G THÉORIE MATHÉMATIQUE
corps. Sur ce point, j’ai adopté la loi générale en fonction des températures, que MM. Dulong et Petit ont donnée dans le mémoire qui a remporté le prix de l’Académie des Sciences en 1818 (*); ouvrage que l’on regarde, à juste titre, comme un des plus remarquables de la Physique expérimentale, soit h raison de l’importance et de l'ensemble des résultats, soit à cause de la précision des observations et des difficultés que les auteurs out surmontées. En vertu de cette loi, la communication de la chaleur entre deux corps ne dépend pas simplement de leur température relative, comme on l'avait admis pendant long-temps, d'apres le principe de Newton, suffisamment exact dans le cas des températures ordinaires, mais qui s’écarte de plus en plus de l’observation à mesure que les températures sont plus élevées. L’analogie porte à Croire, et j'ai supposé, en effet, qu’il en est de même dans l'intérieur des corps ; et quoique la communication de la chaleur n’ait lieu qu’entre des molécules très voisines, dont les températures sont très peu différentes, la considération des .carrés de leurs différences donne naissance, néanmoins, à des termes que j’ai déterminés, et dont l'omission rendait incomplète l’équation des températures intérieures , telle qu’on l'avait donnée jusqu’ici pour les corps homogènes. ,
Cette Théorie mathématique de la Chaleur formera la seconde partie d’un Traité de Physique mathématique , où je me propose de considérer successivement, sans m'astreindre à aucun ordre arrêté d’avance , les diverses questions de la Physique auxquelles je pourrai appliquer l’analyse. La première partie de ce Traité est la Nouvelle théorie de l’Action capillaire , publiée en 1 83 1 .
(*) Journal de l'École Polytechnique , 1 8* cahier.