LIVRE 11, CHAPITRE I
El la question se réduit loujoiirs à savoir si ce quelque chose réside daiw /'atome matériel lui-incme, ou se trouve dans l'espace vide de matière qui sépare deux atomes.
Quoi qu'il en soit pour le moment, nous voyons déjà ici s'écrouler l'une des assertions fondamentales de la doctrine que nous discutons : assertion regardée comme évidente par im grand nombre de personnes qui ne s'occupent même nullement de philosophie naturelle et de métaphysique.
I Le mouvement de la matière ne peut naître que d'un a autre mouvement antérieur, » dit cette doctrine.
Le mouvementde la matière, répondons-nous maintenant, ne naît au contraire jamais immédiatement du mouvement. Quant à l'apparence , cela est évident : lorsque nous laissons tomber une bille élastique sur un plan solide et rigide, elle rebondit; il y a donc un instant où tout mouvement apparent est annulé, car la bille s'arrête pour revenir sur elle-même ; au moment où ta bille frappe le plan, elle se déforme comme un ressort que nous plions ; le mouvement qui renaît en sens contraire est dû à la tendance qu'elle a, comme le ressort, de reprendre sa forme; et celte tendance est par conséquent antérieure au mouvement et n'a rien de commun à lui. Il est facile de démontrer que les choses se passent absolument de même lorsqu'une bille élastique en fi'appe une autre semblable au repos : les deux fléchissent comme un ressort au moment du choc, et c'est par suite de celle flexion et de la tendance qu'ont les billes à reprendre leur forme que le mouvement cesse complètement dans l'une et naît en quantité égale dans l'autre : il n'y a ici aucune communication apparente du mouvement de l'une à l'autre. Je dis apparente; nous allons voir qu'il faut dire réelle. Notre doctrine, je lésais, répond qu'au moment du choc de notre bille élastique sur le plan rigide, son mouvement est simplement transformé temporairement en un mouvement vibraloir'e interne et invisible ; c'est ce dernier, dit-on, qui fait tendre la bille déformée à reprendre sa
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forme ; cl le mouvemenl de tianstalion qui lenaît n'esl aulre chose qu'imc traiisTormation dn mouvemenl interne invisible. Mais quand celte explicaUon serait correclu, la conclusion générale serait encore Fausse, puisque nous venons île reconnaître que le mouvement des atomes , supposés élastiques, qui renaît après leurs chocs réciproques, est toujours précédé d'une période très courte de repos ahsoUi. Les mouvements partiels des atomes ont ainsi pour cause immédiate Vélastict'ré et nullement les mouvemenls antérieurs. Et lorsque je dis que jamais le mouvement de la matière ne naît immédiatement d'un autre mouvemenl, c'est im fait réel que j'affirme et non pas simplement une apparence. Il s'agit mninlenant pour nous de savoir seulement si le contact de l'atome avec l'atome est nécessaire ou non pour que le mouvement qui s'éteint dans l'un puisse renaire dans l'autre.
La question , je le lépéle , se réduit purement et simplement à savoir si l'élément dynamique, considéré maintenant comme principe constituant de I'univers, aussi bien que la MATIÈRE , csisfe OH dehors de la matière des corps , on s'il nd réside que dans Vatonie matériel exclusivement.
Dans le premier cas, pour spécifier par un exemple trèsclair, l'intervalle qui sépace un soleil des planètes ou. une planète de ses satelliles, sera rempli pai' celélènient-moteiir, ou du moins la matière qui peut s'y trouver n'aura aucune connexion immédiale avec la tendance de ces corps à se rapprocher.
Dans le second cas , cet intervalle sera rempli de matière en mouvement déterminant d'une manière ou d'une antre ta tendance au rapprochement, et c'est alors dans cette matière même que résidera le principe capable de rétablir intégralement le mouvement déti'iiil pendant un instant infiniment court dans les atomes propulseui's au mLimenl de leur aciion sur les corps célcsles.
Or ce dilemme n'est plus une question de mélaphysiqua-,