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III. — MODES DÉRIVÉS

1. Colonisation. — La colonisation des Hellènes couvrant de villes et de ports les côtes de la Méditerranée, dans TÂsie Mineure, l'Italie, les îles de l'Archipel et la SFcile, était en réalité une création consciente d'États nouveaux. Quoique attachée à l'ancienne patrie par l'origine, les mœurs, le droit et la religion, la ville nouvelle, aussitôt indépendante^ se fondait à peu près comme la famille nouvelle d'un fils qui quitte la maison paternelle. La jeune cité emportait avec elle le feu sacré du Prytanée et les dieux de la ville mère *. Les Hellènes ne fondèrent pas un vaste empire; mais leurs colonies, partout dispersées, hellénisèrent l'Orienta

Les colonies de Rome sont d'un autre genre. Destinées à assurer au loin sa domination, elles demeuraient dans une étroite <lépendance de la capitale ; elles n'étaient jamais que l'extension d'un même État.

Autre encore est la colonisation moderne. Considérée dans ses

Comp. Uerrmann, Griechische Statsaltcrthiimer, chap. iv. La colonisation des Phéniciens ne fut pas, dès le début, une création d*États nouveaux, ïïiais elle prit ensuite ce caractère.

Gomp. Laurent, II, p. 310.

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débuts, surtout dans le Nouveau-Monde, elle n'a pas directement pour but de fonder de nouveauic États, mais plutôt d'étendre la puissance et la culture de la patrie européenne, de cherchei une nouvelle existence économique ou de fuir des persécutions. La dépendance demeura plus étroite dans TÂinérique du Sud ; dans celle du Nord, les goûts d'association et de liberté condiaîsirent bientôt à une indépendance relative.

Mais une fois fortifiées, toutes ces colonies se dégagent succossivement de la domination de la métropole, et s'érigenten États. On peut les comparer à l'enfant qui augmente en naissant 1^ famille paternelle et qui, grandi au moral et au physique, se sépare pour fonder à son tour une famille.

2. Concession des droits de souveraines, fréquente au moy^-*^ âge. — Une série d'États, en Allemagne surtout, des principal*-^ tés, des duchés, des villes impériales, se formèrent et devinren ^ indépendants en obtenant d'abord du roi certains droits réga- — liens, puis davantage, et au point de rendre son autorité souvent>^ nominale. La concession s'acquérait volontiers dans les formes du droit privé, l'achat ou l'engagement, et sous ce rapport, elle est incompatible avec les idées modernes. Mais ce mode n'est pas essentiel et l'on peut très bien concevoir qu'un État, encore aujourd'hui, érige volontairement une portion de son territoire en pays indépendant. L'Angleterre l'a fait pour le Canada et pour quelques autres pays secondaires.

3. Enfin l'État nouveau peut être Vœuvre d'un maître étranger, et spécialement d'un conquérant. La volonté omnipotente de Napoléon I*»" fit naître ainsi un grand nombre d'États, créations arbitraires d'une force excessive et instable, tombés presque en naissant. Cette formation est la plus imparfaite, et présente peu de garantie de durée.

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