‹ Théorie mécanique de la chaleur ... [3 vol.] (volume 3)Chapitre 126 sur 136 · LIVRE y, CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE y, CHAPITRE IV

ser, si elle était jamais un fait prouvé , ne serait à aucun titre le triomphe du matérialisme ou du pandynamisme ; pas plus que la naissance d'un être vivant par la fécondation d'un germe y elle ae prouverait que la vie est un simple phénomène dû aux forces du monde physique. lotéressante au plus haut degré comme question de fait an histoire naturelle, l'étude des générations faussement appelées spontanées n'a aucunement la portée qu'on a voulu lui adjuger en matière de philosophie. Nous avons dit : «...La naissance d'un être vivant...^ si elle était jamais prouvée, p J'ai présenté dans l'es- <|uis5e cinquième toutes les raisons qui, pour le moment, doivent nous porter à douter de la possibilité de cette naissance en elle-même , et je pense n'avoir pas à y revenir.

Et maintenant supposons que les diverses espèces vivantes dérivent les unes des autres, comme le formule l'assertion si faussement imputée à Darwin. En résulterait-il qu'une âme est une transformation d'une autre? Si, pour aller de suite au point le plus élevé, si l'homme descendait effectivement d'un singe, serait-on en droit de dire que l'âme humaine n'est qu'une âme de singe perfectionnée? Ici encore nous parvenons en ligne droite àtine réponse autre que celle qu'on a depuis longtemps posée comme évidente.

Nous sommes arrivés, par la seule force des faits , à reconnaître que l'organisme d'un être vivant quelconque ne saurait être considéré autrement que comme l'instrument et l'habitation temporaire d'un élément de nature transcendante, d'une unité animique : instrument construit à l'aide des éléments du monde physique , à l'aide des matériaux pris dans le milieu ambiant. Si , par suite des conditions favorables ou défavorables de ce milieu, ou si, par de toutes autres raisons, la puissance plastique de l'unité vivante est aidée ou entravée ; si le développement qu'elle tend sans cesse à donner à l'organisme est facilité ou gêné dans son essor, l'instrument atteint un degré de perfection relativement élevé comme œuvre d'arl,

OU reste défectueux et imparfait. Par un contre-coup ioévitable, Tuiiité animique» bien ou mal servie par son instrument f bien ou mal logée , atteint le degré de développement auquel elle est appelée dans ses fonctions physiques et psychiques, ou reste déprimée. C'est chez l'être privilégié que les limites sont les plus écartées, quant à l'état de développement complet et quant à l'état de dépression ; ces limites se rapprochent (à nos yeux du moins) ^ à mesure qu'on descend sur l'échelle des êtres vivants. Mais quelque écartées que soient les limites de développement physique et psychique entre lesquelles peut ainsi varier une unité animique, il est de la der«nière évidence que la variation ne saurait porter sur la nature même de cet élément. En ce monde, une âme humaine, par exemple , reste une âme humaine , quelque haut qu'elle s'élève en titre , ou quelque bas qu'elle descende (soit par sa propre faute, soit par celle du milieu ambiant, physique et psychique). En un mot, l'idée d'une transmutabilité animique en ce monde est en elle-même absurde, qu'il s'^sse de la plante ou de l'homme. L'homme le plus inférieur, le plus cruellement lésé dans son développemeni physique et psychique, est encore un homme complet, tout au moins à l'état potentiel. Ici-bas le développement porte sur l'aptitude qu'acquiert chaque être à accomplir les fonctions de tous ordres auxquelles il a été appelé , et il a déjà une étendue immense ; mais il ne peut porter sur une modification de l'essence animique elle-même.

En aucune hypothèse, l'homme, par exemple, ou pour mieux dire l'âme humaine, ne peut dope être considérée comme une âme de singe perfectionnée en ce mondé. Si transformation il y a, il est certain qu'elle a lieu dans un autre milieu; et la ti^ansformation des diverses espèces d'organismes ne serait alors qu'une conséquence de cette transforformatioH antérieure.

Le germe non fécondé d'un être vivant peut être considéré

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