LIVRE 1, CHAPITRE
meuLî lorsque nous renlenJans dire <iuc par une furce suQisante un corps peut élre l'éJnit à un point géométrique, tandis que l'étude presque superficielle des lois Je compression nous apprend aujourd'hui que le volume apparent d'un corps solide ne peut être réduit que jusqu'à une limite immuable, fort rapprocbée du volume actuel, nous sommes amenés à expliquer, sinon à excuser, le dédain qu'affectent beaucoup d'hommes de science pour les études philosophiques en général.
Mon inlenlion ne saurait être ua seul instant d'examiner ce qui a été soutenu a priori pour ou contre l'existence d'un atome matériel indivisible : ce serait faire perdre du temps au lecteur, et d'ailleurs l'entraîner dans une voie que j'ai signalée comme vicieuse , et que j'ai évitée de mon mieux dans tout le cours de ce livre. Je ne ferai que développer une réflexion que j'ai présentée déjà sous forme concise dans les esquisses préliminaires.
Voici à peu près le fond de tous les raisonnements par lesquels on a voulu réfuter l'existence d'un atome limite.
L'espace, dit-on, peut être divisé en parties aussi petites qu'on veut, et dont la limite dernière ne saurait être que le point géométrique sans étendue. Les corps, en lanl qu'ils occupent l'espace , en partagent les qualités : ils sont donc divisibles, dans leur totalité el jusqu'à l'infini. Et comme avec nos moyens expérimentaux il nous est impossible de |lrouver une limite à la divisibilité d'un corps quelconque, on en u conclu qu'elle est effectivement illimitée.
Il saule aux yeux que , dans cette argumentation , on confond complètement l'espace, considéré comme le lieu de toutes nos conceptions géométriques, avec les subslances ellesmêmes qui peuvent occuper cet espace, el que l'on prétend ainsi imposer a priori à l'existence même lie ces suhstancesleK lois mathématiques des grandeurs purement idéales que nous pouvons y concevoir. C'est là un point de départ dont rjous iie
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saurions signaler assez fot-itemenlte côlùilûrectiiGiixeleiToni!'. L'cxistencû île la nialière, tout comme celle de tout aulre principe constiluanl de l'univers, sont des fails primilifs que Qous sommes obligés d'actcpler tels quels, clonl nous nu pouvons deviner apnori le pourquoi et le comment, et dotil il est par conséquentimpossible de trouver le mode ailleurs que dans l'étude rigoureuse des faits eux-niÉmes. Ne pouvant rîcD créer, ne pouvant rien anéantir, l'homme ne peut non plus concevoir la raison d'existence de ce qui est. Qu'il s'agisse de l'existence de la matière ou de celle de noli-e propre AME, nous ne pouvons que constater le fait, et l'étudier ensuite dans ses rapports avec d'autres fails semblables. Toutes les Tois que l'homme voudra aller au delà , il aboutira à l'absurde, à la folie, ou se paiera de mots creux. Plus d'une fois, dans ce travail, j'aurai à répéter celte assertion, qu'on ne saorait assez faire ressortir : l'atome fini, un et indivisible, existe ou n'existe pas; aucun raisonnement o /Jnort ne peut nous faire deviner ce qu'il en est. Si l'étude sévère des faits met cette existence hors de doute, nous sommes obligés de l'accepter telle quelle, que nous la comprenions ou non. Aucun raisonnement antérieur aux fails ne saurait plus l'abolir. L'étude des phénomènes nous a effeclivement amenés à accepter l'existence de l'atome indivisible, doué d'un volume fini et immuable. Elle nous amènera bientôt à reconnaître que la forme mfime de cet atome ne saurait être considérée comme une arbitraire indéterminée. Par cela même que cet atome est fini, nous pouvons, si petit qu'il soit, le diviser encore idéalement et géométriquement : mais là n'est plus la question. Que cet atome soit grand ou petit, son indivîsïbililé effective ou mécanique est un fait primitif que nous n'avons pas à expliquer, et qui relève de l'existence même de la matière : et , comme nous le reconnaîtrons , c'est à la matière seule, parmi les éléments de l'univers, que ce fait an-tparlienl en propre.