‹ Théorie mécanique de la chaleur ... [3 vol.] (volume 3)Chapitre 15 sur 136 · LIVRE II, CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE I

l'existence et la nature de Télément intermédiaire soient plus difficiles à constater que celles de Télément matière. Mais Tesprit de système, je dirais presque V esprit départi, et puis les assertions en apparence simples et séduisantes d'un matérialisme pourtant grossier, ont tellement obscurci la question que nous aurons à faire un travail continu de critique en même temps que d'affirmation. Nous aurons à débarrasser péniblement notre route des ronces qui l'encombrent, avant d'arriver à une éclaircie; nous aurons à lutter corps à corps avec des doutes et avec des erreurs de tous genres, avant de parvenir à ce terme où, comme il advient toutes les fois qu'une vérité nous apparaît dans sa pleine lumière, il nous semblera que nous avions toujours admis comme évidente l'affirmation que nous aurons eu tant de peine à mettre hors de doute.

Pour procéder d'une façon concise, claire et méthodique, il est nécessaire d'examiner rigoureusement les diverses hypothèses explicatives qui ont été proposées pour rendre compte des phénomènes de chaleur, de lumière, d'électricité, et puis les hypothèses bien plus rares qu'on a hasardées pour expliquer aussi le phénomène de la gravitation universelle. Leur réfutation nous conduira , presque malgré nous, à notre but.

Dès l'origine de la physique expérimentale, on s'est aperçu de la ressemblance qui existe entre les phénomènes les plus variés de ce qu'on a nommé les impondérables j et l'on s'est efforcé de chercher les rapports et les rapprochements qui existent entre eux. Les résultats fructueux de ces efforts ont constitué certainement l'une des faces les plus intéressantes de la science moderne, qu'on les considère soit en eux-mêmes, soit dans les déductions synthétiques auxquelles ils ont donné lieu. Ils sont de nature à nous conduire rapidement à la métaphysique positive et rationnelle la plus élevée, et, chose remarquable cependant, ils ont poussé la plupart des esprits vers le matérialisme le plus radical. Au point de vue philoso-

UNIVERS I»A»iME.

des moins inlé- ■

pliique, ce côté de la question ne sera pas

ressanis que nous aurons a examiner. Mais tenons-nous d'a-

Ijoi'd dans le cercle des sciences physiques toutes pures.

Les principales hypothèses explicatives peuvent se diviser en deux classes très-distinctes, qui se subdivisent eiles-mèmes chacune en deui sous-genres nettement limités.

■si.

L'ordre ilans lequel je présente ces inlerprélations esl, à dire vrai , l'ordre liislorique dans lequel elles se sont formées

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