COMMERCE SPÉCIAL
Voici maintenant quelques chiffres spéciaux relatifs aux années 1851 et 1866 (2).
En 1851 , le chiffre des importations s'élevait à 765, 100,000 francs; en 1866, il atteignit 1,793,500,000 fr. En 1851, le chiffre des exportations était de 1,158,100,000 fr. ; en 1866, il s'élevait à 3,180,600,000.
Les chiffres des importations et exportations de 1866, sont plus du double supérieurs à ^eux de 1851.
L'examen du transit en France pendant les années 1856 et 1865 indique une progression au moins égale à celle que nous venons de constater.
En 1856, il était de 76,599 tonneaux métriques, et en 1865
(1) Tableau du commerce de la France, p. 45. (S) Progrès de la France tout le gouvernement impérial, p. 11.
de 328,853, ce iquî représente pour 1886 :»5I2,S00i0ll©'fr., et pour 1865 : 704,500,000.
Le poids des marcliaiiâlses entrées dans ^les entrepôts était, en 1851, de 796,892 tonnes, tandis qvT en 1«65 il atteignait le chiffre de 1,103,001.
Le tableau suivant, relevé dans le Journal de la Société de itatisHqne de Paris (1) , mnt encore indiquer d*une façon nBréftttsd)le les accroisseiiMDts ^ne nous signalons dans le mouvement commercial.
FRilNlCE
AéM^mai
Ilii|M>rti«iM.
Expottetion.
M.'imJ^
Dans le commerce spécijal, Taccroissement des exportations Il été, en nombres absolus, de la première 4 la trotsièmo période, de 1,228,3, soit de 71 p. 100. E^ considérant T^- «firoisseaiNit de la première & la dernière année des 4rois périodes (1854 .et 1968) , les deux accf^oisaetoeuts sont 4e J^76,2 ou de 91 p. 100. Pour les in^portations, racciwsement de la première à la troisième période est de 1,663,2 oa 92 p. LOO. Celui de la première année 4 la dernière asnée des trois périodes est de 3,01^1 ou 155p. 100.
Enfin, en 1871, notre commerce spécial avec le monde entier s'élevait à 6 milliards 439 millions, sur lesquels les pays liés avec nous par des traités prennent uojQhiffre de 3 milliards 917 millions (2).
J'emprunte la oonclusion suivante à M. Bouta^nel (8) ^ afin
(2) Situation économise et eommereiale de la 'franee, 1857-71.
(3) L'Eeonoms(efranf0à$,n^ du 14 février 1874
qp^m.ne m'aconae^pas de -«jcoiyier.lAs chiffras» en .foveir de ma thèse.
Les revenus nets de Pagriculture, de Tindastrie et des banjjues se chiffrent de la manière suivante :
/ Reffli»iid8iUMproprilSfé,<eB#iMn. . . . . . . imfflBards,
ProdacUoo Ajjnnoliu . . ^ .. 17 ;milliscd0. D^ laquelle il .faut déduire i Frais gënëraox :
Semences, paille poar li- :A|pMMiiM / 'fières, foacmjes , 'travail des ibommes telL é» (mmua, engrais, impôts ^ Craie .divers, etc., envii^aii 10 millittida.
Le revenu net de la pro'dnction est donc \ de -7 mHlisrdt
Jnduside.
Ban^e. .
Production industrielle. . . • 12 milliards. De ^laquelle -^ fatft déduire t rFnM'généroBX :
Intérêts, et amortissement des capitaux, matières pre- -mières , coiitbustHiles , impôts, assurances, etc., en- TiroQ . • ... . ... jSiaiUtanis.
Le revenu net de laprodaoikm industrielle e»t donc de 4i
iLe bénéfice des banques, des sociétés de 'criédit, des sociétés diverses et ^es entreprises d'expo#talioiL« (Un à 'danz ..milliards... ^,. ^.•.. • ...m»^.. . . .1 àSimSUards.
Ensemble. , .... 16 à 17 id.
Voilà donc les éléments de 4a ^^pestion d'après les docu* •oneois^ officiels. Us eont însuf&aatB, évidemment, «t n^'expriment plus la situation réelle. Les chiffres que nous donnons ramonlent A plus de dix ans, puisqu'ils sont empruntés à un travail opéré de 1861 à 1865 et publié seulement en 1813.
Or, nous avons constaté, d'après les statistiques anté-^ rieures que, si on excepte les guerres de la Révolution et de
FEmpire, la production industrielle a doublé en France tous les treize ans et demi.
Non-seulement la production suit une progression géométrique ; mais il faut encore tenir compte de certains éléments qui lui donnent une plus-value dans une proportion telle, quUl est impossible de là calculer rigoureusement.
Il suffit de la découverte d*un noaveau procédé, d'une innovation dans le mode d^exploitation de telle ou telle utilité, pour provoquer un développement de richesses dont on ne peut que constater les résultats.
Il est évident que, dé[fuis' 1851, le développement des chemins de fer, Femploi du drainage,, d^s. machines dans Tagriculture, des engrais artificiels, le traité de conomerce enfin, ont augmenté la production agricole, et, par conséquent, la valeur de la (erre, dans une progression de beaucoup supérieure à celle qu^elle suivait précédemment.
La statistique de 1851 donnait, d*ûn autre côté, les résultats suivants :
La valeur vénale du sol, en y comprenant les maisons et les usines, était, en 1821, de 39 milliards 514 mllions; en 1851, de 83\millîai*ds 744 'millions ; augm,entation, 44 milliards 230; millions. En trente ans, cette valeur avait augmenté de plus de lOO pour 100.
Nous sommes en 1874.- Vingt-quatre ans se sont donc écoulés depuis cette dernière statistique.
u La valeur correspondante actuelle est peut-être de 120 milliards », dit M. Maurice filock (1).
Mais d'après les chiffres suivants^ M. Maurice Block est au-dessous de la vérité.
« Le prix moyen de Thectare de terre, dit M. de Foville (2),
(1) Statistique de la France, 2« édit. t. U. p. 30.
(2) De Foville. Les Variations des prix en France,d€pui9 un dem-sièelt*
a suivi, d'après nos calculs approximatifs, la rapide progression que voici : ^
Eu 1789 500 fr.
En 1815 700
En 1851 1.290
En 1862 1.850
En 1874 2.000
En d'autres termes^ le prix moyen de la terre a quadruplé . depuis quatre-vingt-cinq ans, triplé depuis soixante ans, doablé depuis quarante ans.
Si on multiplie par 2,000 francs les 44,934^732 hectares auxquels s'applique ce prix moyen, on obtient un chiffre de 89 milliards, 869,464,000 francs. Restent 7,922,943 hectares parmi lesquels sont compris les terrains des villes, qui sont fort chers. En les estimant à 1,000 francs Tun, nous arrivons au chiffre de 100 milliards (1).
(Extraits publies dans YÉcofumitte françaiê, |1874. p. 608.) L'Académie des tcieneeê mordUê et poUtiqwt a décerne i ce travail le prix dn dernier cqnGoon annuel.
(I) A ce tnjet je reçoit la lettre suivante qui prouve combien j'ai été modéré dans mes appréciations :
« N'est-ce pas une erreur d'estimer les 7,922.943 hectares comprenant les teirains des villes à 1.000 fr. chaque hectare?
• A Paris, il y a des mes dont le terrain vaut 15,000.000 fr. l'hectare, n n'f en a pas de moins de 100,000 fr. A Dieppe et à Boulognc-snr-Mer, à ma connaissance, l'hectare vaut de 250,000 fr. i 1,000.000 de fr.
■ Aussi je crois qn*on pourrait rester dans le vrai en les estimant en moyenne i 3.000 fr.
(soit 7,922.943 hectares X 3,000 - 23,768.829,000),
• nous arrivons au chiffre de 114 milliards.
« Je n'ai pas les documents devant moi-, mais je me souviens d'en avoir en en ma possession qui prouvaient que le capital fixe de la France s'élevait à une valeur vinaU d'an moins 225 milliards.
« Dans les environs de Dieppe , il n'y a pas de terre de moins de 4.000 fr. l'hectare. %
• A. Di RosaoN t.
HnfisT) dftnv nne carte' i)e lÀ n^esse* agricole de'IàFnaice» dressée en 1873, M. Gordier (du Calvados) estimait les terresr productives seulement à 42,003,987 hectares 29 centiares, qu^il décomposait ainsi :