LIVRE II, CHAPITRE I
dans ces deux deniierâ siècles, el nous donne ainsi une idée 1res netle de la marclie des sciences physiques. C'est aussi îelui qu'il convient de suivre dans l'examen critique que nous liions en faire. Nous ne tarderons pas à nous convaincre que s diverses hypothèses ont toutes iin côté spécieux et même wrrecl dans la forme, mais qu'elles pèchent en ce rju'elles le sont que partielles et qu'elles omettent chacune une face ou une autre de l'ensemble des phénomènes à expliquer.
ifulaiion de la doclrine qui attribue les phénométies de lumière, de chaleur, d'électricité, à des fluides distincts de la matière, mais pourtant analogues à elle dans leur essence.
Celte toute première doclrine attribuait les phénomènes des .mpondérables à des fluides éminemment subtils, élastiques, capables de pénétrer dans les intervalles atomiques des corps, idéntiés de pesanteur, mais pourtant attirés el localisés par la matière des corps.
La chaleur, par exemple, était assimilée à une espèce de gaz qui , en pénétrant dans les interstices atomiques , sépare les parties entre elles elc.
La lumière était attribuée à des particules lancées avec une grande vitesse par les corps lumineux, et il en était de même quant au calorique rayonnant.
Il est, je pense, inutile d'entrer dans de grands détails à l'égard de cette interprétation, et de dire comment on s'est efforcé de l'approprier aux exigences de chaque application .pcciale. La vérité est que, telle qu'elle était congue, elle était insoutenable presque dès l'origine: pour ne ciler qu'un seul exemple , on n'a jamais pu rendre compte le moins du monde ni de la chaleur ni de la lumière continues que peut dévelop-
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per 1(! frollcmonl des coi'ps, ou que diïveloppenl cl l'êlincdlf el les courants électriques ; car il est impossible d'expli^iw commenl une substance, analogue même de très-loin, àla » tière, pourrait être créée coutinuellemcnl par le rrollemenl, par exemple. Ce n'est cependant que l'apparition de la Moue thermodynamique qui a décidément fait abandonner l'interprétation dans son ensemble, el à ce titre il est utile riVn parler nn peu plus long^iieraenl.
Selon celte doctrine évidemment, l;i quantité de clialcui' réellement présente dans un corps ne peut varier que par suite du passage de la cbaleur de ce corps dans d'autres ou dans l'espace, el réciproquement. Or c'est là une des propositions que l'espérience a décidément réfutées le plus radicalement. On sait, en effet , aujourd'hui de la manière iapli positive, que , dans un moteur quelconque oii c'est la chaleuf qui agit comme puissance motrice , il y a toujours un Jéchel de cbaleur rigoureusement proportionnel à l'effet dynamique de ce moteur. On sait que, dans un poids d'une vapeur quelconque, il n'y a en réalité pas plus de chaleur que dans le même poids de liquide pi'is à la même pression et à la même température que celle vapeur ; bien que pour engendrer celle vapeur, il ait pourtant fallu fournir au liquide une quanlîlé très grande de chaleur; ici toute celte chaleur est em[ à produire un travail exlerne et interne. Bien plus , on sait que , quand bien même, dans un moteur, la chaleur n'agit immédiatement comme puissance dynamique, elle disparaît ou apparaît encore'en quantité proportionnelle au travail mécanique donné ou reçu par le moteur, pourvu qu'elle soîlen dernière analyse le seul phénomène sensible. Ainsi, pat exemple, dans les êtres vivants, el pour spécifier, dans l'homme, la puissance dynamique qui détermine la contraction des muscles et qui nous permet de produire un travail exlerne, n'est évidemment pas la chaleur ; mais celle-ci est le dernier phénomène sensible qui se manifeste extérieurenicnl à l'orgî-