépend de la facilité de
r utilisation des agents naturels, comment parvepir dans le même temps, avec le même capital primitif, à produire le plus grand effet utile ?
Comment tirer le meilleur parti possible du capital fixe ? Comment transformer le plus tôt et le plus facilement possible le capital circulant (matières premières) en capital circulant (marchandises), et comment arriver à convertir plus facilement ce dernier en capital fixe ?
Les termes de ce problème reviennent tout simplement à celui que se pose le mécanicien : obtenir un maximum d'effets, dans un minimum de temps, avec un minimum d'efforts.
Cette production d'effet utile, à Taide du jeu des capitaux fixes et des divers capitaux circulants, est comprise sous le nom de circulation : mais comme ce mot, ainsi que la plupart de ceux que nous avons rencontrés en usage dans l'économie politique, manque de définition, nous devons nous y arrêter un instant.
Pour bien comprendre le caractère de la circulation, il est nécessaire de se rappeler la définition que nous avons donnée du capital fixe et du capital circulant.
Le capital fixe est celui dont le produit ne change pas l'identité.
Le capital circulant est celui dont le produit chancje l'identité.
Quand on parle de circulation, ce mot ne saurait s'appliquer par conséquent qu'aux capitaux circulants.
Mais il est nécessaire encore de se souvenir qu'une machine, capital fixe pour celui qui l'utilise, n'est qu'une marchandise pour Celui qui la fabrique et la vend, et que, par conséquent, relativement à ce dernier, elle est un capital circulant.
Le capital circulant est donc représenté par trois éléments : Matières premières ;
Marchandises ; Monnaie (1).
La monnaie est un organe de transmission de mouvement qui convertit les matières premières en marchandises, et les marchandises soit en nouveau capital circulant, soit en capital fixe. Son caractère propre est de rentrer toujours dans la circulation sans avoir changé de forme.
L'idéal du producteur est de convertir le plus rapidement possible la plus grande quantité de matières premières en marchandises, et de convertir de nouveau celles-ci le plus rapidement possible en monnaie , qui devient à son tour soit de nouvelles matières premières, soit un nouveau capital fixe.
C'est là ce qui constitue le phénomène de la circulation.
Skarbek, Coquelin et Carey seuls ont étudié sérieusement cette question.
M. Charles Coquelin donne la définition suivante de la circulation : tt C'est la disposition au mouvement (2). »
Évidemment, cette définition est insuffisante : elle n'est pas économique : elle peut s'appliquer à toute chose. Qn' estce qui a cette a disposition au mouvement» ? Est-ce une chose ? Est-ce de l'argent? Sont-ce des marchandises? Sonfce des hommes, des animaux?
J. B. Say est plus précis :
« C'est le mouvement des monnaies ou des marchandises lorsqu'elles passent d'une main dans une autre. La circulation n'ajoutant rien à la vakur des choses , n'est point eUe-même productive de richesses; mais quand elle est active, quand les produits passent promptement d'un producteur à un autre , jusqu'au moment où ils ont acquis leur entière valeur , et
(1) Les actions, les obligations, les titres de rente, les billets de banque, les traites, les billets à ordre, les chèques, etc., n'étant qne la représentation de capitaux, jouent dans l'échange nn rdle analogue à celui de la monnaie.
(2) Dictionnaire et économie politique.
lorsqu'ils passent promptement de Jeur dernier producteur à leur premier consommât eur, la production est plus rapide.
« Toute marchandise ou denrée qui est offerte pour être vendue , est dans la circulation ; elle n'y est plus lorsqu'elle est entre les mains de celui qui l'acquiert pour la consommer...
« La monnaie est une marchandise qui est toujours dans la circulation , parce qu'elle n'est jamais acquise pour être consommée, mais bien pour être échangée de nouveau (1).')
Ces économistes ont confondu à tort la circulation et
La circulation n'est pas seulement l'échange. Il n'y a pas besoin que le capital circulant passe dans d'autres mains pour qu'il y ait circulation. Il suffit qu'il soit transformé soit en un autre capital circulant , soit en capital fixe. Je produis du cacao et j'en fais du chocolat ; il y a là circulation , puis» qu'une matière première est devenue une marchandise en se transformant.
rappelle tircukUion Vensemhh des phénomènes à Paide desquels s'opère la transformation des capitaux circulants en nouveaux capitaux circulants ou en capitaux fixes.
Il y a là un double jeu analogue à celti de la bielle dans une locomotive. Le piston lui donne une impulsion qu'elle communique à une roue , et l'impulsion transmise du piston à la roue fait avancer la locomotive.
Stuart Mill préfère avoir recours à la définition suivante :
tt Le nombre moyen des achats faits par chaque pièce de mcHinaie dans la cohclusion d'une somme d'affaires donnée (2). »
Cette erreur est d'autant plus surprenante que John Stuart MIU était Anglais , et qu'il avait vu fonctionner le Clearing-
(1) Say, Traité d* économie politique, p. 571.
(2) Principes /L'économie politique, t. U, p. 16.
kouse, qui prouve quHl peut y avoir des affaires sans intervention de « pièces de monnaie.»
Mais un capital circulant n'a de valeur qu^à la condition de répondre à un besoin. S'il a une valeur en circulant , ce n'est pas parce qu'il passe de main en main, c'est parce qu'il représente une utilité pour chacun de ceux qui le détiennent tour à tour. L'idéal n'est pas qu'il passe dans le plus de mains possible. L'idéal est qu'il donne le plus d'utilité possible à chacun de ceux entre les mains de qui il passe.
Ainsi , une marchandise qui passe entre vingt-cinq mains peut acquérir de la valeur, parce qu'il faut que ^chacune d'elles en retire une utilité, mais l'utilité de cette marchandise aurait été plus grande , puisqu'elle eût coûté moins cher , si elle avait pu ne passer qu'entre une ou deux mains , et être transformée, immédiatement après, en un nouveau capital circulant ou en un nouveau capital fixe.
Dire que, plus il y a de détenteurs successifs d'un capital circulant, plus il y a d'utilités, c'est dire que plus une machine a de rouages , plus est grand son effet utile.
Là n'est pas la vérité évidemment; ce qu'on recherche dans la machine, c'est le plus grand effet utile possible produit avec le moins d'efforts possible. Seulement, il faut souvent un grand nombre d^ organes de transmission de mouvement pour obtenir cet effet utile.
Il en est de même pour la circulation. Évidemment, si j'habite la Bretagne , si j'ai une douzaine d'oeufs à vendre à Paris , je ne viendrai pas à Paris vendre une douzaine d'oeufs ; je ia remettrai à un intermédiaire qui l'expédiera à un autre qui la livrera au consommateur. J'y gagnerai , chacun de ces intermédiaires y gagnera, le consommateur y gagnera; la circulation sera productive d'effet utile pour chacun. Mais pourquoi? Parce qu'elle aura facilité la consommation, l'absorption, de ce capital circulant.
Maintenant , plus le passage de celte douzaine d'œufs aura été rapide entre les mains de chaque détenteur, plus il aura
donné d'avantages à chacun d'eux. La douzaine d^œufs reste toujours une douzaine d'œufs ; si les détenteurs successifs peuvent en vendre trois douzaines dans le même espace de temps au lieu d'une , ils gagnent sur les trois au lieu de gagner sur une. En niéme temps, ils se contentent d'un bénéfice moindre sur chacune, du moment que le bénéfice, réparti sur les trois , est plus, considérable. Ils prendraient 0 fr. 10c. de bénéfice sur june ; ils ne prennent que 0 fr. 05 c. sur chaque. Dans le preniier cas, ils n'ont que 0 fr. 10 c, dans le dernier ils ont 15 c.
C'est précisément pour ce motif que moi , producteur de la douzaine d'œufs , je ne suis pa^ venu la vendre à Paris ; la circulation n'est pas autre chose qu'une des formes de la division du travail.
Pour transporter une douzaine d'œufs de la Bretagne à Paris, j'ai un obstacle à vaincre : le temps.
C'est un facteur économique dont la science n'a pas ténu assez compté. Elle aurait dû cependant^ en observant les faits qui se passent sous nos yeux , en comprendre toute l'importance.
Quel est mon idéal, à moi industriel? C'est de transformer le plus rapidement possible mes matières premières en marchandises et mes marchandises en un nouveau capital, avec un bénéfice.
Mais quelle est la mesure de cette production ? Peut-on la déterminer? Peut-on montrer d'une manière positive l'influence que la rapidité de la circulation a sur la production ?
A ces questions , je n'hésite pas à répondre : — Oui , on le peut , et de la manière la plus simple. Une seule hypothèse nous permettra de déterminer ce phénomène avec précision. Pour simplifier l'opération, je fais abstraction des intérêts composés.
J'opère avec un capital circulant de 100,000 francs (matières premières) , qui tous les ans est transformé en capital
circulant (marchandises) , qui me donne un effet utile que je représente par 10,000 francs.
Qu'arrive -t- il au bout de dix ans? J*ai un nouveau capital de 100,000 francs, égal à mon capital primitif.
J'agis alors avec un capital de 200,000 francs qui me donne chaque année un bénéfice de 20,000 francs : au bout de dix années nouvelles , j'ai donc un capital de 400,000 fr.
Ce capital me donne 40,000 francs de bénéfice chaque année : au bout de dix années, j'ai donc 800,000 francs.
J'ai supposé que j'avais obtenu ce résultat en^ trente ans. Mais si, an lieu de trente ans , je n'en ai mis que vingt , mon capital , au bout de trente ans , ne serait pas seulement de 800,000 francs, il serait de 1,600,000 ; si, au lieu de vingt ans, je n'en ai mis que dix, il serait de 3,200,000 francs.
De ]à, je conclus que la production e$t en raison géométrique de la rapidité de la circulation.
On peut encore exprimer cette loi par des lettres ou par des chiffres de la muiière la plus simple.
Désignant par (CC + CC) les capitaux circulants qui produisent le phéncmiène de la circulation CR, et par £P l'effet produit ;
*Je dis :
(CC -f CC) = CR.
CR X (CC + CC) = EP
Si la circulation est double , j'ai :
2CRX(CC+CG).
Mais l'augmentation du onpital circulant étant en raison directe de la rapidité de la ^FcnIaiio|i| 3€1R axige 2(CCXCC).
Donc le produit final sera :
2CR X 2(CC 4- CC) =;;: 4EP
On autrement, en chiffres :
Supposant (CC + CC) = 4.
Ou a :
Et la circulation étant double :
64, effet produit qui est égal au quadruple du premier effet produit, 16.
Cependant nous admettons volontiers que cette formule n^est pas rigoureusement exacte. Mais est-ce par exagération qu'elle pèche? Loin de là.
Pour simplifier le calcul, afin d^ présenter cette loi de la façon la plus nette , nous avons négligé les effets utiles produits successivement par chacun des effets utiles antérieurs.
Mous pouvons , du reste, indiquer cette opération.
Je suppose toujours que j'aie un capital circulant (matières premières) qui vaille 100,000 francs et que je puisse le transformer en une année en capital circulant (marchandises), dont la vente me donne un bénéfice net de 10,000 fr.
L'année suivante, j'opère avec un capital de 110,000 fr. qui me donne un bénéfice net de 11,000 fr.
La troisième année, j'opère avec un capital de 121,000 fr. qui me donne un bénéfice net de 12,100 fr.
La quatrième année, j'opère sur un capital de 133,100 fr. qui me donne un bénéfice net de 13,310 fr.
La cinquième année, j'opère a^ec un capital de 146,410 fr. qui me donne un bénéfice net de 14,641 fr.
La sixième année, j'opère avec un capital de 161,051 fr. qui me donne un bénéfice net de 16,105 fr. 10 c.
Au bout de neuf ans , j'aurai plus que doublé mon capital primitif.
Me bornant à cette constatation , je ne pousse pas Fopération plus loin, et négligeant F intérêt des années suivantes, je me borne à dire : A foriioriy au bout de dix-huit années , j'aurai plus que quadruplé mon capital primitif.
Au bout de vingt-sept années , je Faurai octuplé, etc., tandis que dans l'autre hypothèse , je ne Faurais octuplé qu'au bout de trente années.
Si, au lieu.de vingt-sept années , je n'avais mis que dix-huit années pour obtenir ce résultat , j'aurais donc obtenu, dans le même espace de temps, un résultat double; c'est-à-dire que j'aurais obtenu seize fois mon capital au lieu de huit.
Si, au lieu de dix-huit années, je n'avais mis que neuf années , j'aurais donc obtenu en vingt-quatre années trentedeux fois mon capital au lieu de huit, etc.
Ma première hypothèse a démontré qu'un capital circulant de 100,000 francs, produisant 10 pour 100 d'effet utile, s'accroît tous les dix ans en raison géométrique.
Dans cette première hypothèse, nous avions négligé les effets utiles continus que produit une circulation constante. Puis dans une seconde hypgthèse, nous avons tenu compte de Fintérét annuel. Alors là nous avons trouvé une progression supérieure.
Enfin , en tenant compte de tous les rapports dans ce jeu combiné des capitaux circulants et de la circulation , on peut dire :
La raison d^une progression arithmétique croissante du capital circulant et de la circulation est toujours moindre que la raison de la progression arithmétique de l'effet produit.
C'est ce que prouve le tableau suivant :
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