‹ Théorie mécanique de la chaleur ... [3 vol.] (volume 3)Chapitre 129 sur 136 · LIVRE V, CnAPlTRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE V, CnAPlTRE IV

Des espèces nombreuses de plantes cl d'animaux qui ont précédé l'homme sur celle terre ont disparu, et n'ont laissé d'autre trace de leur passage que quelques débris d'ossements et de matériaux carbonifères, que des masses minérales dont ils ont modifié la composition el la forme. Ces êtres n'ont évidemment eu aucune connexion directe ou indirecte, au point de vue de l'utilisme, avec l'existence postérieure de l'espèce humaine. Soutenir, par exemple, que des millions de plantes aux parfums suaves, aux formes les plus gracieuses, aux couleurs les plus éclatantes, ont été créées avant l'homme pour lui préparer des dépôts de houille et d'anthracite, c'est, je pense, franchir les limites de l'ahsurde au delà de ce que peut se permettre tout homme qui a le moindre respect pour lui-môme et pour sa raison t Dès son origine, et jusqu'à nos jours, partoul où l'homme a voulu prendre possession de son domaine, il a trouvé des milliers et des milliers d'êtres contemporains qui longtemps avaient vécu bien indépendamment de lui, qui n'avaient avec les hommes déjà existants aucune connexion d'utilisme; il en a utilisé beaucoup par la conquête; il a dû en détruire bien plus encore pour pouvoir vivre lui-même et se suhstituer à eux. On peut môme dire que c'est dans les contrées oii la vie organique alfecle les formes les plus splendides, que l'homme a trouvé le moins d'êtres répondant aux exigences de son finalisme égoïste , et a eu le plus à détruire pour pouvoir vivre. Sous les tropiques, dans les régions équinoxiales , la conquête, qui est loin d'être achevée encore, présente des dangers réels, et oppose au conquérant des ennemis redoutables.

A moins de nier que l'œil ne soit fait pour voir et l'oreille pour entendre, on est bien obligé de se dire que ces millions d'êtres , inutiles sinon nuisibles à l'homme, ont eu et ont encore leur but à la fois physique et psychique dans l'harmonie de la nature. Et pourtant, quel est ce but, quel est ce rôle, quelles sont l'es fondions , si lous ces èlres ne sont que des

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choses, des |iliénoméiies passagers, dos auloinales, tlps machines?

Le matérialisme est condamaé à nier toute icl^e de Coalité harmonieuse dans la nature; mais une telle né^alioD heurte si violemment les affirmations les plus élémentaires de la raison, qu'elle est le coup mortel de la doctrine d'où elle émane.

Le spiritualisme, tel (ju'il s'est formulé jusqu'ici dans les divers dogmes religieux, nous jette, de son côté, dans contradictions les plus insolubles , en rapportant toul l'homme,

La synthèse naturelle à laquelle nous venons d'arriver^ qui n'est autre chose que la forme la plus absolue du spirT tualisme ralionnel et expérimental, cette synthèse résout, au contraire , d'une manière tellement simple cl. logique la question qui vient de se présenter à nous, qu'elle leçoil par conti-e-coup de sa réponse une confirmation des plus frappantes.

Tout être vivant devant ses qualités, ses attributs, ses fonctions, à un clément animique, à une unité douée d'une activité spontanée et consciente d'elle-même dans des limites plus ou moins étendues, prend une raison d'existence à la fois propre et corrélative : il est quelque chose par lui-même et pour lui-même, en même temps qu'il est quelque chose pour les autres êtres vivants. Ces milliers d'êtres qui, sous toutes les formes, par leurs parures, leurs parfums, leurs mélodies, témoignent la joie de l'existence, prennent une importance individuelle dans la création ; chacun y comble une lacune, chacun y est une note de l'harmonie universelle. Leur tence est, par ce fait même , expliquée.

Ces merveilles sans nombre qu'étale le monde vivant désormais quelque chose par rapport aux êtres eux-mêmes qui les offrent ; la plante n'embellit et n'embaume pas en vain les lieux où l'homme n'a jamais mis le pied , où il n'a jami

;une^

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