‹ Théorie mécanique de la chaleur ... [3 vol.] (volume 3)Chapitre 23 sur 136 · LIVRE II, CUAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE II, CUAPITRE I

il renlre de plain-pied dans la physique. Ici le cercle de la pensée pure est coupe par celui de l'observation , el si nous voulions nous tenir dans le premier, nous n'aboutirions plus qu'à des rêves.

Nous disposons aujourd'hui de trois déinonstralions rationnelles et expérimentales, qui nous donnent une solutiqn identique et des plus claires.

I. En tout premier lieu , l'atome matériel est invariable en volume et absolument non élastique. C'est ce que j'ai dcmon- Iré de plusieurs manières très-différentes, sous forme analytique , dans la plupart de mes derniers travaux sur la thermodynamique, et sous forme élémentaire, page 210 de ce volume. L'atome manque de l'une des qualités essentielles que l'equiert l'interprclalion discutée ici. L'atome n'étant point élastique, les atomes propulseurs hypothétiques, qu'on invoque pour expliquer la gravitation, ne pourraient rebondir 3 perle de vitesse, après leur choc contre les atomes en repos qu'ils sont censés pousser les uns contre les autres. En un mol, le principe dynamique d'où relève le mouvement annulé au moment du choc n'existe pas dans l'atome : donc ce n'est point à des mouvements d'atomes invisibles que peuvent être attribués les phénomènes d'attraction ou de répulsion réciproque des corps ou des atomes en général.

IL Ne nous bornons point à celle démonstration si péremptoire pourtant ; on pourrait y objecter que je suis parti d'un fait: la non-élasticité de l'atome matériel , que l'on pourrait contester.

Je dis' qu'aucun phénomène prupremenl dit d'altraction ou de répulsion ne peut être attribué à un mouvement de paj'Iies matérielles invisibles. Je vais maintenant spécifier et prendre un exemple particulier d'attraction.

Depuis ces derniers temps, les penseurs les plus éminents ont une tendance â ramener tous les phénomènes d'attraction

l'analyse mathématique. .le vais montrer qu'en ce qui con — cerne la gravitation supposée due à un principe matériel*' cette objection n'a plus la moindre valeur.

Supposons que l'espace soit occupé partiellement par desparticules de matière disjointes , indépendantes les unes des autres, douées de vitesses aussi grandes qu'on voudra d'ailleurs, et se mouvant chacune en ligne droite dans toutes les directions imaginables. Allons beaucoup plus loin , et supposons que ce soit à ces particules qu'est dû le phénomène de l'attraction newlonienne : c'est la seule hypothèse légitime lorsqu'on se refuse à faire de l'attraction quelque chose d'externe à la matière et de radicalement différent d'elle.

Nous avons reconnu que, dans celle manière d'interpréter, il faut concevoir les atomes en mouvement ou en repos comme doués d'une élasticité parfaite, autrement dit comme possédant en eux-mêmes le principe dynamique nécessaire pour les tirer du repos lorsqu'ils y sont rentrés par suite d'un contact réciproque ; nous avons , de plus , reconnu que cette conception est fausse et que l'atome n'est pas élastique. Dotons-le cependant de nouveau de celte qualité essentielle, et voyons où cela nous conduit.

Un corps (ou plutôt toutes les parties matérielles formant un corps supposé unique dans l'espace) recevra dans tous les sens possibles des impulsions égales. Le corps pourra donc rester en repos indéflniment. Si, au contraire, deux corps séparés par un intervalle grand ou petit se trouvent en présence , nous pourrons concevoir qu'en vertu de l'irapénétrahilité de la matière , les particules en mouvement qui iraient frapper une partie quelconque de l'un des corps, s'il était seul, soient arrêtées et repoussées sans perte de vitesse par les parties de l'autre corps.

Deux parties quelconques infiniment petites a et 6 des corps A et B n'étant plus frappées sur leur ligne de jonction et sur leurs faces eii regard, mais l'étant toujours en sens contraire

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