‹ Théorie mécanique de la chaleur ... [3 vol.] (volume 3)Chapitre 28 sur 136 · LIVRE II, CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE I

une École entière, qui a tout au moins le mérite d'être conséquente avec elle-même). »

Présentée ainsi, l'hypothèse a un caractère simple, spécieux, et en apparence parfaitement rationnel. A la vérité, si nous y regardons de près, elle est réfutée en presque totalité déjà par les arguments qui nous ont permis de réduire la précédente à l'absurde. Je vais la reprendre cependant au complet, sans avoir égard d'abord à un seul mot du paragraphe précédent, et, loin de raiTaihlir, je vais, avec intention, la présenter dans toute sa force et sous ses faces les plus séduisantes. Cette manière de procéder, qui dans tout autre sujet m'entraînerait à d'inutiles longueurs, me permettra BU contraire ici de combler des lacunes, et d'exposer, sous «ne forme tout-à-fait élémentaire, un grand nombre de phénornènes, intéressants même pour les personnes qui ne s'occupent pas spécialement de physique.

Portons d'abord notre attention sur les phénomènes de chaleur traduits par l'hypothèse à examiner : ce sont ceux pour lesquels la traduction est la plus spécieuse.

Les phénomènes de chaleur n'étant dus qu'à des oscillations d'une certaine espèce exécutées par les atomes ou les molécules (groupes d'atomes), l'état des corps gazeux pourra s'expliquer comme il suit :

Concevons deux plans parallèles, parfaitement rigides, séparés par un intervalle entièrement vide de malière, entre lels se meut perpendiculairement une molécule m parfaitement élastique animée d'une certaine vitesse. A chaque fois que la molécule frappe l'un des plans, elle rebondit en sens contraire et sans changement de vitesse, et va frapper l'autre plan, et ainsi de suite. Au moment du choc, chaque plan éprouve donc aUernativement une certaine pression , et il tend par suite à reculer par intermittence.

Si l'intervalle qui s'écoule entre deux chocs consécutifs sur le même plan est très petit, et si d'ailleurs, au lieu d'une

seule molécule m, noua en supposons un 1res grand Dombre se mouvant sur des lignes parallèles entre elles cl toutes normales aux plans, il est évident qu'au lieu d'une tendance iolermiltenle au recul, nos deux plans éprouveront une tendance continue , qui conslituera une pression réelle et continue aussi.

A des molécules marchant toutes parallèlement les onea aux autres, nous pouvons en substituer qui marchent chacune dans une direction différente, pourvu qu'à nos deux plans nous en ajoutions quatre antres parallèles deux à deax, et perpendiculaires aux premiers ; nos molécules détermineront , sur les six parois de ce vase fermé, une pression partout égale sur l'unité de surface. Nous aurons ainsi constitué un gaz.

Voyons maintenant ce qui va se passer lorsque nous diminuerons le volume de ce gaz en exerçant sur l'une des parois, supposée mobile , une pression plus forte que celle de ce gaz. Occupons-nous de nouveau de notre molécule unique et des deus plans entre lesquels elle va et vient normalememenl, Rapprochons lentement ces plans, de telle sorte que leur distance soit réduite de moitié, par exemple.

H est évident , en tout premier lieu , que si la vitesse de la molécule ne variait pas , les plans recevraient dans le même temps un nombre de chocs double : toutes choses égales, leur tendance au recul serait donc aussi double.

Mais tel ne sera pas le cas que nous discutons. Nous supposons ces plans rigides : la vitesse de m n'a, dès ce moment, rien qui dépende de l'état moléculaire des plans eux-mêmes. A mesure donc que ceux-ci vont se rapprocher , leur vitesse s'ajoutera en doublant à ceux de la molécule m. C'est, en effet, là la loi de réflexion des corps élastiques, loi que chacun peut vérifier journellement par à peu près : au jeu de billard , par exemple , il est aisé de voir que. la bille frappée par la queue , part avec une vitesse plus grande que celle de ce marteau élastique. Il est, de plus, visible que l'accroissemiei

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