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II. — Gonflgruration du pays, -r- Phénomènes natore

Depuis Cari Ritlery les géographes aiment à étudier de pli^ près les rapports entre la configuration du sol et la civilisatio ^ des habitants. L'observation elle-même était ancienne ; les Hell^^ nés déjà l'avaient faite.

Les premiers grands États se sont formés sur les rives df^ fleuves. Il suffit de rappeler le pays des Cinq fleuves et du Gange^ supérieur dans l'Inde, le Nil pour l'Egypte, le Tigre et FEuphrate dans les empires asiatiques de l'Ouest, et le Pei-ho pour la Chine. Les rives sont donc particulièrement favorables aux premiers développements des facultés et de la conscience humaines. L'homme, en se rendant maître des eaux, en construisant des barques et des navires, augmente son domaine et prend confiance en lui-même; il se laisse emporter par le courant du fleuve, et son goût pour le commerce et les aventures en grandit.

Les rivages des mers et les îles présentent les mêmes avantages. Citons simplement la Grèce et l'Italie classiques, les découvertes d'outre-mer par l'Espagne et par le Portugal, les premiers gouvernements libres de la Hollande et de l'Angleterre. Il faut à l'homme plus de temps et d'efforts pour se rendre maître de la mer; mais aussi, elle est un facteur plus puissant de développement.

BASES DE l'état DANS LA NATURE EXTERNE. 209

Les pays de montagnes exercent une action remarquable sur rame et le caractère. La vue seule de cette nature alpestre si magnifique et si variée élève et affermit le cœur de l'homme, au moins autant que Vaspect des mers immenses et violentes. Le montagnard exerce, excite tous les jours ses forces; elles en augmentent ; il apprend à se tirer lui-même du péril ; il s'élève virilement. Les divisions naturelles des grandes vallées, puis les vallons et les coteaux, favorisent la naissance de nombreuses petites communes, contentes de leurs usages, toujours prêtes à les défendre. Perses, Israélites et Arabes, Hellènes et peuples du Caucase, Samnites et Suisses le prouvent. L'esprit d'indépendanc» des montagnards n'a pas le même caractère que celui des peuples riverains ; il est plus calme, plus rude, plus opiniâtre; le second est plus agité, plus mobile; l'un rappelle la iQer, l'autre la montagne. Les Romains eurent à la fois les avantages des deux.

Les pays de Vinlérieur, ceux de la plaine surtout, se développent plus lentement ; l'action de la nature y est moins vive, par suite, la civilisation plus lente. L'Italie a précédé la France, 1* Angleterre l'Allemagne.

Les grands pays plats sans rivages et sans fleuves, avec leurs v^astes steppes ou même leurs déserts, sont évidemment les plus défavorables. Comparez l'Europe avec l'Afrique, le centre de l'Asie avec ses côtes, l'Europe orientale avec celle d'Occident. L*e despotisme a toujours trouvé une obéissance stupide dans ces uniformes contrées.

Si l'homme ne peut pas changer la configuration du sol, il a cependant plus d'action contre elle que contre le climat. La politique ne peut pas transporter les montagnes ou les mers ; mais ^llepeut rendre les fleuves navigables, construire des canaux, des routes, des chemins de fer, un réseau de télégraphes ; aniïûer l'uniformité par le commerce ; rattacher l'intérieur des terres aux grandes mers. Elle a ici de grands devoirs, elle peut les accomplir, et la civilisation croissante réunira un jour, dans ^n ensemble béni, toutes les parties de la terre habitable.

Certains phénomènes variables de la nature exercent également

des influences, que Thomas Buckle a récemment signala grandes scènes des pays de montagne et des rivages de font sur rame une impression grave et élevée. On \ contre, sous les tropiques surtout, la nature externe in aussi dans Thomme Tidée de son irrésistible puissance ôter toute espérance d'en triompher par la lutte : Thomn renonce à tout effort, son imagination se rehiplit des gigantesques des forces naturelles, son cœur est plein d€ tes et de superstitions. Les chutes prolongées de neige, V* ment des glaces, les avalanches, les longues pluies et le des inondations, les tempêtes des pays chauds, une suc rapide de riche et abondante végétation et d'aride stéri nuées d*insectes, la rage des bêtes fauves, et nombre < phénomènes dévastateurs et tout-puissants, accablent bi qu'ils n'encouragent. Les climats tempérés sont mieux port avec les forces limitées de l'homme. Les phénomène sifs le choquent et nuisent au développement de sa L'uniformité complète l'endort; l'excès des forces na l'effraie; des phénomènes variés, mais modérés, anim pensées, le poussent au travail. L'imagination désordoD peuples des tropiques les porte aux plus ridicules gri l'homme des pays tempérés ordonne bien plus facilem esprit et ses actes.

II ne faut d'ailleurs rien exagérer. L'éducation moral tellectuelle que l'homme donne à l'homme, exerce une ir plus haute encore. La raison peut se développer, Tima) se régler par le sentiment du beau, même sous un ciel h et un ciel doux a vu quelquefois la superstition maît la pensée sans force. La nature ne règne pas sur 1' en maîtresse absolue ; l'homme doit se placer indépem face d'elle, en utiliser les avantages, en combattre mauvaise.

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