‹ Théorie mécanique de la chaleur ... [3 vol.] (volume 3)Chapitre 20 sur 136 · LIVRE n, CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE n, CHAPITRE I

qui l'ail que lous tendent les uns vers les autres, qui fait que la plus petite parcelle de matière tend à se rapprocher des autres parcelles répandues dans l'espace infini, celte raison échappe totalement à nos investigations directes. I! en est absolument de même des attractions et des répulsions électriques , magnétiques ; il en est de même de la répulsion réciproque que semblent éprouver les parties raalérieiles d'un gaz et qui fait que ce gaz a une élasticité et une pression propres etc. Dans toutes ces relations qui se montrent à nous ooinme causes de mouvement des parties libres de la matière , nos sens ne nous montrent absolument rien qui puisse être conçu par nous comme poussant la matière par suite d'un mouvement préexistant.

Nos sens nous trompent-ils ici? Le corps pesant que je soutiens, par exempte , dons la main par suite d'un effort contraire que j'oppose à la pesanteur, est-il poussé peut-être par des particules en mouvement qui échappent à ma vue , à mon toucher, et (jui l'entraînent vers le sol dès que je l'abandonne? Suis-je, en un mot, dans l'erreur lorsque j'attribue à quelque chose de totalement différent de la matière ce qui fait que, dans des millions de cas , deux . parties matérielles veulent se rapprocher on s'éloigner l'une de l'autre, et le font dès qu'elles sont libres dans l'espace?

La question ainsi posée est des plus claires. Nous devons la résoudre comme métaphysiciens et comme physiciens, comme penseurs et comme observateurs. Non qu'il soîl entendu par là qu'un homme sensé puisse penser sans observer ou observer sans penser. Mais en toutes sciences , physiques , morales , politiques , religieuses , peu importe , il existe deux genres de démonstrations : les unes se tirent de notre seule puissance propre et vont du dedans au dehors ; les autres se tirent des faits et viennent du dehors au dedans, il n'est plus permis aujourd'hui de se tenir dans l'un ou l'autre de ces cercles exclusivement : n'étant point concentriques , leurs

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circonférences se coupent, et une portion d'arc manques l'un el à i'aulre; l'espiiL incomplet qui veut se limiter daas l'un se trouve tout à coup là devant un précipice daus lequel s'écroulent ses plus belles combinaisons.

Admettons d'abord une erreur fondamentale de nos sens et de notre jugement : après tout, il y a eu de tous temps des esprits d'une incontestable profondeur qui ont cru que c'est une erreur. Voyons la conséquence immédiate.

Soient deux corps quelconques A et B (deux atomes ou deux globes du tirmament), séparés par un intervalle A — B, pour nous , vide de matière. Ces deux corps , en repos relatif, s'attirent , c'est-à-dire qu'ils tendent à s'approcher l'un de l'autre, et qu'ils se mettent en offel en raonvemeot dès qu'ils sont libres.

Ces deux corps, dil-on , sont poMssés l'un vers l'autre. Nous pouvons concevoir et expliquer ce fait de deux façons équivalentes,

Supposons l'espace sillonné daus toutes les directions possibles par uneindnité d'atomes i^, animés d'une vitesse excessive. Ou bien, supposons l'espace rempli d'un gaz très-rare dont les atomes ,u. oscillent dans toutes les directions possibles et aussi avec une vitesse excessive.

Si dans cet espace nous concevons un atome matériel unique A, impénétrable et très-petit, mais non infiniment petit, -- car alors le phénomène devient impossible , — cet atome , frappé continuellement et eo tous sens par les v-, restera immobile. Mais si, à une dislance quelconque de A, nous concevons un second atome semblable B, les deux atomes A et B se serviront réciproquement â' écran : leurs deux faces en regard recevront moins de chocs des ,ul que leurs faces opposées; ils tendront donc t'un vers l'autre, ils s'attirerunl.

Telle est l'explication palpable , visible , donnée de l'attraction universelle par quelques auteurs modernes. On peut étendre à un corps, à une réunion d'atomes, ce qui vient

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