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hoiiiniP, ou (In moins à tout lioninie sensible, rimprcHsiori du chez soi. Devant elle, i) ne [poursuit pjis un inléi*êl intellectuel^ qui le porterait à chei*«her quelque chose de vrai, ni un intérêt pratique, qui le [)orterait h chercher quelque chose do bien, mais un intérêt qui le pousse h chei-cher quelque chose qui absorbe et complète son moi, et cet intérêt, il en trouve la satisfaction. Après avoir ex[)lr»ré maint domaine, où il s'est souvent éj^-^aré, et s'être débattu dans les maréca<;e8 qui s'étendent devant les palais du devoir, il s'abandonne au charme du chez soi, où tout lui est familier, où tout est sain, et surtout où tout est à lui.
§ 6. — La rnison esthétique et la beauté absolue-
18. En conséquence de ce qui précède, la théorie de la « raison esthétique » vient se joindre, dans notre doctrine, à celles de la « raison théorique » et de la « raison pratique ». Dans la théorie de la raison théorique, nous retrouvons les principes qui, suivant Kant, constituent la charpente même de toute connaissance. Mais ces principes se manifestent, comme nous l'avons vu, quand le contenu médiateur des idées, dans le processus ordinaire de la connaissance, revêt les attributs de généralité et de nécessité et prend un caractère d'absoluité. Les propriétés de validité commune et d'interdépendance rationnelle acquises par la connaissance au cours de l'expérience expérimentale et sociale se reflètent dans le jugement individuel. Ici, elles se présentent comme attributs de la raison universelle.
Pareillement, les normes de la conformité sociale, établies au cours de la vie de l'humanité, se reflètent dans la conscience individuelle. A la limite de la médiation de la fin par les moyens, ceux-ci s'évanouissent, et la fin apparaît comme bien absolu ; elle impose dès lors son idéal, l'impératif catégorique de la raison pratique. Cet impératif est une règle synnomique de conduite, un absolu de valeur.
19. il se passe quelque chose d'analogue dans le progrès de la vie de sentiment. Les médiations de la pensée et de l'action s'y montrent dans toute leur force, comme partout ailleurs; mais elles ne se bornent pas à se développer indépendamment dans la direction de leurs idéals respectifs ; elles s'unissent en outre pour se développer en commun dans rimmédialeté de Testhélique. Le progrès qu'elles font vers l'idéal auquel elles tendent une fois unies ne consiste plus h rendre absolu un des termes d'un processus de médiation, car cet idéal, produit de la fusion des deux premiers en un seul, est immédiatement réalisable. Ni les moyens ni les fins ne disparaissent : les uns et les autres contribuent d'une façon convenable à l'interprétation du réel. Le contenu de la raison esthétique — si l'on entend par ce terme le produit de la vie affective incarné dans l'intuition esthétique (1) — n'est donc pas quelque chose qui procède du monde et de la société et se reflète dans le jugement et la conscience de l'individu, mais quelque chose qui vient de l'immédiateté de l'appréciation de l'individu et se reflète dans le monde objectif et dans le monde social. Tout en gardant les jugements synnoraiques de vérité et les valeurs synnomiques de devoir, ce contenu introduit son résultat synthétique, c'est-àdire ridée de beauté, dans fe monde des choses et des hommes (2).
Dans cette vision propre à la raison esthétique, toute réalité organisée — le vrai, le bien, l'humain, le divin — prend la forme d'un beau tout. L'absolu esthétique naît des absolus de la théorie et de la pratique. La beauté n'est pas
(i) La raison, comprise dans le sens d'une immédiatelé psychique, est toujours, en réalité, un état de sentiment. Elle est de la nature d'un abstrait émotionnel ou affectif, forme sous laquelle cerlaiiiS processus théoriques ou actifs se présentent, ainsi que nous l'avons exposé dans le t. III de Thought and Things, chap. vu.
(2) C'est dans ce sens que la beauté peut être définie « le sentiment objectivé » (voir Gaultier, Le sens de Vart), c'est-à-dire le sen» timent informé et moralement distingué qui résulte de l'union, à n'importe quel stade de culture, du vrai et du bien, et qui est attribué à la chose belle.