‹ Théorie mécanique de la chaleur ... [3 vol.] (volume 3)Chapitre 27 sur 136 · LIVRE II , CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE II , CHAPITRE I

rmouvemenl serait lui-même une force. Mais nous venons de démontrer que le mouvement , au contraire , ne passe jamais immédiatement d'un atome dans un autre : ceci fait déjà de la force quelque chose de spécifique, quand bien même elle ■ésidcrait dans l'atome matériel. Mais nous avons reconnu , Ue plus , que ce qui établit entre deux points matériels le rapport que nous appelons attraction est nécessairement en delors de l'alome , el ceci maintenant fait de la force qui établit ce rapport quelque chose de spécifiquement distinct.

En d'autres termes très clairs , I'élkment inteiimédiaire

ont nous venons de constater l'existence n'est en aucune

façon une substance douée de force : il constitue une force

dans son essence même. El (elle esl certes sa fonction la plus

caractéristique.

Continuons patiemment notre œuvre de critique et d'élimination. Nous ne larderons point à reconnaître que cette fonction caractérise toute une classe d'éléments analogues.

Héfutation de la doctrine qui attribue les phénomènes dits des impondérables à des mouvements de la matière, dus à l'attraction universelle.

Nous voici arrivés à l'examen de la doctrine à la fois la plus spécieuse et la plus vivace de toutes celles qui se sont produites dans les temps modernes. A part même l'ensemble des physiciens qui cherchent el acceptent une théorie quelconque, par ce seul fait qu'elle semble correcte, et sans occuper des conséquences philosophiques, les camps les plus opposés l'ont adoptée comme l'expression la plus satisfaisante de la vérité, sans même se douter les uns et les autres

253 UNIVERS IMANIMÉ.

du but où elle conduit quand on y reg'arde de très près. En d'autres termes plus précis, sphituatistes et matérialistes l'acceptent, et se rencontrent ainsi en amis sur un terrain qu'ils croient neutre, sans se douter le moins du monde de l'écuei! contre lequel viennent ici se briser leurs deux doctrines antagonistes. C'est ce que, en temps convenable , Je ferai ressorlir avec évidence, peut-être au ^rand étonnement de beaucoup de mes lecteurs. Mais tenons-nous encore dans le cercle de la science pure, comme nous l'avons fait précédemment.

Dans l'hypothèse en question , on accepte l'attraction uoiverselle comme un fait que l'on évite d'examiner. Sous l'action de celle force supposée unique, il est visible que tous les atomes d'un corps se raeltraiont en contact les uns avec les autres, et tous les corps occuperaient le volume minimum qui répond au zéro absolu de température.

«Si cela n"a pas lieu, dit notre hypothèse, si tous les «corps, dans les conditions où nous nous trouvons, occu- « pent des volumes apparents souvent bien supérieurs au vo- (iume minimum, c'est uniquement parce que leurs atomes, "loin d'être en repos comme nous le croyons, oscillent les « uns vis-à-vis des autres, et n'arrivent que temporairemeai 4 au contact , pour se séparer de nouveau : le volume qu'ocd cupent pour nous les corps se compose de celui des atomes, «plus de la somme de tous les espaces qu'ils parcourent en « oscillant. Ce sont ces mouvements oscillatoires qui, de fait, «constituent les phénomènes de la chaleur, si longtemps ( attribués à un principe spécial.

«Et en général, tous les phénomènes attribués aus impon- I dérables ne sont autre chose que des mouvements des «atomes et des molécules, ou groupes d'atomes. C'est l'ofi- «pècede mouvement qui détermine l'espèce de manifeslation': « la lumière , l'électricité , la chaleur (et la vie avec tous ses «attributs: la pensée, la volonté, la mémoire etc., ajoute

Page 1